‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 118 sur 174 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

NOUV. TECH

130 francs par hectare, et les capitaux placés dans les opérations agricoles de cette contrée rapportent de 10 à 13 0/0 par an.

But des irrigations. — Les eaux d’irrigation remplissent un triple but :

1° Elles fournissent aux plantes l'humidité qui leur est indispensable. — 2° Elles contiennent en dissolution des gaz et des sels qui agissent sur le sol et les végétaux. • — 3° Enfin elles déposent il la surface du sol un limon qui modifie la nature du terrain.

En effet, la végétation souffre quand le sol contient moins de 10 0/0 d'eau à une profondeur de 30 centimètres. On sait que l’eau entre pour plus 30 0/0 de leur poids dans les forts végétaux et pour 73 à 00 0/0 dans les végétaux herbacés. Les deux éléments de l’eau (oxygène et hydrogène) existent aussi {tour la moitié de leur poids dans les parties desséchées des végétaux. Ces deux gaz combinés avec le carbone forment la cellulose, les concrétions ligneuses et les principes renfermés dans les tissus. Il faut donc de l’eau pour le développement des végétaux, il faut aussi de la chaleur; mais plus il y a de chaleur, plus l’eau est nécessaire.

Dans les terrains privés d’irrigation , les pluies et l’énergie que met le sol à conserver l’humidité sont les seules ressources dont on puisse disposer.

Quand lés pluies sont peu abondantes et quand le sol retient mal l’humidité, les récoltes se trouvent compromises; et elles sont tout à fait impossibles quand ces deux éléments font défaut en même temps. C'est le cas des terres brûlées par un soleil ardent. Si au contraire l’agriculteur peut disposer d’eaux d’irrigation, les conditions se trouvent subitement changées; et là où régnait une disette complète, on verra se développer en abondance des produits agricoles qui apporteront aux habitants une richesse inespérée. Avec l’eau, on pourra créer des prairies , accroître par suite la masse des engrais , élever un nombre considérable de bestiaux et se rapprocher de cette agriculture savante et industrielle qui a fait la fortune de l’Angleterre, de la Hollande, de la Lombardie, etc.

Nécessité des irrigations dans le midi de la France. — Dans une

remarquable conférence faite au Trocadéro sur les « canaux d’irrigation », M. de Passy, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en retraite , disait que l’emploi des eaux en agriculture est une question de développement et de prospérité pour nos départements du Nord, et il ajoutait que, pour ceux du Midi, c’était une question de vie ou de mort.

Le commerce et l’industrie du sud de la France seraient à jamais ruinés, surtout en présence des ravages du phylloxéra et de la concurrence que fait la fabrication de la garance artificielle à la fabrication du pays, si les canaux d'irrigation n'apportaient pas dans les campagnes désolées une compensation en fertilisant une terre aride et sans produits. Ce n’est pas seulement la richesse et la prospérité que roulent les eaux employées en agriculture, c’est encore la moralisation et la civilisation. En effet, le niveau moral de l’homme s’élève en même temps que celui de la richesse locale et les besoins nouveaux en face desquels il se trouve.

En s’enrichissant, l’habitant s'instruit et sort de l’abaissement où le place une lutte incessante et ingrate contre une terre improductive. M. de Passy, après une série de considérations de ce genre et après avoir montré comment en quelques années la fortune d'un pays peut doubler, tripler et même décupler ainsi que cela a lieu en ce moment dans la Haute-Vienne, par le seul fait d'une irrigation rationnelle, concluait en appelant l’attention des hommes spéciaux sur ces graves questions et disait qu’il était temps de se préoccuper .activement de donner au Midi les eaux sans lesquelles on ne peut espérer ni fertilité, ni richesse.

En France, les fleuves jettent à la mer 180 milliards de mètres cubes d’eau par

LES CANAUX D’IRRIGATION

an. On a calculé qu’une tétc de gros bétail équivalait à 100,000 mètres cubes d’eau employée en agriculture. La France jette donc tous les ^ns à la mer la valeur de 180,000 tètes de gros bétail! Sans vouloir faire servir à l’irrigation toute l’eau des fleuves et des rivières, ce qui serait exagéré, il n’en est pas moins vrai qu’il est temps que la situation actuelle cesse.

L’initiative privée , avec l’aide de l’État qni ne le refuse pas , doit donc détourner de toutes les rivières capables de les fournir, les quantités d’eau indispensables à la fertilisation des campagnes, aux besoins des villes et des usines. Néanmoins, pour arriver à de tels résultats, il ne faut pas moins de toute l’influence d'hommes éminents : M. de MontaJivet et MM. Bérenger père et fils ont dû lutter pendant soixante-sept ans pour obtenir la concession qui apporte la richesse dans 22,000 hectares du département de la Drôme.

Le canal de la Bourne, dont il est ici question et dont nous reparlerons plus loin, va chercher les eaux dans les premiers contre-forts des Alpes à 50 kilomètres de Valence; il les retient par des barrages et Jes amène, grâce à une série de travaux d’art considérables, dans les plaines où elles sont distribuées dans chaque propriété moyennant une faible rétribution.

Action des eaux d’irrigation. — L’eau, qui contient en dissolution du carbone, de l’azote et des sels minéraux, peut fournir aux plantes ces diverses substances qui forment leurs parties constituantes. On peut dire que l’eau agit sur la végétation en raison de l’oxygène dissous et de la quantité d’azote unie à une certaine quantité de carbone. Ainsi on a remarqué que sous l’action des pluies le sol accumule environ 30 kilogrammes d’azote par hectare et par an , c’est-à-dire la moitié de ce qui est nécessaire pour une bonne récolte.

Quant aux limons tenus en suspension dans l’eau, ils sont extrêmement fertiles. Avec eux, on peut modifier entièrement la nature d’un terrain; c’est le but du colmatage, qui consiste à faire arriver des eaux troubles sur une certaine épaisseur au-dessus d’un champ et à laisser les eaux se clarifier par un repos prolongé. On les fait ensuite s’écouler, ou on les recueille à travers le sol préalablement drainé. Après plusieurs opérations analogues, on arrive à transformer complètement le terrain colmaté.

