PISCICULTURE D’EAU DOUCE
plus élevé que le poisson. Avant 1789, les Bernardins de Sillery et les Bénédictins de Vaucianes, à la Ferté-Alais, en produisaient d’énormes quantités. On signale aujourd’hui MM. Savadon, près de Rambouillet et de Selves, à la Ferté- Alais, comme étant sur la trace des procédés usités dans ces monastères. (P. Joigneaux Pisciculture , p. 202).
Enfin, rappelons, sans approuver ces pratiques barbares, l’industrie qu’on a appelée l’hirudiculture et qui consiste dans la reproduction et l’élevage de la sangsue officinale. On se rappelle comment le système médical de Broussais, consistant à traiter toutes les inflammations par la saignée et les sangsues, fut uniformément adopté en Europe, et comment, pour suffire à la consommation des bienfaisantes annélides, le commerce dut organiser des services en poste, pour aller chercher en Hongrie et en Turquie l’animal devenu indispensable et dont le prix s’élevait sans cesse.
Les travaux des savants se concentraient sur son étude anatomique et physiologique : MM. Moquin-Tandon,
Soubeyran , Yayson , Levieux, Masson, Rollet, Boudard, etc., étudièrent l’organisation, la reproduction, les mœurs de l’étrange animal, et bientôt, MM. Denoc (à Rodez, Aveyron, 1853),
Rollet, Béchade , (à Bordeaux , Gironde) , Wilman (à Bedfort), Devès, Francerchi (à Laroque) Sauvé (à Fig. 7. — Aquarium d’appartement (empruntée au guide pratique
La Rochelle, Chârente-Infé- du pisdc“lteur de Carlw'1“ier <Pa*e *89>-
rieure, sur 2 hectares 60 ares), Borne, (à Saint- Arnould, Seine-et-Oise, 1845), etc., entreprenaient l’élevage de la sangsue, d’une façon pratique.
D’abord, on nourrissait les sangsues sur des vieux chevaux hors de service, que l’on faisait descendre, à des époques et durant un temps déterminés dans les marais où souvent, épuisés par la perte de leur sang, ils trouvaient la mort; puis on employa des vaches laitières, plus jeunes, plus énergiques, et auxquelles, disait-on, ces saignées périodiques faisaient grand bien ! Enfin, aujourd’hui, grâce à Dieu, on a troqvé le moyen de nourrir les précieux annélides avec du sang chaud recueilli dans des abattoirs ou les clos d’équarissage.
La sangsue est hermaphrodite et, néanmoins, s’accouple au printemps; elle produit ensuite une sorte de cocon dans lequel elle dépose plusieurs ovules et qui est fermé de deux opercules. C’est de ce cocon que sortent d’août à octobre, de 5 à 28 filets ou petites sangsues. Ces animaux n’ont besoin d’aliments que deux à trois fois par an; ils leut* faut de deux à trois ans pour acquérir la taille