APPAREILS ACCESSOIRES DES DISTRIBUTIONS D’EAU
d’éviter l’arrachement des filets. Ce joint est employé pour les conduites d’eaux sous fortes pressions.
3° Les tuyaux en poterie ou en ciment. — Nous avons déjà dit que les tuyaux en béton de ciment pouvaient être avantageusement employés pour les conduites d’adduction des eaux (I); nous donnerons ici quelques détails sur le mode de fabrication de ces tuyaux qui avaient ôté exposés classe 66 par l’usine de la Porte de France à Grenoble (Société Delune et Gic) :
Les tuyaux se moulent surplace, dans la tranchée, sans solution de continuité au moyen d'un mandrin et de deux enveloppes en fer ou en bois placées parallèlement de manière à laisser, entre le mandrin et chacune des joues du moule, l’épaisseur que l’on veut donner au tuyau. Dans l’axe de la tranchée, au-dessus du moule, on établit une gamate dans laquelle doit se préparer le béton.
On mélange d’abord à sec dans la gamate le sable et le ciment, puis on verse l’eau et on gâche vivement jusqu’à ce que l’on ait obtenu une pâte molle de la consistance du mortier pour maçonnerie ; on ajoute ensuite le gravier auquel on fait faire deux tours de l’avant à l’arrière pour assurer le mélange. La portière de la gamate est alors ouverte, on soulève la caisse en arrière et l’on vide le béton dans le moule. Cinq ou dix minutes après , le tuyau peut être démoulé. On avance le mandrin et les coquilles du moule, et la même opération recommence.
Dans la pose des tuyaux , les joints sont toujours la partie faible d’une canalisation; parle procédé décrit ci-dessus, ils font partie intégrante du tuyau et en outre le moule porte à remplacement du joint un renflement qui permet de consolider par une surépaisseur de béton la jonction de deux tuyaux consécutifs.
Pour les petits diamètres, on ne moule pas les tuyaux directement dans la tranchée. On fait en dehors de celle-ci, autant que possible à proximité du lieu d’emploi, des tuyaux portatifs que l’on pose au bout do quelques jours, quand ils ont acquis une dureté suffisante pour être transportés ou manipulés sans danger.
On les descend dans la tranchée où on les pose bout à bout. Les extrémités sont faites en biseau. On introduit à l’intérieur un mandrin M, on place extérieurement les planches de coffrage PP et dans le vide VV du joint on coule du mortier à 1 de sable pour 1 de ciment (voir fig. 8, PI. IX).
Quand ce mortier a fait prise , on retire le mandrin M, ce dernier avancé de la longueur du tuyau sert à faire le joint suivant, et ainsi de suite.
Pour les tuyaux qui se moulent directement dans les tranchées , il faut tenir compte de la contraction qu'amène la dessiccation du ciment et qui produit des retraits. Pour les éviter, il suffit de ménager tous les 4 ou 5 mètres , dans le moulage , une solution de continuité qui permet aux dilatations et aux contractions de se produire. Au bout de huit à quinze jours, suivant le volume des tuyaux , quand le travail de durcissement du béton est opéré , on ferme les solutions au moyen de joints semblables à ceux dont nous avons parlé pour les tuyaux portatifs.
E représente l’épaisseur.
DH D — le diamètre.
E = - H — la pression.
30 (Le tout évalué en mètres.)
Les nombreuses expériences faites et surtout les travaux considérables de canalisation exécutés avec les ciments de la Porte de France ont permis d’établir la formule pratique ci-dessus qui détermine l’épaisseur à donner aux tuyaux , suivant leur diamètre et la pression qu’ils doivent supporter.
(1) Voir page 92.
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Exemples de minimum.
Diamètre (le
0,60 Épaisseur minimum
Toutefois il est. bon de faire remarquer qu'il y a des minimum d’épaisseur audessous desquels il ne faut pas descendre, quelque chiffre que donne la formule, comme le montre le tableau ci-dessus.
Exposition spéciale faite par la ville de Paris du système suivi pour la distribution des eaux et l'assainissement de la capitale.
Pour terminer ce qui est relatif à l’adduction et à la distribution des eaux dans les villes, il nous reste à examiner la belle exposition du service des eaux et des égouts dans la capitale.
Paris est la seule ville du monde qui ait adopté pour sa distribution d’eau une double canalisation séparant le service public du service privé.
