‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 71 sur 124 · TOME VIII. — NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME VIII. — NOUV. TECH

LA PISCICULTURE

marchande de 0m,08 à 0m,10 de longueur. On compte qu’un marais à sangsues (dont l’hectare se vend environ 5,000 fr. ), bien conduit, peuplé de 1,500 sangsues-mères, peut en fournir 20,000 par année, et produire net 3,000 fr.

Enfin, il nous reste à parler, non plus d’une industrie piscicole, mais d’un instrument d’étude ou d’un objet d’agrément tout moderne, l’aquarium. C’est au savant physicien anglais, M. Priestley (1788) qu’en est due la première idée. Ce furent MM. Warington et Gosse qui installèrent, au Jardin Zoologique de Londres (1858) le premier aquarium d’étude, qui fut en même temps le sujet d’une immense curiosité publique. Ce n’est que 7 ans plus tard, que la Société d’acclimatation de Paris chargea M. Alford Lloyd d’installer un aquarium dans son jardin du bois de Boulogne. Plus grand que celui de Londres (14 bacs de lm,80 de long sur 1 mètre de large); partie consacré à l’eau douce, partie à l’eau de mer (4 bacs d’eau douce, 10 d’eau de mer — saumons, truites, carpes, écrevisses, etc. — méduses, bernard-l’hermite, moules, limules, etc.), il est devenu l’un des plus puissants attraits que ce bel établissement puisse offrir à la foule. Quelques jardins des plantes de la Province (Bordeaux, Clermont- Ferrand, etc.) ont imité cet exemple ; on a installé dans quelques facultés de médecine (M. P. Gervais, à Montpellier) ou des sciences, des aquariums d’étude. Enfin, la construction des aquariums d’appartement (fig. 7) est devenue une véritable et nouvelle industrie, ce qui s’explique par le double attrait que présente ce réservoir transparent aménagé le plus souvent comme un décor d’opéra, avec rochers, cavernes, forêts, pâturages, et dans lequel circulent et vivent côte à côte, des êtres qui semblent tout nouveaux pour nous, poissons, crustacés, mollusques, polypes, insectes, et des plantes aquatiques de toutes sortes. « Pour quiconque les regarde négligemment , ces hôtes à nageoires ne » sont que de muets ornements des eaux dans lesquelles ils s’abattent; mais, » pour quiconque cherche à pénétrer les lois de la vie, en rapport avec les » différents milieux, les heures passées à observer les mouvements de ces créa- » tures, leurs caractères, leurs habitudes, ne sont pas vides d’enseignements (1).

Page 1