C. C. Marchepieds
D. D. Ouvertures ménagées dans les côtés de la voiture et garnies de stores en toile à voile. Le nouveau modèle n’a gardé que les ouvertures de devant D et D ; les quatre de derrière ont été remplacées par une petite vitre carrée en verre dépoli, pour éviter les courants d’air.
E. Ouverture de ventilation dans la couverture.
a b cd représentent un des trapèzes mobiles , à l’aide desquels on fait monter les deux brancards dans la position supérieure avant que les brancards inférieurs soient placés sur le fond de la voiture. Le trapèze avec le brancard se montre dans ses deux positions; ses bras mobiles ac et bd sont en fer.
a b ( b , b, quand on le voit du côté de derrière), (pl. I, fig. 2), est un cadre en bois qui porte le brancard supérieur ; il est couvert de toile à voile et établit de cette façon, une séparation entre les deux brancards placés l’un audessus de l’autre. Il y a dans chaque voiture, deux appareils pour faire monter les brancards supérieurs et à chaque appareil appartiennent quatre bras en fer mobiles. On fait monter ces appareils en se servant des mains, puis on affermit la position de chaque cadre à l’aide d’une pièce de fer.
e f [f g et hi du côté de derrière) sont les brancards. Un brancard est composé de deux hampes ef, de deux traverses f g et h i et d’un fond en toile à voile bordée de coulisses de chaque côté pour recevoir les hampes. La traverse de devant est garnie de deux pièces de bois auxquelles on attache un des deux bouts du fond pour surélever la partie correspondant à la tête du blessé. Les brancards dont on se sert pour la voiture, sont semblables à ceux qu’ont les porteurs de blessés et chaque brancard est porté par deux hommes.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Chaque porteur est pourvu d’une traverse attachée au havre-sac, et d’une hampe (avec pu sans toile à voile) qu’il tient sur l’épaule comme un fusil, Quand un malade ou un blessé a été transporté à la voiture, on attache à la traverse posée par l’homme qui marche devant, une pièce de bois de la même forme que la traverse mais garnie de rouleaux, après quoi, le brancard est mis en place en le poussant sur ces rouleaux, et le brancard de la voiture maintenant remplacé par celui des porteurs et remis à ceux-ci. Quand plusieurs blessés sont transportés en môme temps, il faut d’abord placer les brancards supérieurs, puis les inférieurs En déchargeant la voiture, on doit procéder en sens inverse, et cependant les appareils destinés à faire monter les brancards, peuvent être baissés dans leur position la moins élevée sans toucher aux blessés couchés sur les brancards inférieurs.
Les coups produits en faisant monter les brancards supérieurs et en mettant en place les inférieurs sont empêchés par des coussins mis à l’avant de la voiture qui contient en outre des appareils destinés à affermir ces brancards.
D’après le nouveau modèle, une petite grille est mise sur le haut de la couverture du siège du cocher pour le transport de l’équipement des blessés ou autres objets.
•Comme nous l’avons dit, la voiture contient deux appareils pour faire monter les brancards. A cet effet, deux forts montants en bois réunissent le milieu des deux extrémités du plancher et du plafond. A 0m,30 environ du plancher, ces montants et les parois de la caisse sont munis de taquets en bois servant de supports pour recevoir les cadres pendant le chargement. A 0m,30 plus haut, les montants postérieures et l’extrémité postérieure des parois présentent des tenons à échappement, dans la cavité desquels viennent se placer, après l’élévation des cadres, des boulons en fer fixés dans leur traverse postérieure. Les quatre bras mobiles qui supportent le cadre s’articulent en haut avec les traverses antérieures et postérieures, et en bas avec des écrous fixés aux points verticaux correspondants des parois et des montants de la caisse.
Pour abaisser le cadre, il faut soulever légèrement, avec les mains, sa traverse postérieure, retirer les boulons des tenons à échappement qui les retiennent et tirer le cadre à soi, par un mouvement d’abaissement parallèle au sol, jusqu’à ce qu’il rencontre les taquets où il est arrêté et maintenu. Le chargement du brancard est alors facilement fait par deux infirmiers et il suffit d’un seul d’entre eux pour soulever et pousser en avant le cadre tout chargé jusqu’aux tenons où il doit être solidement retenu. Le petit mouvement d’élévation, nécessaire pour engager les tenons, est rendu possible par le jeu large des articulations des parties inférieures des bras mobiles avec leurs écrous de fixation.
Ainsi, dans la voilure danoise , le brancard élevé à la hauteur du cadre est poussé facilement parce qu’il n’a qu’une ligne horizontale à parcourir et une seule personne peut faire cette opération avec la plus grande facilité. Dans la witure française , le châssis descend et monte obliquement, il en résulte que, pour le chargement, les porteurs ont beaucoup plus de résistance à vaincre; puisqu’il faut toujours pousser de bas en haut pour élever le brancard sur ce plan incliné et alors deux hommes sont nécessaires pour l’opération. Il faut encore remarquer que dans la voiture danoise, on peut, au besoin, charger et décharger les brancards supérieurs sans toucher aux brancards inférieurs^ immense avantage qui ne peut être procuré par la voiture française.
Voiture à quatre roues pour quatre blessés couchés ou douze assis , système de treuil et chariot-rail de MM. Werber et Azéma.
Cette voiture se compose d’une caisse de 2m,50 de longueur 4 m,30 de hauteur
L’ART MÉDICAL
et 1 m,50 de largeur, suspendue par six ressorts et montée sur quatre roues, deux de devant de 0m,80 et deux derrière de fm,32 de diamètre. Les roues de derrière sont pourvues d’un frein qui agit sur elles au moyen d’une chaîne, genre Yaucanson, commandée du côté du cocher, par une manivelle fixée dans un écrou au milieu de la planchette du siège. Sous ce siège, se trouvent deux coffres; l’un à droite contient deux tiroirs au-dessous desquels il y a un réservoir à eau muni d’un robinet qui s’ouvre en dehors, sur le côté de la voiture ; l’autre placé à gauche, est divisé en trois parties. Au-dessous de ce dernier, se trouve un réservoir en ferblanc pourvu de deux robinets qui s’ouvrent également en dehors sur l’autre côté. Entre les roues, la voiture est pourvue sur ses faces latérales de marchepieds qui permettent de visiter les blessés. L’avant, l’arrière et les baies des côtés, sont fermés au moyen de grosses toiles volantes qu’on peut fixer à l’aide de boucles et de boutonnières. En arrière, une demi-porte s’abaisse et forme deux marchepieds, l’inférieur à 0m,4l) du sol, le second à 0m,3o du premier et à 0m,2o du fond de la voiture. Chaque côté est muni, dans sa partie inférieure, de deux ventilateurs, en plaques de cuivre, de 0m,30 de long et de 0m,20 de large, s’ouvrant et se fermant par glissement. Cette voiture est encore munie de deux lanternes, l’une en avant, l’autre en arrière.
L’intérieur est disposé pour recevoir quatre blessés couchés ou douze assis. Les blessés sont couchés sur des brancards, deux posés sur le fond de la voiture et deux suspendus à l’étage supérieur sur des crochets munis de ressorts à boudin longs de 0m,18 et larges de 0m,l 6 ou sur des chaînettes terminées par des crochets et fixées au plafond. Les malades assis sont placés, six de chaque côté, sur des banquettes mobiles que l’on rabat le long des parois lorsqu’on veut y placer des blessés couchés. Les ventilateurs dont nous avons parlé, s’ouvrent à la hauteur de ces banquettes.
En haut, se trouvent deux treuils, l’un à droite, l’autre à gauche, destinés à descendre et à monter séparément chaque brancard de l’étage supérieur. Chaque treuil se compose d’un rouleau à cliquet, de deux poulies avec leurs attaches et d’une corde de traction. Au moyen de ce treuil, on soulève en même temps les quatre bouts du brancard placé sur le plancher de la voiture. Une fois monté, celui-ci est accroché aux ressorts à boudin ou aux chaînettes mentionnées ci-dessus. On trouve encore dans cette voiture, deux longs leviers qui peuvent servir à soutenir les brancards supérieurs, en cas de besoin. Les brancards que l'on place sur le fond, se chargent très-facilement, au moyen de chariots-rails. Le chariot-rail se compose d’une gouttière en métal, montée sur trois gai ds, un de chaque côté et un au milieu, munis de deux joues qui embrassent les parois d’un rail fixé sur le plancher de la voiture. Les pieds du brancard, chargé du blessé, sont placés dans le chariot-rail, à l’arrière et une seule personne suffit alors pour l’introduire complètement. La voiture est munie de deux rails et de deux chariots -rails ; elle porte le n° 20 et est très-lourde.
