II. — Travaux d’irrigation
Plus-values créées par les irrigations. — Les travaux d’assainissement d’une contrée doivent être complétés par l’irrigation des terres. Nous venons de voir que parle fait de cette opération dans la plaine du Forez la plus-value moyenne de l’hectare était estimée à 3,000 francs. On remarquera des plus-values analogues dans toutes les contrées qui jouissent d’une irrigation bien entendue. Dans le cours de notre travail, nous aurons soin d’indiquer le chiffre de ces plusvalues et de constater que les canaux d’irrigation sont très-avantageux au point de vue des spéculations privées, des intérêts généraux du commerce, de l’agriculture et, par suite, de la richesse publique.
Nous rappellerons ici quelques faits empruntés à des irrigations existantes.
Dans les arrondissements de Semur et d’Avallon, les terrains granitiques non arrosés se louent 12 à 13 francs; quand ils sont irrigués, ce prix s’élève à 45 et 100 francs. Les frais relatifs aux travaux d’irrigation sont de 300 francs par hectare en moyenne : Dans l’Ain où les travaux d’irrigation se sont élevés à la somme énorme de 800 francs par hectare, on place encore son argent à plus de 10 0/0.
En Auvergne, les terres arrosées par un canal dérivé de la Severaisse se vendaient, avant l’établissement de cette irrigation, 40 francs la sétérée; elles valaient ensuite 800 francs. En Touraine, l’augmentation moyenne de revenu par le fait de l’irrigation a été de 66 fr. 25. On a placé ainsi son argent à 42 0/0. Enfin, dans la Campine belge, les travaux d’irrigation exécutés par le Gouvernement ont coûté comme dépenses préparatoires à l’irrigation une moyenne de