‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 13 sur 124 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

A mesure que l'hygiène se vulgarise, son domaine se restreint, chacune des sciences intéressées rappelant peu à peu à elle les problèmes que l’hygiène s’était appropriés au début de ses investigations, à l’époque où, comme toutes les sciences naissantes, elle se constituait en groupant des matériaux épars.

C’est pourquoi le lecteur trouvera disséminées dans différentes parties de cette Encyclopédie un grand nombre de questions afférentes à l’hygiène. Nous les indiquerons chemin faisant, mais il en reste assez pour occuper l’espace qui nous a été assigné par notre intelligent éditeur ; et, nous l’espérons, le résumé que nous en donnerons suffira pour fixer l’état de la science, au moment où s’ouvrira l’Exposition de 1878.

Nous établirons dans notre travail deux divisions naturelles.

Dans la première, nous essaierons d’exposer les progrès de l’hygiène, en passant en revue les problèmes principaux qui préoccupent le monde savant, et en précisant l’état actuel des questions qui y sont afférentes.

Dans la seconde, nous signalerons à l’attention du visiteur le matériel de l'hygiène, tel que nous le trouverons disséminé sous toutes les formes dans les galeries de l’Exposition.

ÏOMË VÎÎI. — NOUV. TECH.

1° — LES PROBLÈMES D’HYGIÈNE

Le milieu cosmique . — La mêsologie (étude des milieux) , tend aujourd’hui à se constituer à l’état de science distincte et définie. Dans la pensée de l’auteur, M. Bertillon, qui en a conçu la synthèse, elle embrasserait non pas seulement le milieu cosmique dans lequel évolue l’humanité, mais aussi le milieu que nous appellerions volontiers plasmique, où évolue la cellule vivante.

Bien que l’hygiène puisse à la rigueur prétendre exercer un contrôle sur la mêsologie histologique et que par la sélection que nous appellerons ancestrale, elle parvienne peut-être quelque jour à diriger le développement du germe humain dans son milieu embryonnaire, cependant elle n’a retenu jusqu’à présent dans ses attributions que la mêsologie cosmique dont nous avons tout d’abord à fixer les progrès.

I. Influence £ lumineuses. — Un certain nombre d’observations récentes tendent à mieux préciser le mode d’action de la lumière, aussi bien sur l’appareil visuel lui-même que sur la peau, sur la nutrition, le développement du corps et l'activité cérébrale. On distingue aujourd’hui non-seulement l’action directe de la lumière de son action à l’état de diffusion dans l’atmosphère ; mais encore l’action spéciale qu’exerce sur l’organe visuel et sur la vitalité, dans son ensemble, chacun des rayons élémentaires de la lumière dispersée. Les conditions d’un bon éclairage, la cause des désordres qu’entraînent l’abus de la lecture et le travail de bureau ont été mieux définies; une maladie jusqu’alors méconnue; la myopie progressive attire en ce moment d’une manière particulière l’attention des hygiénistes ; enfin l’étude du daltonisme chez les employés de chemins de fer et les marins a révélé une cause de collision sur mer et sur terre que l’on parviendra sans trop grande peine à écarter.

1° Étiolement, Coloration, Mimésisme. — Comme les plantes, l’homme s’étiole, s’il est privé de lumière.

L’étiolement humain se révèle par une nuance particulière du teint et par une certaine torpeur vitale qui résulte du ralentissement de la circulation et des combustions organiques, coïncidant avec une moindre énergie de la respiration et l’altération du sang, appauvri de globules, d’albumine et de fibrine.

Les conséquences de cet état sont : la tendance aux hémorrhagies, aux hydropisies, un défaut de résistance vitale et une prédisposition aux tubercules et à la scrofule, qui sont des maladies de misère.

Que la privation de la lumière en soit la cause, chez les prisonniers, les mineurs, les caliers et les cambusiers des navires, chez beaucoup de portiers des grandes villes, chez les enfants élevés dans des logis insalubres, cela n’est pas douteux, quelle que soit la part d’autres influences, souvent réunies dans ces conditions, telles que : le froid, l’humidité, l’incurie, le mauvais air et tout le vicieux cortège de la pauvreté.

A mesure que progresse l’hygiène, ces causes réunies acquièrent rarement un tel degré d’intensité; mais, si la déchéance organique résultant de la privation de lumière s’arrête habituellement en deçà de ces graves symptômes, elle n’en est pas moins réelle chez beaucoup de gens ; et l’on ne saurait trop la signaler aux pères de famille, qui sans y être contraints, rationnent la lumière à leurs jeunes enfants.

LES PROBLÈMES D’IIYGIÈNE.

On sait combien cet agent est nécessaire à la vie des végétaux; et combien ils souffrent de son absence. Dans l’obscurité, la coloration pâlit dans les parties vertes; les grains de chlorophylle, auxquels elle est due, gagnent les parois profondes des cellules et y demeurent inertes ; l’eau ne se dégage plus à la surface des feuilles et s’accumule dans les vaisseaux; le carbone n’est plus fixé; au lieu d’absorber l’acide carbonique de l’air, les parties vertes absorbent au contraire, une faible portion d’oxygène, qui brûle une partie du carbone du tissu végétal; de là une usure plus rapide de ce tissu, une réplétion aqueuse, et finalement la mort de la plante. On s’est assuré que c’était bien la lumière et non la chaleur qui réglait ces phénomènes; et la lumière électrique, la lumière Drummond et celle du gaz de l’éclairage participent en cela des propriétés de la lumière naturelle.

De même, les infusoires ne se développent pas dans l’obscurité; des œufs de grenouille, des œufs de mouche n’ont pu y éclore, les têtards des grenouilles, les larves des mouches y ont péri; et ces expériences suffiraient à établir l’action directe de la lumière, indépendamment de celle de la chaleur, si cette action n’était pas autrement évidente, ne fût-ce que dans les boudoirs douillets ou s’étiole plus d’une de nos grandes dames.

La première manifestation, chez l’homme, de l’insuffisance de la lumière, c’est la pâleur. Cette pâleur de l’étiolement n’est d’abord qu’un défaut de coloration; puis elle prend une teinte jaunâtre et enfin terreuse. Elle s’observe aussi bien chez le nègre de l’équateur que chez l’esquimau des pôles; et tient à un état particulier de la circulation cutanée, dont les oscillations se révèlent aussi bien sous une peau noire que sous une peau blanche.

Les nuances qui caractérisent les races sont dues au pigment; la pâleur et la rougeur sont dues au sang. Le ton général de la nuance, qui détermine le teint, résulte de la combinaison de la coloration pigmentaire, qui est permanente et de la coloration sanguine, qui est transitoire.

La lumière agit d’ailleurs sur l’une et sur l’autre. On a établi, chez les grenouilles, du moins, que, sous l’influence de la lumière, les cellules pigmentaires grossissent et se multiplient; et, d’autre part, il n’est pas moins prouvé aujourd’hui que l’excitation lumineuse détermine des changements dans le calibre des vaisseaux sanguins. Cette excitation manquant dans l’obscurité, on conçoit que la circulation se ralentisse alors.

11 n’est pas douteux que la radiation lumineuse n’agisse directement sur la peau. Le hâle, les coups de soleil, les accidents analogues déterminés par la lumière électrique témoignent de sa sensibilité aux influences lumineuses mais c’est surtout par l’intermédiaire de l’œil que cette action s’exerce.