Le réseau de cette double canalisation n’est pas encore entièrement terminé; mais quand il sera complet, toute rue de moins de 20 mètres de largeur aura une conduite destinée ii la distribution de l’eau dans les maisons, et des tronçons de conduite mettront les orifices d’écoulement des services publics en relation avec les conduites maîtresses les plus proches. Quand la voie aura plus de 20 mètres de largeur, ce double système de conduites sera établi en égout-
Tel est le programme général qui a été adopté en 1854 par le Conseil municipal. A cette époque les bas quartiers de la capitale étaient exclusivement alimentés par l’eau du canal de l’Ourcq qui a pour point de départ le bassin de la Villette, dont le plan d’eau est il la cote 52 mètres.
La cote moyenne du sol des rues desservies pur l’eau de ce bassin étant de 35 mètres, il en résultait une charge de 17 mètres, insuffisante pour permettre à l’eau d’atteindre les étages élevés des maisons.
En outre de ce grave inconvénient, on reprochait avec raison à la distribution de ne fournir qu'une eau très-chargée de sels de chaux , notamment de sulfates et souillée dans le bassin de la Villette par les déjections des mariniers. L’eau de l’Ourcq, impropre à la boisson, convenait au contraire à l’alimentation des services publics: le bassin delà Villette est, en elfct, <1 une hauteur suffisante pour permettre la répartition de l’eau sur les 2/3 de la surface de l’ancien Paris.
A la suite des études entreprises par M. Belgrand, le Préfet de la Seine admit le principe de l’adduction de sources devant fournir toute la quantité d’eau nécessaire aux services privés, évaluée au maximum h 90,000 mètres cubes par jour. En ajoutant à ce volume les 110,000 mètres cubes par jour jugés nécessaires pour les besoins présents et à venir des services publics, on arrivait au chiifre total de 200,000 mètres cubes pour l’ensemble de la distribution normale de Paris.
L’approvisionnement de Londres, qui occupait en 1854 une surface six fois aussi grande que Paris et qui contenait une population deux fois et demie aussi nombreuse, n’était pas évalué à un chiffre supérieur.
Telle est la base du service actuel des eaux de Paris. Depuis 1854, la canalisation a été disposée de manière à séparer autant cjue possible le service public
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du service privé, et les habitants peuvent choisir l’eau qui leur convient partout où la double canalisation existe.
Actuellement les eaux aü'ectées au service public sont (1) :
1° Les eaux du canal de l’Ourcq; — 2° les eaux de Seine, élevées par les douze machines à vapeur de Port-à-l’Anglais , Maisons- A lfort, Austerlitz, Chaillot, Auteuil et Saint-Ouen ; — 3" les eaux de Marne montées par les machines de Saint-Maur; — 4° les eaux d’Arcueil (alimentant les fontaines du Luxembourg). — 3° l’eau du puits de Passy (déversée dans le lac du bois de Boulogne); — G0 l’eau du puits de Grenelle.
Les eaux réservées au service privé sont :
1° Les eaux amenées par l’aqueduc de la Dhuis et accessoirement l’eau de la source de Saint-Maur; — 2° les eaux dérivées par l’aqueduc de la Vanne.
Ces diverses sources d’alimentation peuvent fournir un volume total bien supérieur à celui qui avait été prévu en 1854, ainsi qu’on peut s’en convaincre par le tableau suivant :
Eaux de rivière destinées aux services publics et aux grandes industries.
Eaux du canal de l’Ourcq et eaux de la Marne relevées
dans le canal, par les usines de Trilbardou et d’Isles
les Meldeuses . 185,000 m. c.
Eaux de Seine relevées par les 12 machines à vapeur
citées ci-dessus . 88,000 —
Eaux de la Marne montées par les machines de Saint- Maur . 43,000 —
Total des eaux de rivière . 316,000 —
Eaux des puits artésiens . 6 000 —
Eaux de source.
Eau d’Arcueil amenee par un aqueduc . 1,000 —
Eau de la Dhuis — . 20,000 —
Eau de la source de Saint-Maur, relevée par les machines de Saint-Maur . 5,000 —
Eau de la Vanne, amenée par un aqueduc ....... 100,000 —
Total des eaux de source . 126,000 —
Total général . 448,000 —
On possède ainsi un volume total maximum disponible de 448,000 mètres cubes, tant en eaux de rivière qu’en eaux de puits et de source.