Vers la fin de l’Exposiiion, M. le comte de Beaufort avait placé dans cette voiture un nouveau système, pour le chargement des brancards au 2e étage. D'après ce nouveau système de M. le comte de Beaufort, appelé par lui la « balançoire » la voiture est munie à l’arrière (côté droit) de deux crochets auxquels sont fixées deux cordes, terminées par une traverse en bois, que l’on place sous le brancard, à peu près au tiers de la longueur des hampes.
Pour opérer le chargement du blessé au 2e étage, il suffit qu’un brancardier placé près de la banquette du cocher, tire le brancard vers lui, et qu’un autre brancardier, placé à l’arrière de la voiture, pousse le brancard vers le fond du véhicule. Les cordes de supension portent ainsi tout le poids, et l’arc de cercle qu’elles décrivent, élève forcément le brancard au point voulu, sans secousse,
INSTRUMENTS ET APPAREILS
sans danger pour le blessé, et sans fatigue pour les brancardiers qui, lorsque le brancard est arrivé à la hauteur du 2e étage, 11’ont plus qu’à placer les hampes dans les crochets à ressorts disposés pour les recevoir.
Le chargement du 2e étage s’est opéré dans les nombreuses expériences qui ont été faites devant le public avec une promptitude extrême et une sécurité complète, le brancard étant soutenu à la fois, par les cordes et par les mains des brancardiers, condition qui donne une double garantie contre les fausses manœuvres.
Fourgon d’ambulance , 'pouvant être transformé en voiture pour quatre blessés couchés ou douze assis .
Cette voiture se compose d’une caisse de 2m,72 de longueur, de hau¬
teur el lm,60 de largeur, suspendue par six ressorts et montée sur quatre roues, deux devant de 0^,90 et deux derrière de l“,3o de diamètre. Ce fourgon beaucoup plus léger que les voitures précédentes, a été construit par M. Colas ; son prix est de 1 ,500 francs. Il est pourvu d’un frein et muni de marchepieds sur les côtés. La caisse est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette fixe pour trois personnes ; la postérieure est fermée de toutes parts au moyen de portes en bois. Devant, une porte simple à charnières, de 0m,70 de large, s’ouvrant en dehors ; derrière, une porte également à charnières, à deux battants et s’ouvrant entièrement; enfin, de chaque côté, une porte de lm de large, s’ouvrant à glissement, à la manière des portes de nos wagons à marchandises. Ces ouvertures servent pour le chargement et le déchargement de la voiture et facilitent l’introduction des brancards quand elle est utilisée pour le transport de blessés couchés. A chaque battant de la porte de derrière, se trouve un vasistas que l’on peut descendre pour donner de l’air et qui est garni d’un rideau. Des ouvertures de ventilation ont été également ménagées en haut et sur les côtés.
L’intérieur contient deux banquettes, une de chaque côté, fixées au moyen de chaînes. Ces banquettes sont mobiles et peuvent être rabattues le long des parois du fourgon, de manière (lorsqu’elles ne reçoivent pas de blessés assis) à laisser tout l’intérieur disponible pour placer les brancards destinés aux blessés couchés. Dans ce dernier cas, des ressorts en feuilles de lm,20 de long sont placés transversalement, deux en avant et deux en arrière et sont destinés à recevoir les extrémités des brancards qui se trouvent placés deux à deux sur deux étages. Chaque ressort est formé d’une lame d’acier arquée, à convexité supérieure, placée entre deux courroies très-fortes qui s’attachent à des crochets fixés à droite et à gauche dans l’intérieur de la voiture. Si ces ressorts venaient à se briser, les courroies supporteraient toujours les brancards. L’intérieur de ce fourgon est encore muni, de chaque côté, de quatre planchettes mobiles destinées à recevoir les ustensiles, objets de pansement et d’équipement des blessés.
Voiture à quatre roues pour six blessés couchés ou quatorze assis.
Cette voiture (pl. V, fig. 4, 5 et 6) se compose d’une caisse de 2m,52 de long, lm,63 de haut et lm,50 de large, montée sur 4 roues et suspendue sur 6 ressorts. Elle est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette, mobile pour faciliter la manœuvre des chargements et des déchargements, sur laquelle le conducteur et deux personnes peuvent prendre place. La disposition intérieure de la partie postérieure de la caisse permet de placer les blessés couchés sur trois étages. Les deux parties de la caisse ne sont pas séparées par une cloison, et un infirmier placé sur l’avant de la voiture peut aider au chargement des brancards. Ceux-ci sont suspendus par des courroies fixées d’une part sur les parois de la voiture et d’autre part sur deux tringles en fer, l’une en avant, l’autre en arrière TOME Y 1 1 1 . — KOCV. ÎECII. 33
L’ART MÉDICAL
qui vont du parquet au plafond au milieu de la voiture et qui peuvent être couchées en haut, sous la toiture. La manœuvre pour le chargement de l’étage supérieur ne s'effectue pas sans difficultés ; aussi cet étage ne doit guère être utilisé que pour le transport des blessés dans les villes ; sur le champ de bataille, la voiture ne doit porter ordinairement que quatre blessés couchés. L’introduction des brancards inférieurs est facilitée par quatre bandes de tôle fixées sur le plancher et sur lesquelles s’opère le glissement. Deux banquettes sont fixées sur les parois latérales et peuvent être placées de façon à recevoir chacune six ou sept blessés assis, quand la voiture ne porte pas de blessés couchés. L’avant, l’arrière et les baies des côtés sont fermés par des rideaux doubles en toile. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées se relève et vient compléter 1a. fermeture de l’arrière de la voiture. Sous le plancher, se trouvent deux coffres destinés à recevoir divers objets et agrès ; sur le devant, au-dessus du tablier, est placé un réservoir à deux compartiments, renfermant, l’un de l’eau et l’autre de l’eau-de-vie. La toiture porte une galerie destinée à maintenir l’armement et l’équipement des blessés. Enfin, cette voiture est munie d’un frein, d’appareils 'd’éclairage, d’une pelle et d’une pioche. Elle est très-lourde ; son prix est de 1,985 francs.
Voiture à treuil tt à chariot , de M. Kellner, pour six blessés couchés ou douze assis.
Cette voiture (fig. 9), porte le n° 13; elle est suspendue par six ressorts et montée sur quatre roues, deux devant de 0m,85 et deux derrière de lm,25 de diamètre. Elle est pourvue d’un frein dirigé par une manivelle fixée au milieu de la planche qui se trouve devant le cocher. La caisse, longue de 3m,40, large de lm,55 et haute de 1^,62, est ouverte de tous côtés et peut être fermée au moyen de rideaux doubles en toile. De chaque côté, entre les roues, on trouve un fort marchepied en bois de 0m,65 de long, 0m,25 de large et 0m,03 d’épaisseur. Le marchepied de derrière formé de deux palettes articulées, se relève et vient compléter la fermeture de la partie inférieure de l’arrière de la voiture. De chaque côté, sous le siège du cocher, on a placé un réservoir s’ouvrant à l’extérieur au moyen d’un robinet et entre les deux réservoirs, sous le siège, on trouve un coffret. La toiture de la voiture porte une galerie destinée à recevoir l’armement et l’équipement des blessés.