Elle provoque deux sortes d’excitation : une excitation, pour ainsi dire mécanique, déterminée par la seule radiation lumineuse ; une excitation passionnelle que produit la vision. Les aveugles manquent de l’une et de l’autre ; aussi présentent-ils une pâleur impassible et une sorte de langueur organique, facile à constater à travers leur gaîté, qui contraste avec la tristesse des sourds.

L’excitation passionnelle résulte de la vue du monde extérieur, dont la mobilité incessante imprime sur la rétine une infinie variété de tableaux diversement colorés. Ces images sont, pour le cerveau, le point de départ d’impressions incessamment renouvelées, de sensations agréables ou pénibles, affligeantes ou joyeuses, qui dramatisent la vie et retentissent sur l’organisme par l’intermédiaire de la circulation.

Mais, sans le concours du cerveau et de la conscience, les radiations lumineuses agissent mécaniquement sur cette fonction, par l’intermédiaire de l’œil. La respiration même se ralentit dans l’obscurité ; et les grenouilles aveuglées déga-

HYGIÈNE

gent moins d’acide carbonique et de vapeur d’eau, en même temps qu’elles augmentent de poids.

Il serait utile de distinguer dans ces effets, ceux qui sont dus à l’action chimique de la lumière, de ceux qui seraient consécutifs à une influence mécanique déplaçant les éléments des humeurs de l’organisme, analogue à celle qui s’exerce sur les grains de chlorophylle des plantes.

Mais on n’est pas même parvenu à définir le rôle exact de la lumière dans les phénomènes de pigmentation qui distinguent les races et que l’on est trop enclin à lui attribuer d’une manière exclusive. Le haie des parties habituellement insolées, comme par exemple, le hâle persistant au cou des marins, est cependant bien distinct de la coloration pigmentée des races brunes du Midi ou des nègres d’Afrique. D’ailleurs l’existence seule des races rouge et jaune intermédiaires atteste que l’action de la lumière ne vient qu’en second ordre et que la pigmentation dans ses nuances diverses est réglée par les dispositions héréditaires bien plus que par tout autre modificateur intercurrent. Depuis tant de siècles que le pirate, aujourd’hui le pêcheur, hâle, brunit et tanne sa peau d’homme blond par l’incessant contact de l’air marin, cette modification, dit M. Bertillon, est restée toute locale et toute individuelle ; elle n’a pas altéré l’éclatante blancheur de la peau de ses enfants.

À ceux qui pourraient objecter l’intensité moindre des actions lumineuses dans nos climats tempérés, nous pourrions demander l’explication d’un fait singulier que nous avons observé nous-même. Au retour en France d’une frégate, le Magellan, qui terminait une campagne de quatre ans au Mexique, un certain nombre d’officiers des plus anciens de l’état-major, furent atteints à Brest, au mois de mars, d’érythème solaire, qui nous surprit d’autant plus que chacun de nous avait plus d’une fois bravé, dans le même^costume, les rayons du soleil tropical.

D’ailleurs, remarque encore M. Bertillon, le problème est plus complexe que ne l’imaginent ceux qui, séduits par une certaine relation entre la peau noire de l’africain et son soleil brûlant (puisque ce soleil brunit quelque peu nos peaux vermeilles), concluent qu’à la longue le blanc deviendrait nègre, au moins par la peau, sous la seule influence des chaleurs des tropiques. En effet, ce qui constitue le nègre (au seul point de vue du pigment), ce n’est pas seulement la peau noire, c’est une exubérance remarquable dans la faculté de faire du pigment noir. La couche sous-épithéliale n’est qu’un des réservoirs d’élection de ce pigment (et cette élection est peut-être seule sous l’influence du climat); mais ce pigment, chez le nègre, se retrouve partout, dans son cerveau, dans son sang et jusque dans son sperme ».

Il y a là des influences de milieu complexes dont le mimêsisme est l’une des expressions les plus curieuses. Les Anglais désignent sous ce nom la singulière propriété que possèdent beaucoup d’animaux d’appareiller leur couleur et jusqu’à leur forme au milieu ambiant. Les exemples en sont nombreux et les observations recueillies des plus curieuses. On a vu dans ces faits l’un des moyens de défense de l’animal dans la lutte pour la vie, soit que ces modifications soient voulues dans le but de se dissimuler à l’affût d’une proie, ou de.se soustraire aux poursuites, soit qu’elle se produise par l’influence continue du milieu et qu’elle se lègue par hérédité.

Les nuances, les tons de la couleur ont donc aussi leur importance dans les rapports de la vie avec l’agent lumineux.

On sait d’abord que chacun des rayons du spectre n’a pas la même intensité lumineuse, le même pouvoir éclairant; qu’en outre on a pu classer les rayons du spectre, d’après la prédominance de telle ou telle influence, en rayons lumineux, rayons chimiques, rayons calorifiques. On sait aussi que l’œil ne distingue pas

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toutes les couleurs avec la même netteté, ni avec la même promptitude : le bleu tient le premier rang et le violet le dernier sous ce rapport; tandis que le violet n’est perceptible qu’en une région limitée de la rétine, la perception du bleu est au contraire commune à tous les points de cette membrane ; le bleu se distingue encore chez les daltoniques alors que le violet, le vert, le jaune, et le rouge ont déjà disparu; dans les curieuses expériences de mêtalloscopie, c’est le bleu qui reparaît le premier chez les héméralopes, le violet ne se distingue que lorsque la rétine a recouvré intégralement sa sensibilité; et le classement de ces couleurs au point de vue de la perception visuelle est tout à fait différent de leur classement sous le rapport de la position dans le spectre ou de l’intensité lumineuse, ou du pouvoir calorifique, etc.

Il était naturel de rechercher quelle influence spéciale pouvait exercer chacun des rayons sur chacune des fonctions de la vie. On l’a tenté, mais ce travail n’est encore qu’à l’état d’ébauche.

Sur les végétaux, la lumière verte n’exerce aucune action; elle équivaudrait à l’absence de lumière. Suivant M. C.-M. Guillemin, la lumière jaune serait la plus favorable à la formation de la chlorophylle; mais les rayons bleu, indigo et violet sont, de l’aveu général, ceux qui agissent le plus efficacement sur l’ensemble de la vie végétative, ceux vers lesquels se dirigent plus volontiers les plantes mises en expérience. On était tenté de substituer cette lumière à la lumière blanche, quand M. Paul Bert est venu démontrer que celle-ci est préférable, dans les conditions d’un excitant complexe sous lequel elle s’offre dans la nature ; et revendiquer pour elle nos préférences. C’est ainsi que le pain nourrit mieux que l’azote auquel on attribue cependant la prépondérance nutritive.

Nous en dirons autant de la proposition qui a été faite de l’application au traitement des maladies, de la lumière violette favorable à la croissance de la vigne et non moins, paraît-il, (Poey) au rétablissement des porcs et des taureaux malades.

