‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 107 sur 124 · TOME VIII. — NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME VIII. — NOUV. TECH

L’ART MÉDICAL

Fig. 39. — Gouttière en tôle étamée a intervention destinée aux plaies et résections du coude. — Systèm •> du Dr Léon Le Fort. — A. Vis servant à Axer la partie du bras à la longueur voulue. — B. Deuxième vis servantà Axer la partie de l’avant-bras. — C. Tringle en fer que l’on courbe à volonté, selon le degré de flexion que l’on veut donner aux membres.

Fig. 40. — Gouttière a intervention mobile applicable a la résection du Système du Dr Léon Le Fort.

genou. —

big. 41. — Gouttière a suspension mobile destinée au traitement des fractures de jambes. — (Système duDr Lefort). — A. Vis d’extension. — B." Articulation du genou avec flexion limitée. — C. Double poulie mobile, avec crochets servant à faire la suspension de la jambe sur un cerceau enfer.

INSTRUMENTS ET APPAREILS

Une gouttière 'pour le bras (fig. 39). — Cette gouttière se compose de trois parties réunies entre elles par deux vis de pression qui permettent d’immobiliser le bras et l’avant-bras, unis par une tringle ronde en fil de fer qui peut se manier à volonté. Il y a une partie pour la main, une deuxième pour l’avant-bras, et une troisième pour le bras. Elle est applicable aux plaies et résections du coude et permet de faire le pansement sans sortir le bras de la gouttière. — Une autre gouttière du même genre toute droite.

Une gouttière du même système pour les jambes. — Cette gouttière (fig.40), à intervention mobile est applicable à la résection du genou. Elle permet de faire le pansement sans défaire l’appareil, carie genou est entièrement à découvert; le pied est de même à découvert et maintenu sur une planchette où on le met au degré de flexion ou d’extension voulu, d’adduction ou d’abduction.

Il y a trois tringles de rechange pour chaque appareil afin de faire varier l’extension ou la flexion que l’on veut donner au membre. Ces gouttières spécialement faites pour les ambulances, ont été utilisées pendant la guerre de 1870-1871 par beaucoup de chirurgiens auxquels elles ont rendu les plus grands services.

Une gouttière à suspension mobile destinée au traitement des fractures de la jambe, faite également sur les indications de M. le docteur Léon Lefort. Cette gouttière (fig.41) est applicable à toutes les fractures de jambes et principalement aux fractures multiples avec plaies, dont le pansement se fait sans avoir besoin de démonter l’appareil. La jambe est posée dans cette gouttière qui permet de laisser à découvert presque toute la jambe en entier pour faciliter le pansement et le redressement des deux fragments.

Cette gouttière, en tôle étamée, est munie, à sa partie inférieure, d’une vis d’extension qui est fixée sur une partie des montants où glissent, dans une coulisse, les parties doubles de la gouttière qui lui permettent de s’allonger de toute la longueur de cette vis d’extension. De plus, elle est munie d’une articulation correspondant au genou et pouvant s’immobiliser à volonté selon le degré de flexion que l’on veut donner à la jambe pour empêcher tous mouvements. La jambe se trouve suspendue dans la gouttière au moyen de deux chaînettes s’accrochant dans divers trous qui se trouvent sur ses bords et Fi”;Q‘^7aAr™^^ venant se fixer sur une baguette arrondie dont est de la coxalgie et pour fractures muni le cerceau en fer reposant sur le matelas du de iambes et de culsses* lit ; de cette manière le malade peut se bouger sans éprouver la moindre douleur.

M. Guillot exposait encore des attelles en toile métallique pour le traitement provisoire de la coxalgie et pour fractures de jambes et de cuisses. Ces attelles, (fig. 42 ci-dessus) sont en forme de T ; la partie la plus courte fait le tour du corps, l’autre partie longe la jambe à sa face externe, la deuxième s’applique à la face interne de la jambe, la troisième s’applique à la face antérieure. Ces attelles rendent de grands services dans les cas pressants comme elles l’ont prouvé pendant la guerre de 1870-1871.