La caisse est divisée en deux parties, communiquant entre elles ; l’antérieure renferme une banquette pour le conducteur et deux personnes; la postérieure est disposée pour recevoir les blessés couchés sur trois étages. Dans cette partie, plusieurs courroies descendent du plafond pour maintenir les blessés et leur permettre de se soutenir. Elle est en outre munie de deux appareils, un chariot et un treuil, servant à l’introduction et à l’élévation des brancards. On suspend dans l’intérieur de la caisse quatre brancards pliants, au moyen de crochets et de courroies. Les deux brancards supérieurs sont couchés sur deux traverses mobiles de lm,30 de long, 0m,07 le large et 0ni,0i d’épaisseur. Les bouts libres des deux traverses sont maintenus en écartement par deux fortes barres de fer, de manière que ces deux traverses et ces deux barres forment un cadre. Celui-ci est suspendu au moyen de sangles et le bout libre de chaque sangle s’enroule sur un cylindre en fer de 0m,05 de diamètre garni de joues de 0^,08. Les cylindres sont "montés sur des barres de fer de 0m,07 de diamètre fixées sur les côtés au plafond de la voiture et portant à leurs extrémités, des roues d’angle qui s’engrènent. La plus forte de ces roues a 0m,10 et les autres de 0m,06 à 0m,08 de diamètre. Ce mécanisme est commandé par un levier qui se trouve à l’extérieur, au bas de la voiture, du côté gauche du cocher, et qui permet de monter
INSTRUMENTS ET APPAREILS
et de descendre deux brancards ensemble. Deux autres brancards sont suspendus sur des crochets anguleux qui sont accrochés aux traverses mobiles sur lesquelles sont couchés les brancards supérieurs. On peut enfin placer deux autres brancards sur le plancher de la voiture.
Fig. 9. — Voiture à treuil et à chariot (système Kellner)
Comme nous l’avons dit plus haut, cette voiture est pourvue, pour le chargement et le déchargement des brancards, de deux appareils : un chariot et un treuil. La voiture porte deux chariots à roulettes, qui s’engagent dans une rainure qui traverse le plancher. Les pieds de devant du brancard, étant placés sur le chariot, il suffit de pousser légèrement d’arrière en avant pour faire avancer, sans la moindre secousse, le brancard jusqu’au fond de la voiture.
Pour l'élévation des brancards, on descend d’abord sur le plancher le cadre qui doit les supporter, et on les élève ensuite au moyen de la manivelle extérieure, jusqu’à la hauteur voulue. On accroche au-dessous un deuxième rang de brancards que l’on élève également au moyen du treuil. Les blessés ne ressentent aucune secousse pendant ces manœuvres, car les deux brancards du même rang sont doucement et horizontalement élevés par l’action simultanée des quatre courroies qui les supportent. Les distances sont calculée^ pour pouvoir placer deux autres brancards au-dessous du deuxième rang, afin de pouvoir, au besoin, transporter six blessés couchés. Cette voiture peut également être utilisée comme omnibus pour transporter dix blessés assis sur deux banquettes, une de chaque côté. Ces banquettes se rabattent le long des parois
L’ART MÉDICAL
latérales de la voiture pour laisser tout l’intérieur disponible quand on veut transporter des blessés couchés. Le prix de la voiture est de 2,300 francs, dont 500 fr. environ pour le treuil et les chariots, qui peuvent être appliqués à toutes les voitures d’ambulance.
Pays-Bas. — Dans la section des Pays-Bas, M. W. P. Ruisch, médecin militaire à Amsterdam, avait exposé un petit modèle de voiture à quatre roues , non suspendue, destinée au transport des blessés. Ce modèle représentait une charrette ordinaire, entre les montants de laquelle on a placé des caoutchoucs fixés solidement pour recevoir et supporter les brancards.
Suisse. — Dans la section suisse on trouvait une voiture à 4 roues pour le transport des malades et des blessés dans les hôpitaux , construite et exposée parM. Hauck, carrossier à Genève.
Cette voiture, de forme omnibus, la plus élégante de celles exposées pour le transport des blessés et coquettement ornée, est montée sur 4 roues, deux roues derrière de lm,25 et deux devant de 0m,75 de diamètre, et peut être traînée par un ou deux chevaux à volonté. La caisse, longue de 3m, et large de 1^,35 est distante du sol de 0m,80; elle est suspendue, et l’essieu de derrière qui est coudé, porte deux ressorts sur la partie inférieure de son coude. L’avant, couvert par une avance, est divisé en trois parties, un tiers contient le siège du cocher et les deux autres tiers forment un passage qui communique avec l’intérieur de la voiture ; ces deux derniers tiers sont fermés par une porte pliante qui s’ouvre en dehors. Sur le côté de cette partie, on trouve une petite fenêtre. Deux marchepieds, l’un à droite, l’autre à gauche, sont fixés sur les ressorts des roues de devant. De chaque côté, la caisse est fermée par trois panneaux vitrés au moyen de petites glaces dépolies ; ces panneaux qui ressemblent à de petites croisées, sont munis de charnières et s’ouvrent et se ferment en dehors. Le derrière s’ouvre par une porte à deux battants, haute de lm,30 et l’ouverture totale a plus de lm de large. Au milieu, on trouve une ouverture fermée par une glace en verre dépoli qui monte et descend comme les vasistas des wagons de chemin de fer. Cette voiture est encore munie en arrière d’un double marchepied pliant, toutes les fenêtres sont garnies de stores et le toit qui porte une échelle et une galerie pour maintenir les objets placés sur la toiture peut être recouvert par une toile imperméable. Une voiture semblable est employée à l’hôpital cantonnai de Genève, depuis deux ans.
L’intérieur est disposé pour recevoir un malade ou un blessé couché et trois assis ou encore huit à neuf assis et pas de couché. A gauche on trouve une banquette qui se déploie pour recevoir un brancard pour un malade couché. Pour son introduction dans la voiture, les galets creux dont est muni ce brancard, que nous avons décrit plus haut, p.4-66 roulent sur une petite tringle en fer demi-ronde fixée dans le parquet. Lorsque la banquette ne porte pas de brancards, elle peut recevoir cinq ou six malades assis; la partie sur laquelle ils sont alors est mollement rembourrée. Sur le côté droit de l’intérieur de la caisse, trois sièges pour asseoir trois autres malades. Deux de ces sièges sont mobiles, se rabattent et se relèvent à volonté, pour laisser passer les personnes du service. Le dossier et l’appui-bras de ces sièges mollement rembourres sont pliants et les sièges une fois pliés se logent sur la paroi de la caisse de la voiture. Une autre place à siège fixe est établie pour un malade assis dos à dos avec le cocher, le siège est muni d’un coussin moelleux et au-dessous on prouve un petit coffre. L’intérieur est encore muni d’une lanterne. Cette voiture réunit l’élégance à tout le confort que l’on peut exiger pour le transport des blessés et des malades.
INSTRUMENTS ET APPAREILS. 493
Nous citerons encore une voilure-tente d’ambulance de M. Kromhout, lieutenant-colonel hollandais, exposée par le Ministère de la Guerre des Pays- Bas, mais, pour la description, nous renvoyons le lecteur à notre paragraphe sur les voitures-tentes d'ambulance dans notre chapitre réservé aux Abris p. 505.
Comme nous l’avons dit, au commencement de cette étude, nous allons décrire ici les appareils de M. le comte de Beaufort et de M. le capitaine russe Valentin de Gorodezki destinés à supporter les brancards placés dans les voitures (1),
France. — L’appareil de M. le comte de Beaufort (fig. 1 0) est un support élastique construit par M. Werber. Ce support élastique se compose d’un cadre en bois pourvu à chaque extrémité d’un ressort à boudin. Les ressorts à boudin sont rivés dans les anneaux de quatre chaînes mobiles, fixées elles-mêmes aux angles d’un cadre extérieur formant socle; ce cadre extérieur, fait de planches de
Fig. 10. — Support élastique de M. le comte de Beaufort.
sapin placées de champ, a une hauteur de 0^,30. Des cordes placées transversalement, sont fixées à chaque extrémité des ressorts à boudin et destinées à supporter les brancards. Ce support offre de haut en bas l’élasticité du sommier, et de droite et de gauche, en avant ou en arrière, obéit à la moindre impulsion qu’il reçoit. Il peut recevoir tous les brancards de champ de bataille et se place facilement dans les voitures. Le blessé couché sur ce support se trouve au milieu des cahots et des chocs, bercé d’un mouvement aussi doux que celui du hamac.