Quoiqu’il en soit, il est bon de retenir les résultats de certains observateurs. M. Paul Bert, par exemple, après avoir établi que les puces d’eau ou daphnies voient les mêmes rayons du spectre que nous et n’en voient pas d’autres, et que, pour eux comme pour nous, le jaune, puis le vert, sont les deux lumières les plus éclairantes de la série, a constaté cependant que la lumière jaune ou verte est préférée par les daphnies et la lumière bleue par les araignées, lesquelles seraient daltoniques pour le rouge. M. G. Pouchet, de son côté, a fait connaître l’influence de la couleur du fond sur la nuance de la peau des poissons et des crustacés, qui semblent faire varier leur coloration à volonté, dans l’état normal, et qui perdent cette faculté, quand on les a privés de la vue. M. Béclard, plaçant des œufs de mouche sous des cloches de diverses couleurs les a vus se développer plus promptement sous la cloche violette ou bleue, tandis que le développement était moindre sous la cloche verte. 11 range ainsi les couleurs; sous le rapport de 1 activité qu’elles impriment à la vie : violette, bleue, rouge, jaune, verte.

2 o Travail scolaire. — Le travail de la lecture et de l’écriture exige un exercice prolongé de l’œil, dans les conditions d’une excitation lumineuse particulièrement vive et continue.

Sous le rapport objectif, la fatigue de la lecture varie avec l’éclat et la couleur du papier, avec l'intensité de l’éclairage, la direction des rayons lumineux, la nature delà lumière; enfin avec les dimensions des caractères et les variétés typographiques qui se succèdent dans la môme page ou le même alinéa.

Au point de vue subjectif, elle dépend de l’effort d’attention que réclame le sujet, de l’effort oculaire qu’exige la lecture même; enfin do l’attitude du liseur.

HYGIÈNE

On trouve, au plus haut degré, dans la lecture et l’écriture la double excita" tion physique et passionnelle dont nous parlions tout à l’heure ; et ses effets se traduisent à la fois par la congestion de l’œil et la congestion du cerveau proportionnée à l’activité psychique. De plus, en même temps que le sang afflue d’une manière excessive dans ces appareils, la prolongation de l’excitation, sur les parties sensibles de l’œil, en épuise, à la longue, l’impressionnabilité et entraîne la paresse de la rétine et des muscles soumis aux actions réflexes que l’impression y provoque.

Ces effets sont, dans une certaine mesure, proportionnels à l’intensité de la ‘ lumière. Un papier éclatant la réfléchit davantage et, comme nous le verrons, ce sont les rayons le plus directement réfléchis qui impressionnent le plus péniblement l’organe.

La couleur du papier n’est pas indifférente. Les conditions de la lecture sont absolument anormales : le papier blanc est celui qui réfléchit le plus énergiquement la lumière ; et, pour déchiffrer les caractères noirs de petites dimensions qui y sont tracés, il faut que l’œil fasse abstraction de cette lumière éclatante du papier, pour se fixer sur les parties'noires qui sont les moins lumineuses. Le contraire semblerait plus rationnel : noûs devrions écrire en blanc sur du papier noir.

Le papier bleuâtre a l’avantage d’atténuer-) la lumière sur les parties blanches, mais il a l’inconvénient d’amoindrir le contraste entre le papier et les caractères et d’augmenter l’effort nécessaire pour la lecture. Les papiers autrement colorés sont tous plus ou moins mauvais ; les papiers de luxe, l’un des écarts de la mode aujourd’hui, sont en général, très-défectueux, surtout les papiers glacés et moirés. Les meilleurs seraient les papiers mats légèrement teintés en gris, et peut-être y aurait-il quelque avantage à préférer, pour écrire, les encres bleues à l’encre noire, à la condition que l’encre soit homogène et d’un bleu foncé intense, mieux vaudrait encore encre jaune et papier noir; mais le papier noir n’est pas en usage et la bonne encre jaune est encore à inventer.

Tout cela est d’un médiocre intérêt pour les personnes douées d’une bonne vue; mais il n’en est pas de même de celles dont la vue est mauvaise; et c’est pour elles aussi que le choix des caractères a une réelle importance.

Cette importance est telle que, pour mesurer l’acuité visuelle, les oculistes se servent, comme on sait, d’échelles typographiques où les caractères sont classés par ordre de grosseur. Telle personne lit distinctement un caractère d’un millimètre de hauteur à une certaine distance, tandis qu’une autre personne ne pourrait lire à cette distance qu’un caractère d’une hauteur double ou serait obligée de rapprocher le premier à une distance de moitié moindre. Si on peut lire, à travers une carte percée qui mette hors de cause l’effort de l’œil pour corriger ses imperfections, et à la distance de 35 centimètres, ou un pied environ, les caractères ordinaires d’un journal, on peut être considéré comme doué d’une vue normale.

C’est dans ce type qu’il conviendrait d’imprimer tous les livres classiques, pour ne pas fatiguer la vue des enfants; et l’attrait d’une édition luxueuse ne compensera pour personne les inconvénients de caractères dont la netteté est sacrifiée à des singularités d’un goût d’ailleurs fort douteux. C’est un point qu’on oublie trop en France.

Quand les caractères ordinaires exigent un trop grand effort de la vue, quand ils papillottent ou ne se lisent pas aisément, les lunettes s’imposent. Nous dirons quelques mots du choix que l’on doit en faire, d’après les données acquises à l’hygiène.

L’uniformité des caractères est une condition non moins importante d’une bonne lecture. Le travail de copie est, sous ce rapport, l’un des plus préjudi-

LES PROBLÈMES D’HYGIENE

ciables, parce qu’il change à chaque instant les~conditions de la vision nette et l’effort de l’œil.

Éclairage scolaire. — Il semble que le meilleur éclairage des cabinets et des salles d’étude soit celui qui fournit une lumière abondante : Un règlement du comité scolaire, chez les Anglais, prescrit de disposer les fenêtres « de telle sorte que la lumière tombe en plein sur la figure des maîtres et sur celle des écoliers ». Presque partout, quand on n’a pas eu à subir des conditions d’installation imposées par la situation des maisons d’école, on s’est proposé pour principal objectif la surveillance des élèves. Aussi la disposition des bancs en demicercle a-t-elle paru très-satisfaisante à beaucoup d’esprits.

De nos jours, ces idées changent peu à peu. Nous verrons que les altérations de la vue deviennent de plus en plus communes; que, si les plus graves se déclarent chez les écoliers, il s’en faut que les adultes en soient préservés. Que de carrières ont été entravées pour ce motif ! Combien de travailleurs se sont vus Condamnés au repos, au moment où ils allaient recueillir les fruits d’un long labeur ! N’avons-nous pas le souvenir récent d’un suicide, en tous points regrettable, attribué à cette cause? Or, l’éclairage joue ici un rôle capital; et c’est la chose dont nous nous préoccupons le moins.

On peut résumer ainsi qu’il suit les conditions d’un bon éclairage, pour le liseur ou l’écrivain :

1° Il faut que l’œil puisse s’isoler de la vue de la source lumineuse;

2° Il faut qu’il évite les rayons directement réfléchis par le papier;

3° 11 est bon qu’il ne soit pas exposé' à l’action d’une lumière diffuse trop intense ;

4° La lumière doit être inoffensive par elle-même ; c’est-à-dire sous le rapport de sa qualité, de sa nature, de sa couleur;

5° Enfin l’éclairage doit être tel qu’il n’oblige pas à prendre une attitude défectueuse.

