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TOUE I. — NOUV. TECH

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111,920“, 59; elles permettent le débit d’un volume de 500 litres par seconde.

L’aqueduc, qui dans ses parties libres a une pente de 0“,10 par kilomètre, a une longueur totale avee les siphons de 13 1,1 62“, 85. Ces derniers au nombre de 21 représentent donc une longueur totale de 13, 099“, 86; ils servent à franchir sept vallées dont les profondeurs varient de 39 à 73 mètres et ils sont composés d’une seule ligne de tuyaux en fonte de 0“,80 ou de 1 mètre de diamètre suivant leur débit. La charge est uniformément fixée à 0“,55 par kilomètre. Dans ces vallées, l’aqueduc franchit les ruisseaux sur des ponts qui présentent un grand débouché en raison des crues violentes qui se manifestent sur ces cours d’eau.

Enfin le tracé admet trente-deux souterrains d'une longueur totale de 12, 208“, 74. Le nombre total des regards est de 262.

L’aqueduc de la Dhuis a fourni depuis l’année 1866 un volume moyen de 19,980 mètres cubes par jour. La portée de cet aqueduc est augmentée de 5,000 mètres cubes par jour par celle de la source de Saint-Maur, ce qui donne une moyenne de 25,000 mètres cubes déversés chaque jour dans le réservoir de Ménilmontant. En comprenant dans les évaluations de la dépense d’entretien la somme de 900,000 fr. , représentant l’intérêt à 5 0/0 du prix de revient de cet ouvrage qui est de 18,000,000 fr. en nombre rond, on arrive à faire ressortir à 13 centimes le prix du mètre cube d’eau.

Dérivation de la Vanne. — Les sources de la Vanne, situées aux environs d’Estissac dans l’Aube, fournissent un volume journalier minimum de 73,000 mètres cubes et qui peut atteindre une moyenne de 100,000 mètres cubes. On y adjoindra pendant la saison des basses eaux la source de Cochepie qui augmentera le débit de 20,000 mètres cubes.

Les sources de la Vanne sont réparties en deux groupes : 1° Les sources hautes de la Bouillarde, Armentières, le Bime de Cérilly et Flacy arrivent dans l’aqueduc par la pente naturelle; 2° les eaux des sources basses de Chigy, de Maroy * de Saint-Philibert, Malhortie, Caprais-Roy, l’Auge, le miroir de Theil et Noé sont relevées par les tr ois usines de Chigy , de la Forge et de Malay-le- Roy, alimentées par les eaux de la Vanne.

Les eaux de ces diverses sources sont reçues dans des aqueducs de captation en fonte ou en maçonnerie dont la longueur totale est de 16,223 mètres, et dans un aqueduc collecteur de 20,386 mètres qui conduit les eaux des sources d’Armentières à l'origine de l’aqueduc principal. Cette longueur de 20,386 mètres se décompose en 12,240 mètres de parties en tranchées ordinaires, en 5,746 mètres de souterrains, 1,000 mètres de parties sur arcades et 1,400 mètres de siphon.

L'aqueduc principal peut se diviser en plusieurs sections :

La première section prend son origine en face de l’usine de la Forge et se termine au siphon de l’Yonne. Cette partie de l'aqueduc passe de la vallée de la Vanne à celle de l’Yonne, et suit la rive droite de cette vallée jusqu’au siphon qui sert à la traverser. Sa longueur totale est de 18,960 mètres et elle comprend : 14,974 mètres de parties en tranchées; 1,375 mètres de souterrains; 1,575 mètres de parties sur arcades ; 1 ,036 mètres de parties en siphons.

Le siphon de l’Yonne, qui est le plus important de tous, a une longueur totale de 3,737 mètres; il traverse l’Yonne sur un pont-aqueduc de 1,493 mètres de longueur, comprenant 162 arches dont les ouvertures varient de 6 mètres à 40 mètres, et exécuté entièrement en béton aggloméré.

