II. — ABRIS PROVISOIRES ET DÉFINITIFS
Dans notre premier chapitre, nous avons passé en revue les divers moyens employés pour retirer les blessés, du champ de bataille afin de les amener aussi rapidement et aussi sûrement que possible à l’ambulance la plus voisine, ainsi que les moyens destinés à les transporter ensuite dans les ambulances et hôpitaux éloignés du lieu du combat. Dans ce deuxième chapitre, nous allons étudier les différents abris où les blessés sont appelés à recevoir les soins que demande leur état. Nous décrirons successivement les ambulances de première ligne où ils reçoivent les premiers secours ; les abris provisoires établis en seconde et en troisième ligne, et nous finirons par les abris définitifs, les hôpitaux pu lazarets où ils doivent rester d’une manière fixe, jusqu’à complète guérison.
L’hygiène hospitalière s’occupe de plus en plus des moyens à employer pour éviter, dans un même lieu, l’agglomération d’un nombre plus ou moins .considérable de malades ou de blessés, agglomération qui peut amener le développement des complications les plus dangereuses; et de les placer dans un milieu TOME VIII. — NOÜV. TECH. 34
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aussi aéré que possible, tout en les garantissant contre toutes les variations de la température. Elle s’occupe également d’avoir des abris qui permettent d'hospitaliser sur le champ de bataille ou dans ses environs immédiats les blessés les plus gravement atteints, afin d’éviter, autant qu’il se peut, le moyen meurtrier des évacuations. C’est pour cela que l’on confectionne aujourd’hui des tentes pouvant servir de tentes-hôpitaux et que, poussé par le besoin de conserver autour des blessés une température constante et convenable, on construit des hôpitaux-baraques d’une installation moins rapide que les tentes, mais appelés comme ces dernières, à rendre d’immenses services.
La tente militaire, fermée par une seule toile, abrite bien contre le vent et contre la pluie, mais n’abrite ni contre la chaleur ni contre le froid. Exposée au soleil, il règne sous cette tente une chaleur intolérable, et le froid glacial de la nuit s’y fait sentir d’une manière trop sensible. La nécessité d’employer des tentes doubles, c’est-à-dire couvertes par deux toiles espacées l’une de l’autre, et pourvues des moyens de ventilation nécessaires, doit donc être regardée aujourd’hui comme d’absolue nécessité.
La médecine militaire, obligée de se servir de tentes et de baraques pendant la guerre de sécession des États-Unis établit, pour ce qui concerne la guerre, la supériorité de ces abris sur l’hôpital permanent, et aujourd’hui l’hospitalisation sous tentes et sous baraques est établie pendant l’été dans la plupart des grandes villes de l’Europe. Le point de départ de ce mode d’hospitalisation vient de ce que l’on a reconnu que le traitement sous tentes et dans des baraques, où les blessés se trouvent dans un air sans cesse renouvelé, prévient la formation d’une atmosphère viciée et le développement de beaucoup de complications. On y a trouvé, pour les soins à donner aux blessés militaires, l’avantage de pouvoir les établir à peu près partout de manière à former des hôpitaux temporaires rapidement installés, répondre aux besoins les plus urgents et permettre de soigner et quelquefois guérir les blessés, sur le lieu même du combat.
La baraque offre un caractère de stabilité beaucoup plus grande que la tente et pour cela est beaucoup plus difficile à installer ; mais d’un autre côté elle peut être plus facilement chauffée, et sous ce rapport, peut servir en tout temps bien plus que la tente. Toujours est-il que Ton cherche de plus en plus à améliorer ces abris, de manière à éviter autant que possible le transport si préjudiciable des blessés et à pouvoir installer le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions, des hôpitaux mobiles où ceux-ci puissent recevoir tous les soins que demande leur position. Quelle est la supériorité de la tente sur la baraque ou de la baraque sur la tente? Il serait certes très-difficile de se prononcer aujourd’hui d’une manière positive, mais ce qui nous paraît certain, c’est que Tune et l’autre sont destinées à rendre d’immenses services et des services différents.