Ces divers points réclament des éclaircissements.

Le premier est évident pour tout le monde.

De là, nécessité que chacun éprouve de s’isoler de la vue de la source lumineuse est né l’usage des abat-jour et des globes dépolis. Ce qui rend si désagréable l’éclairage électrique de la place de l’Opéra, et de certains hôtels ou magasins de Paris, c’est précisément que la vue de ces foyers lumineux, — dont l’emploi n’en est pas moins un progrès considérable, — que cette vue, disons-nous, s’impose aux passants, de telle sorte qu’on ne peut en isoler le regard. Dans l’installation définitive de l’Opéra, il faudra remédier à ce défaut, et élever la lumière électrique à une certaine hauteur, en dehors de la direction ordinaire de l’axe visuel.

Les abat-jour ont le double -avantage de concentrer sur le papier les rayons lumineux réfléchis par leur surface intérieure et d’abriter l’œil contre l’influence de la source lumineuse. Les plus opaques sont incontestablement les meilleurs ; et tous ceux où cette qualité est sacrifiée à l’élégance sont un non-sens. Outre qu’ils agissent à l’opposé du but que l’on se propose, les inégalités de la lumière tamisée dans leurs découpures font subir au regard des déviations inconscientes, mais non moins nuisibles.

Les globes en verre dépoli ont l’avantage de diffuser la lumière. Utiles, quand il s’agit d’éclairer une pièce d’une manière uniforme, ils sont mauvais pour la lecture et l’écriture, parce qu’ils affaiblissent la lumière et présentent les inconvénients de la lumière diffuse.

Ces inconvénients sont surtout appréciables quand on lit dans la rue en plein jour. Si la lecture en plein air est si fatigante, c’est que l’œil est distrait, pour ainsi dire, par les rayons lumineux qui lui arrivent de toutes parts; c’est aussi parce qu’il ne peut s’isoler des rayons réfléchis que lui envoie le papier, éclairé dans toutes les directions par des rayons d’une grande intensité. .

L’œil se fatigue encore davantage, quand les mouvements de la marche ou les cahots d’une voiture changent à chaque instant la position des caractères et l’obligent à plus d’efforts pour les saisir dans leurs déplacements incessants.

Il faut, autant que possible, qu’il ne reçoive de lumière que celle que lui renvoie le papier. Pourquoi n’imagine-t-on pas des appareils isolants qui encadrent les yeux de telle sorte qu’ils soient absolument abrités contre tout autre rayon lumineux : par exemple, des cylindres opaques englobant, à la fois les yeux et le papier ?

Pour éviter les rayons directement réfléchis, il suffit d’incliner le papier ou le livre. Combien d’entre nous n’y ont jamais songé et continueront, au grand préjudice de leur vue, à exposer directement à la lumière leur livre ou leur journal, alors qu’en en changeant l’inclinaison, de telle sorte qu’ils ne perçoivent plus l’éclat brillant produit par ces rayons réfléchis, ils pourraient lire bien plus longtemps sans fatigue et non moins commodément.

Pour ce motif, il ne faut jamais lire le dos tourné à la fenêtre, parce que, dans cette position, on n’évite les rayons réfléchis que par une inclinaison gênante du livre. Il faut se placer obliquement, de manière à ne pas recevoir le jour dans les yeux, tout en laissant le livre éclairé.

Le meilleur éclairage est, en effet, l’éclairage latéral. Dans les écoles, les bancs des élèves doivent être orientés de telle sorte que chacun d’eux reçoive le jour par le côté gauche.

v L’éclairage par en haut est très-pénible. On peut s’en rendre compte à la Bibliothèque Nationale, si copieusement éclairée d’ailleurs.. On y sent la nécessité d’une visière pour abriter l’œil de la lumière ; et on regrette que les tables de travail n’y aient pas une inclinaison suffisante pour le garantir des rayons réfléchis. A défaut de visière le rebord du chapeau peut protéger efficacement l’œil dans ces conditions; et on fera bien de le garder sur la tête, s’il est possible.

L’éclairage de droite a l’inconvénient de masquer le papier, où l’on écrit, par l’ombre de la main, on peut en déduire les inconvénients de l’éclairage par derrière, et de celui qui projette la lumière en pleine figure des élèves, sous prétexte de surveillance. Les bancs circulaires, dont nous parlions plus haut, réalisent tous ces inconvénients pour la majorité des élèves, quelle que soit la direction de l’éclairage.

Les salles d’étude devront donc être éclairées par de hautes fenêtres dont la . base s’arrêtera au niveau de la tête des élèves. Il n’y a aucun avantage et il y a tout inconvénient à ce qu’elles descendent plus bas.

L’éclairage par le plafond qui est celui des salons des navires a pour effet encore d'imposer une attitude vicieuse; et, ainsi que nous le dirons tout à l’heure, les attitudes pendant le travail ont aussi leur importance.

L’influence des différentes sources de lumière n’a pas encore été déterminée d’une manière suffisante. Nous rappelions, ci-dessus, que les différents rayons dont l’ensemble constitue la lumière blanche n’ont pas les mômes propriétés, et que l’on distingue des rayons lumineux, des rayons calorifiques et des rayons chimiques.

Telle source de lumière contient plus ou moins des uns et des autres; et la différence des effets résulte, pour une grande part, de la proportion des éléments du mélange.

On conçoit qu’il n’est pas indifférent d’exposer les tissus de l’œil à ceux de

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cos rayons qui sont de nature à les désorganiser ou même à les échauffer. C’est quand on aura bien défini la composition de la lumière du gaz ou du pétrole que l’on pourra en atténuer les effets. Avec le gaz, un cylindre de verre est indispensable pour empêcher les oscillations et les trépidations de la flamme à l’air libre.

La meilleure lumière est encore celle d’une bonne lampe à huile. L’œil, il est vrai, est organisé de telle sorte, que ses milieux laissent surtout passer les rayons lumineux, en éteignant, si l’on peut dire, les rayons chimiques de l’électricité et les rayons calorifiques du gaz et du pétrole; mais cette propriété tutélaire a ses limites; et jusqu’à nouvel ordre, il convient de s’interdire, pour la lecture, le pétrole, le gaz et l’électricité.

Nous ne voudrions pas empiéter sur le domaine de celui de nos collaborateurs qui a été chargé de la partie de cette Encyclopédie relative à l’enseignement et au mobilier scolaire. Nous en retenons cependant ce qui se rapporte à la disposition de la table de travail, en l’étudiant au point de vue général de l’écolier, du liseur ou de l’écrivain.

L’attitude du corps pendant le travail, importe beaucoup au libre fonctionnement des appareils organiques, de la régularité du développement, non moins qu’à la conservation de la vue.

Il est intéressant surtout de la surveiller chez l’enfarit‘; car c’est précisément pendant l’âge scolaire que s’effectue le développement définitif du système osseux; mais elle n’est pas indifférente au-delà de l’âge scolaire, aussi bien chez l’ouvrier que chez l’homme de lettres.