Les irrigations produisent une sorte de colmatage quand on emploie des eaux troubles. Mais leur action fertilisante dépend de la manière d’être des eaux elles-mêmes. Enfin l’irrigation permet de prédisposer le sol aux diverses opérations de la culture. On peut labourer en temps utile et ensemencer aux époques convenables ; dans d’autres circonstances, on peut récolter à meilleur compte certains végétaux : tel est le cas de la garance qu’on arrose fortement au moment où on veut l’arracher.

Qualités des eaux d'irrigation. — On a vu que les eaux d’irrigation agissaient en entretenant l’humidité nécessaire au développement des plantes et en leur fournissant les aliments qui leur sont indispensables. Mais certaines eaux contiennent des principes funestes aux plantes ; il est donc nécessaire de connaître la composition des eaux employées afin d’apprécier leurs qualités et corriger leurs défauts. On possède peu d’analyses bien faites sur les eaux de source ou de rivière servant à l’irrigation; cependant un travail complet a été fait sur les eaux du bassin de Paris et sur celle de la Meuse employées, comme on sait, à l’irrigation de la Campine belge. Nous n’entreprendrons pas ici cette étude, qui est du domaine de la chimie agricole; nous ferons seulement remarquer que la composition des sels contenus dans l’eau dépend des terrains qu’elle traverse et que, pour un terrain donné, les meilleures eaux sont celles qui renferment les principes manquant à ce terrain. On peut se guider sur les indices suivants pour apprécier la qualité des eaux courantes.

Les eaux de très-bonne qualité sont celles où on rencontre le cresson de

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fontaine, les épis d’eau, les véroniques et la renoncule aquatique. Les eaux moins bonnes produisent des roseaux, des patiences, des ciguës, des salicaires, des menthes, des joncs, etc. Enfin celles qui sont de mauvaise qualité contiennent seulement des mousses et des carets. Les eaux qui contiennent des principes acides et astringents sont nuisibles à la végétation, mais on peut les améliorer en les faisant passer sur de la chaux ou en les mélangeant avec des eaux alcalines de fumier. Les eaux très-froides ne sont pas bonnes pour l’irrigation ; mais, après avoir circulé dans de longs canaux, elles se réchauffent. Les eaux tulfeuses doivent être dépouillées des sels calcaires qu’elles contiennent par un passage préalable à travers des fagots ou autres matières qui retiennent les tufs. Les eaux de mauvaise qualité s’améliorent généralement en s’éloignant de leur point de départ; en tous cas, elles sont de la plus grande utilité pour répandre les engrais liquides.

Provenance des eaux d’irrigation. — Les eaux employées à l’irrigation

proviennent :

f° Des puits artésiens. Il existe des exemples d’irrigations à l’aide d’eaux artésiennes; mais ce moyen d'arrosage n’est pas très-général, à cause de l’incertitude du succès des sondages. — 2° Des drainages. Les eaux de cette nature sont recueillies dans des réservoirs, comme les eaux de pluie, afin d’être utilisées en temps opportun. — 3° Des sources. Les eaux provenant des sources sont généralement froides et leur débit l’origine est rarement assez considérable pour servir à l’arrosage; mais on peut réunir les diverses sources par une tranchée qui recueille leurs eaux. — 4° Des pluies, des étangs et des réservoirs. Les réservoirs servant à l’emmagasinement des eaux constituent les moyens les plus puissants de propager la pratique de l’irrigation. La détermination de la capacité d’un réservoir constitue un problème très-complexe. — 3° Des ruisseaux et des rivières.

Les dérivations et les barrages des fleuves et rivières navigables ou flottables sont du ressort de l’État. Quand il s’agit de petits cours d’eau à détourner entièrement ou quand on veut élever le niveau de l’eau pour atteindre des terrains plus élevés (pic ceux qu’on pourrait naturellement arroser, on établit un barrage en aval de l’origine de la rigole de prise d’eau. Si on veut se contenter d’une simple prise d’eau sans élever le niveau de l’eau de la rivière ou sans la détourner complètement, on construit simplement un épi sans barrage.

Division des irrigations. — Sans entrer dans le détail des constructions auxquelles donne lieu l’établissement des réservoirs, des barrages et prises d’eau, nous étudierons les dispositions générales de ces ouvrages et des rigoles servant à conduire les eaux des points où elles sont prises jusqu’aux terrains qu’il s’agit d'arroser.

Les irrigations peuvent se diviser en deux groupes :

1° Les petites irrigations, ou irrigations privées qui sont faites par les propriétaires au moyen de réservoirs ou de dérivations particulières. Ces irrigations sont de beaucoup les plus considérables, si on les prend dans leur ensemble, et la méthode qui consiste à créer des réserves d’eau au moyen de réservoirs est excellente.

2° Les grandes irrigations qui sont réalisées par la construction de canaux entrepris par des associations de propriétaires, ou par des concessionnaires avec ou sans subventions de l’État, des départements ou des communes. Ces canaux dérivent les eaux des fleuves ou des rivières ou encore vont puiser les eaux emmagasinées dans des réservoirs créés en barrant des vallées.

Nous aurons donc à étudier : — 1° la construction des réservoirs d’approvisionnement ; — 2° les dérivations de rivières et de fleuves.

LES CANAUX D'IRRIGATION

A. — Réservoirs d’approvisionnement.

L’idée si simple qui consiste à maîtriser les eaux sauvages et à les mettre en réserve émane d’une race éminemment civilisatrice. Ce sont les Arabes qui ont initié l’Europe à ce genre de travaux; et les barrages du midi de l’Espagne sont leur œuvre incontestée. C’est donc dans ce pays que se rencontrent les premiers types de ces ouvrages. Leur forme est incorrecte, leur masse est exagérée, mais nous devons néanmoins admirer sans réserve la prudence des ingénieurs qui ont réalisé des œuvres dont les services comptent aujourd’hui des siècles.

Servant d’abord exclusivement à l’irrigation, les barrages ont été employés ensuite à créer des réserves d’eaux industrielles et alimentaires. Saint-Étienne en France , puis Verviers en Belgique ont recherché dans ces travaux grandioses des ressources hydrauliques indispensables au développement de leur industrie. Enfin Madrid a adopté sans réserve l’usage des eaux alimentaires retenues par des barrages.