Si l’on examine maintenant les chiffres de la consommation pendant les différents mois de l’année 1877 , on arrive à cette conclusion que la moyenne par jour a été de 290,528 mètres cubes; que cette moyenne s’est élevée pendant les mois les plus chauds (juillet et août) à 314,608 et 314,003 mètres cubes; soit, par tête et par jour, pour 1,988,806 habitants : 146 litres.
Ceci posé , il nous reste à étudier et à décrire successivement les canaux machines et aqueducs qui servent à dériver ou à élever cet immense volume d’eau.
Canaux. — Les canaux de l’Ourcq , de Saint-Denis et Saint-Martin sont exploités en régie par la ville de Paris. Cette dernière est, en elfet, rentrée en possession des deux premiers en 1876, époque à laquelle a pris fin la jouissance concédée en 1823 à la Compagnie Vassal et Saint-Didier, et a racheté en 1861 la
(1) Notices sur les objets et documents exposés par les divers services de la ville de Paris et du département de la Seine.
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jouissance du troisième. La ville peut donc disposer actuellement de toute l’eau qui reste dans le bassin de la Villettc quand il en a été tiré le volume nécessaire il la navigation.
Les travaux de dérivation de la rivière d'Ourcq furent successivement l’objet de projets de la part des ingénieurs Riquet et de Mance , de MM. Brullée , de Solages et Bossu.
Sous le Consulat ces projets reçurent un commencement d’exécution. En 1802 l'ingénieur Girard fut chargé de la direction des travaux en qualité d’ingénieur en chef. Après de longues discussions sur le choix d'un tracé, et l’importance qu’il convenait de donner au canal de dérivation, on décida que le canal de l’Ourcq serait navigable pour des bateaux de moyenne grandeur. Dès lors les travaux furent poussés avec la plus grande activité. A la chute de l’Empire, en 1816, une commission d’ingénieurs fut chargée de rendre compte au gouvernement de la situation des travaux déjà exécutés et des dépenses à faire pour terminer les trois canaux de l'Ourcq , Saint-Martin et Saint-Denis.
Cette situation était la suivante: Le canal de l'Ourcq était entièrement achevé et en eau depuis Souilly jusqu’à Paris sur une longueur de 27 kilomètres. Il était terminé à sec à partir de Souilly jusqu’au-delà de Lizy sur 42 kilomètres, et ébauché sur 7 kilomètres. Enfin il restait à exécuter encore un parcours de \ 7,982 mètres, soit une longueur totale de 93,982 mètres. Le bassin de la Villettc était terminé, ainsi que les terrassements du canal Saint-Denis. Quant au canal Saint-Martin, il était à peine commencé du cOté de la Villette.
Les travaux de distribution d’eau comprenaient un aqueduc de ceinture de 3,300 mètres, une longueur de tuyaux de 3,000 mètres ayant 25 centimètres de diamètre. Enfin on alimentait les trois fontaines des Innocents, du Ponceau, de la place Royale, le château d’eau de Bondy, et de nombreuses bornes-fontaines placées dans les rues.
La ville, ne pouvant à cette époque entreprendre l’exécution des travaux complémentaires, traita avec MM. Vassal et Saint-Didier pour l'achèvement des canaux de l'Ourcq et de Saint-Denis dans un délai de cinq années aux conditions suivantes : La ville se réservait 70,780 mètres cubes d’eau par 24 heures et abandonnait aux concessionnaires la jouissance des deux canaux pendant 99 ans à partir du 1er janvier 1823. Elle leur accordait en outre une subvention importante et prenait à sa charge toutes les indemnités de terrain.
Les deux canaux de Saint-Martin et de Saint-Denis qui ont respectivement des longueurs totales de 4,553 mètres et 0,0 i7 mètres sont exclusivement alimentés par les eaux du canal de l’Ourcq. Pendant les étés des années 1838, 1801 , 1802, 1804 et 1803, leur navigation ayant été paralysée par le manque d’eau, la ville de Paris fut autorisée à rejeter dans le canal de l'Ourcq une partie des eaux de la Marne.
