TOME VIII. — NOUV. TECH
HYGIÈNE
tion et la convergence normales. Et, à tout effort instinctif ou volontaire de convergence des arcs optiques, correspond physiologiquement un effort réflexe ou sympathique de l'accommodation.
Il suit de là que le myope affecté d’insuffisance de droits internes et contraint d’amener ses arcs optiques en convergence, est obligé à un effort plus grand qui se reflète sur l’accommodation. Celle-ci étant exagérée porte l’image en avant de la rétine ; et c’est à la faveur d’un compromis dans lequel l’accommodation se relâche instinctivement que l’image reste sur la rétine. De là une gêne pour le myope au début de l’emploi des verres qui neutralisent sa myopie. L’accommodation est alors insuffisante, parce que l’effort de convergence n’est plus nécessaire. Le myope devient hypérope.
C’est pour éviter cette fatigue d’initiation qu’il faut, au début, habituer graduellement l’œil aux lunettes ; et même lui donner des verres différents pour les différentes distances, les uns neutralisant l’excès de réfraction pour les rayons parallèles ou la vue à l’horizon, les autres pour l’exercice de la vision à 35 ou 40 centimètres.
Cette obligation de changer de verres ou de lunettes, chaque fois qu’il veut passer de la vision distante à la vision de près, le myope peut s’y soustraire en tenant compte des circonstances suivantes.
Les verres concaves n’ont pas pour objet de procurer une vision plus parfaite : l’image que ces verres dessinent au fond de l’œil est, au contraire, plus petite que celle dont le sujet pourrait jouir s’il évitait de s’en servir. Leur unique objet est de lui permettre la vision à une distance plus grande et même de lui interdire le rapprochement exagéré. Il faut donc que les lunettes soient constamment portées, parce que les occasions de regarder de près avec attention sont de tous les instants chez l’homme civilisé.
Quant à la vue de loin, sauf les nécessités se liant à l’exercice de la chasse, de la vue dans un musée ou au théâtre, du travail du peintre paysagiste, les conditions d’une vision précise à distance sont exceptionnelles.
Le myope doit donc porter constamment les [verres nécessaires à la vision rapprochée, et par intervalles seulement les verres neutralisants. Il n’a qu’à ne jamais quitter les lunettes de la vision de près, sauf à les compléter par l’opposition momentanée devant elles des verres qui formeraient avec les premiers une somme égale au chiffre neutralisant (Giraud-Teulon).
Quand il s’agit d’annuler complètement le fonctionnement de l’un des yeux, on n’atteindra ce résultat qu’en imposant l’usage constant du verre opaque. S’il s’agit, par exemple, de prévenir l’excès de convergence de l’autre œil, il est clair qu’il faut peu à peu le déshabituer des mouvements associés, qui se produisent, dans l’état normal, alors même que l’un des yeux est fermé ou voilé par un écran.
Les hypermétropes ont avantage à se servir des lunettes convergentes pour la vision à grande et petite distance. Les presbytes ne doivent y recourir que pour la vision à petite distance. (Giraud-Teulon).
La presbyopie intéresse plus particulièrement l’hygiène, en ce sens que la diminution de la force visuelle et la perte progressive de la faculté d’accommodation qui la caractérisent se produisent spontanément sous la seule influence de l’âge.
On sait qu’elle consiste anatomiquement dans : la perte de transparence de la cornée et de la conjonctive, l’étroitesse relative de la chambre antérieure et de la pupille, la pâleur de l’iris, l’épaississement des membranes hyalines du globe oculaire, la perte d’élasticité de la sclérotique, et de transparence des milieux, l’éclat plus grand du corps vitré, l’accroissement de densité et d’éclat du cristallin, simulant parfois la cataracte, et la diminution du pouvoir réfrin-
LES PROBLÈMES D’HYGIÈNE
gent de cette lentille, coïncidant avec l’affaiblissement du muscle accomodateur qui subit le sort commun du système musculaire au déclin de la vie.
Quand on commence à ne plus lire aussi facilement de près, le soir d’abord, puis aussi le jour, que l’on se voit obligé d’éloigner et d’éclairer son livre ; que les yeux se fatiguent aisément; que les lettres paraissent moins noires; que l’on ne distingue plus les mêmes objets, parce qu’il faut trop les éloigner; vers l’âge de 40 à 50 ans, (plus tôt chez les hypermétropes, plus tard chez les myopes), il faut songer aux lunettes et « armer » l’œil des verres convexes qui permettent de prolonger sans fatigue la vision de près.
« Il ne faut pas, dans ce cas, permettre au malade de suspendre l’usage des lunettes et de fatiguer ses yeux sous le vain prétexte de les forcer ou de les exercer: l’expérience nous apprend que loin de les fortifier, ces exercices ne font que les affaiblir.
« Au début, le presbyope emploiera un verre convexe très-faible np 60, par exemple, et s’en servira surtout le soir, par la raison que lorsqu’on peut travailler sans fatigue pendant le jour, il est préférable de s’abstenir alors de lunettes et de les réserver pour les travaux à la lampe.
« A mesure que l’âge augmente et que la force accommodative des yeux diminue, le presbyte a besoin de verres convexes de plus en plus forts... Il a été possible d’établir un tableau qui indique approximativement, d’après l’âge, 16 verre convexe exigé par le degré de la presbyopie.