Capacité des réservoirs d'approvisionnement. — Les réservoirs d’approvisionnement sont alimentés par des sources, ou des ruisseaux et par les eaux de pluie. Le jaugeage des cours d’eau permanents qui environnent le réservoir permet, après une longue série d’observations, de déterminer le volume d’eau qu’ils peuvent fournir. Pour évaluer le produit des eaux de pluie, il faut d’abord évaluer l’étendue du terrain sur lequel on peut les recueillir, puis la hauteur d’eau qui tombe annuellement sur les dilférents points de ce terrain et prendre la moyenne des observations faites pendant plusieurs années. On réduit ensuite cette moyenne dans un rapport qui est généralement des 3/4 ou des 3/6 dans les pays très-secs. •

On obtient ainsi un coefficient qui, multiplié par la surface recueillant les eaux de pluie, donne la quantité d’eau totale qui pourrait arriver dans le réservoir, s’il n’y avait aucune perte par évaporation et infiltration.

Il faut donc modifier, en conséquence, la quantité d’eau trouvée. Les nombreuses observations faites à ce sujet ont montré que dans le centre de la France on ne doit compter que sur le 1/3 ou la moitié du volume tombé (après avoir préalablement modifié ce dernier volume, comme nous l'avons dit plus haut).

Étant donné ainsi le volume d’eau qu'on peut emmagasiner dans le réservoir, il faut encore tenir compte de l’évaporation qui s’y produit et qui varie suivant les pays où l’on se trouve. On l’évalue en multipliant la surface moyenne de l’eau amassée dans le réservoir par le coefficient d'évaporation spécial à la contrée.

On calculera donc en suivant la marche précédente, la quantité d’eau annuellement disponible dans le réservoir projeté, puis on déterminera le nombre de fois qu’on pourra remplir le réservoir chaque année et la succession des arrosages.

Les divers calculs dont nous venons d’indiquer la marche générale sont longs et doivent être basés sur un grand nombre d’observations. Aussi, lorsqu’il s’agit de construire seulement un réservoir de petite dimension pour des irrigations de peu d’étendue, on peut admettre qu’en moyenne, et dans les circonstances ordinaires, ce réservoir fournit annuellement 1,000 à 1,200 mètres cubes d’eau par hectare versant. Le nombre d’hectares arrosables s’évalue en divisant la capacité du réservoir par le volume d’eau exigé pour l’irrigation d’un hectare, c’est-à-dire par le produit du nombre des arrosages annuels par le volume d’eau exigé par chacun d’eux. Il y a là une étude à faire, le volume d’eau nécessaire à l’irrigation d’un hectare dépendant de la nature des terrains et des conditions climatériques de la contrée dans laquelle on se trouve.

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Construction des réservoirs d’approvisionnement. — Quand le réservoir est de petites dimensions et se trouve dans un terrain dominant la surface à irriguer, on se contente de creuser le sol et de former autour de l’excavation, à l’aide des terres provenant de déblai, une digue d’enceinte , profilée de la même manière que les digues de défense des rives.

Lorsque le terrain est imperméable, il n’y a aucune difficulté; dans le cas contraire, il faut recouvrir les parois de la fouillle et celles des digues d’un corroi imperméable formé d’un mélange d’argile et de sable arrosé par un lait de chaux. Ce corroi est pilonné, par couches successives de 8 à 10 centimètres d’épaisseur, sur les parois à rendre étanches qu’on a eu le soin de tailler préalablement en redans. Les réservoirs ainsi établis ont des profondeurs ininima de 3 à 6 mètres.

Les grands réservoirs, établis en vue de retenir des masses d’eau considérables, sont placés dans des vallées ou des plis de terrain fermés à leur partie inférieure par un barrage. Le choix de l’emplacement est une opération très-importante ; on doit naturellement rechercher le point où la vallée est la plus resserrée et la plus profonde.

Les digues de retenue s’établissent suivant les cas : en terre, en terre avec revêtement de pierres sèches, ou en maçonnerie. Les dimensions des digues en maçonnerie donnent lieu ù des calculs de résistance, dans le détail desquels nous ne pouvons entrer ici. L’épaisseur du barrage augmente du sommet à la base; le parement extérieur présente un fruit plus ou moins considérable, le parement intérieur a une inclinaison régulière, ou une courbure, ou enfin une série de redans. La maçonnerie s’exécute avec le plus grand soin et à la chaux hydraulique.

Exemples de réservoirs établis récemment pour l'alimentation des villes et l’irrigation des terres. — Comme exemples de barrages établis dans ces dernières années et destinés à créer des réserves d’eau importantes, soit pour l’alimentation des villes, soit pour l’irrigation des terres, nous citerons les ouvrages qui figuraient dans l'exposition du Ministère des travaux publics. Savoir :

1° Le barrage du Pas du Riot sur le Furens (département de la Loire) pour l’alimentation en eau de la ville de Saint-Étienne ;

2° Le barrage établi sur le déversoir naturel du lac d’Orédon (département des Hautes-Pyrénées) pour transformer ce lac en un immense réservoir de 7,500,000 mètres cubes emmagasinant les eaux d’irrigation distribuées par un canal dans le département du Gers et une partie des départements des Hautes-Pyrénées , de la Haute-Garonne, de Tarn-et-Garonne et de Lot-et-Garonne.

Barrage du Pas du Riot. — Cet ouvrage a été exécuté de 1873 à 1878 par MM. Lagrange et Jollois, ingénieurs en chef des ponts et chaussées.

Autrefois la ville de Saint-Étienne était alimentée par les eaux des sources qui coulent dans la partie supérieure de la vallée du Furens, et, en cas d'insuffisance, par les eaux du Furens que recueille le réservoir du goutfre d’Enfer. Seulement, quand la rivière débitait moins de 300 litres par seconde, la ville de Saint-Étienne ne pouvait rien prélever, tout le volume étant absorbé par les usines.

Dans ces conditions le volume d’eau qui pouvait être distribué dans la ville, comprenant plus de 125,000 habitants , était tout à fait insuffisant. On a donc acquis les eaux de la rivière du Furens, sauf un débit de 25 litres par seconde réservé pour les besoins des riverains, et on a construit un nouveau réservoir

LES CANAUX D’IRRIGATION

au Pas du Hiot à 2,200 mètres en amont du réservoir du gouffre d’Enfer, en barrant le cours du Furens.

Le barrage a une capacité utile de 1,350,000 mètres cubes. Sa hauteur entre le dessus de la chaussée et le fond naturel de la vallée à son pied est de 34m,50. Son épaisseur est de 4m,90 au sommet et de 21 m,86 au niveau du sol et de la vallée.