M. le docteur Noizet exposait des appareils à fractures , en zinc.

La Société française de secours aux blessés militaires avait réuni dans sa salle d’opérations et dans les vitrines qu’elle contenait, des appareils à fractures et des modèles d’attelles et de gouttières . On remarquait des attelles de différents modèles, des appareils à fractures en drap, des gouttières et cerceaux en fil de

L’ART MÉDICAL

fer galvanisé et des gouttières bouclées du Dr Houzé de l’Aulnoit. D’après le Dr Houzé de l’Aulnoit, ces gouttières portant sur leurs bords des lanières en soie et en caoutchouc, cousues et munies de boucles, peuvent être appliquées instantanément par une personne étrangère à l’art de guérir et permettent d’obtenir l’immobilisation du membre blessé. D’un prix minime, revenant à2f, 50 le cent, elles sont assez simples pour être faites partout, par le premier ferblantier. M. Houzé de l’Aulnoit s’en sert pour l’immobilisation articulaire des moignons d’amputés. Il en fait confectionner pour le creux de l’aisselle, pour le pli de l’aine. Elles se composent de deux valves : l’axillaire d’une valve, appliquée à la face interne du bras, et la seconde, soudée à la première sous un angle de 50 degrés, contre la face externe du thorax. Pour la cuisse, de deux valves : l’une est posée audevant de la face antérieure et supérieure de la cuisse, et la seconde au-devant de l’abdomen. Les courroies cousues sur les bords servent à l’immobilisation; elles maintiennent le membre demi-fléchi sous un angle de 105 degrés.

La même société exposait aussi des appareils pour fractures envoyés par M. Sadon, membre fondateur de la Société et, parmi lesquels on remarquait : un petit appareil à fractures, 3 attelles doubles accouplées pour fractures de jambes; 3 appareils à fractures, 3 attelles, 3 appareils pour bras, 3 appareils pour jambes; 3 appareils de bras, 8 attelles. Avec du drap fanon et des attelles de jambes, M. Sadon improvise un brancard de première ligne.

Pays-Bas. — Dans la section des Pays-Bas, M. le Dr Van de Loo de Venlo exposait des bandages plâtrés , pour la jambe, le genou, le talon et le pied. Un bandage plâtré amovo-inamovible d’emblée, à bandelettes de Scultet. Un bandage-tricot plâtré amovo-inamovible d’emblée. Trois bas superposés, fendus et attachés tout du long avec des rubans. Un bandage plâtré formé de trois pièces de flanelle superposées. Un bandage-tricot plâtré pour l’articulation du pied. Un bandage-tricot plâtré pour le bras gauche. Des attelles à bandelettes plâtrées. D’autres attelles à bandelettes plâtrées, divisées en deux parties, une partie supérieure et une partie inférieure (jambe, genou, pied). Un bas contenant du plâtre et moulé sur la jambe pour le côté droit; un autre semblable pour le côté gauche. Des bandes plâtrées pour le genou. Deux machines (Gypsimpressor) à rouler les bandes pour les imprégner de plâtre. Une brochure sur le bandage plâtré; Bruxelles^ librairie Manceaux, 4867. Une brochure sur le Gyps-impressor, Linden.

Ces préparations sont faites de la même façon que les préparations du même genre que nous avons étudiées dans la section autrichienne et offrent les mêmes avantages. Ils n’en diffèrent que par l’enveloppe puisque nous avons ici des bas-tricots au lieu de sacs en flanelle (voir page 553).

Suisse. — Enfin, comme dernier appareil à fractures exposé, nous renvoyons le lecteur au brancard-gouttière de M. Demaurex, que nous avons étudié dans notre paragraphe sur les brancards, section suisse.

3° Tables à opérations.

France. — Dans la section française, une table à opérations ordinaire était placée sous la tente d’ambulance, système du Dr Léon Lefort, formée de deux tentes réunies.

Dans la salle d’opérations exposée par la Société française de secours aux blessés, on trouvait deux modèles de tables à opérations. 1° Le modèle de brancard-table à opérations, construit par M. Kellner sur les indications du Dr baron

Mundy. Nous avons déjà étudié ce modèle dans notre paragraphe sur les brancards. Dans la salle d’opérations, il était placé sur deux tréteaux et constituait une excellente table à opérations.

2° Un modèle, construit par M. Favre formant une table à opérations pliante et portative, plus légère que la précédente, mais ne se prêtant pas aux mêmes transformations. Cette table très-simple, est mobile par charnières et se plie dans tous les sens, elle est placée sur des sangles, recouverte par une toile cirée et montée sur des pieds que l’on peut plier facilement.

Pour le transport, on divise cet appareil en deux parties, la table et les pieds, et chacune de ces parties, repliée, ne présente que très-peu de volume. Le poids de l’appareil entier est de 19k,500.