Quelques principes généraux sont applicables à l’installation et à la construction des tentes et des baraques. Pour leur installation, il faut surtout éviter de les placer dans un endroit humide ; il faut de préférence, les établir sur un sol sec, sablonneux, à l’abri des grands vents, un peu élevé, autant que possible, afin d’avoir un air plus pur et une pente nécessaire à l’écoulement des eaux. Si Ton ne peut trouver un terrain remplissant ces conditions, il faut toujours enlever la terre végétale, humide et sans résistance, la remplacer par du gravier, du sable, etc. et exhausser le sol sur lequel repose la baraque ou la tente, soit par un remblai, soit en l’entourant d’une tranchée plus ou moins profonde. Si les tentes et les baraques étaient installées pour demeurer longtemps, on pourrait recouvrir le terrain d’une couche de bitume. Le sol recouvert ainsi et surtout par une couche suffisamment épaisse de petits graviers si simple à enle-
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ver et à remplacer par une autre si elle est souillée, nous paraît de beaucoup préférable à l’installation d’un plancher.
Dans ce dernier cas, pour empêcher le séjour des immondices qui pénètrent à travers les fentes, nous avons adopté un double plan, légèrement incliné, un centimètre par mètre, de sorte que par cette simple pente, les immondices liquides : urine, eaux sales, etc., s’écoulent naturellement. On peut également, avec ce système, laver parfaitement en faisant couler de l’eau pour nettoyer les places souillées.
Pour les baraques, jusqu’à ce jour on a toujours eu recours à un plancher posé à une certaine hauteur au-dessus du sol, pour permettre la circulation de l’air au-dessous. Quant aux tentes, les avis sont partagés; ceux qui veulent un plancher invoquent surtout le danger de l’humidité et la pénétration des souillures dans le sol, mais en recouvrant celui-ci comme nous le disions tout à l’heure, ces dangers peuvent être évités. D’un autre côté, tout plancher supporté par des solives couchées sur le sol est généralement sujet à des vibrations produites par la marche qui retentissent douloureusement et dangereusement sur les blessés, surtout sur ceux qui sont atteints grièvement.
Pour éviter ces vibrations nous avons proposé et fait adopter dans plusieurs circonstances le moyen suivant. On isole du plancher les pieds de chaque lit au moyen d’entailles faites dans ce plancher, et on place dans ces entailles, soit une brique, soit un morceau de bois reposant d’un côté sur le sol, et recevant d’autre part les pieds du lit, sans changer le niveau du plancher, de manière à pouvoir déranger le lit à volonté si besoin est, et le ramener ensuite à sa place. Nous avons également adopté ce système pour le fonctionnement, dans les laboratoires, chambres noires, etc., des grands instruments de précision, instruments d’optique, etc.
Dans la construction il faut surtout chercher à éviter le froid et la chaleur extrêmes. Pour cela, qu’il s’agisse de tentes ou de baraques, il faut employer une double paroi de toile ou de bois et ménager entre elles un intervalle de dix à vingt centimètres, afin d’avoir une couche d’air isolante qui mette l’atmosphère intérieure à l’abri des variations de la température extérieure. Il faut également que ces parois présentent des moyens de ventilation assez énergiques pour que l’air intérieur puisse pour ainsi dire être généralement renouvelé, aussi bien sous le rapport de l’hygiène, qu’au point de vue du bienêtre des blessés.
Dans notre chapitre sur les abris présentés à l’Exposition de 1878, nous étudierons d’abord quelques abris particuliers : lit-abri, hamac-tente, abri improvisé, nous continuerons par la description des tentes-voitures d’ambulance, des tentes, des baraques et nous terminerons par l’étude des hôpitaux qui ont pour caractère la permanence. Comme pour le mode de transport des blessés, nous suivrons dans ce chapitre l’ordre alphabétique des pays qui ont fait figurer à l’Exposition, des sujets d’étude ayant trait à notre travail. Mais avant de commencer, nous dirons que l’abri le plus simple que l’on puisse imaginer serait une toile accrochée d’un côté à un mur, une voiture, une élévation quelconque et qui descendrait ensuite en biais jusqu’au sol, en formant un plan incliné pour l’écoulement de la pluie.
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1° Hamacs-tentes, lit-abri, abri improvisé.
Nous renverrons le lecteur à notre paragraphe sur les hamacs où nous avons décrit plusieurs hamacs-tentes-abris. Nous le prierons de se reporter d’abord dans la section anglaise, page 450 où nous avons étudié un hamac abrité par une toile servant de couverture et formant ainsi tente; ce hamac-tente, comme nous l'avons dit, est surnommé Gwinfè.