La chaussée du barrage a un développement de 155 mètres. En plan, elle a la forme d’un arc de cercle d’un rayon moyen de 350 mètres.

On peut accéder à toutes les parties du réservoir par un chemin de ceinture.

Le barrage a été construit en moellons de granit et avec de la chaux hydraulique du Thoil (provenant de l’usine de M. Pavin de Lafarge).

Le couronnement de l’ouvrage est en pierre de taille de Villebois.

Voici les cubes de la maçonnerie et le prix de revient des différentes parties :

Acquisition des eaux de la rivière du Furens par la ville

de Saint-Étienne . 2,200,000 francs.

Acquisition de terrains, indemnités et travaux . 1,280,000 —

Cube total des maçonneries . 42,100 m. c.

Cube de maçonnerie afférent un barrage proprement dit. 37,600 —

Réservoir d’approvisionnement du lac d'Orédon. — Les nombreuses vallées

qui prennent leur origine au plateau de Lanncmezan et s’étendent au pied des Pyrénées manquent d’eau pendant tout l’été. Les rivières sont à sec, de sorte que dans toute la région comprenant le département du Gers et une partie des départements des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de Tarn-et- Garonne et de Lot-et-Garonne, les habitants n’ont pas l’eau nécessaire aux usages les plus ordinaires de la vie.

Pour améliorer cette région on a dérivé une partie des eaux de la Neste, au moyen d’un canal de 28 kilomètres dont la prise est à Sarrancolin, dont le débit peut s’élever à 7 mètres cubes d’eau par seconde et qui débouche sur le plateau de Lannemezan.

On arrose ainsi une partie des landes de ce plateau, et les vallées et les rivières de la Longe, de la Save, de la Gesse, de la Gimone, de l’Arrats, du Gers, de la Baysolle, des trois branches de la Baïse et du Bouès. Mais comme on ne pouvait puiser dans la Neste les 7 mètres cubes par seconde, sans nuire aux usagers de cette rivière, on a créé un réservoir au lac d’Orédon.

Ce lac, qui a une superficie de 24 hectares, est établi dans une région granitique sur l’axe du soulèvement des Pyrénées près de la ligne de partage des bassins de la Neste et du gave de Pau. II reçoit les eaux des quatre lacs de Cap de Long, des Laquettes, d’Aubert et d’Aumar et des deux glaciers de Néouvieil et du Pic-Long. Son bassin d’alimentation est de 2,770 hectares, son étiage est à 1,852 mètres au-dessus du niveau de la mer, et les cimes qui l’entourent ont plus de 3,000 mètres d’altitude, elles sont couvertes de neige pendant les 3/4 de l’année.

Pour transformer ce lac en un immense réservoir d’approvisionnement, on a ouvert dans son déversoir naturel une tranchée qui se prolonge dans le lac à 7 mètres en contre-bas de son plan d’eau, puis on a construit en travers du déversoir un barrage permettant de surélever la retenue à I6m,80. On obtient ainsi un réservoir capable d’emmagasiner 7,500,000 mètres cubes d’eau. Les travaux de transformation du lac d’Orédon en réservoir d’approvisionnement coûteront 908,000 fr. La tranchée de 7 mètres de profondeur maxima a une longueur de 480 mètres (167 mètres dans le lac et 313 mètres dans le déversoir) et elle est creusée dans le granit.

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Le mode de construction de cette tranchée est digne d’être signalée:

On établit, pour faciliter les déblais, une chaussée en terre de 3,u,50 de hauteur au-dessus du niveau du lac et h l’origine du déversoir.

Un pertuis de 3 mètres de largeur fermé avec des poutrelles et placé à l’extrémité rive droite au point où la chaussée touchait le rocher, permettait de retenir et de lâcher à volonté les eaux du lac. On faisait éclater les mines pour désagréger le rocher, puis on ouvrait le pertuis: il en résultait un courant d’eau de 3 mètres par seconde de vitesse et par suite on produisait une chasse qui balayait la plus grande partie des blocs détachés par les mines.

Exécution des remblais formant barrage pour les grands réservoirs d'approvisionnement. — Quand on exécute des remblais pour barrer une vallée et constituer ainsi une retenue d’eau, il faut prendre les plus grandes précautions afin d’éviter les infiltrations. On y arrive en conduisant le travail de manière à ne laisser aucun vide entre les matériaux qui forment le remblai.

Nous avons trouvé à cet égard de curieux renseignements dans l'exposition du Ministère des travaux publics au Champ de Mars en 1878.

Voici la méthode qui a été employée .avec succès pour établir l’assiette des remblais formant le barrage du lac d'Orédon, dont nous venons de parler :

On construisit un fossé pouvant débiter environ la litres d’eau par seconde et débouchant à l’endroit du barrage. Une vanne permettait de faire passer l’eau à volonté dans une conduite en bois de 0m,16 sur 0m,22 établie à 0m,80 au-dessous des rails sur lesquels arrivaient les wagons chargés de la terre nécessaire à rétablissement du remblai. La conduite qu'on allongerait au fur et ù mesure de l’avancement des travaux débouchait au point où chaque wagon, en basculant, laissait tomber son chargement.

Quand, par suite du déchargement de 2 à 3 wagons, la buse de la conduite était recouverte de 3m,30 à 5 mètres de terre, on lâchait l’eau dans la conduite; celle-ci établie avec une pente de a m/m et ayant son extrémité bouchée se chargeait rapidement, il se formait une lave plus ou moins pâteuse, puis l’eau finissant par se faire jour précipitait les terres et les blocs vers la base du remblai.

En dirigeant convenablement le courant et en écartant au besoin les grosses pierres, on arrivait à mener de front le talus amont et aval ; l’eau s’écoulait à droite et à gauche en entraînant seulement l'humus et le sable fin.

Cette exécution du remblai au moyen de l’eau a l’avantage de remplir de sable les moindres interstices laissés entre les matériaux de grosse dimension.

Revêtement des talus des barrages construits en remblai. — Les digues ou barrages des réservoirs, exécutés en remblai, doivent être revêtus avec du béton afin d’éviter les infiltrations de l’eau.

Cela ne suffit pas encore : toute maçonnerie, quel que soit le soin avec lequel on l’ait exécutée, étant elle-même perméable, il est encore nécessaire de la recouvrir d’une chape de bitume et d’interposer un drainage entre le remblai et le revêtement, afin d’empêcher les gerçures qui pourraient se manifester dans la chape sous l'intluence de l’énorme pression exercée par l’eau.