Russie. — Le matériel d'ambulance pour le transport des blessés sur des charrettes, système russe du capitaine Valentin de Gorodezki, a servi dans la dernière guerre turco-russe.
D’après ce système (fig. 11), deux brancards reposent sur des planchettes en bouleau, formant ressorts, fixées sur deux traverses en sapin de lm,55 de long, posées sur les montants d’une charrette, l’une en avant l’autre en arrière. Ces planchettes sont épaisses de 0m,0i2, larges au centre de 0m,065 et de 0m,05 à chaque extrémité. La planchette la plus longue a 0m,70 de long et la plus courte qui se trouve au-dessous et au milieu de la première, n’est longue que de 0m,36. Ces ressorts en planchettes qui ont au centre 0m,024 d’épaisseur sur une longueur de 0m,08 vont ensuite en s’amincissant de chaque côté, mais la planchette de dessus s’amincit très-peu. Cette dernière est garnie à chaque extrémité d’une petite plaque en fer relevée pour empêcher le glissement des brancards. Les planchettes sont placées dans leur milieu, entre deux morceaux de bois longs, celui du dessus de 0ra,13 et celui du dessous de 0m,18, de manière qu’il n’y ait qu’un tout petit espace sur lequel touchent les planchettes formant ressorts. A l’endroit où se trouve la partie la plus épaisse, elles sont maintenues par une
(1) Voir notre brancard disposé pour le transport par voiture ou par wagon, p. 461.
L’ART MÉDICAL
ande de fer de 0m,035 de large et de 0m,003 d’épaisseur; c’est au moyen de cette bande en fer qu’elles sont fixées sur la traverse. Cette disposition de ressorts en planchettes pour recevoir les brancards est également employée par l’administration russe pour le transport de blessés dans les wagons de chemin de fer. (Voir fig. 12, page 502).
Fig. 11. — Matériel d’ ambulance pour le transport des blessés sur charrette (système russe du capitaine
Valentin de Gorodezki).
Une monture en bois, complètement pliante et destinée à former un toit, permet de couvrir la charrette au moyen d’une forte toile garnie de rubans servant à la maintenir. Cette monture se compose de trois tringles en bois longitudinales qui courent parallèlement à la longueur des brancards. De chaque bout de la tringle longitudinale qui forme le haut du toit, descend verticalement une autre tringle en bois articulée, à charnière. Celle-ci vient se fixer dans la traverse qui supporte les bois principaux soutenant les brancards. De chaque extrémité des deux autres tringles qui forment les côtés du toit partent d’autres tringles en bois qui viennent s’adapter, au moyen de charnières, le long des tringles verticales. Le tout est à charnières et recouvert d’une forte toile. Les côtés sont maintenus par des sangles et des cordages; l’ensemble présente une belle proportion. La hauteur du toit au milieu est de 0m,90, la hauteur des côtés est de 0m,65 et la longueur du toit en haut est de lm,30.
Nous terminerons ce paragraphe en citant quelques modes d’appropriation des voitures ordinaires au transport des blessés présentés au Congrès international d’hygiène tenu à Bruxelles en 1876.
Pour le transport de blessés atteints peu grièvement et pouvant rester assis, on a proposé de suspendre, à l’aide de cordes, des sièges, formés de planches fiexibles, offrant des conditions convenables de solidité et d’élasticité. Ces banquettes improvisées peuvent être placées transversalement ou longitudinalement suivant la longueur de la voiture.
Un autre système consiste à suspendre avec des cordes, le long des parois latérales, deux longues perches formant de chaque côté un support élastique sur lequel reposent, par leurs extrémités, des planches transversales échelonnées les unes derrière les autres, à des intervalles suffisants.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Les planches peuvent être remplacées par des cordes tendues deux à deux d’un côté à l’autre et garnies par des couvertures ou des vêtements.
Pour le transport des blessés couchés, on peut couvrir le fond de la voiture d’une couche épaisse de paille sur laquelle on étend les blessés dans toutes les positions exigées pour les lésions dont ils sont atteints. Afin d’avoir plus d’élasticité, on suspend par des cordes, à une distance d'un pied du plancher, trois perches transversales sur lesquelles on place des planches longitudinales que l’on garnit de paille, de paillasses ou de matelas.
D’après un autre système, on passe sur deux longues perches longitudinales fixées aux parois, des cordes qui vont d'un côté à l’autre et s’entrecroisent de manière à former une sorte de treillage élastique que l'on recouvre de paille. If faut citer comme l’un des plus ingénieux à cet égard le système norwégien pour l’adaptation des chariots à foin aux transports des blessés. Ce système, applicable à toute espèce de chariots de paysans, n’exigeant aucun appareil particulier et pouvant s’improviser partout, consiste à suspendre les brancards au moyen de longues perches de sapin longitudinales dont une des extrémités libre fait très-efficacement l'office de ressort.
Le système russe pour l’appropriation des fourgons de munitions au transport des blessés se compose de traverses soutenues par des ressorts en spirales sous lesquels quatre litières peuvent être suspendues deux à deux (1 .
8° Transport des blessés par chemins de fer.
Le transport par chemin de fer qui, naturellement, tend de plus en plus à se généraliser et qui est certainement le meilleur pour conduire les blessés dans les villes et villages éloignés des champs de bataille, était très-rude et très-pénible tel qu’il était pratiqué jusqu’à ce jour. En effet, pour ce service, les chemins de fer n’étaient pas organisés, les wagons n’avaient reçu aucun arrangement particulier; on transportait les blessés qui pouvaient rester assis comme des voyageurs ordinaires dans les wagons de service habituel, et les blessés qui ne pouvaient être transportés que couchés étaient mis sur un lit de paille étendu sur le fond des wagons à marchandises. C’est ainsi que nous nous rappellerons toujours avec tristesse que, pendant laguerrede 1870-1871, les blessés ont été transportés, en France, de la façon la plus incommode et la plus irrégulière. Les malheureux soldats entassés pêle-mêle dans des wagons sans aménagement préalable, parcouraient ainsi de longues distances, dans une situation difficile pour leur état. Il est donc de toute nécessité qu’une entente s’établisse entre l'administration hospitalière de l’armée et les compagnies des chemins de fer pour faire construire ou transformer des wagons qui, à un moment donné, puissent servir au transport des blessés. Aussi est-ce avec un profond soulagement que nous avons appris que, sur la proposition faite parla Société française de secours aux blessés militaires qui, comme nous le verrons plus loin, avait exposé un matériel de chemin de fer si parfait pour ce service, les ingénieurs des chemins de fer français s’occupent activement du projet de transformation des fourgons de marchandises en wagons pouvant servir au transport des soldats blessés ou malades. Cette transformation serait des plus simples et n’imposerait aux compagnies que des frais insignifiants; elle consisterait à percer des portes à l’avant et à l’arrière des fourgons à marchandises pour ménager entre les wagons, au moyen de passerelles, une communication qui permettrait d’aller d'un bout à l’autre d’un train en marche. Il faudrait en outre ménager dans chaque wagon et dans
(1) Congrès international d’hygiène. Rapport de M. le Dr Hermant, (Bruxelles Î87Ç).
le sens de la longueur, un espace suffisant pour un couloir à l’usage du personnel de secours.
Nous allons étudier trois modèles de wagons destinés au transport des blessés exposés par l’Angleterre, les États-Unis et la France, mais c’est surtout le train sanitaire présenté par la Société française de secours aux blessés qui va mériter toute notre attention. Pour la description de ce train sanitaire qui indique si bien quelle devrait être l’organisation de tous les trains destinés au même usage, nous demanderons au lecteur la permission de lui donner avec la description des wagons destinés au transport des blessés, la description du train tout entier.
Angleterre. — Dans lasection anglaise, M. Joshuallenry Porter avait exposé un modèle de toagon de chemin de fer disposé pour le transport de malades ou de blessés dans des hamacs de marine. Dans ce wagon, semblable à nos wagons de marchandises, plusieurs matelas sont fixés suivant l’axe longitudinal du wagon et suspendus au moyen de cordes. D'après le système du Dr Porter, chaque matelas est placé dans l’intérieur d’une toile attachée, par ses deux extrémités, au moyen de cordages en forme de hamac, à deux crochets fixés dans des poteaux verticaux qui vont du plancher au plafond. Le milieu de chaque matelas est en outre soutenu par une traverse en bois suspendue transversalement au moyen de cordes qui descendent du plafond.