Nous prierons également le lecteur de voir de nouveau les autres hamacs, hamacs-brancards, etc., que nous avons déjà étudiés et qui peuvent facilement être recouverts pour former de véritables abris. Nous le renvoyons notamment aux hamacs-brancards exposés dans la section des Pays-Bas et décrits page 453.
France. Lit-abri du Dr Judée. — Ce lit, exposé dans la section française a la forme d’un lit de camp, surmonté d’une toile d’abri. Il se compose d’une forte toile soutenue, à 0m,40 au-dessus du sol, par deux bâtons de lm,90 de long, brisés au milieu pour pouvoir être démontés. A la tête du lit, une tringle traversant la toile, donne l’élévation de l’oreiller. Les bâtons qui supportent la toile sont tenus écartés par quatre tringles en bois de 1 mètre de hauteur, réunies déux à deux à leur sommet et allongées de chaque côté jusqu’à terre pour former pieds; l’écartement des pieds sur le sol est de 0m,90. Ces tringles sont maintenues par deux tringles en fer et forment deux triangles de 0m,80 de haut, un à la tête du lit et le second à lm,14 du premier. Une toile, posée sur le sommet de chaque triangle, recouvre tout le lit en laissant arriver l’air ; elle descend jusqu’à terre en suivant les côtés des triangles sur lesquels elle est tendue à l’aide d’œillets et de pitons. Du côté des pieds, elle descend du sommet du triangle pour envelopper les deux bâtons qui supportent la toile servant au coucher et forme une côte de toit sur une longueur de 0m,60. Au milieu, sur un des côtés, la toile servant de couverture peut être élevée ou abaissée à volonté, au moyen de deux tringles ou baguettes mobiles, afin de donner du jour ou de l’air, suivant le besoin. Ce milieu, quand il est relevé, peut être fermé au moyen d’une gaze verte. Le poids du lit-abri est de 6 à 8 kilogrammes ; pris en grande quantité, il coûterait de 20 à 25 francs. Le lit-abri du Dr Judée présente sous un petit volume toute la solidité et tout le confort qu’on peut demander à un petit meuble portatif de cette nature ; son mécanisme est aussi ingénieux que simple, il peut être d’une grande utilité.
La Société française de secours aux blessés militaires présentait un abri improvisé construit en bois et paille. Les dimensions de ce spécimen d’improvisation sont de 2m,85 de long sur 2m,85 de large et 3m,46 de hauteur. Une charpente en bois des plus simples et des plus élémentaires reçoit des paillassons de jardiniers qui forment le toit, les parois, les portes et les fenêtres de l’abri. Les parties servant de fenêtres sont maintenues plus ou moins écartées, à la façon des stores ordinaires. Les parties formant portes se relèvent et s’enroulent sur elles-mêmes, comme les stores treillis. L’intérieur de cet abri était aménagé avec les matériaux qui ont servi à le construire. Des brancards, des lits de repos, des appareils à maintenir les fractures, etc., faits au moyen de paillassons de jardiniers, ainsi que le brancard improvisé de M. le comte de Beaufort, que nous avons décrit dans notre paragraphe sur les brancards page 460.
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2° Tentes-voitures d’ambulance.
Une tente, hôpital mobile formé au moyen de cadres de voitures, exposée dans la section française et une tente-voiture d’ambulance exposée par le Ministère de la guerre des Pays-Bas, sont les seuls sujets que nous ayons à décrire dans ce paragraphe.