En conséquence : 1° Elle installa sur cette dernière rivière à la retenue d’Isles les Meldeuses, des roues turbines et des pompes du système Girard pouvant élever de 300 à 500 litres d’eau par seconde; 2° elle acquit l’ancienne roue du moulin de Trilbardou et installa au même endroit une roue du système Sagebien. Ces deux machines relèvent et jettent dans le canal de l'Ourcq 300 litres d’eau par seconde.
En résumé, ces diverses usines hydrauliques peuvent, pendantles basses eaux, monter dans le canal de l'Ourcq 80,000 mètres cubes d’eau en 24 heures.
Ce dernier canal considéré comme porteur d'eau alimentait toutes les parties de Paris situées à une altitude inférieure à 46 mètres, c’est-à-dire les 1er, 2e, 3e, 4e, 6e et 7e arrondissements ainsi que les parties basses des 3e, 8e, 9° , 10®, 1 1®, 12°, 13°, 15®, 10e et 17° arrondissements. Depuis l’arrivée des eaux de la Vanne le nombre des abonnés aux eaux de l'Ourcq est descendu de 16,282 à
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11,403 et le volume d'eau distribué de 38,217 mètres à 27,678 mètres cubes.
Aujourd'hui l'eau de l’Ourcq est employée de la manière suivante :
On compte 2,624 bouches d’eau sous trottoir; — 322 bornes-fontaines; — 128 appareils à remplir les tonneaux; — 1,674 bouches d’arrosage à la lance. — Soit au total 4,748 appareils qui <\ raison de 14 mètres cubes par jour et par appareil représentent un volume de 66,472 mètres cubes. Si on ajoute à ce dernier chiffre les 24,931 mètres cubes absorbés par les fontaines monumentales, les 27,678 mètres cubes distribués à 11,403 abonnés et 6,919 mètres cubes représentant les pertes, par gaspillage, de l’eau distribuée aux particuliers, on arrive à un total général de 126,000 mètres cubes.
Pompes à feu. — On a vu plus haut que la ville possédait six établissements de pompes à feu comprenant chacun deux machines.
Les pompes de Port-û-l’Anglais et de Maisons-Alfort puisent l’eau de la Seine en amont de Paris et la refoulent, les premières au réservoir de Gentilly à la côte 82m, 1 0, les secondes au réservoir de Charonne à l’altitude de 8<lm,73.
L’usine d’Austerlitz, établie comme celles de Chaillot et d’Auteuil dans l'intérieur de Paris, refoule les eaux de Seine dans les deux réservoirs précédents. Les pompes de Chaillot alimentent les réservoirs de Passyà la cote 75"', 33 ; enfin l'usine d’Autcuil envoie l’eau aux petits réservoirs de Passy à l’altitude de 7 4 m , 1 0 . La dernière usine, celle de Saint-Ouen , placée en aval de Paris et du débouché du grand égout collecteur d’Asnières , élève les eaux de Seine au réservoir du passage Cottin il la cote 89m,98.
Toutes ces machines, il l’exception de celles de l’usine d'Austerlitz, brûlent de 2k,22 à 3k,84 de charbon par heure et par force de cheval.
Les pompes d’Austerlitz qui brûlent seulement lk,45 de combustible sont donc les seules qui soient dans des conditions acceptables. Aussi le service de ces différentes usines a-t-il été considérablement réduit depuis que les travaux d’adduction de la Vanne et de la Dhuis ont permis d’effectuer le service privé presque entièrement avec les eaux de source. Ainsi, en 1876, on n’a utilisé que les 42 centièmes de la force dont on disposait tandis qu’en 1873 on en employait les 63 centièmes.
Dans la prévision que d'ici à peu d’années les eaux de source seront exclusivement employées à l’alimentation des services privés et qu'il faudra par suite demander à la Seine un supplément d’eau pour assurer le service public , la ville a commandé à la maison Farcot deux machines d’une force totale de 700 chevaux qui seront établies à Port-à-l’Anglais.
Ces moteurs qui figuraient à l'Exposition universelle de 1878 marcheront pendant l’hiver. Pendant l'été un établissement hydraulique créé à côté du barrage de Port-à-l’Anglais assurera le service d’élévation d’eau. Ce double service de moteurs hydrauliques et de pompes à feu permettra de supprimer les usines de Chaillot et d’Auteuil. Dès lors la ville possédera seulement les quatre établissements de Port-à-l’Anglais , de Maisons-Alfort, d’Austerlitz et de Saint-Ouen qui représenteront une force totale de 1,200 chevaux en eau montée. Il faut encore faire rentrer dans cette nomenclature des établissements de pompes à feu , les machines de relais qui existent actuellement pour relever dans les quartiers hauts une certaine quantité des eaux amenées à Paris par les canaux, les machines et les aqueducs.