La seconde section de l’aqueduc principal, qui va du siphon de l’Yonne jusqu'à la fin des arcades de Fresnes, a une longueur totale de 21,518 mètres dans laquelle figurent 8,814 mètres de parties en tranchées, 9,345 mètres de sou-

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terrains, 1 ,488 mètres de parties sur arcades et 1,871 mètres de siphons.

La troisième section de 15,794 mètres de longueur s’étend depuis les arcades de Fresnes jusqu à I entrée de la forêt de Fontainebleau et comprend : 7,336 mètres de parties en tranchées, 5,658 mètres de souterrains, 443 mètres de parties sur arcades, et enfin le siphon de Moret dont la longueur développée est de 2,357 mètres. Ce dernier ouvrage franchit le Loing sur un pont de 584 mètres de longueur comprenant 52 arcades.

La quatrième section de l’aqueduc, qui s’étend depuis la fin du siphon de Moret jusqu’aux arcades de Chevannes, est entièrement tracée dans les sables de Fontainebleau. Elle comprend :

16,162 mètres de parties en tranchées; 13,095 mètres de souterrains; 6,183 mètres de parties sur arcades; 3,252 mètres de siphons.

Ce qui donne une longueur totale de 38,692 mètres.

La traversée des sables de Fontainebleau offrait de grandes difficultés. On parvint cependant à l’effectuer en suivant un des longs ravins d’origine diluvienne qui sillonnent la masse des sables de la forêt. Cette circonstance permit de raccourcir le trajet et d’arriver à Paris à la cote 80 mètres.

La cinquième section, comprise entre les arcades de Chevannes et le siphon de l’Orge, d’une longueur de 18,019 mètres, comprend 3,347 mètres de parties en tranchées, 427 mètres de souterrains, 12,530 mètres d’arcades et 1,715 mètres de siphons. Le siphon de l’Orge qui a 1,972 mètres de longueur développée établit la liaison de la cinquième section avec la dernière partie de l’aqueduc principal qui aboutit à Paris au réservoir de Montrouge. Cette dernière section de 17,196 mètres de longueur comprend 6,104 mètres de tranchées, 8,215 mètres de souterrains, 2,602 mètres d’arcades et 275 mètres de siphons.

La longueur totale de l’aqueduc de la Vanne dont la pente, depuis le point de départ de 1 aqueduc collecteur à la source d’Armentières jusqu’à son point d’arrivée à Paris au réservoir de Montrouge, est de 3lin,l7 se décompose de la manière suivante :

Parties voûtées eu tranchées ou supportées par des

substructions. . 93,006 mètres.

Parties supportées par des arcades . 16,600

Parties voûtées en souterrains . 41,900

Siphons . ' j 21,500 —

Total .... 173,000 mètres.

L’exécution de cet ouvrage a coûté 39 millions.

En ajoutant à l’intérêt annuel à 5 0/0 de cette somme les dépenses d’entretien de l’aqueduc et des machines élévatoires, on trouve que le prix du mètre cube d eau de la Vanne amenée à Paris à la cote 80 ressort à 0 fr. 0807.

Réservoirs de Montsouris. — L’exposition de la ville de Paris en 1878 compienait . 1° les plans et les coupes des réservoirs de Montsouris destinés à recevoir et à emmagasiner avant leur distribution dans Paris les eaux de la Vanne; 2° un modèle au l/5e de l’angle sud-ouest des réservoirs.

Ces réservoirs occupent une superficie de 3 hectares, ils sont à deux étages et peuvent emmagasiner ensemble un volume de 275,000 mètres cubes d’eau.

Cette importante construction offre en plan la forme d’un rectangle ayant une longueur de 265 mètres et une largeur de 136 mètres. Le premier éta°-e peut contenir 165,000 mètres cubes d’eau à la cote maxima de 74m,50 et sur une épaisseur de 5m,50. Le deuxième étage, d’une capacité de 110,000 mètres cubes, a une épaisseur d’eau de 3m,55 à l’altitude maxima de 80 mètres. L’un

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et l’ autre de ces deux étages sont divisés en deux parties égales par un mur de séparation.