Il serait bien inutile d’exposer aux enfants les inconvénients d’une attitude vicieuse; il est même à peu près impossible au maître de corriger celles qu’il reconnaît mauvaises, bien que son contrôle soit loin d’être indifférent à cet égard. En Suisse, 20 % des écoliers, 40 % des écolières ont une épaule plus haute que l’autre. Qui prouve que ce fait soit sans influence sur la dissymétrie habituelle du corps, dissymétrie parfois si disgracieuse, en dehors même de l’état maladif? Les habitudes contractées sur les bancs de l’école s’attachent à nous pour le reste de notre vie ; et il dépendra souvent du maître de rectifier définitivement l’attitude vicieuse de l’écolier, comme il rectifie la disposition de la main, pour le dessin ou l’écriture.

Mais il est de bonne hygiène de prévenir le mal, autrement que par des préceptes; et c’est avec raison que les hygiénistes de nos jours se préoccupent des vices de disposition du mobilier scolaire, d’où dépendent, la plupart du temps, les vices de l’attitude, tandis que les dispositions contraires les empêcheraient de se produire.

Nous ne pouvons ici qu’énumérer, d’une manière générale, les conditions auxquelles doit satisfaire la table de travail : 1° pour maintenir, autant que possible, chez l’écolier, l’attitude normale; 2° pour conserver sa vue, autant que le permet la fatigue inséparable du travail même.

L’adaptation de l’œil pour la vision aux différentes distances réclame un effort qui n’est nulle part aussi fatigant que pour le travail de copie. Cet effort est alors d’autant plus compromettant pour l’œil qu’il se répété plus fréquemment, que les caractères ont des proportions plus inégales sur l’original et sur la copie ; que la distance de ces caractères à l’œil varie incessamment, à des intervalles de temps très-rapprocliés; enfin que la distance est plus grande de l’original à l’œil.

La forme du pupitre ne remédie qu’imparfaitement à ces inconvénients ; mais on peut diminuer la fatigue, en abrégeant le travail de copie, en le faisant alterner avec la simple lecture ou la composition ; en plaçant le papier sur lequel on fait la transcription et l’original lui-même à des distances à peu près égales de l’œil; en disposant le tout à une distance convenable, qui est celle de la vue

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ordinaire, variable pour chaque individu. Enfin, si l’œil est déjà fatigué, on rendra l’adaptation moins pénible en l’armant de verres grossissants.

L’attitude parfaite de l’homme de bureau serait celle où la tête maintenue droite, la poitrine projetée en avant, les genoux et les cuisses élevés à la hauteur du siège, sans le dépasser, le creux du jarret dégagé de toute compression, laisseraient libre la circulation du sang dans les vaisseaux du cou, du bassin et des jambes et permettraient l’expansion naturelle des viscères de la poitrine et du ventre.

Malheureusement, dès le jeune âge, les travailleurs, même les plus soucieux de leur santé se sont accoutumés à rapprocher la tête de la table, à rentrer la poitrine, à relever le cou et l’épaule gauche, en abaissant le côté opposé; à fléchir outre mesure les cuisses sur le bassin; et ces habitudes sont, pour ainsi dire fatales, dans ce genre de travail.

Les perfectionnements apportés à la disposition du mobilier des écoles ont pour effet de prévenir chez les enfants, ces vices de l’attitude. Ils portent, à la fois, sur le pupitre, le siège, le dossier, le marchepied, qui sont les parties constituantes d’une table de travail.

La disposition du pupitre intéresse moins directement l’hygiène pourvu que son orientation par rapport aux fenêtres soit convenable et qu’il soit élevé à une hauteur suffisante pour que le maître n’ait pas à se baisser constamment pour surveiller les devoirs de l’élève.

Suivant M. Liebreich, il est nécessaire, si nous voulons regarder longtemps une surface plane, par exemple, un livre, de le placer de telle sorte que la position moyenne de l’axe visuel au-dessous?de l’horizon forme un angle d’environ 45 degrés; et nous devons, en conséquence, donner au livre une inclinaison qui le rende à peu près perpendiculaire à notre] axe visuel, c’est-à-dire lui fasse former un angle d’environ 45 degrés avec le plan horizontal.

Pour écrire, la même inclinaison serait avantageuse, mais des raisons mécaniques s’y opposent et il faut nous contenter d’un angle d’environ 20 degrés.

Le pupitre qu’il propose se relève et s’abaisse, et, par la forme qu’il a donnée au clapet, aussi bien que par d’autres petits détails dans la construction, il donne l’inclinaison de 20 degrés pour écrire et de 40 pour lire. Pour écrire, la distance entre le pupitre et le siège est de 5 pouces ;

Le même auteur formule, sjir le sujet les propositions suivantes :

« 1° Employer un même modèle et une même dimension de pupitre pour les enfants et les grandes personnes des deux sexes;

« 2° La hauteur du siège et celle du marchepied varieraient en les adaptant à la table de chaque enfant ;

« 3° Le bord de la table serait toujours perpendiculaire au-dessus du siège;

« 4° Pas de siège sans dossier, et le haut de celui-ci toujours à la hauteur du bord de la table pour les garçons et 5 centimètres plus haut pour les filles;

« 5° Dans toutes les classes où les garçons changent de place, la hauteur du siège serait réglée proportionnellement à la moyenne de la taille des élèves ;

« 6° Dans les écoles de filles, dans les écoles de garçons où les places ne changent pas, dans les pensions, dans les classes particulières, le siège de chaque enfant serait exactement réglé selon sa taille ».

Myopie scolaire. — La plupart des inconvénients que nous attribuons à l’instruction superficielle que l’on généralise avec tant d’ardeur, de nos jours, disparaîtront, sans doute, à mesure qu’elle deviendra plus sérieuse, plus complète et plus méthodique.

Malheureusement, les troubles visuels, désignés sous le nom de myopie scolaire

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ou myopie progressive ne rentrent pas dans cette catégorie. Cette affection s’accroît, à mesure que les écoliers avancent en âge et sa fréquence est en raison directe du travail scolaire.

Elle prendrait même les proportions d’une calamité sociale; s’il est vrai qu’elle atteigne, ainsi que l’établissent les statistiques récentes du docteur Hasker Derby, la proportion de 60 °/0, parmi les élèves des universités et des écoles supérieures.

Ainsi que le remarque M. Giraud-Teulon, toutes les statistiques, — et non pas seulement celles qui ont été faites récemment, — témoignent de la rareté de la myopie, parmi les populations rurales, pastorales et maritimes; elles constatent, au contraire, sa fréquence énorme dans les classes civilisées. Pour n’en citer qu’un exemple, les exemptions du service militaire pour myopie n’atteignent pas plus de 2 à 3 % dans les campagnes; tandis que l’on a vu une promotion de l’École polytechnique contenant 35 myopes sur 100 conscrits (Giraud-Teulon).

Au point de vue de la profession, 4000 malades compris entre l’âge de six et 75 ans, et parmi lesquels figurent 338 femmes, ont donné au docteur Gayat, de Lyon 231 cas de vices de réfraction qui se décomposent en 149 myopes et 82 hypermétropes, et se répartissent ainsi qu’il suit :

Collégiens et lycéens. . . 25

Médecins, pharmaciens étudiants . 24

Professeurs, gens de bureau . 17

Négociants et employés de soierie . . . 26

Couturières, faiseuses de dentelles, gantières. ...... 15

Graveurs, typographes . 14

Tisseurs . 4

[Notes sur l'hygiène oculaire.)

Les instituteurs Suisses ont donné au docteur Pfliiger une proportion de 21,2 myopes %.