Ces pompes, au nombre de cinq, sont :
1° La pompe de la place de l’Ourcq qui puise l’eau de l’Ourcq dans le bassin de la \ illette à la cote 52 mètres et la refoule dans le réservoir des Buttes-Chaumont à la cote 97 mètres pour l’alimentation du parc des Buttes-Chaumont et du marché aux bestiaux. Le mètre cube d’eau élevé revient à 0 fr. 024; la
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consommation de charbon n’est que de tk,76 par heure et par force de cheval. Il entre dans les projets de l’administration d’adjoindre à la machine existante ■2 machines de 100 chevaux chacune.
2° Les deux pompes de Ménilmontant qui puisent les eaux de la Dhuis et de la Marne emmagasinées dans le réservoir de ce nom pour les élever des cotes 100 et 1 08 mètres aux cotes 131 et 134 dans le réservoir de Belleville qui alimente les quartiers les plus hauts de la ville. Ici le prix du mètre cube d’eau montée s’élève è 0 fr. 037 et les machines consomment 3k,49 de combustible.
3° Enfin les deux pompes du réservoir Cottin qui puisent les eaux de la Dhuis et de la Marne il la cote 89m,24 et les refoulent à la cote 130 mètres dans le réservoir actuellement en construction au sommet de la colline de Montmartre.
Usines hydrauliques. — Les usines hydrauliques présentent sur les pompes à feu l’immense avantage de travailler avec une très-grande économie. La ville en possède six, savoir :
L’usine de Saint-Maur qui puise les eaux de la Marne pour l’alimentation du bois de Yincennes et des services publics des 18e, 19e et 20e arrondissements; les usines d’Isles les Meldeuses et de Trilbardou qui pendant les grandes chaleurs déversent les eaux de la Marne dans le canal de l’Ourcq, les usines de Chigy, de la Forge et de Marly-le-Roi qui envoient dans l’aqueduc de la Vanne les eaux des sources de Chigy , du Maroy, de Saint-Philbert , de Malhortie, de Caprais-Roy, de Tlieil et de Noé. L'usine de Saint-Maur comprend une machine à vapeur et sept moteurs hydrauliques, savoir : une turbine Fourneyron de 100 chevaux vapeur montant 12,000 m. c. d'eau dans le lac de Gravelle; deux turbines de 100 chevaux chacune et trois roues turbines Girard montant de 20,000 à 33,000 mètres cubes d’eau dans le réservoir de Ménilmontant, à une hauteur de 100 mètres; une roue turbine montant dans le même réservoir les 3,000 mètres cubes d’eau fournis par une source découverte par M. Belgrand sur le coteau de Saint-Maur.
Soit donc au total 780 chevaux de force pouvant élever en temps ordinaire 13,000 mètres cubes et au maximum 50,000 mètres cubes d'eau par 24 heures. Pour assurer le service de distribution dans les 17°, 18e, 19e et 20e arrondissements ainsi que dans le bois de Vincennes pendant les mois de sécheresse extraordinaire et les chômages de la Marne, il a été reconnu nécessaire d’installer deux machines è vapeur de renfort. Ces pompes à feu de 150 chevaux en eau montée ont été construites par la maison Farcot, elles sont du système Corliss modifié et peuvent monter chacune 13,000 mô’res cubes d’eau par jour à une hauteur de 100 mètres avec une consommation moyenne de lk,10 de houille.
Il ressort des calculs que le mètre cube d’eau élevé par l’usine de Saint-Maur à 1 mètre de hauteur revient à 0 fr. 000519.
Les usines de Trilbardou et d’Isles les Meldeuses, dont nous avons indiqué plus haut la destination, ont été mises en service la première en avril 18(58, la seconde en juillet de la même année. L’usine de Trilbardou comprend une roue de côté, système Sagehien, de 1 1 m,04 de diamètre pouvant élever 28,000 mètres cubes d’eau par jour à 15 mètres de hauteur, et une roue de côté à niveau variable mettant en action une pompe verticale à double etfet du système Farcot.
L’usine d’Isles les Meldeuses comprend deux roues turbines Girard agissant sur des pompes horizontales à double elfet.