C’est ce qui a été fait dans l’exécution du barrage du lac d’Orédon.

On a opéré de la manière suivante : Le perré qui forme le talus amont a été recouvert d’une première couche de béton de 0m,20 d’épaisseur, puis d'une seconde couche de 0,30 d’épaisseur . en pierres sèches, constituant le drain. Enfin sur ce dernier perré on a appliqué le revêtement en béton et au-dessus sa chape en bitume. A la partie inférieure du talus, â droite et â gauche du massif contenant les conduites de prise d’eau, on a disposé un drain collecteur communiquant avec le drain général par des barbacanes espacées de 2 mètres en 2 mètres.

LES CANAUX D’IRRIGATION

Les drains collecteurs versent leurs eaux dans la galerie donnant accès aux robinets et de lit dans l’aqueduc inférieur.

Déversoirs. — Les digues des réservoirs doivent être munies de déversoirs pour l’écoulement du trop-plein en temps d’orages ou de crues. Ils sont construits en briques, en pierres ou en bois et établis de manière que l’eau en s’écoulant ne puisse acquérir une vitesse suffisante pour dégrader l’ouvrage.

Voici les dispositions prises dans les deux grands barrages dont nous avons parlé plus haut. Le barrage du lac d’Orédon est muni d’un déversoir de 40 mètres de longueur creusé dans le granit à droite du barrage. Dans les plus grandes crues, l’épaisseur de la lame d’eau qui s’écoule par ce déversoir sera de correspondant à un débit de 25 mètres cubes par seconde.

Au barrage du Pas du Riot (sur la rivière du Furens), on a disposé un déversoir de superficie de 30 mètres de longueur établi à 1 mètre en contre-bas de la chaussée du barrage afin de permettre aux eaux de s’écouler quand le réservoir est plein. Ces eaux tombent dans un canal de décharge qui les conduit au Furens par sept chutes successives de 3m,50 de largeur.

Prises d'eau. — Les prises d’eau des réservoirs d’approvisionnement s’établissent de diverses manières suivant l’importance de l’ouvrage.

La figure 40 donne la coupe d’une prise d’eau pour très-petits réservoirs. Elle consiste en une buse en bois logée dans le corps de la digue et fermée par une vanne qu’on manœuvre à l’aide d’une tige. Ces buses doivent non-seulement être goudronnées avant leur pose , mais pour éviter toute infiltration il est nécessaire de les garnir extérieurement de diaphragmes rectangulaires en bois autour desquels on pilonne des corrois en terre grasse.

Dans les réservoirs importants, on peut faire la prise d’eau au moyen d’un

Fig. 40.

aqueduc construit sous la digue et dont la tête d’amont est garnie d'une vanne. Cette dernière se manœuvre de l’extrémité d’une estacade (fi g. 41). Enfin on peut encore employer des tuyaux de fonte noyés dans la digue, engagés du côté de l’eau dans une tête en maçonnerie et fermés par des vannes métalliques glissant dans des rainures. Les deux dispositions que nous venons d’indiquer se retrouvent dans les ouvrages exposés par le Ministère des travaux publics.

En outre des prises d'eau , les réservoirs doivent être munis de bondes de vidange. Au réservoir du Furens (voir page 314), l’évacuation des eaux se fait

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par un tunnel de vidange de 2l'n,10 de longueur entre les têtes, creusé dans le rocher contre lequel s’appuie le barrage sur la rive droite delà rivière. Le tunnel a été fermé à son extrémité, du côté du barrage par un massif de 20 mètres d’épaisseur, dans lequel on a logé deux tuyaux de 0:n,40 de diamètre munis chacun d'un robinet ordinaire et d’un robinet de sûreté.

Les tuyaux peuvent se suppléer mutuellement; ils se déversent par l’intermédiaire d’un puisard destiné ;i amortir le choc des eaux , dans des rigoles maçonnées qui aboutissent à un répartiteur. On peut envoyer ainsi les eaux dans les biefs de deux usines placées en aval du barrage, ou dans le lit du Furens.

Au barrage du lac d’Orédon (voir page 315), la prise d’eau se fait par onze conduites en fonte de 0m,30 de diamètre terminées en aval par des robinetsvannes de même dimension, et du type de ceux employés dans la distribution des eaux delà ville de Paris. A l’amont, chaque tuyau se termine par une partie évasée de 0m,00 de diamètre. Ces onze conduites sont enchâssées dans un massif en béton de ciment de Portland d’une hauteur de 7 mètres et d’une épaisseur de 8 mètres. Elles sont disposées sur deux rangées; la rangée inférieure en contient 5. Pour arriver aux robinets par l’aval, on suit une galerie d’accès superposée à l'aqueduc et portant sur toute sa longueur le poids du barrage.

Barrage de la Gileppe. — Nous venons de passer en revue les deux ouvrages dont les plans avaient été exposés par le Ministère des travaux publics, en essayant de faire ressortir les méthodes de construction suivies dans leur exécution. Il nous reste maintenant à parler d’une œuvre remarquable â tous égards, exécutée tout récemment en Belgique par un ingénieur de grand talent, 31. Bidaut. Nous voulons parler du barrage de la Gileppe, destiné à créer une réserve d’eau pure indispensable pour une ville aussi industrielle que Verviers.

Après une série de jaugeages faits pendant deux années consécutives avec le plus grand soin, on trouva qu’en barrant la vallée de la rivière la Gileppe on pouvait constituer un bassin capable d’emmagasiner un volume de 12,000,000 de mètres cubes d’eau, et créer ainsi, une réserve qui, renouvelée deux fois dans les années moyennement pluvieuses, devait suffire à l’alimentation de la ville. Pour l’exécution du barrage, M. Bidaut avait devant lui deux exemples, celui du Furens et celui d’Alicante (1), dont la valeur est consacrée par trois siècles d’existence.

Le premier mesure 30 mètres de hauteur, le second 45 mètres.

M. Bidaut choisit, pour établir le barrage, un point, situé à 1,300 mètres de l’embouchure de la rivière, où la vallée présente sur 000 mètres de longueur un rétrécissement continu.