France. — La Société française de secours aux blessés militaires présentait une tente, pavillon de l’hôpital instantané formé au moyen de voitures-cadrestentes du Dr Olive, voitures-cadres que nous avons décrites dans notre étude sur les voitures d’ambulance page 478. Ce pavillon (pl. IV, fig. 3), dit pavillon n° 2 de l’hôpital provisoire instantané est constitué au moyen de quatre cadres de voitures (pl. IV, fig. 2), placés un à chaque coin de la tente, et fermés en arrière, sur un des côtés et en dessus, au moyen de toiles imperméables dont ils sont pourvus. Une toile formant toit est supportée au milieu par une traverse en bois formant crête, soutenue par trois perches verticales de o mètres de haut reposant sur le sol. Sur les côtés, cette toile est supportée par de petites tringles de 1 mètre de long qui sont adaptées à chaque cadre et qui traversent la toile maintenue au dehors au moyen de cordes. Entre les cadres, on accroche des toiles, pour compléter la fermeture; sur les côtés, la partie intérieure de chaque cadre est plus élevée que la partie extérieure pour donner une pente au toit, afin de faciliter l’écoulement de la pluie. La hauteur de la tente est d’environ 5 mètres, la largeur de 7 à 8 et la longueur de 4m,50. Le tout est trèsléger. Un pavillon entier contient au besoin de 20 à 28 blessés et la réunion de deux, trois, quatre pavillons peut constituer un hôpital mobile. Cette construction de tentes pourrait être très-utilement employée et rendrait de grands services.
Pays-Bas. — Le Ministère de la guerre des Pays-Bas avait exposé une tentevoiture d'ambulance , du lieutenant-colonel du génie J. K. Kromhout. Ce fourgon très-fort, entièrement en bois et fer, se compose d’une caisse de 3 mètres de long, lm,35 de large et lm,65 de haut, suspendue et 'montée sur quatre roues, deux derrière de lm,40 et deux devant de 0m,95 de diamètre et d’une épaisseur de 0m,06. Il est muni de quatre lanternes placées à l’extérieur et de quatre tuyaux de ventilation qui pénètrent dans la voiture, un à chaque coin. La ventilation est indépendante des lanternes. Au milieu et également pour la ventilation, le toit de la voiture est surélevé de 0m,30 dans toute la longueur. La partie inférieure des côtés de la caisse est fermée en tôle sur une hauteur de 0m,30, le reste est complètement ouvertetne se ferme que par des toiles imperméables. En avant, la voiture est munie dans sa partie inférieure, fde tiroirs contenant toutes sortes d’appareils de pansement : du linge, des bandes, des compresses, de la ouate, etc., etc. Ces tiroirs sont fermés au moyen de verrous, leur hauteur totale est de 0m,35 et le dessusformele siège du cocher. Le reste del’avant, derrière le cocher, est fermé par une porte à double battant ; il en est de même du devant des tiroirs. Le derrière de la voiture est également fermé par une porte à double battant, et de chaque côté de cette porte, dans chaque coin de la voiture, est suspendu un flacon garni d’osier, pouvant contenir trois litres. Au-dessous de la caisse, derrière, entre les ressorts, on trouve un grand coffre de 0m,55 de profondeur et de 0m,68 de long, s’ouvrant à deux battants et surmonté d’un autre grand coffre qui s’ouvre également à deux battants. Ces deux grands coffres contiennent des ustensiles de cuisine en fer blanc : assiettes, gobelets, cuillers, fourchettes, un fourneau à pétrole muni de deux larges mèches, etc.
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Entre les essieux, se trouve une suspension en bois qui porte un tonneau pouvant contenir environ 70 litres et qui est muni d’un robinet en bois. Des seaux en toile imperméable sont également suspendus au-dessous de la voiture. Des pelles et des pioches sont accrochées sur les côtés. L’intérieur renferme de nombreux ustensiles nécessaires pour monter une tente et pour soigner des blessés : des toiles, des cordes, des piquets, des chevilles, des maillets, trois brancards, une table d’opérations, des appareils de pansement, des médicaments, du linge, des couvertures, etc., etc. De chaque côté du fourgon, descendent des toiles destinées à former une tente dont la voiture est le centre. Les différents côtés des toiles tendues forment alors une tente carrée pouvant au besoin contenir 21 blessés couchés, six sur des brancards et les autres sur des paillasses.