A Portsland, Spalding trouve 3,5 myopes pour % enfants examinés dans les écoles primaires; il en trouve 11 °/0 dans les écoles de grammaire.

A New-York, ces chiffres étaient de 6,8 % dans les écoles primaires 11,67 °/0 dans les écoles de grammaire, 26,67 % dans les écoles supérieures.

A Breslau, le docteur Hermann-Colin a trouvé 1,004 myopes sur 10,060 étudiants et élèves de toutes catégories. Toutes les écoles où il a fait ses recherches en renfermaient : dans les écoles de village, la proportion était de 14 myopes °/o élèves; elle était de 11,4 °/o dans celle des villes, et dans ces derinères elle paraissait en rapport avec le degré d’instruction, comme l’indique le tableau suivant :

Écoles primaires.

— moyennes.

— normales.

Gymnases. . . .

6,7 mvopes °/< 10,3 19,7 26,2

Il n’est pas douteux que cette affection ne reconnaisse pour causes des conditions défectueuses d’éclairage et d’aménagement scolaires; mais sa cause principale est le travail lui-même et les fatigues qu’il impose à l’organe visuel. Ce que l’on sait bien, c’est que la plupart de ces enfants myopes, sinon tous avaient une vue normale avant leur entrée à l’école et que la maladie se transmet héréditairement, en ce sens que les enfants d’un myope, bien qu’ils ne soient pas myopes en naissant, ont plus de tendance que les autres à le devenir. On en

HYGIÈNE

peut tirer les conséquences naturelles au point de vue de la généralisation possible de la maladie.

Les statistiques du docteur Erismann, de Saint-Pétersbourg méritent encore d’être citées.

Les recherches portent sur 4358 enfants, pris dans sept écoles russes diverses et quatre écoles allemandes. Dans les premières, l’âge variait de 10 à 21 ans; il était de 8 à 20 ans dans les secondes. Les résultats obtenus sont les suivants.

Sur un total de 4,358 enfants, il a trouvé :

Emmétropes .

Myopes .

Hypermétropes. . . .

Amblyopes .

Sur 3,266 garçons, étaient :

Emmétropes .

Myopes .

Hypermétropes. . . .

Amblyopes .

1,122 soit 26,0 % 1,347 — 30,2 1,889 — 43,3 20 — 0,5

867 soit 26,5 % 10,17 — 31,1 1,369 — 42,0 13 — 0,4

Sur 1,092 filles, étaient :

Emmétropes. . .

Myopes .

Hypermétropes. .

Amblyopes. . . .

265 soit 24,2 % 300 — 27,5 520 — 47,7 7 — 0,6

Sur 2,534 élèves russes, il y avait :

Emmétropes .

Myopes. . . . .

Hypermétropes .

Amblyopes .

Sur 1,824 élèves allemands, il y avait :

Emmétropes .

Myopes .

Hypermétropes .

Amblyopes .

654 soit 25,8 % 866 — 34,2 1,003 — 39,5 13 — 0,5

478 soit 26,2 % 451 — 24,7 886 — 48,6 9 — 0,5

Dans la statistique plus récente publiée par le docteur J. Gayat, nous trouvons les résultats suivants 1,588 enfants de 6 à 14 ans, des deux sexes, ont donné 160 amètropes 1,105 garçons ont fourni 44 myopes, 80 hypermétropes, 483 filles ont fourni 8 myopes, 28 hypermétropes. (Ouvrage cité).

On remarquera dans ces tableaux : la prédominance des myopes, parmi les garçons dont le genre de travail est plus compromettant pour l’œil; et les conditions défavorables des écoles russes, qui présentent 34,2% de myopes au lieu que les écoles allemandes n’en présentent que 24,7 %, cette différence est attribuée à ce que les premières renfermaient exclusivement des pensionnaires et les autres exclusivement des externes.

Cette influence fâcheuse de l’internat, où les élèves sont placés dans des conditions d’hygiène, de fatigue visuelle, j’ajouterais : de distractions visuelles , particulièrement défavorables, cette influence, dis-je, a été établie directement.

Dans une même école, sur 397 pensionnaires, on trouva 167 myopes c’est-à-

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dire 42,1 %, tandis que sur 918 externes, on n’en trouva que 325, soit 35,4 %.

Le docteur Erismann a relevé encore un fait qui a bien son importance, à divers points de vue : divisant les sujets par classe et par âge, il a constaté que, dans les classes inférieures, chez les enfants de 6 à 7 ans, le nombre des hypermétropes allait jusqu’à 76 à 78 %• L’hypermétropie est donc l’état normal et physiologique à cet âge ; l’emmètropie et la myopie sont au contraire, l’exception.

Bientôt les proportions changent : quelques-uns restent hypermétropes, la plupart deviennent emmétropes pour rester en cet état ou devenir myopes un peu plus tard. Dans les écoles supérieures la myopie semblerait prédominer, et deviendrait plus grave.

La première partie de cette dernière assertion nous paraît discutable. Il ne nous semble pas que les troubles visuels qui dérivent »de l’instruction soient encore nettement définis. L’histoire de la myopie paraît quelque peu confuse. En un mot, doit-on absolument admettre que les troubles visuels résultant de l’abus du travail ressortissent de la myopie, « cette condition des yeux qui rend la vue confuse et indistincte au loin et nette seulement pour les objets rapprochés », suivant la définition deM. Giraud-Teulon, et dont le « critérium » le caractère distinctif absolu est de présenter, « en outre , cette particularité dê'tre immédiatement et extrêmement améliorée , dans son application aux objets distants, par l’interposition de verres concaves d’un foyer plus ou moins court

11 ne nous semble pas que les statistiques mêmes du docteur Erismann justifient suffisamment la dénomination imposée à ces troubles par la généralité des oculistes. Nous y voyons l’hypermétropie dominer et l’amblyopie (?) figurer pour un certain contingent.

Sans empiéter sur l’oculistique, où nous serions incompétents, nous pensons que la myopie progressive des étudiants, enfants ou adultes, serait plus avantageusement dénommée dysmètropie progressive et que cette expression élargirait le débat au profit de l’hygiène et de la thérapeutique.

Qu’y voit-on, en effet? Des troubles variés dont la complexité s’accroît avec les progrès de l’affection, et qui ont pour trait d’union les difficultés de l’accommodation, et, — moins la convergence excessive de la lentille oculaire, — que la paresse de l’appareil accommodateur pour ramener l’image sur la rétine, soit qu’elle se forme en avant d’elle (myopie) soit qu’elle se forme en arrière (hypermétropie).

On trouve, en effet, suivant les cas, chez les sujets fatigués par le travail excessif :

1° Un allongement de l’œil, qui les met dans les conditions de la myopie vraie, où l’image se forme, en avant de la rétine et où la vision s’améliore par l’emploi des verres concaves ;

2° Une difficulté d’accommodation, — quelle qu’en soit l’interprétation, — qui les met dans les conditions de l’hypermétropie, en ce sens que les verres convexes, grossissants, sont parfois nécessaires alors et assurent la vision en diminuant l’effort d’accommodation exigé par la vue nette.