États-Unis. — M. le Dr Thomas W. Evans exposait dans la section des États- Unis, un modèle de ivagon-hôpital pour chemin de fer, pouvant contenir 30 lits pour transporter les blessés; échelle 1 ; 4. Fac-similé des wagons de chemin de fer, employés pendant la guerre de sécession aux États-Unis par la commission d’hygiène pour letransport des blessés. Le modèle (pl. V, fig. 2 et3) démontre un système de chauffage et de ventilation et représente, dans sa construction générale, un wagon ordinaire d’un train de voyageurs en usage aux États-Unis. Il se compose de deux parties : la partie antérieure a 4 roues, monture ordinaire des trains de wagons sur chemin de fer, et le plancher qui réunit les roues est fixé à cette partie antérieure de la caisse par un axe susceptible de tourner. La partie postérieure est construite de même, quant aux roues. Les deux extrémités du wagon sont reliées ensemble par quatre tringles en fer de 0m, 01 de diamètre, qui courent au-dessous de la caisse en décrivant une courbe et sont tendues à chaque extrémité par des arcs-boutants à vis. En raison de la longueur du train et de sa position sur les tringles, on a assez d’élasticité. La caisse du modèle a 4,n,20 de long, 0m,70 de large et 0m,60 de haut; elle a deux entrées devant et deux par derrière et est précédée et terminée par un balcon de 0m,t i de profondeur et d’une longueur de 0m,50 garni d’une marquise pour le conducteur. A une des extrémités, est un cabinet de médecin. Le compartiment du milieu est réservé pour les malades qui y sont disposés sur des lits, étagés par trois superposés et par série de cinq de chaque côté, suspendus aux panneaux et à des montants en bois par des anneaux en caoutchouc. On a ménagé, dans toute la longueur, entre les rangées de lits, un corridor pour le service et à l’une des extrémités on a placé un poële-calorifère. Les panneaux de côté sont garnis de vasistas mobiles pourvus de stores à l’intérieur. Le ciel est surélevé dans toute la longueur et surtout au milieu où sont les tuyaux de ventilation placés de chaque côté. Ce wagon est muni de freins à chaque extrémité (1).
France. — Pour la France, nous avons à étudier un modèle de wagon pour
(1) Voir Exposition de 1867. Appareils et instruments de l'art médical , par le Dr Grubv, chez Lacroix, éditeur, rue des Saints-Pères, 54, Paris.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
ambulance exposé par M. le comte d’Osmont et le train sanitaire de la société française de secours aux blessés militaires.
Lemodèledewafjonpr&seniépciTMAe comte d’Osmontest longde0m,90, large de 0m,40 et haut de 0m,45; il est en bois et fer. Ce wagon, modèle des wagons de chemins de fer ordinaires, est monté surdos ressorts; le milieu est surélevé et garni de vitres pour le jour et la ventilation. A chaque extrémité, se trouve une entrée avec croisée communiquant avec un escalier muni d’une rampe. Sur les paliers, près des portes, il y a des cabinets d’aisance. La communication d’un wagon à un autre se fait au moyen d’un pont. La caisse forme un seul compartiment fermé de chaque côté par trois parois mobiles qui peuvent être tournées complètement, de manière que le chargement et le déchargement des blessés couchés puisse s’opérer sans qu’aucun brancardier pénètre dans l’intérieur. A cet effet, un châssis rectangulaire en fer, suspendu sur une poulie, glisse tout du long de chaque paroi latérale dans deux rainures verticales et porte deux potences destinées à recevoir un brancard. Les deux angles supérieurs de ce châssis sont suspendus à l’aide de crochets en fer qui eux-mêmes sont attachés à une corde et les deux cordes se réunissent ensuite en une seule qui va passer sur une poulie tixée au-dessus. De là, la corde se dirige de droite à gauche, horizontalement, passe sur une poulie d’angle et descend ensuite pour s’engager en bas du panneau sur un treuil enfer à cliquet, muni d’une manivelle; au-dessous de ce châssis s’en trouve un second semblable, mais celui-ci n’est soutenu que par un seul crochet et une seule corde fixée au milieu et audessus. Cette corde remonte derrière le châssis supérieur, va trouver une autre poulie et fait ensuite le même chemin que la première. Les potences font corps avec les châssis et sont entaillées pour recevoir les hampes des brancards. Ceuxci sont en fer, ils sont munis de pieds et de poignées articulées pour pouvoir être rabattues. Pour les chargements, on descend le châssis à hauteur d’homme, on place sur les potences le brancard avec le blessé couché et on le remonte à sa place à l’aide du treuil. Le déchargement s’opère de la même manière. Les parois glissent sur deux rails excentriques, l’un placé dans le parquet et l’autre dans le plafond ; le rayon des rails excentriques est de 0m,026. Dans chaque rail glisse des pitons fixés, l’un à la partie supérieure, et l’autre à la partie inférieure du panneau. En outre, le même panneau porte en dessus et en dessous une coulisse garnie de fer qui reçoit un axe ou piton fixé en haut et en bas, de façon que le panneau puisse suivre en tournant la ligne excentrique des rails. Une des trois parois n’est pas munie de rails ni de coulisses; elle porte seulement, en haut et en bas, dans son milieu, un axe ou piton autour duquel elle peut pivoter. Ce dernier système serait facile à appliquer à tous les wagons de marchandises ordinaires.
Chaque paroi porte deux blessés superposés, ce qui fait par conséquent six blessés couchés de chaque côté. D’autre part, un banc double en bois, placé au milieu et dans toute la longueur du wagon, peut recevoir des blessés assis. L’avantage du mouvement excentrique des rails est de donner plus de sécurité et d’empêcher que, pendant la manœuvre, les parois occupent une trop grande place dans l’intérieur du wagon, où il reste encore un grand espace, de manière que les blessés assis ne soient nullement gênés.
L’idée nouvelle et ingénieuse présentée par ce modèle ferait désirer qu’on puisse expérimenter un wagon de grandeur naturelle organisé d’après ce système, afin de se rendre compte du service qu’il pourrait rendre.
Le matériel d' ambulance de chemin de fer exposé par la Société française de Secours aux blessés militaires se composait de huit wagons montés sur rails et placés derrière les abris de cette société. Tous ces wagons sont munis
L'ART MÉDICAL
devant et derrière, de chaque côté, d’un marchepied communiquant à une plate-forme qui facilite l’entrée et la sortie. Les marchepieds et une partie de la plate-forme sont garnis de tringles en fer formant rampes et galeries mobiles; le milieu de la plate-forme n’en est pas garni, mais il présente une autre petite plate-forme qui déborde et va s’appuyer sur celle du wagon suivant ou précédent pour former pont et permettre de passer facilement d’un wagon dans l’autre et de circuler dans tout l’intérieur du train. Sept de ces voitures font partie du train sanitaire de la Société française de Secours aux blessés. Ce sont : 1° un wagon approvisionnement; 2° un wagon magasin; 3° un wagon cuisine; 4° un wagon réfectoire; 5° un wagon pour 4 médecins; 6° un wagon pour 50 blessés assis; 7° un wagon pour 18 blessés couchés, dont 15 sur des couchettes fixes superposées 3 par 3 et les 3 autres sur des brancards suspendus au moyen de cordes attachées au plafond; le 8° wagon exposé était un wagon ordinaire à marchandises approprié pour la réception de blessés couchés.
Le matériel de chemin de fer de la Société française de secours aux blessés militaires a été construit parM. Charles Bonnefond ingénieur, sur les indications du Dr baron Mundy.
lo Wagon d'approvisionnement. — Ce wagon, entièrement en bois, est trèsgrand et très-solide; il est pourvu, au milieu et sur chacune de ses faces latérales, de larges portes à deux battants. De chaque côté de ces portes on a placé deux grands écussons croix rouges mobiles et au milieu on a écrit en grosses lettres : Approvisionnement. A l’arrière et à l’avant une porte fait communiquer la plate-forme avec un couloir qui divise le wagon dans toute sa longueur en deux parties égales. La largeur du couloir est de 0m,70; la largeur du wagon de chaque côté du couloir, est de 1 mètre et sa hauteur de2m,55.