Une table à opérations se trouvait dans le fourgon de chirurgie exposé par le Ministère de la guerre française (voir page 586). Les pieds de cette table, étaient suspendus extérieurement sur un des côtés du fourgon.

Pays-Bas. — Enfin, dans la section des Pays-Bas, on avait placé sous le côté tendu de la voiture-tente d’ambulance du lieutenant colonel Kromliout, (page 586) une table à opérations en bois, mobile, avec une surélévation pour la tête, mobile également et pouvant être enlevée complètement. Cette table est munie de pieds articulés, maintenus par un petit verrou en bois quand ils sont repliés en-dessous, et par une tringle en fer quand ils sont étendus.

4° Appareils divers .

Autriche -Hongrie. — Dans la section austro-hongroise, M. le Dr Mathé de Bude-Pesth, exposait un soufflet portatif pouvant être adapté à un réservoir pour obtenir l’insensibilité. L’opérateur a le petit réservoir suspendu en écharpe et fait marcher, avec son coude, le soufflet maintenu à son côté par une ceinture, de manière à pouvoir, en même temps, se servir du soufflet pour insensibiliser et de ses instruments pour faire l’opération.

M. le Dr Guillaume Gollmann de Vienne, présentait un appareil portatif-conservateur de place , pour les hôpitaux et ambulances. Cet appareil se compose d’un réservoir de forme cylindrique en tôle de zinc à paroi double. Le réservoir a 0m,316 de hauteur et 0m,474 de diamètre. La paroi double qui l’entoure se trouve distante de 0m,026 de la première et cet espace est comblé de coton afin que la glace ne fonde pas si facilement et se conserve plus longtemps. Au milieu de l’appareil, à 0m 105 de distance de la paroi double se trouve un cylindre en tôle de zinc qui repose sur des pieds de 0m,015 de hauteur, de manière qu’il ne repose pas partout et qu’il soit surélevé pour laisser entre lui et le fond de l’appareil un espace vide de cette hauteur. Ce cylindre, mobile, a 0^,316 de hauteur sur 0m, 237 de diamètre et est destiné à renfermer un seau en fer blanc devant recevoir de l’eau ou des médicaments, avec couvercle et anse, à l’intérieur duquel se trouve accroché un gobelet d’une contenance d’un demi-litre. Ce seau est également soutenu par des pieds qui se trouvent à l’intérieur du cylindre qui l’enveloppe, de manière qu’il ne descende pas jusqu’au fond. Entre les parois de l’appareil et le cylindre du milieu on place la glace qui doit être pillée ; dans cette partie, il y a sur les parois des crochets auxquels on suspend des boîtes mobiles en tôle dans lesquelles les médicaments sont tenus frais ; les compresses sont placées sur la glace. Cet espace compris entre le récipient du centre et les parois de l’appareil est fermé presque hermétiquement par deux couvercles demi-ronds en zinc. Le seau du milieu dépasse le cylindre qui l’entoure de 0m,i0 de manière à pouvoir être retiré sans que les couvercles

L’ART MÉDICAL

demi-circulaires de l’appareil soient levés. Ce seau solidement étamé, facile à ôter et à mettre en place, peut contenir 14 litres d’eau.

Le Dr Gollmann a eu ainsi pour but de fournir de l’eau fraîche, des médicaments et des compresses froides aux malades et surtout aux blessés, en prenant en considération les difficultés de leur transport pendant les grandes chaleurs, où par manque d’eau fraîche pour boisson et compresses, leurs souffrances sont considérablement augmentées.

D’après les expériences et observations faites, il suffit, de remplir entièrement de glace l’espace compris entre le récipient du milieu et les parois de l’appareil, une seule fois toutes les 48 heures. Cependant il est désirable d’avoir toujours de la glace en réserve. Cet appareil a été mis en pratique en Autriche, lors de la guerre de 1866 et a été ensuite adopté pour les hôpitaux de Vienne. Un seul suffit pour un transport ou pour un local de 25 à 30 hommes.