La construction des réservoirs de Montsouris a offert de grandes difficultés à cause de la nature, du sol profondément excavé par d’anciennes exploitations de carrières. Les fondations nécessaires pour consolider ces carrières descendent jusqu’à des profondeurs de 20 mètres.

Les réservoirs eux-mômes sont construits en maçonnerie de meulière et chaux hydraulique. Le mur de pourtour du réservoir inférieur a des épaisseurs variant de lm,70 en couronne à 2m,90 à la base. Il a un fruit extérieur de I/o1'. Ce mur ainsi que le mur de séparation, de 2 mètres d’épaisseur, sont renforcés intérieurement par des contre-forts de lm,40 de largeur espacés de 4 mètres d’axe en axe et raccordés au radier général par des quarts de cercle de 2 mètres de rayon. Le radier a 40 centimètres d’épaisseur. On a placé à 0m,10 au dessous un système de tuyaux en poterie formant un drainage qui recueille les eaux d’infiltration et révèle ainsi l’importance des déperditions d’eau à travers le radier. Chaque compartiment a reçu un enduit de mortier fin de ciment de 0m,03 d’épaisseur qui assure son étanchéité.

Les murs des réservoirs supérieurs sont supportés parles contre-forts des murs du réservoir inférieur par l’intermédiaire de voûtes en plein cintre. Le radier repose également sur des voûtes retombant sur 1,800 piliers de 0m,85 de côté à leur sommet et espacés de 4 mètres d’axe en axe. Les murs de pourtour ont lm,30 d’épaisseur au sommet et 2m,10 au niveau du radier. Ces bassins sont recouverts par des voûtes en berceau et des voûtes d’arêtes en briques portant une couche de terre gazonnée de 0m,40 d’épaisseur et supportées par des piliers et des murs en briques reposant sur l’enduit du radier supérieur.

La chambre d’arrivée et de distribution des eaux est placée à l’angle sud-ouest des réservoirs. Comme ces derniers, elle est divisée en deux étages. Celui du haut sert à la réception et à la répartition des eaux dans les quatre compartiments des réservoirs. Les eaux de la dérivation de la Vanne arrivent par deux conduites en fonte de lm,10 de diamètre et débouchent dans une vasque en maçonnerie tapissée de faïence blanche et placée à l’étage supérieur de la chambre de réception. Du fond de cette vasque partent trois conduites de 80 centimètres de diamètre et commandées par des bondes de fond.

L’une de ces conduites sert à la distribution directe dans Paris. Les deux autres traversent le mur de pourtour; elles alimentent : la première, les compartiments Ouest des réservoirs; la seconde, les compartiments Est après avoir traversé sur toute leur longueur les réservoirs supérieurs. Cette disposition a pour but de permettre un renouvellement convenable de l'eau emmagasinée dans ces divers compartiments. Les conduites de départ sortent de l’enceinte des réservoirs et se dirigent vers Paris à côté de la conduite de distribution directe. Les manœuvres des robinets et des bondes se font, pour l’étage supérieur de la plate-forme, à l’aide de tiges en fer qui traversent la couverture; et pour l’étage inférieur, à l’aide de planchers installés au-dessus du niveau de l’eau et auxquels on accède par des galeries de pourtour.

La construction de ces réservoirs a exigé un cube de maçonnerie de 78,100 mètres et a coûté 7 millions, soit 23 fr. 45 c. pour le mètre cube d’eau emmagasiné.

Système des conduites de distribution. — L’ensemble du réseau de distribution comprend aujourd’hui environ 1,500 kilomètres de conduites. La séparation des services public et privé, les différences d’origine et de pression des eaux compliquent beaucoup le système ; aussi, pour en saisir l’économie, faut-il considérer à part les distributions superposées d’eau d’Ourcq , d’eau de

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rivière et d’eau de source. On arrive ainsi à diviser le service général en trois catégories :

1° Le service public bas, fait au moyen de l’eau de l’Ourcq ; 2° les services publics supérieur et moyen, faits par les eaux de rivière ; 3° les services privés bas, moyen et supérieur, faits au moyen des eaux de source.