Le barrage a 47 mètres de hauteur, revanche comprise. Deux déversoirs, inférieurs de 2 mètres û la chaussée, empêchent les eaux de s'élever jusqu’à la crête et les maintiennent au niveau normal de 45 mètres. Le lac artificiel ainsi créé à l’amont de l’ouvrage a une surface de 80 hectares 5 ares et contient 12,238,916 mètres cubes. La prise des eaux se fait par deux galeries souterraines accompagnées chacune d'un puits qui, après avoir servi au percement, permet aujourd’hui de manœuvrer les vannes.

Galeries. — Les galeries de prises d'eau ont servi pendant la construction du mur à l’écoulement des eaux du ruisseau. On évitait ainsi de pratiquer dans la maçonnerie une brèche qui pouvait compromettre la stabilité et l’imper-

(1) Voir la description de ce remarquable travail dans l'ouvrage de M. Aymard, Irrigation du midi de l'Espagne. 1 vol. in-8° et atlas in-4°. Prix : 30 fr. E. Lacroix. éditeur.

LES CANAUX D’IRRIGATION.'

méabilité du barrage. C’est, du reste, le môme système qui a prévalu dans les grands travaux analogues du Furens (Suint-Étienne) et du Tibi (Alicante).

Les profils de ces deux derniers barrages peuvent donner lieu à une comparaison intéressante en ce qu’ils représentent nettement les écoles française et espagnole.

M. Bidaut a classé entre eux le barrage de la Gileppe, il a diminué la largeur de la chaussée du barrage espagnol et a augmenté l’empâtement déjà très-grand dans le type du Furens. Les considérations qui ont guidé cet éminent ingénieur dans le choix de dimensions qui paraissent, peut-être, exagérées, sont utiles à rappeler. Tandis que le Furens ne doit renfermer que 2,000,000 de mètres cubes, le bassin d’Alicante en contient 3,700,000 et celui de la Gileppe peut en emmagasiner 12,000,000 en temps normal et 14,000,000 si les déversoirs deviennent insuffisants. Il était donc excessivement important de se mettre entièrement à l’abri des chances d’une rupture dont les conséquences eussent été si funestes.

De plus , ces trois barrages ont des longueurs très-différentes.

Au lieu de 9 mètres à la base, le barrage de la Gileppe en a 82 ; au lieu de 60 et de 100 mètres au sommet, il en a 233. Or, il est admis généralement que les murs destinés à supporter la pression de l’eau doivent être d’autant plus épais qu’ils sont plus longs.

Cet ouvrage, par l’ensemble de ses dimensions, dépasse tout ce qui a été fait jusqu’à ce jour. Chacun des déversoirs , consistant en deux tranchées faites dans les roches sur les deux flancs de montagnes, a 25 mètres de large au plafond et une pente de 10 à 40 0/0. Ils peuvent ainsi écouler 123 mètres cubes par seconde sous une charge de 2 mètres. Le plus fort débit de la Gileppe ne pouvant dépasser 50 mètres cubes par seconde, on voit que ces installations sont largement suffisantes pour empêcher tout débordement.

Ce beau travail a coûté à l’État 4,549,000 francs.

C’est dans le réservoir de la Gileppe que la ville de Verviers s’approvisionne des eaux pures indispensables aux usines qui fabriquent les draps. L’ensemble des travaux de prise d’eau se présente sous forme d’un fer à cheval contournant le barrage à l’aval.

Au point de jonction des conduites de prise des deux rives sont branchées les tuyaux en fonte amenant l’eau dans la ville de Verviers. L’étude détaillée des différentes parties de ces ouvrages présenterait un grand intérêt, mais dépasserait certainement le cadre de notre travail.

B. — Dérivations de ruisseaux, de rivières et de fleuves.

Prises d’eau et barrages en rivière pour petites irrigations (PI. X). — Quand les eaux sont prises dans des rivières non navigables ou dans des ruisseaux, et qu’il s’agit par conséquent de petites irrigations, on établit une rigole de dérivation avec un barrage en aval de son embouchure, ou simplement une rigole avec épi sans barrage. Dans le premier cas, on élève le niveau de la prise et on peut ainsi arroser des terrains supérieurs à ceux qu’on pourrait arroser naturellement. Dans le second cas, on se contente d’irriguer des terrains inférieurs au plan d’eau du ruisseau à l’endroit de cette prise.

Prises d’eau sans barrage. — Quand on établit une prise d’eau sans barrage, on peut introduire l’eau dans la rigole de dérivation sans ouvrage spécial par un déversoir, par un aqueduc couvert traversant les digues du cours d’eau, ou enfin par des vannes.

Quand la prise d’eau se fait sans aucun ouvrage spécial et directement, il faut avoir soin de régulariser la section des rigoles sur une certaine étendue et de

HYDRAULIQUE

disposer de loin en loin des profils types en maçonnerie permettant de se repérer quand on fait des curages. Si on ne prenait cette précaution, la rigole pourrait enlever à la rivière un volume d’eau plus considérable qu’il n’était prévu. Quand la prise se fait par un déversoir, on limite bien la quantité d'eau dérivée au maximum en temps d’étiage ; mais quand il arrive une crue, il arrive dans la rigole un volume d’eau considérable et on peut être inondé. Il en est de même si la prise d’eau se fait par un aqueduc couvert non muni de vannes.

Dans les deux cas examinés ci-dessus, il convient donc de ménager en un

certain point de la rigole deux enclaves en maçonnerie avec rainures permettant d’y disposeï des poutrelles pour arrêter l’eau. Généralement pour régler l’entrée de l’eau dans le canal et la supprimer en cas de besoin, on dispose des martelières, ainsi que le montrent les deux ligures 42 et 43.

Les vannes O, O se meuvent dans des cadres en charpente à l'aide de crics.

Cette construction est établie sur le terrain solide, ou sur un massif de béton contenu par des pieux et des enrochements.

On établit un avant et un arrière-radier pour s'opposer aux affouillements.

Il importe qu’au point de raccordement avec le cours d’eau le canal fasse avec ce dernier un angle aussi aigu que possible. L’embouchure du canal est évasée et on la raccorde avec les rives du cours d’eau au moyen de courbes. On défend les raccordements par des revêtements en gazon , en clayonnages en pierres ou en maçonnerie. Les figures 1 , 2 et 3 (PI. X), indiquent la disposition d’un ouvrage de ce genre.

Prises d’eau avec barrages. — Les barrages établis sur un cours d’eau pour élever son niveau sont fixes ou mobiles.