Ces deux chutes de Trilbardou et d’Islcs les Meldeuses s'effacent ou deviennent insuffisantes pendant l’hiver et les saisons humides, mais alors le canal de l’Ourcq est suffisamment alimenté. Au contraire plus la sécheresse est grande et par suite plus le manque d’eau se fait sentir dans le canal de l’Ourcq, plus la chute et la
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force des deux usines augmentent. Les autres usines hydrauliques ont pour but de relever les eaux de source dans l’aqueduc de la Vanne.
Adduction et distribution des eaux de source. — La distribution des eaux de source à Paris comprend trois sections :
1° Les eaux de la Vanne qui jaillissent dans la craie blanche de la Champagne arrivent à Paris par la pente naturelle et peuvent être distribuées aux étages les plus élevés des maisons construites sur des terrains dont la cote ne dépasse pas 50 mètres. La plus grande partie des quartiers de la rive gauche de la Seine se trouvent dans ces conditions, ainsi qu’une zone importante de la rive droite. Cette distribution constitue le bas service.
2° Pour alimenter les quartiers de Paris situés au-dessus de Latitude de 50 mètres, on dut recourir à la dérivation d’autres sources. Les unes prises dans la Champagne et comprises entre l’Yonne et l’Aube devaient être amenées dans un aqueduc longeant les coteaux de la rive gauche de l’Yonne, traversant les plateaux d Ilurepoix entre la foret de Fontainebleau et Paris , et pouvaient arriver à Paris dans un réservoir placé sur la rive gauche près de Montrouge à l’altitude de 80 mètres. Ce tracé est celui de l’aqueduc de la Vanne, qui permet d alimenter les 18e, 19e et 20e arrondissements ainsi que les parties hautes des 8e, 9e, 10e, 11e, 16e et 17e arrondissements et constitue le service moyen.
Les autres sources prises également dans la Champagne et dans la Brie pouvaient être amenées par un aqueduc suivant les coteaux de la vallée de la Marne ou du grand et du petit Morin, dans un réservoir construit sur la rive droite entre Bagnolet et Menilmontant à 1 altitude de 108 mètres. Ce réservoir, destiné à recevoir les eaux de la Dhuis, ne permet de distribuer l’eau aux derniers étages des maisons que dans les parties de la ville dont la cote du sol ne dépasse pas 80 mètres.
3“ Enfin, pour alimenter les sommets de la butte Montmartre et les plateaux de Bellev ille et de Ménilmontant, on dut installer un haut service, comprenant des machines de relais refoulant l’eau nécessaire à ces quartiers à l’altitude de 134 mètres dans deux réservoirs supérieurs.
Examinons maintenant en particulier les travaux auxquels ont donné lieu les dérivations de la Dhuis et de la Vanne :
Dérivation de la Dhuis.— Dans toute l’étendue de la Brie le bassin du Surmclin donne seul de 1 eau de source de bonne qualité et en assez grande quantité pour alimenter un aqueduc débouchant à Paris à l’altitude de 108 mètres. La Dhuis est une petite rivière qui se jette dans le Surmelin et est alimentée par des sources qui furent acquises par la ville de Paris en 1859. Les eaux de chacune d elles sont conduites par des tuyaux en fonte dans un regard de prise d’eau. Pour opéiei la précipitation de I excès de carbonate de chaux qu’elles contiennent, on les fait passer sur des plateaux en tôle perforée, d’où elles tombent en pluie fine sur des amas de meulière. A partir de ce regard de prise, les eaux pénètrent dans un aqueduc double sur une longueur de 3,883 mètres, puis dans le siphon de Montlevon, et enfin dans un aqueduc de petit type sur une longueur de 2,270 mètres.
Cet ensemble de conduites sert exclusivement à l’adduction de l’eau de la Dhuis qui ne débite guère plus de 300 litres par seconde. A l’extrémité du petit type de forme ovoïde avec un maximum de lm,'20 de largeur dans la partie basse et de lm,64 de hauteur sous clef, l’aqueduc doit recevoir les eaux des sources du Verdon et du Surmelin et sa section est portée en conséquence à lm,40 de largeur dans la partie basse et lm,76 de hauteur sous clef. Ces dimensions sont conservées sur toute la longueur de l’aqueduc jusqu’à Paris, soit sur