3° Un spasme des fibres circulaires du muscle ciliaire, amenant une convergence excessive du cristallin ; ou encore une inertie de ces fibres, par défaut d’usage, dans certains cas, où le malade affecté d’une convergence excessive, laisse dans un état de relâchement habituel, l’appareil accommodateur;

4° Une paresse des muscles adducteurs de l’œil, d’où la divergence habituelle des âges optiques, ou l’affolement fréquent du regard dans les efforts d’attention soutenue ;

5° Une diminution de la sensibilité de la rétine, qui constituerait, suivant

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M. Fano, toute la myopie progressive, et d’où résultent évidemment à la fois la paresse de l’action réflexe et la formation de cercles de diffusion sur la rétine. Les verres concaves en rapetissant l’objet qui impressionne alors un champ plus limité de la rétine, peuvent améliorer la vision dans ce cas; comme l’amélioreraient, dans, d’autres, les verres convexes, en nécessitant un moindre effort ;

6° Les conditions de l’astigmatisme ;

7° Des troubles congestifs, des lésions anatomiques divers déterminant toute la variété de phénomènes de l’ancienne amaurose.

On s’explique ainsi que, pour certains auteurs l’affection consiste exclusivement dans un spasme du muscle ciliaire ; que pour d’autres, ce ne soit qu’une asthénopie accomodative , etc.

La question de la prophylaxie et du traitement est la chose importante. Elle est du ressort de l’oculistique. Nous en dirons cependant quelques mots après avoir exposé les notions d’hygiène spéciale qui doivent guider, dans le choix des moyens destinés à prévenir les dangers du travail scolaire et l’accroissement des troubles fonctionnels qui en résultent. Elles concernent principalement ceux qu’on emploie pour corriger l’imperfection de la vue et particulièrement le choix et le mode d’emploi des verres que l’on destine aux yeux fatigués.

11 importe d’abord d’insister sur la nécessité d’un traitement de ces troubles visuels. Sans parler de ce sentiment déplacé de coquetterie qui pousse à ajourner l’adoption des lunettes, quand les progrès de l’âge les ont rendues nécessaires ; on croit encore dans le public, en ce qui concerne la myopie, par exemple, que les yeux myopes sont les meilleurs. C’est une croyance fausse et dangereuse. Si quelque doute pouvait exister à l’endroit de la myopie congénitale stationnaire, ces doutes n’existeraient plus dans la myopie progressive, soit qu’elle se déclare chez des myopes de naissance, soit qu’elle s’établisse d’emblée.

Pour celle-là la décroissance progressive de l’acuité visuelle (Giraud-Teulon) est la moindre de ses conséquences ; et les lésions les plus graves ; ramollissement du corps vitré, destruction de la choroïde, de collement de la rétine, etc., peuvent survenir sous l’influence des congestions habituelles et des tiraillements de l’œil.

En général, il est dérisoire de conseiller à un adulte atteint de fatigue visuelle, qu’elle qu’en soit la cause, « de changer de genre de vie, de fuir toute occupation sédentaire appliquant la vue de près, » de vivre au grand air, dans de vastes horizons, loin des livres ou des objets minutieux de la vie civilisée ! On peut au contraire, obtenir des résultats avantageux de l’application des règles tracées plus haut, relative à l’éclairage, à l’attitude habituelle, etc.

Nous n’y reviendrons pas; cependant en ce qui concerne l’attitude, on peut donner à tous ceux qui ont les yeux fatigués par le travail de près, les mêmes conseils qui sont destinés aux myopes dans le passage suivant emprunté à M. Giraud-Teulon.

« Ne pouvant demander que le travail de près s’accomplisse, comme la vue distante, dans les conditions de parallélisme des arcs optiques, on se rapprochera le plus possible de cette formule, en fixant la distance de l’objet de façon à procurer le moins de degré possible de convergence de ces âges, en d’autres termes en écartant l’objet le plus qu’il se pourra des yeux. Eu égard à l’outillage servant à la vie civilisée et à la longueur des bras, la distance de 12 à 14 pouces (35 à 40 cent.) étant le maximum d’éloignement où l’on puisse commodément tenir un objet maniable et de petite dimension, cette distance sera le maximum à fixer au myope, à moins de circonstances tout à fait particulières.

« La première conséquence de cette prescription sera le conseil à donner au

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sujet de modifier ses habitudes calligraphiques, de réformer son écriture, en lui donnant un type plus large et de plus grand format (1), il devra éliminer de son usage les livres à caractères trop menus, les instruments et les ouvrages trop minutieux. Nous n’ajouterons pas qu’il devra réformer les attitudes vicieuses adoptées par lui depuis longtemps, ne plus courber la tête sur la poitrine, et celle-ci sur la table de travail, cette réforme se trouve implicitement comprise dans l’exigence des occupations maintenues à 40 cent. » (Giraud-Teülon Dict . cncycl. myopie).

Au contraire, il sera utile de se guider sur les conditions d’aptitude visuelle pour le choix des carrières auxquelles on destine les enfants.

« Dès que des parents attentifs remarqueront qu’un enfant prend pour lire ou écrire une mauvaise attitude, qu’il rapproche d’une façon excessive les yeux de son livre, qu’il incline sa tête de côté en étudiant, qu’il prend des tics, toutes les fois qu’il examine une chose attentivement, ou, circonstance plus positive encore, que la vue semble baisser , leur sollicitude devra être éveillée et l’enfant devra être non-seulement repris, redressé, mais soumis à l’examen d’un homme spécial. Un vice fonctionnel quelconque se cache sous ses mouvements instinctifs... Et, si l’une de ces circonstances est démontrée, il n’est pas besoin d’ajouter qu’à un tel sujet un régime de vue est nécessaire, et que de ce régime va dépendre, non moins nécessairement et la direction à donner aux études, et le choix de la profession ou du métier, soumis ultérieurement aux mêmes conditions fonctionnelles particulières.

« Ce régime consistera dans l’imposition, non-seulement de certaines prescriptions à réaliser chez l’opticien, mais encore dans la réunion non moins impérieuse de conditions hygiéniques spéciales et déterminées... Il devrait être inutile de rappeler au chef de famille de quel intérêt il est pour l’avenir des jeunes êtres qu’il a introduits dans ce monde d’être à l’avance et de bonne heure dirigés d’après leurs aptitudes; combien il peut lui importer d’écarter à l’avance des dangers du travail de cabinet un sujet né pour la vie au grand air et façonné par la nature pour les larges horizons ; enfin, et à tout évènement, la condition sociale étant imposée par d’autres droits ou d’autres devoirs, combien il est intéressant pour leur plein accomplissement de suivre dès le principe une conduite rationnelle et scientifique, et de réaliser les bienfaits de la civilisation productrice sans subir, avant l’heure, ceux de ces effets affectés d’un cachet délétère. » (Giraud-Teulon, Dict. encycl. myopie).

Choix des lunettes. — Les troubles oculaires qui réclament l’usage des lunettes peuvent affecter aussi bien les parties extérieures du globe que ses milieux et ses régions sensibles.

Ainsi, nous les trouvons indiquées dans les conjonctivites, kératites, opacités cornéennes, iritis, mydriase, choroïdite, scléro-choroïdite, rétinite, amblyopies, anomalies de la réfraction et de l’accommodation, paralysies des muscles extrinsèques, strabisme, etc.

Les conditions qui les imposent se résument sous les chefs suivants.