Belgique. — Dans la section belge, MM. R. Jolley et Cie de Bruxelles exposaient un bidon- filtre-portatif (Filtrage Buhring). Dans ce bidon de diamètre ordinaire, recouvert en étoffe, on trouve, d’un côté, un réservoir en fer blanc dans lequel plonge un morceau de charbon de bois rond, comprimé. Ce morceau de charbon porte, fixé dans son milieu, un tube qui communique avec un caoutchouc terminé par une embouchure en verre. Ce tube, avant de sortir du réservoir, est engagé dans un couvercle rond, troué, de manière qu’en aspirant l’eau, il ne se fasse pas de vide dans le bidon. L’autre bout de ce tube traverse le cylindre de charbon et porte une vis qui s’engage dans une garniture en liège. Le couvercle rond est surmonté d’une plaque mobile, tournante, qui sert de fermeture aux ouvertures.

Dans l’autre compartiment du bidon, se trouve un petit bocal en verre qui, par son embouchure, laisse passer un tube également en verre garni, à une de ses extrémités, par une rondelle en caoutchouc et surmonté, à l’autre extrémité, d’un petit tube également en caoutchouc.

A l’aide de ce tube qui lui-même traverse un bouchon en liège garni d’une embouchure à vis en métal, le liquide arrive dans un second tube en caoutchouc situé à l’extérieur et terminé comme le précédent. Le bouchon à vis est légèrement entaillé pouf laisser passer l'air pendant l’aspiration. Ce petit bocal est destiné à recevoir des boissons, l’autre réservoir est destiné à recevoir de l’eau.

A côté, on trouvait un autre petit appareil, bidon portatif en fer blanc, moins complet et construit sur le même modèle. Un grand nombre de filtres de différents genres étaient également exposés. Le bidon et quelques autres filtrés portaient la Croix-Rouge.

M. L. Cornélis, pharmacien à Dietz, présentait des flacons à bouchon dcssiccaleur ; méthode générale pour la conservation indéfinie des substances médicamenteuses solides. Ces flacons ont pour but de maintenir les corps à l’état de siccité parfaite. On introduit, dans le creux du bouchon, quelques morceaux de chaux vive, on ferme l’ouverture au moyen d’une toile recouverte de papier à filtrer, ou plus simplement d’une peau blanche, afin d’empêcher la chaux de tamiser dans le médicament renfermé dans le flacon, et on graisse légèrement le goulot avec de l’axonge benziné pour obtenir une fermeture hermétique. On peut éviter le graissage du bouchon en renouvelant un peu plus souvent la chaux, réservant l’opération du graissage pour les substances peu employées et celles qui sont très-altérables.

M. le Dr Hubert Boëns de Cliarleroi, exposait un soufflet pour asphyxie et divers autres appareils.

États-Unis. — Dans la section des États-Unis, M. Latlin présentait un appareil de salon destiné à remplacer l’exercice de la rame. Cet appareil se compose d’une planche en bois de noyer placée horizontalement à 0m,20 au-dessus du sol, sur laquelle glisse une planchette également en bois de noyer formant siège à coulisse pour une personne assise. Une des extrémités de cette planche bute contre le mur et à cette extrémité sont accrochés deux boudins élastiques de 0m,80 de long, munis de poignées et pouvant s’étendre jusqu’à une longueur de lm,50. En tirant sur ces deux élastiques, la personne assise sur la planchette formant siège se rapproche du mur, en glissant. Arrivée au mur, les jambes étant fléchies, la personne en les allongeant subitement contre ce mur repousse vivement le corps en arrière avec le siège sur lequel elle est assise. En répétant le môme exercice, on simule pratiquement tous Jes mouvements de l’exercice de la rame. Pour pouvoir effectuer commodément, l’appareil porte un petit marche pied pour appuyer les pieds.

France. — Dans la section française, M. Guillot exposait un seau à irrigation jet continu, fait sur les indications de M. le DrLefort.Ce seau (lig. 43), à suspension, dont on peut régler Je jet à volonté, est composé d’un corps fait en fer battu verni, ne donnant point de prise à la rouille, d’une anse mobile et d’un bouchon en caoutchouc muni d’un tube métallique. A ce tube vient s’en adapter un autre en caoutchouc, muni à son extrémité d’un bout de canule dont l’orifice, percé d’un trou d’aiguille, permet de pénétrer avec une certaine force dans l’intérieur des plaies pour en faire

Fis

43. — Seau à irrigation à jet continu. — Système du Dr Lefort.

le lavage, avec facilité de régler le jet à volonté. Cet appareil a été d’une très-grande utilité dans les ambulances pendant la guerre de \ 870-7 1 .