Les deux extrémités du wagon sont garnies de deux vasistas surélevés de 0m,40. A droite et à gauche du couloir sont disposés des compartiments avec portes à coulisses munies d’inscriptions; ces compartiments contiennent le combustible et les provisions nécessaires. Les compartiments destinés à la viande fraîche, au pain et autres aliments frais, sont aérés; les boissons en bouteilles se placent dans des tiroirs munis de supports entaillés. Ce wagon contient un sellier pour boissons en fûts, des casiers pour boissons en bouteilles, une soute pour les pommes de terre, une soute à charbon, un garde-manger pour la viande fraîche, un garde-manger pour le pain, un autre pour les légumes, enfin un magasin pour l’épicerie et les conserves alimentaires. Le prix du wagon d’approvisionnement est de 5,750 francs. Ce wagon, comme nous l’avons dit plus haut, communique avec le second au moyen d’une plate-forme, formant pont.
2° Wagon-magasin. — Ce wagon, semblable au wagon d’approvisionnement, contient une lingerie, une bibliothèque, une pharmacie, tout le matériel de pansement, des brancards, des tables, des chaises pliantes, des baignoires s’emboîtant l’une dans l’autre, un poêle en fonte, une glacière, un appareil pour fabriquer la glace, un lit monté pour le garde-magasin. Ce lit se trouve à une hauteur de lm,20 à peu près au-dessus du parquet. L’éclairage a lieu pendant la nuit au moyen de lanternes encastrées dans Je plafond. Ce wagon communique avec celui qui le précédé et avec celui qui le suit au moyen de plates-formes formant ponts. Le prix du wagon-magasin est de 5,750 francs.
3° Wagon-cuisine (PL V, fig. 1). — Le wagon-cuisine toujours réuni aux wagons suivant et précédant au moyen de plates-formes formant ponts, n’offre plus le même aspect que les précédents. On n’y trouve plus de couloir, il présente l’aspect et l’aménagement d’une vaste cuisine. En haut, au milieu, on a ménagé de larges vasistas surélevés de 0m,40 à O"1, 50 pour la ventilation; ces larges vasistas sont garnis de rideaux. Dans l’intérieur, au milieu, on trouve un grand espace libre
INSTRUMENTS ET APPAREILS
d'environ Au milieu d’une des parois latérales est placé un large fourneau
en fer de 2m,35 de long, 0m,90 de profondeur et de hauteur ordinaire. Ce fourneau est muni d’un large tuyau de dégagement, s’ouvrant dans le plafond. 11 porte deux grandes chaudières de 75 litres chacune, pour la préparation du pot-au-feu et du bouillon, et deux grands bains-marie pour le café et autres boissons chaudes. Les couvercles des marmites sont maintenus par des bandes flexibles en bois. Au-dessus du fourneau, un rayon fixé sur la paroi du wagon porte une batterie de cuisine en cuivre étamé. En face du fourneau, sur l’autre paroi du wagon, deux lits, l’un pour le cuisinier et l’autre pour son aide, sont fixés au moyen de charnières. Ils se relèvent pendant le jour contre la paroi du wagon, de manière à ne pas encombrer la cuisine. Un de ces lits est doublé d’une table de 0m,85 de large qui se développe lorsque le lit se relève. A côté du fourneau, on trouve une table en bois avec tiroir, et à côté des lits et de la table dont nous venons de parler, on a installé une grande bassine en cuivre pour laver la vaisselle. Un peu plus loin, on a placé un billot en bois. Des armoires dans lesquelles toute la vaisselle et les accessoires nécessaires pour le service sont assujettis, occupent les quatre coins du wagon et sont surmontées de réservoirs à eau d’une contenance totale de 1800 litres. Ces réservoirs s’alimentent par une ouverture pratiquée dans la toiture du wagon et distribuent l’eau au moyen de robinets dans tout l’intérieur de la cuisine. Une horloge est suspendue à l’une des extrémités du wagon. L’éclairage a lieu la nuit au moyen de lanternes encastrées dans le plafond et le jour par un grand lanterneau et quatre châssis latéraux qui servent à la ventilation. Le wagon-cuisine contient donc les appareils, ustensiles et accessoires nécessaires à la nourriture de trois ou quatre cents blessés ou malades et à celle du personnel d’ambulance et du train. On peut préparer dans ce wagon, outre les tisanes, tous les genres d’alimentation qu’exigent les blessés ou malades et les employés. Le prix du wagon-cuisine est de 5,750 francs.
4° Wagon-Réfectoire. — Le quatrième wagon porte en grosses lettres, sur ses parois latérales le mot : ambulance. Il est réuni, toujours au moyen de plates-formes formant ponts, avec le wagon qui le précède et avec celui qui le suit. Ce wagon qui était disposé à. l’Exposition comme un réfectoire peut recevoir des blessés couchés ou des blessés assis. Outre les portes qui, à chaque extrémité, donnent accès aux terrasses, portes à deux battants inégaux, dont un seul, le grand, sert pour la circulation ordinaire, tandis que l’autre ne s’ouvre que pour l’entrée ou la sortie des blessés couchés, ce wagon est pourvu sur chacune de ses faces latérales, d’une large porte à glissement. Les parois sont doubles ; une partie de la paroi intérieure est formée par les sièges et les dossiers des bancs destinés aux blessés assis et aucune des appliques de ce wagon fixées de manière à ne pouvoir être déplacées sans le secours d’une clef commune à toutes les serrures, ne fait saillie dans l’intérieur. Dans ce wagon, appliqué au service de réfectoire, les banquettes fixées dans les parois étaient rabattues, et devant ces banquettes, on avait placé des tables de lm,90tde long et 0m,40 de large, munies de pieds à vis. En haut, le milieu et les deux extrémités sont surélevés d a peu près 0m,40 pour l’éclairage et la ventilation. Ces surélévations sont pourvues de larges vasistas garnis de rideaux. Le wagon est en outre muni de lanternes pour l’éclairage de la nuit; son prix est d’environ 5,000 francs.
5° Wagon-médecins. — Ce wagon est disposé pour recevoir quatre médecins et est réuni, comme les autres, avec celui qui le précède et avec celui qui le suit^ au moyen de plates-formes formant ponts. Il est divisé en deux parties égales et dans toute la longueur, par un couloir qui a O01, 60 de large. Il contient quatre cabines, deux à droite et deux à gauche, et entre les deux cabines, on trouve
L’ART MÉDICAL
d’un côté un water-closet, et de l’autre côté, entre les deux autres cabines, un très-grand poêle de 1 mètre de haut et de 0m,55 de large. La largeur de la J place occupée entre les deux cabines par le poêle et le water-closet, est de 0m, 80.
Le couloir est éclairé, le jour, par une guérite vitrée, dont les châssis mobiles permettent de régler l’aérage à volonté, et la nuit par des lanternes ordinaires de voiture encastrées dans le plafond. L’appareil de chauffage est du système dit à courant d’eau, et est étudié de façon à chauffer légèrement pour empêcher la congélation de l’eau contenue dans deux réservoirs dissimulés dans les plafonds et destinés à alimenter les toilettes des chambres et le water-closet. Le même appareil, par une disposition de conduites à eau chaude passant, sous le plancher, entretient à une température égale et constante, des chaufferettes placées sous le tapis, devant le fauteuil de chaque chambre. Chaque cabine, pourvue de larges fenêtres garnies de rideaux, contient : une armoire à rayons, I pour linge et habits, sur laquelle repose une toilette-lavabo garnie de tous ses accessoires et pourvue d’un robinet de prise et de sortie d’eau. Au-dessus de la toilette, est placée une pharmacie bibliothèque. Le lavabo et la bibliothèque se trouvent près de la porte d’entrée. L’extrémité opposée de la cabine, faisant face à la toilette, est occupée par un lit qui, dans le jour, se relève le long de la paroi du wagon, le dessous se confondant avec la tenture du reste de lacabine.