Un des côtés de la tente se trouvait développé et meublé. La largeur delà voiture au bord de la toile qui ferme le côté tendu, est de 2m,60 et la longueur de ce côté est de 5 mètres. La toile est forte, molle, souple, en coton croisé et garnie sur ses bords de fortes sangles en ül de 0m,055 de large. Elle est formée de lais réunis de 0m,72 de large et à leur jonction, ces lais sont doublés, repliés lesunssurles autres et forment quatre épaisseurs. Us sont réunis entre eux par de petits cordons en fil et de petits bâtons de bois. Cette toile est suspendue d’un côté à la partie supérieure de la voiture, elle descend d’abord obliquement jusqu’à une distance de 2m,60 de cette voiture et de lm,70 du sol, et est maintenue à cette hauteur par des montants en bois verticaux posés sur la terre. Elle tombe ensuite verticalement jusqu’au sol. Toute sa partie inférieure est garnie par une forte toile écrue en chanvre, large de 0m,40, qui la dépasse de 0m,10. Dans cette doublure, à l’endroit de réunion des deux toiles, se trouve une sangle, et, dans ces trois épaisseurs, toile de coton, sangle et toile de chanvre, on a placé des œillets de 0m,01 de diamètre, dans lesquels glissent des cordes de 0m,008 de diamètre garnies d’une planchette en bois de 0m,10 de large et de 0m,015 d’épaisseur. Ces planchettes, à doubles trous, servent à tendre les cordes qui fixent la tente à des piquets enfoncés dans le sol. A la hauteur de l’extrémité des montants qui soutiennent les côtés de la tente, c’est-à-dire à la hauteur d'où la toile tombe verticalement, il y a également des œillets munis chacun d’une corde à nœuds et garnis comme ceux dont nous venons de parler. Les nœuds des cordes passent dans des anneaux en bois de 0m,035 de diamètre et de0m,015 d’épaisseur. Ces anneaux forment bouton et leur ouverture permet à une corde de passer. Les cordes permettent de fixer et de tendre la toile à la distance qu’on veut, au moyen de piquets enfoncés dans le sol. Sur la toile en coton, on peut dérouler une autre toile imperméable, blanche, pour empêcher l’humidité. C’est cette dernière toile qui ferme la voiture pendant le voyage quand tous les objets sont aménagés dans la caisse (pl. IV, fig. 8).
Ameublement du côté tendu. — Sous ce côté de la tente se trouvaient trois brancards en bois, que nous avons décrits dans notre paragraphe/ sur les brancards, page 465 une table à opérations en bois et une boîte à pansement également en bois, que nous étudierons plus loin, pages 565 et 586; enfin, trois pliants en bois garnis de sangles pour asseoir les malades.
3° Tentes.
Angleterre. — Dans la section anglaise, M. John Unité, de Londres, avait placé dans une vitrine, différents modèles de tentes : un modèle de tente ronde forme entonnoir; un modèle de tente carrée, la toile est soutenue par quatre poteaux verticaux, un à chaque coin ; un modèle de tente allongée, les deux extrémités allongées, un bâton fixé dans chaque extrémité et des bâtons fixés tout autour soutiennent la toile.
Dans un autre modèle, deux grands bâtons, fixés dans les moyeux de deux grandes roues de voiture couchées par terre, s’élèvent verticalement et sont réunis en haut par un bâton qui les maintient en écartement et supporte la toile. Les deux grandes roues de voiture forment donc la base de cette tente. Deux autres modèles de petites tentes toit portant par terre : une de ces tentes est supportée par des croisillons, un à chaque extrémité, et l’autre par deux bâtons. Toutes ces tentes sont fixées au moyen de cordes et de piquets implantés dans le sol.
Belgique. — Nous allons décrire une tente qui était exposée dans le parc du Champ-de-Mars par le major Bouyet, du corps d’état-major belge. Cette tente n’était pas organisée pour le service des ambulances auquel du reste elle n’est pas destinée. Le major Bouyet a présenté un essai sur le campement des troupes
Fig. i5. — Tente-abri pour 42 hommes, du major Bouyet (Belgique).
tendant à l’abolition des logements militaires en temps de paix, nous ne la donnons donc ici que comme spécimen de tente-abri. Puis nous verrons ensuite comment on peut dresser un hôpital temporaire, au moyen des manteaux qui servent à la former.