Barrages fixes. — Pour établir un barrage fixe, on peut suivre un grand nombre de méthodes différentes. Ainsi on peut battre deux fils de pieux et palplanches, puis les réunir par des moises dans le sens longitudinal et transversal, et enfin remplir les vides avec des moellons bruts. On termine par des glacis exécutés avec des moellons posés jointivement.

Quand on veut établir un barrage plus élevé, on bat deux lignes de pieux et palplanches reliés par des moises. On constitue ainsi un cotfrage que l’on

LES CANAUX D'IRRIGATION

remplit de moellons et qu’on recouvre ensuite de madriers jointifs. A l’aval on établit un radier en charpente. On peut encore exécuter des barrages en accumulant des pierres dans le lit du ruisseau, il se dépose entre elles du sable qui finit par obstruer le passage de l’eau ; enfin on peut disposer dans le lit du ruisseau des couches de fascines alternées avec du gravier et fixées au sol et entre elles à l’aide de piquets.

Quand il s’agit de ruisseaux peu importants, on construit le barrage perpendiculairement aux deux rives, mais sur les rivières on adopte une ligne brisée ou un arc de cercle ayant sa convexité tournée à l’amont. Cette disposition a pour but de rejeter l’eau dans l’axe de la rivière et de diminuer les remous et les alïouillements.

Barrages mobiles. (PI. XI.) — Les barrages mobiles sont du même genre que ceux en usage sur les cours d’eau navigables, on en trouve la description dans les ouvrages spéciaux aux canaux de navigation.

Nous allons cependant décrire un système de barrage mobile dû à M. Charles Girardon , ingénieur des ponts et chaussées , et dont il existait un modèle à l’échelle de 0m,10 par mètre dans l’exposition du Ministère des travaux publics.

Ce barrage a été combiné de manière à réunir les avantages suivants :

Mobilité, facilité et sécurité des manœuvres, solidité, simplicité et économie.

Il a été construit en vue de s’appliquer aux rivières à régime torrentiel et à fond mobile. On sait que sur ce genre de cours d’eau les barrages fixes ont l’inconvénient capital d’exhausser le lit en amont.

Les détritus de toute sorte viennent s’amonceler en ce point et causent pendant l’été des émanations pestilentielles. D’autres fois, et le cas se présente si le barrage est établi en rase campagne, l’exhaussement du lit en amont cause des inondations fréquentes et des ensablements chez les riverains.

Les barrages portent, il est vrai, des appareils de décharge; mais ils sont le plus souvent inefficaces parce qu’ils ne sont pas établis dans l’axe de la rivière à cause de la difficulté de les aborder pendant les crues , ou de la dépense qu’occasionnerait l’établissement d’une passerelle de manœuvre.

Les inconvénients signalés ci-dessus se faisaient surtout sentir dans les plaines du Forez. Nous avons vu que des associations syndicales s’étaient formées dans cette région pour exécuter de grands travaux d’assainissement consistant dans l’assèchement du sol et son irrigation ultérieure.

La plaine du Forez est très-insalubre à cause de sa faible déclivité vers la Loire et de l’imperméabilité du sous-sol de nature argilo-siliceuse. Elle est couverte de nombreux étangs mal entretenus. Enfin cette plaine est sillonnée par des affluents de la Loire qui y charrient un volume considérable de graviers et de sables. Pendant les orages et lors de la fonte des neiges, ces cours d’eau se transforment en torrents dévastateurs. Dans cos conditions, on impose aux agriculteurs et aux industriels qui prennent de l’eau, d’établir des barrages entièrement mobiles se prêtant à une manœuvre facile, quel que soit l’état des eaux.

Ce qui est aisé à faire à l’aide de vannes pour de petits canaux ou rigoles de distribution , l’est beaucoup moins quand il s’agit de rivières d’une certaine langeur. 11 faut alors s’adresser aux systèmes connus : martelleries de vannes, barrages automobiles, barrages à aiguille, etc., qui présentent tous des inconvénients.

Le barrage dont le modèle était exposé a une longueur totale de 6 à 10 mètres et présente deux pertuis d’égale ouverture (voir PI. XI).

Nous empruntons la description suivante à la notice qui accompagnait ce modèle :

HYDRAULIQUE

Des poutrelles horizontales sont appuyées d’une part contre la maçonnerie des culées, et d’autre part contre une pile métallique dite à double feuillure et à bascule.

Ce dernier ouvrage, établi au milieu delà rivière, comprend trois parties essentielles, savoir : une double feuillure verticale dont la section est celle d’un T et qui peut tourner à sa base autour d’un axe horizontal et parallèle à la direction du barrage; une semelle d’encastrement qui est scellée dans le radier et porte les deux axes de rotation. La double feuillure présente, à sa partie supérieure et du côté d’aval, un arrêt avec glissière courbe; les joues qui reçoivent les poutrelles ont chacune au moins 0m, 1 0.

Le bracon d’appui se termine à son extrémité supérieure par un galet de friction; un peu plus bas se trouve un anneau avec chaîne de traction. Les dimensions sont calculées de telle sorte qu'on n’ait à craindre aucune déformation permanente sous la pression de l’eau ou par le choc des corps flottants; le coude du point d'attache avec l’axe de rotation doit être renforcé spécialement. Deux nervures placées en dessus et en dessous du bracon, dans le sens de sa longueur, ajoutent à sa rigidité. Les pièces ne sont jamais trop robustes pour résister à toutes les causes de détérioration.

Les poutrelles destinées à la fermeture des pertuis ont des équarrissages calculés d’après le niveau qu’elles occupent. Mais ici encore il faut considérer les dimensions théoriques comme des minima dont il est prudent de se tenir assez loin. Le bois est même exposé à une détérioration plus rapide que celle du fer. Cependant on ne doit rien exagérer, parce qu’on augmenterait la dépense et qu’on rendrait les manœuvres plus difficiles.

Les poutrelles ont une longueur telle que, dans leur position normale, elles ne s’appuient à chaque bout que sur 0m,10. L’extrémité de rive de chaque poutrelle est munie d’un boulon à œillet auquel une chaîne d'amarre est attachée.

Toutes les chaînes d’amarre des poutrelles d’un même pertuis sont fixées à un gros anneau qui est scellé sur la plate-forme de la culée correspondante.