1° La distribution des eaux de l’Oucq s’opère de la manière suivante :

Du bassin de la Villette part une galerie horizontale à grande section qui aboutit après un parcours de 4 kilomètres dans un réservoir de 10,000 mètres cubes placé à l’ancienne barrière de Monceaux. Pendant la nuit, c’est-à-dire lorsque la consommation est nulle, cette galerie amène dans le réservoir de Monceaux les eaux du bassin de la Villette. Pendant le jour, cette galerie peut donc s’alimenter à la fois par les réservoirs qui se trouvent à ses deux bouts, et desservir ainsi les conduites qui sont branchées tout le long de son parcours. Grâce à cette combinaison, on se trouve à peu près dans les mêmes conditions de charge à l’extrémité de la galerie qu'à son origine, au hassin de la Villette.

De cette galerie partent dans une direction transversale trois conduites principales qui franchissent la Seine, remontent sur la rive gauche et arrivent finalement à trois réservoirs, dont le trop-plein est un peu inférieur au plan d’eau du bassin de la Villette. Pendant la nuit, ces conduites servent à remplir les réservoirs auxquels elles aboutissent. Pendant le jour, elles soutirent de ces réservoirs l’eau emmagasinée, pour la distribuer.

2° La distribution des eaux de rivière se fait par l’entremise de réservoirs placés dans les différents quartiers de Paris et dans lesquels on refoule les eaux. Ainsi les réservoirs d’eau de Seine sont placés à Gentilly, à Charonne et à Passy. Les eaux de Marne sont refoulées par l'usine de Saint-Maur dans le réservoir inférieur de Ménilmontant pour servir à l'alimentation des coteaux du nord de Paris. Les mêmes eaux de la Marne reprises à Ménilmontant et refoulées par des machines dans le réservoir inférieur de Belleville servent à l’alimentation du quartier de ce nom. De même les eaux de Seine puisées à Saint- Ouenjet reprises au pied de Montmartre par des machines de relais sont refoulées sur la butte dans un réservoir spécial. Ces différents réservoirs qui assurent le service public en eaux de rivière sont reliés par des conduites qui leur permettent de se suppléer mutuellement en cas de réparations.

3° En ce qui concerne les eaux de source, le service se fait de la manière suivante : Les eaux de la Dhuis arrivent à l’étage supérieur des réservoirs de Ménilmontant à la cote 108 mètres et sont refoulées en partie aux étages supérieurs des réservoirs de Belleville et de Montmartre aux cotes 134m,40 et 130 mètres.

De cette manière tous les quartiers hauts de la capitale se trouvent alimentés en eaux de source. Au dessous fonctionne la distribution d’eau de Vanne qui a son point de départ au réservoir de Montrouge dont il a été déjà question ci-dessus. De ce réservoir part une conduite maîtresse de lm,30 de diamètre (1) qui se divise à la place d’Enfer en trois branches. Les deux premières, ayant respectivement des diamètres de 0m,S0 et de lm,00 à leur origine, contournent l’ancien Paris et se rejoignent au nord après un parcours de 20 kilomètres environ.

Ces deux conduites dont les diamètres vont en décroissant à partir de l’origine jusqu’à leur point de rencontre forment ainsi un circuit fermé.

(1) Cette conduite sera prochainement doublée.

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La troisième conduite traverse ce circuit du sud au nord ; elle a un diamètre uniforme de lm,10 et a pour but d’alimenter directement les points les plus éloignés des deux conduites précédentes. Sur ces conduites maîtresses viennent se brancher une foule de conduites secondaires de distribution qui établissent entre toutes les mailles du réseau une communication leur permettant de se suppléer mutuellemement dans leurs parties.