Ce côté est encore occupé par un siège à deux places, dont la moitié se rabattant, par un simple mouvement de bascule, laisse la place libre pour le lit. Derrière ce siège, on a ménagé un vestiaire dont l’ouverture se trouve au-dessus de la partie fixe de ce dernier; devant cette partie fixe, on peut encore rabattre une table pliante, munie d’un encrier fixe, table que l’on dissimule dans la boiserie. Chaque cabine est pourvue en outre, d’une pendule-réveil portant baromètre et thermomètre. Enfin, toutes sont éclairées par une lampe à huile qui peut être suspendue, soit à côté de la toilette, soit à côté de la table. Le wagon pour médecins, ainsi aménagé, coûte 10,000 francs.
6° Wagon pour 50 blessés assis. — Le sixième wagon toujours réuni avec j les autres, au moyen de plates-formes, offre la même construction que le wagon réfectoire. Il est pourvu, outre les portes de ses extrémités, de deux portes ; latérales à glissement, seulement, une de ces portes est condamnée par l’adap- j tation d’un water-closet le long de la paroi. Les bancs qui forment la paroi i intérieure sont rabattus et prêts à recevoir les malades assis. Ces bancs sont i
de simples planches, sans aucune garniture; on les rabat au moyen d’une clef j
commune à toutes les serrures. Au milieu, on a installé un poêle en fer de 0nî,80 j de haut, dont le tuyau de dégagement traverse le plafond. Le milieu et les extré- ] mités portent des vasistas surélevés d’environ 0m,40 et garnis de rideaux.
Ce wagon est muni de lanternes pour l’éclairage de nuit et porte en grosses I lettres sur ses parois latérales le mot : ambulance. Son prix est d’environ 5,000 francs.
7° Wagon- Ambulance. — Ce wagon toujours réuni aux autres, contient un aménagement pour huit blessés ou malades couchés sur des cadres en bois ] à fonds sanglés garnis de matelas et d’oreillers. Les cadres sont supportés par des barres rondes en fer, maintenues d’un côté sur les parois, et de 1
l’autre sur des montants en bois fixés au milieu du wagon. Ces montants fixés j
à la toiture de la voiture, sont détachés et mis en place pour recevoir les tringles j destinées à supporter les cadres et ces tringles sont alors engagées dans des œillets dont les montants sont pourvus. "Ce wagon porte sur ses faces latérales, de larges portes à deux battants; une de ces portes est condamnée par un watercloset à côté duquel on a installé 'un poêle. On trouve encore dans ce wagon des bancs pour asseoir les blessés et des lanternes pour l’éclairage de nuit. Il
INSTRUMENTS ET APPAREILS
est surélevé au milieu et à chaque extrémité et muni de vasistas garnis de rideaux. Sur les côtés, il porte le mot : Ambulance.
8° Wagon- Ambulance. — Le huitième wagon-ambulance, toujours réuni aux autres est muni, sur ses faces latérales, de larges portes s’ouvrant à glissement. On trouve dans ce wagon surélevé d’environ 0’D,40au milieu et à chaque extrémité et muni de vasistas garnis de rideaux, des lanternes pour l’éclairage de nuit. Il porte sur ses côtés le mot: Ambulance et représente différents modes d’appropriation des wagons ordinaires à marchandises pour le transport des blessés.
Quatre systèmes étaient exposés : 1° le blessé est étendu sur un brancard placé sur une couche de paille; 2° les brancards sont suspendus à des cordes attachées au toit du wagon, au moyen de simples crochets et, pour supprimer le balancement latéral, on attache les brancards aux parois du wagon; 3° les cordes qui supportent les brancards sont munies de ressorts ou transformés en ressorts de la manière suivante : quatre cordes terminées en boucles à leur partie inférieure, reçoivent les extrémités des hampes d’un brancard et deux bâtons, formant arcs, tiennent ces cordes en écartement de manière à ce qu’elles représentent ainsi des lignes brisées. Tout choc met enjeu l’élasticité des bâtons arqués, et modifie l’écartement des cordes qui tendent alors à se rapprocher l’une de l’autre, produisant ainsi les mouvements que donnent les ressorts en acier; telle est la description du ressort improvisé de M. le comte de Beaufort qui en est l’inventeur. 4° les cordes qui supportent les brancards sont portées par un cadre mobile qui est placé dans le wagon, auquel il n’adhère par aucun mode d’attache. Ce cadre, dit : cadre de transformation , est dû à M. le comte de Beaufort qui le décrit ainsi : le cadre de transformation est un appendice qui convertit presque immédiatement un wagon à marchandises en un wagonambulance pour le transport de blessés couchés, et cela sans la moindre modification de la caisse du véhicule pour l’aménagement des brancards, sans l’addition d’un seul clou, d’une seu-le vis. Le cadre se place comme un colis ordinaire. Articulé à tous ses angles, il se monte vite et facilement, il forme, lorsqu’il est démonté, une ligne droite comme un brancard fermé. Chaque wagon à marchandises peut contenir deux de ces cadres qui supportent six brancards chacun. Un espace intermédiaire forme corridor pour donner accès auprès de chaque blessé. L’opération laborieuse de la mise en place des brancards chargés de blessés est facilitée, au besoin, par un élévateur qui se compose de deux poulies et d’une corde terminée, à une de ses extrémités par un poids de 15 kilogrammes environ, et à l’autre par une traverse en bois, longue de 0m,60. Lorsque le brancard est placé entre les deux montants du cadre, on pèse sur la traverse de l’élévateur, on l’abaisse, en faisant monter par conséquent le poids. La traverse est alors placée sous les hampes du brancard, à l’élévation duquel vient concourir la force qui a été employée pour l’ascension du poids ; sa descente diminue de 45 kilog. le poids à soulever. Un élévateur est placé à chaque extrémité du brancard; il en résulte que le travail de la mise en place du blessé est diminué de moitié, ou plutôt qu’il se divise en deux parties : la première s’effectuant par l’effort du brancardier quand il pèse sur la traverse, la seconde par sa force musculaire. L’élévateur n’étant pas fixé au cadre, il n’en faut que deux par wagon à marchandises.
On pourrait augmenter faction du poids, de manière à lui faireq)roduire l’élévation entière du brancard; mais il est préférable de rendre nécessaire l’intervention des brancardiers pendant toute la durée de l’opération, afin qu’il3 puissent suppléer à un dérangement de l’appendice ; ce qu’ils sont à même de faire, puisqu’ils n’abandonnent pas les hampes, avant la parfaite mise en place du brancard. Tout dérangement aurait donc simplement pour effet d’obliger àfaire
L’ART MÉDICAL
le chargement de la manière ordinaire. L’élévateur est ainsi conforme à ce principe : tout appendice complémentaire doit avoir son action distincte et ne
doit entraver en rien, au besoin, le fonctionnement des moyens ordinairement employés.
Russie. — Pour terminer cette étude, nous citerons le matériel d’ambulance 'pour le transport des blessés par wagons à marchandises , système du capitaine Valentin de Gorodezki, ayant servi pendant la dernière guerre Turco-Russe et qui se trouvait exposé dans la section russe. D’après ce système (fig. 12), les brancards en sapin que nous avons décrits dans notre étude sur les brancards, p.455 sont placés sur des ressorts en planchettes semblables à ceux que nous avons vus à la fin de notre paragraphe sur les voitures. Pour le transport en chemin de fer, ces ressorts en planchettes sont fixés transversalement sur deux montants en sapin, boulonnés dans les wagons de marchandises. Un ressort en planchettes est fixé
Fig. 12. — Matériel d’ambulance pour le . ,
transport des blessés par wagons à mar- par son milieu a 1 extrémité supérieure de
deaGorodezk7Steine du capitaiûe Valentin chaque montant et en dessous, près du pied
de celui-ci, on trouve un système de suspension semblable pour un autre brancard (1).
9° Transport des blessés par eau.
L’Exposition de 1878 nous offrait peu de sujets d’étude ayant trait au transport des blessés par eau. Ainsi, après avoir parlé de l’exposition du Ministère de la Marine française et décrit un modèle de barque pour le transport des blessés, présenté par le Ministère de la Marine des Pays-Bas, nous finirons par la description d’un appareil contre le mal de mer, exposé dans la section italienne.