Le Ministère de la marine exposait un modèle de matelas pour table à opérations et trois flacons de glycirrhizine ammoniacale préparée à la réserve des médicaments de Marseille par M. Roussin.

Le Ministère de la guerre présentait des gants pour frictions et un rouleau pour secours aux asphyxiés. Ce rouleau renferme : 2 mouffles ou gants en crin pour frictions, — 1 frottoir en serge, — 1 peignoir en laine, avec bonnet, — 1 étui en coutil, simulant le rouleau et renfermant le tout.

M. Rouy, mécanicien, présentait une machine à faire la charpie. Cette machine est munie d’une bandelette de 0m,15 de long et de O^jlO de large, placée sur un fond en acier, entaillé parallèlement et laissant des interstices de 0m,001 de large. On rabat sur ce fond un peigne également en acier qui s’agrafe sur cette bande et fait sortir le fil destiné à faire la charpie. Un levier se rabat pour faire tomber les fils.

Nous avons encore remarqué, dans la même section : Des appareils pour l’orthopédie, de M. Rougemont, mécanicien orthopédiste. — Un matelas à air ou à eau de M. J. Schœnfeld. Ce matelas à air ou à eau, pour opérations chirurgicales, est pourvu d’une alèze à poche, et d’un tube conducteur pour l’écoulement. — Un hamac de bain, des ceintures et brassières pour enfants et

L’ART MÉDICAL

des ceintures pour adultes de Mme Hélène-Julienne. — Des béquilles et échelles gymnastiques du Dr Bastien.

Dans une vitrine de la salle d’opérations exposée par la Société française de secours aux blessés, on voyait un électro-aimant pour l’extraction des projec-

Fig. 44; — Thermo-cautère du Dr Paquelin, dans sa boîte.

tiles et des corps étrangers en fer, fonte de fer, acier et plomb avec des parties en fer du Dr Benjamin Millot.

Un appareil pour la transfusion du sang , de M. Mathieu.

Fig. 45. — Thermo-cautère disposé pour l’usage.

Un appareil pour produire l'anesthésie locale, du même fabricant. C’est l’appareil de Richardson modifié. Il sert à la pulvérisation de l’éther pour déterminer l’anesthésie locale et à la pulvérisation de tous les liquides médicamenteux.

Un thermo-cautère du Dr Paquelin, construit par M. Collin. C’est un cautère actuel (Fig. 44 et 45) à chaleur permanente et gouvernable, àrayonnemennt très-

INSTRUMENTS ET APPAREILS

faible, qui se prête par la variété de ses formes à tous les besoins de la chirurgie ignée.

Russie. — Dans la section russe, M. Poehl, pharmacien à S^Pétersbourg, exposait un nouveau, 'pulvérisateur. Cet appareil, placé dans une vitrine, se compose d’une pompe de 0m,35 de diamètre que l’on pose par terre, et d’une bouteille armée qui contient l’appareil pulvérisateur.

Suède. — Dans la partie réservée à la Suède, nous avons remarqué plusieurs appareils construits pour la gymnastique medicale mécanique, inventée par le Dr Gustave Zander, médecin en chef de l’Institut mécanico-thérapeutique de Stockholm. M. le Dr Zander exposait : 5 appareils pour fortifier les muscles des bras, 4 appareils pour fortifier les muscles des jambes, 3 appareils pour fortifier les muscles du tronc etf 6 appareils pour diverses opérations sur le corps (mouvements passifs). Ces derniers appareils sont mis] en mouvement par une machine à vapeur.

La fabrication des appareils mécanico-thérapeutiques est faite sous la surveillance de M. le Dr Zander, dans les ateliers de M. E. F. Gôransson, ingénieur constructeur à Stockholm. Ces appareils d’une combinaison et d’une construction très-ingénieuse et simple, méritent d’être appréciés favorablement par toutes les personnes qui connaissent la valeur de la gymnastique.

Suisse. — Dans la section suisse, M. Félix Demaurex présentait un essai d'appareil de contre-extension et de suspension pour faciliter l’application de bandes plâtrées ou silicatées. Cet appareil se compose de pièces isolées que l’on visse sur le cadre d’un lit quelconque. Chaque pièce se compose de deux pinces-presses et d’une tringle fixée au lit par ces deux pinces. On peut remonter et descendre cette tringle par glissement ; elle se termine en haut par une joue qui porte une manivelle, un rochet et un encliquetage. La manivelle commande un axe sur lequel s’enroulent des bandes qui soutiennent le malade en suspension. Il y en a deux de chaque côté, une sous le bassin et une autre sous le dos.