Construction des conduites. — Il convient maintenant d’examiner le mode de construction adopté à Paris pour les conduites. Ces conduites sont en fonte et en principe elles doivent toujours être placées dans les égouts, mais ce désideratum ne pourra être réalisé que d’ici à quelques années.

Les conduites qui sont actuellement placées en terre sont construites avec des tuyaux à emboîtement scellés au plomb qui offrent les garanties les plus sérieuses contre les disjonctions en cas de tassements. Les conduites placées dans les égouts , n’étant pas soumises à des tassements, sont composées de tuyaux unis s’engageant bout à bout dans des manchons ou bagues en fonte; dans l’intervalle laissé libre entre la surface intérieure de la bague et la surface extérieure des tuyaux on coule du plomb, qui est ensuite maté des deux côtés. Cette bague a au maximum 5 centimètres de recouvrement sur chaque tuyau, le joint est très-facile à faire et le démontage en est très-rapide.

Tous les 4 à oOO mètres, on place sur les conduites des robinets de partage de façon à pouvoir isoler momentanément une de leurs parties sans interrompre le service sur le reste de leur longueur. Ces robinets se composent d’un disque en fonte formant obturateur et glissant entre deux glissières de bronze perpendiculairement à son axe. Ces robinets ont la forme des robinets-vannes déjà décrits. Ils sont manœuvrés par une vis traversant une boite à étoupe placée au sommet du dôme qui reçoit le disque quand le robinet est ouvert, et qui en tournant fait monter ou descendre le disque à la façon d’un écrou. De part et d’autre de ces robinets de partage, on en place deux autres : celui qui est en amont est posé sous la conduite pour servir de décharge, celui qui est en aval est placé sur la conduite pour permettre à l’air de s’échapper.

Sur les grosses conduites on emploie des robinets-vannes de dimensions énormes et que nous avons décrits. Pour assurer leur fonctionnement, on est obligé d’équilibrer préalablement la charge de chaque côté de l'obturateur. A cet effet, on relie les deux biefs à l’aide d’un tuyau de petit diamètre, qui lui-môme est muni d’un robinet. Ce dernier, grâce à ses dimensions restreintes, peut se manœuvrer sous pression.

La ville de Paris avait exposé sur les berges de la Seine un type de ces diverses installations. On pouvait ainsi se rendre un compte très-exact des opérations que nous venons de décrire. On y remarquait aussi le modèle grandeur naturelle du chariot à triple mouvement qui est en usage à Paris pour la pose des conduites.

Nous avons dit que les tuyaux en ciment pouvaient être employés très-avantageusement dans les distributions d’eau des villes. A Paris, on ne remarque qu’une seule conduite de ce genre, qui a lm,30 de diamètre et constitue la tête de la distribution d’eau de Vanne. Son choix a été justifié par l’impossibilité de trouver dans la fabrication courante des usines des tuyaux en fonte de ce diamètre. Aujourd’hui le cas ne serait plus le même, mais en 1873 on n’avait pas dépassé le diamètre de lm,10 et, de plus, les fontes étaient chères. On se décida pour une conduite en béton de ciment. Sa charge ne devait pas dépasser 22 mètres. On pouvait voir, dans le pavillon de la ville de Paris, le modèle réduit au 1/I0C et, sur les berges de la Seine, l’appareil lui-même qui a servi au moulage sur place de cette énorme conduite, il consiste en un

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cylindre de tôle placé dans une position inclinée sur un axe de rotation horizontal.

Ce cylindre reçoit les matières qui servent à fabriquer le béton, savoir : le ciment, le sable, la pierre et l’eau. On lui communique un mouvement de rotation qui opère le mélange des matières auxquelles, après chaque demi-tour, on fait subir une translation d’un fond à l’autre. Après trente tours, on obtient un mélange intime. En employant concurremment deux cylindres , on peut se livrer à une fabrication continue. Cette bétonnière est actionnée par une locomobile portée sur un deuxième chariot attelé au premier.