France. — Le Ministère de la Marine française exposait un hamac rêglementairede matelot, disposé pour le transport des blessés à bord, pendant le combat , d’après la méthode du Dr J. Maréchal, médecin principal au port de Brest. Le hamac sert en même temps à descendre les malades ou blessés, ceux-ci étant emmaillotés dans le hamac et celui-ci étant placé dans une gouttière en métal.
Le hamac réglementaire que l’on a toujours à bord, est tendu, dans sa longueur (pi. I, fig. 9)., par des lattes flexibles passées sur sa face dorsale, en dehors et vers le milieu du mince matelas qui le double, ainsi que par deux bâtons, un de chaque côté, qui doivent servir à soulever le blessé ou le malade une fois emmailloté, maintenu immédiatement, et pour toute la durée des soins ultérieurs, dans une enveloppe qui l’abrite contre les violences et facilite sa transmission. Les bâtons doivent être tenus à distance convenable par des attelles percées qui traversent les extrémités. Ce hamac est muni en outre de deux traversins, l’un pour soutenir la nuque, l’autre pour maintenir les jambes en demi-flexion. Huit crochets
(1) Voir notre brancard disposé pour le transport par voitures ou wagons, p. 401.
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boutons permettent un transfilage rapide à l’aide d’une corde terminée par une boucle à l’une de ses extrémités. L’application de cette enveloppe demi-rigide et matelassée a pour but de supprimer l’usage des brancards peu pratiques à bord. Le malade transfilé dans son hamac est présenté obliquement à une gouttière en métal préalablement inclinée de 25 degrés (pi. I, fig. 8); arrivé dans la batterie, il est saisi à l’extrémité inférieure du cadre-hamac par un premier porteur. Un deuxième porteur se tient prêt à saisir l’extrémité supérieure du cadre-hamac, dès que la descente par glissement sera complète et que la tête du blessé ou du malade sera arrivée à hauteur de ceinture. Un troisième servant se dispose à peser les cartahus suspenseurs de la gouttière pour la remettre dans le cadre du panneau. Le blessé ou le malade est alors déposé à la place qui lui est assignée ou à l’orifice dune nouvelle gouttière de transmission s’il y a plusieurs étages à traverser. Le patient peut être ainsi descendu dans la gouttière jusqu’au dernier étage, au moyen de poulies adaptées dans chaque plancher.
Pour démontrer la méthode nouvelle de transport des blessés à bord pendant le combat, du Dr J. Maréchal, le Ministère de la Marine française exposait le modèle réduit d’un segment de frégate où le passage des blessés et la manœuvre (glissement sur un plan à inclinaison variable, transmission oblique à travers des panneaux indépendants ) était figurée, conformément à des croquis exposés sous cadre, et contradictoirement à l’ancienne méthode (transmission verticale à travers des panneaux dépendants). En face, on trouvait un modèle correspondant démontrant le transport des blessés par transmission verticale à travers des panneaux superposés.
Les croquis exposés sous cadre, dont nous parlions tout à l’heure et dont nous donnons une reproduction démontrent la méthode du Dr J. Maréchal, appliquée au transport des blessés à bord de l’Océan. C’est à tort que les deux panneaux ont été figurés l’un au-dessus de l’autre et se correspondant, puisque la méthode n’a nul besoin de cette superposition.
Pour terminer avec l’exposition du Ministère de la Marine française, nous ne ferons que mentionner, ne pouvant en donner un dessin, un petit modèle de cadre de bord modifié par M. Duval et exposé par ce Ministère. Il est fâcheux qu’il ne nous ait pas été donné, pour cela comme pour bien d’autres objets, la possibilité d’en prendre le croquis, aussi négligerons-nous de parler de bien des choses qui certainement seraient intéressantes à signaler, mais qui ne peuvent être rendues compréhensibles qu'à l’aide du crayon.
Pays-Bas. — Le modèle de Barque pour le transport des blessés, exposé par le Ministère de la Marine des Pays-Bas (fig. 13), a été exécuté, d’après le système du lieutenant de vaisseau de première classe C. J. Marinkelle, par MM. G. Léen et Klopper à Willemsord, en Janvier 1878, pour la deuxième expédition de la guerre d’Adjeh. Le modèle a 2m,10 de long et 0m,60 de large. La barque est recouverte par une voile en forme de toit, inclinée sur un des côtés et par conséquent offrant une seule pente. Cette voile de lm,55 de long et de 0m,60 de large, porte à chacune de ses extrémités une tringle en bois de 0n’,01 de diamètre, munie dans son milieu d’un crochet qui peut glisser dans tous les sens et permet de la suspendre à une tringle en fer transversale fixée dans l’embarcation. La tringle transversale est recourbée et a la forme d’une ellipse, l’une de ses branches est fixée sur un poteau en fer à une hauteur de 0m,30. Les bords de la toile sont garnis de tringles en bois, demi-rondes, traversées par des cordes qui vont rattacher la toile sur les bords de l’embarcation. A l’aide de ces dispositions, on peut raidir la toile autant que l’on veut. A l’intérieur de la barque, à 0ra,15 du fond, se trouve un plancher mobile sur lequel
L’ART MÉDICAL
sont placées des couchettes en bois de 0m,40 de long et de 0m,18 de large. Le fond de ces couchettes en bois lissé, est légèrement cintré. Sur chaque couchette repose un cadre-brancard en bois, garni d’un matelas et d’un oreiller en toile cirée. Ce cadre tout entier, ainsi que la couchette est placé dans un sac litière, hamac en toile, qui dépasse le matelas de 0m,10. Aux bords les plus courts se trouvent des traverses en bois portant cordes et anneaux de suspension. Ces deux anneaux de suspension sont accrochés sur une tringle en fer de 0m,40 de long, pourvue à chaque extrémité d’un fort crochet. Une fois accrochés les hamacs sont hissés sur le navire au moyen d’une poulie. De chaque côté du
Fig. 13. — Modèle de barque pour le transport des blessés (Pays-Bas).
navire, il y a des cylindres en bois pour faciliter le glissement et aider au chargement. Dans l’intérieur, il y a place pour six lits et des banquettes sont placées tout autour pour recevoir des blessés assis.
Un dessin qui accompagnait ce modèle montrait six hommes portant sur leur tête une couchette qu’ils vont déposer dans le canot, les couchettes sont pourvues d’une enveloppe pour qu’on puisse, au besoin, les incliner sans crainte de faire tomber les malades. Un autre dessin montrait l’embarcation près du grand navire qui doit recevoir et transporter les blessés.
Italie. — Enfin dans la section italienne, M. d’Amora, lieutenant de vaisseau italien, avait placé le modèle d’un appareil à double suspension contre le mal de mer. Ce modèle (fig. 14) était au 1f4 du véritable appareil.
Au plafond d’une cabine de vaisseau, est suspendu un double mouvement, comme pour les chronomètres de marine, qui supporte un cadre en cuivre de 0m,20 de long et de Om,42 de large. Chaque coin de ce cadre est relié au moyen de tringles également en cuivre à un autre cadre en bois de 0m,45 de long et de 0m,15 de large qui se trouve au-dessous. Ce second cadre qui représente une garniture, porte au-dessous de chaque coin, un galet à joues, en bois, de0m,03 de long et de 0m,025 de large, entouré d’une rondelle en caoutchouc. Celle-ci entoure également un autre galet de même grandeur qui se trouve au-dessous du premier à une distance de 0m,005. Ce second galet est fixé sur un autre cadre en bois, de manière que les deux galets se trouvent interposés entre les cadres. Le cadre inférieur représente la couchette, il est entièrement garni
INSTRUMENTS ET APPAREILS
par une toile et fixé de chaque côté au parquet au moyen de caoutchoucs qui le maintiennent mollement. La distance entre le sol et ce cadre est de 0m,17
Enfin au-dessous de ce dernier, se trouve une caisse en cuivre glissant sur deux tringles et servant de lest pour équilibrer l’appareil. On trouvait, à côté de ce modèle, une brochure explicative datée de 1877.