Cette tente (fig. la), en forme de fer-à-cheval pour42hommes, offre un toitàune seule pente. Elle est faite au moyen du manteau, du fusil et de la corde tendue dont chaque soldat est porteur. Chaque manteau en toile ou en coton a deux mètres de long et 1^20 de large. Les bords des manteaux sont doublés de tous côtés et munis d’œillets garnis de toile. On trouve également sur les bords, de distance en distance, des cordes destinées à les fixer. Cette tente permet au soldat de se mettre à l’abri contre la pluie, le vent et le soleil, de se coucher . sans être en contact avec le sol et d'être chauffé par un feu de bivouac. Chaque travée fixée entre deux fusils (les fusils sont placés à 1^90 les uns des autres),
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est formée de deux manteaux dont les bords superposés sont réunis par leur côté horizontal et maintenus au moyen de cordes ; chaque travée abrite un groupe de trois hommes. Le troisième manteau de ce groupe peut servir : 1° de tapis, en l’étendant sur le sol, comme on le voit dans la première travée à gauche en regardant le fond de l’abri; 2° de rideau, en le fixant aux fusils (3e travée à gauche) ; 3° de lit de camp hamac, en le tendant sur un bâti en bois ou bien sur trois petites excavations au-dessus desquelles la toile, portant à faux, empêche les trois hommes du groupe d’être en contact avec le sol (2e travée à droite); 4° de matelas ou de traversin, de sac à distribution ou de sac à terre, en le pliant en deux ou bien en réunissant ces objets deux à deux, puis en laçant et en cousant les côtés qui se recouvrent; 5° de hamac ordinaire (4° travée à droite).
Tous les manteaux sont du même modèle, ils sont tannés et imbibés d’acétate d’alumine ; un certain nombre doivent être en réserve. Ceux qui forment la moitié droite de l’abri sont en grosse toile, d’une solidité suffisante pour être employés à tous les usages qui viennent d'être énumérés. Les manteaux formant la moitié gauche de l’abri, sont en coton léger; ils ne peuvent par conséquent servir de hamacs ; des petits filets rectangulaires en ficelle en tiennent lieu (2e travée à gauche). Le fusil s’emploie à volonté sans baïonnette (4 premières travées de droite), ou avec baïonnette (autres travées). Pour l’enlever, il suffit de diminuer la tension de la corde tendue qui le soutient et de le soutenir en l’inclinant.
A l’extérieur, tout autour, la tente est fixée au sol au moyen de crochets en fil de fer qui passent d’un côté dans les œillets des manteaux et qui, de l’autre côté, s’accrochent à de forts piquets en bois implantés solidement dans le sol. On accroche également à ces piquets, les cordes qui tendent les manteaux ou les filets étendus par terre pour servir de hamacs. Trois bâtonnets assemblés bout à bout forment un montant tenant lieu de fusil, mais on peut s’en passer. Il en est de même des crochets en fil de fer, qui fixent le bas de l’abri aux piquets. Pour bien tendre la tente, aux points où les coins des quatre manteaux se réunissent, on se sert d’un œillet en ficelle avec clavette. Le poids total de ces objets de campement est de 925 grammes pour chaque homme, s’il porte un manteau de coton léger et de 2 kilogrammes si le manteau est en grosse toile à voile.
A l’intérieur, tout autour, en face de chaque point de réunion des travées, à peu près à im,50 de distance et en avant, des piquets sont enfoncés dans le sol pour permettre d’y attacher les cordes qui relient les manteaux. Plus près, à 0m,30 des fusils, on enfonce d’autres piquets auxquels on fixe le manteau ou le filet étendu par terre. Dans les travées on trouve : des hamacs-filets, des manteaux étendus, des sacs à dos, sacs à terre, sacs formant matelas, sacs formant traversins. Les matelas et traversins sont garnis de paille. Au milieu de la tente, on a dressé sur le sol, un feu de bivouac destiné à être établi pendant la nuit ou par des temps froids ou pluvieux. Ce feu de bivouac est entouré de tranchées. La fumée s’échappe par l’ouverture de l’abri qui est orienté de façon à ce que sa convexité soit tournée du côté d’où vient le vent. 11 suffit de déplacer quelques piquets et quelques fusils lorsque le vent change pour que l’abri soit orienté de nouveau. Sous les manteaux formant tente, le terrain est en pente douce de dehors en dedans. Dans certaines travées, on a creusé la terre, on a fait des tranchées de 0m,30 à 40 de profondeur, pour empêcher que les manteaux ou les filets qui forment le hamac ne reposent directement sur le sol. A l’intérieur de cette tente on a suspendu trois tableaux dont voici la composition ;
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PREMIER TABLEAU {15 figures).
d. — Manteau déployé.