On coule ainsi le tuyau en anneaux successifs. Après le coulage du premier anneau, la locomobile se transforme en remorqueur à l’aide d’un engrenage calé sur l’essieu du chariot qui la porte et commandé par une chaîne de Gall , et fait avancer l’appareil. On peut faire ainsi 10 mètres cubes de béton à l’heure. On a employé le ciment de Portland à prise lente, de sorte que chaque tronçon de conduite doit être laissé sur cintre pendant quarante-huit heures. Cet appareil ingénieux qui a été imaginé par M. l’ingénieur Couche est susceptible d’application dans tous les travaux qui exigent l’emploi du ciment.

Canalisations secondaires. — Le réseau des conduites maîtresses qui a été décrit ci-dessus alimente de 12,000 à 14,000 appareils destinés au service public (bouches d’arrosage, d’incendie, de lavage, bornes-fontaines, fontaines Wallace, etc.) ; 74 fontaines monumentales débitant de 40,000 à 45,000 mètres cubes d’eau par jour; 45,000 immeubles. Soit donc au total 60,000 branchements représentant une longueur de conduites secondaires de plusieurs centaines de kilomètres.

Nous avons déjà décrit les principaux types d’appareils de service public et de petite robinetterie qui fonctionnent sur ces conduites secondaires. Il reste à signaler le procédé ingénieux inventé par M. l’ingénieur Couche pour fermer les fissures qui se produisent inévitablement dans les maçonneries des réservoirs. Il consiste à pratiquer au-dessus de cette fissure une rainure dans le fond de laquelle on applique une couche de colle de benzine et au dessus une plaque de caoutchouc. On remplit ensuite le vide avec du mortier de ciment. Cette méthode, très-simple, permet d’arriver à une étanchéité absolue.

Système des égouts. — Le complément indispensable d’une grande distribution d’eaux est l’établissement d’un système rationnel d’égouts. Nous avons vu que la ville de Paris était fort 'bien dotée au point de vue de l’alimentation des services public et privé : nous allons montrer qu’elle est parfaitement assainie. Aujourd’hui la longueur des égouts dépasse 600 kilomètres et forme un réseau qui recueille les eaux de 6,450 hectares, c’est-à-dire de la presque totalité de la surface renfermée dans l’enceinte de Paris. C’est en 1856 que l’ingénieur M. Belgrand fit adopter ce système d’égouts qui n’est pas encore terminé , et qui comprend deux divisions : les égouts principaux et les égouts secondaires.

Égouts principaux. — Les grandes artères sont au nombre de deux :

1° Le collecteur général de la rive droite qui, partant du bassin de l’Arsenal suit les quais jusqu’au pont de la Concorde et se dirige de là en ligne droite jusqu’à Asnières. Ce collecteur recueille les eaux d’un bassin de 2,550 hectares. Celles qui proviennent des collines de la partie nord de la ville lui sont amenées par un égout partant des fortifications près de la porte de Vincennes, longeant le pied des parties hautes et aboutissant près de Saint-Augustin. Les eaux fournies par les parties plates de la ville sont recueillies par les égouts secondaires

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de la rue Neuve-des-Petits-Champs, de la rue de Rivoli, ou par des collecteurs transversaux qui se jettent directement dans le collecteur général de la rive droite.

2° Le collecteur général de la rive gauche commence au point où la Bièvre tra\erse les fortifications; il suit la nie Geoffrov-Sainte-Marie, les quais depuis la place Saint-Michel jusqu'au pont de l'Alma, traverse la Seine dans un siphon et passe en tunnel sous la partie de la ville située sur la rive droite pour rejoindre le collecteur d'Asnières en dehors des fortifications. Quand cet éçout sera achevé, il recevra la totalité des eaux de la Bièvre qui sont actuellement infectes, et sen ira en même temps de collecteur pour tous les quartiers de la rive gauche, grâce à un système bien entendu de collecteurs secondaires.

Il ne reste donc plus qu'une surface de 180 hectares environ qui déversent leurs eaux sales directement dans la Seine , ainsi que les quartiers d’Auteuil et de Bercy parce que les quais de la rive droite qui leur correspondent manquent encore d’égouts.

