III. — L’HOMME
A. Population.
Population du globe. — Les recensements de la population du globe publiés par Behm et Wagner pour 1876 l’évaluaient à 1,423,917,000 individus, répartis sur une aire de 51,340,000 milles carrés, ce qui donnait une densité d’environ 28 individus par mille carré.
Ces chifffres se répartissaient ainsi qu’il suit entre les différentes divisions
du globe :
Milles carrés . Habitants. Densité par mille carré.
Europe . 3,766,493 — 309,178,300 — 82
Asie . 17,079,383 — 824,548,500 — 48
Afrique . 11,415,894 — 199,921,600 — 17 1/2
Australie \
et !.. 3,381,210 — 4,748,600 — 1 1/3
Polynésie )
Amérique . 15,687,840 — 85,519,800 — 5 1/2
L’accroissement, dans cette évaluation, sur celle de 1875, était de plus de 27,000,000. Il s’expliquait par les nouveaux recensements de l’Europe et de l’Inde et une connaissance plus parfaite de certaines régions.
En France, le recensement quinquennal de 1876 portait le chifffre de la popu-
(1) Ce fait a été Contesté récemment par M. Faye.
HYGIENE
lation française à 36,905,788 habitants, au lieu de 36,102,921, auquel elle était évaluée dans les recensements officiels de 1872. Elle se répartissait de la manière suivante :
Sexe masculin.
Garçons . - . ' 9,805,761
Hommes mariés . 7,587,259
Veufs . 980,619
Total . 18,373,639
Sexe féminin.
Filles . 8,944,386
Femmes mariées . 7,567,080
Veuves . 2,020,683
Total . 18,532,149
De la comparaison qui précède, disait le rapport ministériel, il résulte que la population s’est accrue, depuis 1872, de 802,867 habitants ou de 2,17 pour 100. Dans ce chiffre étaient compris les Alsaciens-Lorrains qui sont venus se fixer en France, postérieurement aux opérations du dénombrement de 1872.
Cette augmentation équivaut à l’accroissement moyen de la population pendant les périodes quinquennales qui se sont succédé depuis un demi- siècle, abstraction faite des territoires annexés à la France ou qu’elle a perdus pendant ce laps de temps.
L’augmentation, en 1876, est plus forte pour le sexe féminin, ainsi qu’il ressort du tableau ci-après :
1872 1876 Augmentation.
Sexe masculin . 17,980,476 — 18,373,639 — 393,163
— féminin . 18,122,445 — 18,532,149 — 409,704
Les départements où l’accroissement est le plus sensible, sont les suivants :
Augmentation.
Finistère . 23,143
Gironde . 30,093
Loire . 40,002
Marne . 21,623
Meurthe-et-Moselle . 39,472
Nord . 71,821
Seine . 190,789
Dans vingt départements (non compris Seine-et-Oise, où la garnison de Versailles a subi des réductions), il y a décroissance. On peut citer : les Basses- Alpes, le Calvados, l’Eure, le Gers, le Lot, la Manche, l’Orne, le Vaucluse.
Ces décroissances ont pour causes principales la réduction dans le nombre des mariages, l’excédant des décès sur les naissances, les modifications introduites dans la culture des terres, et l’émigration des populations des campagnes vers les centres industriels où les attirent une vie plus facile et l’appât de salaires plus élevés.
A l’exception de trois villes : Montpellier, Angers et Avignon, qui ont perdu •ensemble 4,275 habitants (Versailles n’entre pas en compte), toutes les villes ayant plus de 30,000 âmes présentent un excédant de population et ont profité dans une mesure de l’accroissement général, puisqu’elles lui empruntent 313,513 habitants, c’est-à-dire près de deux cinquièmes de l’augmentation.
A elles seules, les villes de Marseille, Toulouse, Bordeaux, Béziers, Saint-
L’HOMME
Étienne, Roubaix, Lyon et Paris figurent dans cette augmentation pour 219,926, c’est-à-dire pour près d’un quart (Journal officiel du 8 novembre 1877).
Nous avons réuni dans les tableaux suivants les données démographiques qui permettent d’apprécier l’état et le mouvement de la population en Europe, à la date des derniers recensements, ainsi que l’état et le mouvement de la population française, depuis 1700 jusqu’au recensement de 1876.
Tableau I présentant l’état de la population française, depuis 1700.