Tantôt c’est une impressionnabilité excessive de l’œil à la lumière; tantôt c’est une insensibilité plus ou moins incomplète de la rétine; tantôt c’est le refus de service des muscles chargés de régler l’accommodation, de diriger

(1) Pour ceux qui pensent, comme nous, que le type de l’écriture se règle sur le degré d’intégrité ou d’énergie de la force musculaire, sur le degré d’activité visuelle et de force accommodatrice ; sur les dispositions passionnelles, etc., du sujet, l’homme n’est pas maître de réformer ainsi son écriture et le précepte donné à ce propos est à peu près inapplicable (voyez Ad. Nicolas: Gaz. des hôpitaux, avril 1878).

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le regard ou d’assurer sa fixité; tantôt c’est l’état de contraction incessant de ces mêmes muscles ; tantôt c’est le défaut ou l’excès de réfringence des milieux déplaçant le foyer en deçà ou au-^lelà de la rétine ; tantôt c’est un défaut de symétrie anatomique ou fonctionnelle de l’œil altérant les dimensions des objets dans telle ou telle direction.

Dans ces divers cas, les verres employés sont (en outre des écrans opaques, dont l’usage est très-limité), des verres à faces parallèles ou des verres réfringents (prismes, sections de cylindres ou lentilles). Les premiers ne modifient que la direction des rayons lumineux dans leur progression vers l’œil; ce sont des appareils protecteurs. Les seconds modifient cette direction: ils augmentent la convergence, à la façon des lentilles biconvexes, ou la divergence, à la façon des lentilles biconcaves; ce sont des appareils correcteurs. Ils constituent plus spécialement les lunettes , tandis que les verres protecteurs sont ce qu’on appelle des conserves.

La monture a son importance dans les unes et dans les autres» Le moindre inconvénient du monocle , instrument disgracieux, s’il en fût, est, dans l’usage habituel, de limiter la vue à un seul œil et de désintéresser l’autre dont la rétine finit par s’atrophier par défaut d’usage. Le pince-nez est habituellement mal assujetti et complique les efforts d’accommodation pour la vision nette. Il aurait donc pour effet d’accroître des troubles visuels qu’il est destiné à pallier. La meilleure monture est celle qui maintient les verres à une bonne distance de l’œil et dans une position invariable.

Les verres colorés sont utiles aux ouvriers des professions spéciales: bijoutiers, graveurs, miroitiers, verriers, fondeurs etc, alors même qu’ils ont une vue parfaite, pour atténuer l’éclat d’une lumière trop vive dans lenrs travaux habituels, surtout quand la lumière est accompagnée d’une chaleur intense, comme dans les travaux de fonderie de verrerie etc., et quand elle est diversement nuancée, de manière à déterminer des contrastes. A plus forte raison les conseille-t-on aux personnes qui ont « la vue tendre, » dans les mêmes circonstances, dans les soirées, au théâtre et même dans la simple promenade en plein soleil.

La mode étant passée de verres colorés en vert , il peut paraître superflu d’en parler. Ils ne seraient tout au plus utiles que dans l’affaiblissement de l’appareil nerveux en partie paralysé, comme dans les atrophies papillaires ; dans ces cas, ils agissent à titre d’excitant et, pour ainsi dire, comme moyen gymnastique (Fieuzal). On sait, en effet, que les verres de cette couleur laissent passer les rayons jaunes et orangés qui sont les plus nuisibles.

Les oculistes s’accordent aujourd’hui à conseiller le bleu qui exclut l’orangé et les rayons chimiques, ou le gris de fumée , qui éteint en masse la lumière, à la condition d’être absolument pur de toute nuance violette, ce dont on s’assure en plaçant le verre sur un papier blanc.

On emploie quelquefois des verres opaques pour annuler l’un des deux yeux, quand il nuit à la vision en doublant l’image, ou bien quand il oblige l’œil à une convergence excessive, cause de tiraillement nuisible (Giraud-Teulon). Il peut arriver ainsi qu’il s’altère à la longue par défaut d’usage, mais c’est un moyen de rendre stationnaire la myopie progressive, et de deux maux, il faut savoir choisir le moindre.

Dans certaines opacités de la cornée, on emploie aussi des lunettes sténopéiques (çtevoç étroit, otct], fente) dans lesquelles un écran percé d’une fente étroite permet de ne laisser arriver à l’œil qu’une portion limitée des rayons lumineux et d’éliminer toute la lumière périphérique dont la diffusion nuit à la netteté des images rétiniennes (Meyer).

Au contraire, dans les cas où, en général, la vue est affaiblie par une cause

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quelconque, il y a tout intérêt à employer des verres incolores. Ce n’est pas le cas, en effet, d’atténuer l’éclat des rayons lumineux; car la vue réclamera d’autant moins d’efforts et d’attention que l’objet sera mieux éclairé.

On a conseillé quelquefois d’employer des verres ronds ou en coquille au lieu des verres plans, dans les conserves ordinaires. Les premiers garantiraient mieux l’œil quand la lumière l'impressionne péniblement et, de fait, les rayons lumineux qui arrivent latéralement produisent alors une distraction des plus désagréables. Cependant l’usage de ces verres et des écrans protecteurs qui entourent le verre ne s’est pas généralisé.

Les toiles métalliques ont, dans certaines professions, l’avantage de garantir l’œil des poussières ambiantes, mais ilsne sont pas moins utiles pour le garantir

Fig. t. — Lunette pour la myopie (système Galezowskf).

Légende. — A. Boulon servant à écarter ou à rapprocher la lunette pour la distance des gai. — B B. Boutons pour faire tourner les cadrans porte-verres. — GC. Ressort porte- verre se plaçant devant les verres du cadran pour en changer les différents foyers. — DD. Trou ovale devant lequel les verres viennent se placer pour faire regarder le malade.

de la radiation des foyers incandescents. On sait qu’en effet les toiles métalliques absorbent la chaleur qui les traverse. Et, puisqu’il s’agit d’hygiène, c’est ce qu’oublient, pour le dire en passant, les personnes qui placent des écrans de ce genre devant leurs cheminées pour préserver les tapis.

M. le Dr Galezowki a proposé pour le choix des verres réfringents un appareil fort simple qui consiste essentiellement en deux cercles portant à la périphérie une série de verres gradués que la rotation des cercles amène successivement en face de chaque œil. On détermine ainsi pour chaque œil le degré de réfringence qui convient (fig. 1). Mais, hâtons-nous de le dire, cet instrument ou tout autre n’est utile qu’entre les mains des oculistes auxquels il convient de réserver le choix des lunettes pour le traitement des troubles visuels.

Aussi nous bornerons-nous à quelques préceptes généraux récemment énoncés ou généralement adoptés aujourd’hui.

On s’est demandé par exemple, si les myopes doivent garder, dans l’usage habituel, leurs verres biconcaves « pour toute distance et constamment porter le verre correcteur ou neutralisant leur myopie. »

M. Giraud-Teulon, discutant cette question, remarque d’abord que le myope, avant l’emploi des verres biconcaves, a pris l’habitude de [relâcher son accommodation, autant que cela lui est possible, dans la vision de près ; et qu’il y est contraint par la nature des choses.

Un certain rapport primitivement établi existe, en effet, entre l’accommoda-

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