Égouts secondaires. — Les égouts secondaires s’étendent sous les rues et sont au nombre de deux toutes les fois que la voie a plus de 20 mètres de largeur. On compte à Paris une longueur do rues de 870 kilomètres qui exigeraient 1,040 kilomètres d'égouts. Sur ce nombre, il en reste seulement 430 kilomètres à constiuiie. Les sections transversales de ces collecteurs secondaires varient, bien entendu, suivant l’importance du volume d'eau qui doit y être débité, la pente et la nature des conduites d'eau pure qui doivent y être posées.

Cette dernière circonstance force souvent à adopter des dimensions plus grandes qu il ne serait nécessaire, si on ne considérait que le débit des eaux d égout. La Aille de Paris avait exposé dans son pavillon la série complète des types d égout en usage. Ils se font tous remarquer par leur légèreté et se divisent en deux catégories bien distinctes :

1° Ceux à cuvette et à banquettes, qui sont destinés à être curés par des moyens mécaniques, ont des pentes de 0m,4b par kilomètre ;

2J Ceux à cuvette sans banquettes, qui doivent être curés à bras d’homme, ont des pentes d’au moins 2 mètres à 2m,50 par kilomètre.

Les moyens employés pour le curage des égouts de grand modèle consistent dans 1 emploi de wagons à bascule, wagons-vannes et bateaux-vannes. Les modèles de ces appareils figuraient dans le pavillon d'exposition et permettaient de se rendre un compte exact de leur mode de fonctionnement. On peut dire que la méthode de curage consiste essentiellement à barrer presque entièrement la cuvette à 1 aide d une vanne. L eau s’élève en arrière, passe avec rapidité sous la vanne et chasse par les deux ouvertures qui y sont ménagées les matières qui se trouvent sur le radier. Comme l’eau accumulée derrière la vanne exerce une pression sur sa face amont, elle produit l’avancement de l’appareil porteur de cette vanne (wagon ou bateauj sur un espace égal à celui qui a été rendu libre.

Un pousse ainsi successivement les matières solides qui finissent par former un banc v o) ageant tout seul. En etlet, les matières aii’ouillées en amont passent pai dessus J et se^déversent en formant un plan incliné; ainsi de suite. Ces bancs voyagent à raison de 1 kilomètre par vingt-quatre heures, et arrivent au bout de leur ^course dans un grand collecteur qui les entraîne sans difficulté. Pour terminer ce qui est relatif au mode de curage des collecteurs, il nous reste àj parler^de la méthode employée pour le nettoiement du siphon de l'Alma.

Ce siphon est formé de deux tubes en tôle nov és dans un massif de béton sous le lit de la Seine, tet présentant à l’intérieur une surface absolument lisse; la

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longueur des tubes d’une rive à l’autre est de 176 métrés et la dilFérence de niveau entre leur orifice d’entrée et leur orifice de sortie n’est que de Om,oO. On a d’abord pratiqué prés de ce premier orifice des fosses de décantation où les matières solides sont retenues et extraites ensuite il bras d’homme. En outre, les eaux, avant de s’engager dans le siphon, passent il travers des grilles épuratoires curées jour et nuit,. Mais ces moyens ne suffisent pas pour opérer un nettoiement complet.

On fait donc passer dans chaque tube une boule en bois, d'un diamètre un peu inférieur au diamètre intérieur du tube , de sorte que cette boule roule en s’appuyant sur la génératrice supérieure du tube en laissant au-dessous d’elle un espace étranglé dans lequel l’eau passe avec violence. On reproduit ainsi en petit ce qui se passe en grand devant les wagons-vannes ou les bateaux-vannes.

Les eauxsales s’écoulent dans les égouts par plus de 7,000 bouches. On compte environ 10,000 regards débouchant sur les voies publiques. Enfin 22,000 maisons sont reliées par des branchements particuliers aux égouts publics, et peuvent ainsi écouler directement leurs eaux ménagères.

