‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 24 sur 124 · NOUV. TECH · texte numérisé non relu

NOUV. TECH

HYGIENE

nuent. en nombre , par suite de l’extension du commerce des cuirs ; l’exportation de coton , de café , de thé , de céréales , n’est môme pas en rapport avec les frais de l’administration, de l’armée, des fournitures payables en Angleterre; l’intérêt d’une grande dette, les coupons d’un système de chemins de fer toujours de moitié en déficit sur l’intérêt garanti par l’État, les profits et l’épargne de la colonie anglaise constituent plus de 400 millions par an importés en Europe. Ainsi les profits du travail ne restent pas dans le pays, qui est si pauvre que l’État, quoique possédant la terre cultivée par les 200 millions de sujets, ne peut en tirer plus d’un milliard de revenu.

M. Nicholson reproche à l’État de ne pas appliquer aux Indes le système adopté dans les colonies hollandaises, où les habitants sont des serfs sous un maître éclairé qui entend leur faire du bien , tout en prenant un profit honnête pour sa peine et son capital engagé.

Chose étonnante , la population s’accroît dans ces conditions ; elle était de 251 millions en 1872; elle sera, sauf enraiement par la famine, de 500 millions en 1895; car l’augmentation reconnue est de plus de 3 pour 100 par an. C’est même l’une des causes de misère invoquée par Nicholson, qui attribue les famines périodiques de l’Inde : 1° à la pauvreté du sol, 2° à son épuisement, 3° au manque de pluie , 4° à l’accroissement de la population , 5° à l’État politique du pays.

La diminution des ressources, résultant des famines elles-mêmes, compromet aussi l’avenir du pays.

En 1854, une disette toute locale dans le collectorat de Bellari coûta :

3,500,000 fr. pour des travaux de soulagement de 1/3 de la dépense, 2,500,000 fr. de perte de revenu.

Total. . . 6,000 000 fr. perdus pour l’État,

et 8,250,000 fr. représentant la perte de la récolte,

3,400,000 fr. perte du tiers des bestiaux.

Total. . 11,650,000 fr. perdus pour les cultivateurs.

La perte de revenu résultant des famines, pendant la période de viugtdeux ans écoulée de 1837 à 1860, a été évaluée à 1,328,500 liv. représentant une perte agricole de 8 à 10 millions 1/2 sterling.

Les pluies ont heureusement reparu à la fin de 1877, au moment où les gouvernements allaient être à bout de ressources, et où aucun secours n’était possible. Dans la contrée, le Bengale et Assam avaient seuls eu des récoltes; la population de Bombay et Madras était irrévocablement condamnée , car les efforts de la métropole eussent été impuissants.

Il est donc d’un immense intérêt , en même temps que l’on canalise le pays , qu’on y trace des voies de communication , qu’on y amasse des approvisionnements , qu’on essaie d’y établir, entre les pays fertiles et les pays momentanément stériles, cet équilibre des subsistances qui règne dans les pays civilisés; en même temps qu’on y dresse les indigènes à la culture, qu’on y organise ce genre d’assistance qui ne doit pas devenir un encouragement à la paresse , il est d’un immense intérêt, disons-nous , d’arriver à prévoir les disettes par la détermination des périodes d’évolutions météoriques qui les ramènent.

Beaucoup d’efforts sont faits dans ce but. Déjà, en 1837, le colonel Baird Smith avait signalé l’irrégularité des conditions climatériques habituelles comme un avant-coureur de la sécheresse et des disettes.

Depuis, lors, les investigations ont été dirigées sur ce point dans une voie plus précise. Se basant sur des travaux antérieurs de Chacornac et N. Lockyer, de Meldrum, de Koppen, de Baxendell, M. H. F.Blanford, météorologiste officiel

L’HOMME

des Indes, avait émis, dès 1872, l’hypothèse d’une concordance entre les disettes de l’Inde et les variations périodiques de la chaleur solaire (Blanford , On some recent evidence of the variation of the Sun’s heat, 1875). Le Dr Hanter s’empara du fait et reconnut une périodicité régulière des années de sécheresse, coïncidant avec le minimum des taches solaires (Hunter, The Cycle of drought and Famine in Southern India, février 1877). Dans une lettre au Times le Dr Balfour Stewart confirmait, en septembre 1877, la coïncidence de minimum de pluie avec le minimum des taches, et plus récemment le Dr Hunter de concert avec N. Lockyer ont publié ( Nineteenth Century , novembre 1877) les résultats définitifs de leurs observations et de leurs calculs. Le cycle de onze années, qui représente la période de retour des maxima et des minima des taches solaires, représente également la période au bout de laquelle se reproduisent les variations magnétiques (1). La périodicité des maxima et minima de radiation solaire et des variations thermométriques paraît coïncider également avec la périodicité des taches. Cette coïncidence n’est pas douteuse pour ce qui concerne la périodicité des tempêtes contrôlée par la statistique des naufrages. Elle est absolument établie pour les pluies tropicales et pour les famines de l’Inde. Cinq des six famines qui ont affligé Madras dans la période de soixantequatre années , sur laquelle ont porté les recherches , se rapportent au groupe de trois années qui correspond au minimum de pluie et au minimum des taches ; la sixième famine tombe entre deux des années de ce groupe et l’année précédente. « Il est donc évident, dit le Dr Hunter, que si nous pouvons prévoir (et nous le pouvons jusqu’à un certain point) à quel groupe d’années de la période doit correspondre le minimum des taches solaires, nous pourrons aussi prédire une famine pendant cette série d’années. »

La proposition conçue en ces termes est suffisamment précise et peut être le point de départ démesures suffisantes pour prévenir les inconvénients des famines.

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