Sur un des côtés se trouve une autre tringle courbée, terminée par un demicercle soutenant une bande qui, elle-même, soutient une jambe sur laquelle on veut enrouler des bandes inamovibles. Du côté de la tête se trouve un fer à cheval maintenu au moyen de 3 vis de pression, 2 en-dehors, d en-dedans du lit, fixées solidement sur sa monture et portant un crochet sur lequel se trouve fixée une large sangle. Du côté du pied, il y a pour chaque jambe un fer à cheval également maintenu par 3 vis de pression, 2 en-dehors et 1 endedans. Chacun est muni d’une manivelle avec rochet et encliquetage et reçoit des cordes qui s’enroulent autour et qui sont fixées elles-mêmes sur la bottine ou sur la bande du pied pour servir à l’extension. Enfin, une bande qui passe entre les jambes, remonte à la poitrine pour être engagée sur deux courroies qui se fixent dans un demi-cercle qui lui-même est tenu au fer à cheval placé du côté de la tête. Cette bande fait la continuation de celle sur laquelle est placé le dos du malade, et sert pour la contre-extension.

5° Appareils de prothèse.

Belgique. — M. le Dr Hubert Boëns, de Charleroi, exposait dans la section belge plusieurs appareils de prothèse, entre autres deux pieds artificiels en osier.

Etats-Unis. — Dans la section] des États-Unis, M. le Dr Thomas W. Evans présentait des jambes et des bras articulés.

L’ART MÉDICAL

France. — Dans la section française, M. Mathieu exposait des pieds et des jambes articulés.

M. Guillot présentait un bras artificiel agricole du Dr Gripouilleau. Cet appareil (fig. 46), surtout destiné aux ouvriers delà campagne et à ceux qui se livrent aux travaux de terrassement, est au premier chef un appareil de travail, et peut s’appliquer à des malades amputés du bras. Il se compose des parties sui-

Fig. 46. — Bras artificiel du D»- Gripouilleau. — A. Epaulière en cuir garni. — B. Première articulation avec pivot. — C. Deuxième articulation avec flexion au niveau du coude. — D. Double anneau tournant sur tous sens disposé à prendre le manche d’une pelle ou d’une pioche. — E. Croche-pièce de rechange suivant l’utilité, se montant en C et remplaçant le levier du double anneau.

vantes : un brassard en cuir garni entoure le bras et se* trouve solidement fixé autour du moignon par une courroie postérieure passant au-dessous du bras et venant se fixer sur la poitrine. Le brassard se termine en bas par une coupole en tôle de fer dans le centre de laquelle passe une tige métallique cylindrique, tournant en tous sens et se terminant en fourche dans laquelle vient s’ajuster une deuxième tige. Chaque tige s’immobilise par deux vis à portée lisse qui ne sortent pas entièrement et par cette raison ne peuvent se perdre. Une deuxième articulation se trouve au niveau du coude; la tige anti-brachiale maintient cette pièce dans une position fixe, et le malade peut avoir à volonté un avant-bras mobile dans tous les sens ou solidement fixé dans une position

INSTRUMENTS ET APPAREILS

déterminée. L’avant-bras peut être remplacé par un crochet, pour pouvoir porter un fardeau, un seau, même une brouette, etc. La tige anti-brachiale se termine par un double anneau en fer assez large pour qu’on puisse y engager l’extrémité du manche d’une pelle, d’une pioche, le bras de la charrue. Ces instruments sont solidement maintenus en place au moyen d’une vis de pression.

Une jambe artificielle avec pilon de rechange, appareil fait sur les indications de M. le Dr Léon Lefort. Cet appareil (fig.47) est destiné à être appliqué aux amputés de cuisse qui sont obligés de continuer à travailler selon leur métier. 11 se compose d’un cuissard en cuir avec point d’appui sur l’ischion, de deux

Fi^r. 47. — Jambe artificielle avec pilon de rechange d’après les indications du Dr Lel'ort. — A. Articulation en forme de boucle sur laquelle viennent se fixer les deux montants et qui donne appui au verrou qui immobilise la jambe une fois droite. — B. Partie de la jambe se démontant pour placer le pilon B' à la place du pied. — C. Ceinture s’articulant avec le montant externe du cuissard.

Page 1