Dernièrement enfin, M. Belgranda combiné et étudié complètement un système destiné à préserver les caves des quartiers bas de Paris des inondations qui s’y manifestent en temps de crue. Ce système consiste essentiellement à abaisser par épuisement la nappe d'eau souterraine en y faisant descendre une série de puits reliés par des drains, et en installant dans ces puits des pompes mues par une turbine.

Comme en temps de crue la ville dispose pour les services publics d’un volume d’eau plus que suffisant, il n’y a aucun inconvénient à employer l’excès de charge des conduites à faire marcher des pompes d’épuisement. Les eaux ainsi élevées sont ensuite déversées dans les égouts soustraits aux crues.

Utilisation des eaux d'égout. — Outre que le déversement des eaux d’égout dans la Seine a pour effet de salir ce fleuve sur une partie importante de son cours, on perd inutilement une source d’engrais qui ne doit pas être dédaignée.

Chaque mètre cube d'eau d’égout contient en elfet 2k,79 de matières dissoutes et suspendues , partagées en 0k,723 d’éléments organiques (azote et produits combustibles) et 2k,07i d’éléments minéraux inolfensifs. Après avoir répété les irrigations telles qu'elles sont pratiquées dans le Milanais et dans les environs de Valence en Espagne, et après avoir essayé de précipiter par des réactifs chimiques, tels que le sulfate d’alumine, les matières fertilisantes contenues dans les eaux d’égout, la ville de Paris a reconnu que le meilleur moyen d’utilisation de ces eaux consistait à s’en servir pour l’irrigation.

En conséquence, elle a transformé la presqu’île de Gennevilliers en un vaste champ d'expériences.

Le terrain de cette presqu’île a une composition très-favorable à ce genre d’essai : il est composé, en effet, de cailloux, de sable et de limon.

Les travaux d’utilisation des eaux d’égout ont consisté à recevoir les eaux du collecteur de Saint-Denis à la porte de la Chapelle dans une conduite qui les amène jusque dans la plaine de Gennevilliers en empruntant les ponts de Saint- Ouen. Les eaux descendent ainsi jusqu’aux lieux d’emploi par leur pente naturelle. Quant aux eaux du collecteur d’Asnières, elles sont relevées de 12 mètres environ par des machines offrant une force totale de 400 chevaux vapeur, et elles sont versées dans des conduites métalliques de 1 m , 1 0 de diamètre, qui, après avoir passé sous les trottoirs des ponts de Clichy , les conduisent dans la plaine de Gennevilliers.

On a construit dans cette plaine un réseau de conduites de distribution de

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28 kilomètres qui sont placées sous les chemins et ont des diamètres variant de lm,23 à 0m,30. Ces conduites souterraines ont été exécutées entièrement en maçonnerie et béton de ciment.

Des bouches à clapet, branchées par des tuyaux en poterie Doulton sur les conduites des chemins, abordent les parcelles à irriguer; des cheminées-ventouses placées aux points hauts et à l’origine des conduites maîtresses assurent la résistance des tuyaux contre les coups de bélier résultant de la manœuvre brusque des bouches à clapet. La distribution agricole se fait en eaux libres par des rigoles construites par les cultivateurs.

Les eaux d’égout sont donc traitées comme des eaux d’arrosage ordinaires. Leur distribution est actuellement gratuite, mais plus tard elle sera soumise à un tarif et à un règlement. On utilise actuellement 12 millions de mètres cubes d’eaux d’égout pour arroser iOO hectares de terrain.

Après avoir déposé sur le sol les matières infectes qu’elles contenaient, ces eaux sortent en source limpide h la bouche des drains qui sillonnent le sous-sol.

En 1877, la surface arrosée comprenait. : 80 hectares de grande culture; — 310 hectares de culture maraîchère et industrielle; — 10 hectares réservés à l’horticulture. — On pouvait d’ailleurs remarquer à l’Exposition de nombreux spécimens de chacun de ces genres de culture.

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