Les culées n’ont point de rainures, mais de simples feuillures, ménagées à leur angle d’amont. Les joues de ces feuillures ont 0m,30 de largeur, c'est-à-dire 0m,f0 de plus que la somme des deux appuis extrêmes des poutrelles.

Indépendamment de l’anneau d’amarre dont on a parlé plus haut, la plateforme de chaque culée est pourvue d'un levier articulé qui porte un bout de chaîne armé d’un crochet d’attache. Un bras de manœuvre, que l'usinier garde chez lui, s’adapte à ces leviers toutes les fois qu’il en est besoin. Tous les bois reçoivent plusieurs couches de peinture à l’huile, les fers sont en outre passés au minium.

Telle est la composition de la partie mobile du barrage. La partie fixe présente un seuil faisant saillie de 0m,20 au-dessus du radier d’aval et de la semelle d’encastrement de la pile <\ bascule. Ce seuil sert d'appui la double feuillure de la pile quand elle occupe la position verticale et forme en outre la base de pose des poutrelles.

Les dimensions de la culée sont déterminées par une double considération ; elles doivent résister à la poussée de l’eau et au choc des corps flottants, et aussi présenter une plate-forme supérieure assez étendue pour que les ouvriers puissent y travailler à l’aise. Les angles de la maçonnerie sont arrondis : de cette façon ils sont moins cassants et détériorent moins les poutrelles.

Le système de fondation dépend de la nature du fond de la rivière. Le modèle qui était exposé au Champ de Mars suppose une enceinte en pieux et palplanches avec enrochements à l’extérieur. Le radier de chute est maçonné avec des moellons de choix , de forte dimension, Les talus des berges et le fond de

LES CANAUX D’IRRIGATION

la rivière à l’amont et à l'aval sont perreyés avec soin et défendus par des enrochements sur une longueur suffisante pour empêcher les alfouiliements et les érosions.

La manœuvre du barrage doit pouvoir se faire pour ramener la retenue au niveau réglementaire et empêcher un débordement à l’amont, ou pour produire une chasse dont le but est de nettoyer le lit encombré par des dépôts, enfin pour éviter l’amoncellement des glaces en hiver ou pour exécuter les travaux de réparations, de curage, etc.

Ces diverses manœuvres imposent la condition de pratiquer l’abatage soit instantanément, soit d’une manière progressive.

Pour ouvrir progressivement un pertuis, on emploie le levier articulé de la culée voisine. Après avoir accroché ce levier à la chaîne d’amarre de la première poutrelle, on tire à soi cette pièce à laquelle on imprime un mouvement de rotation autour de son arête inférieure d’aval. Un homme suffit le plus souvent. La poutrelle glisse sur la joue de la feuillure de la pile métallique en s’enfonçant dans la feuillure de la culée, elle quitte ensuite la pile et tombe à l’eau à l’aval du barrage.

On enlève de la même façon autant de poutrelles qu’il est nécessaire.

Le rétablissement du barrage ne présente aucune difficulté.

Pour ouvrir instantanément les deux pertuis à la fois, on accroche un des leviers articulés à la chaîne tendue du bracon d’appui de la pile métallique ; on abat sur le côté cette pièce en tirant sur la chaîne avec force et vivacité, la double feuillure cède alors à la pression de l’eau qui lui est transmise par les poutrelles, et bascule vers l’aval en se couchant sur la semelle d’encastrement. Toutes les poutrelles, repoussées par le courant, mais retenues par les chaînes d’amarre, viennent flotter le long des culées et des talus perreyés d’où on les hisse sur les berges. Les pertuis étant ainsi complètement ouverts, la section d’écoulement du cours d’eau reste libre pendant toute la durée de la crue. L’obliquité de l’axe de rotation du bracon d’appui a pour effet d’éloigner rapidement l’extrémité libre de cette pièce des poutrelles et par conséquent d’empêcher ces dernières de le heurter dans leur chute.

Pour rétablir le barrage, il est nécessaire qu’un ou deux hommes descendent à l’eau pour redresser la pile à bascule.

Les avantages de ce système, imaginé comme nous l’avons déjà dit par M. l’ingénieur des ponts et chaussées Girardon, chargé du service de l’arrondissement de Montbrison (Loire), sont les suivants : La manœuvre partielle ou totale est facile en tout temps. On n’obtient une étanchéité aussi complète qu’avec des vannes. Le mécanisme n’exige l’emploi d’aucunes pièces qu’un forgeron ordinaire ne sache faire, réparer ou poser.

Les dépenses d’exécution varient suivant les lieux, la largeur des rivières, la hauteur des retenues, la nature des bois, etc.

Quatre barrages établis sur les rivières du Vizery et du Moingt à proximité de Montbrison ont coûté, en moyenne, chacun 2,500 francs. Dans ce prix, la partie mobile entre pour 1,400 francs. La vanne de prise d’eau et les autres ouvrages sont comptés à part.

La longueur entre les culées varie entre 6m,b0 et 10 mètres; la hauteur, entre 6m,50 et 10 mètres.

Prises d’eau et barrages de prises d'eau des canaux d’irrigation exécutés récemment. — Parmi les plans exposés par le Ministère des travaux publics figuraient plusieurs ouvrages de prise d’eau et de barrages établis pour des canaux d'irrU gation en cours d’exécution ou exécutés dans ces dernières années et sur lesquels nous donnerons quelques renseignements :

1° Barrage de prise d'eau du canal d’ amenée de la Gravona (Corse). — La Ion-

HYDRAULIQUE

gueur du barrage de la Gravona, y compris le masque de garantie contre les crues, est de 42 mètres.

11 a une hauteur moyenne de 4 mètres, et une hauteur maxima de ;>m,G0. Il est en maçonnerie hydraulique avec couronnement de pierre de taille. Le parement aval affecte en couronne la forme d'un arc de cercle de oO mètres de rayon avec un fruit de 1 /1 0e. L’épaisseur il la clef de la maçonnerie est de 2 mètres. La dépense d’exécution a été de 38,760 fr. 47 c.

2° Barrage de prise d’eau et ouvrages accessoires du canal d’irrigation de la Bourne ;Drôme).‘ — La prise d’eau se fait au moyen d'un barrage placé h 1 ,800 mètres en aval du bourg de Pont en Royans. En cet endroit, la rivière de la Bourne est encaissée entre deux murs de rochers, de grès durs à gauche et de molasse compacte à droite.

Le barrage d’une longueur en couronne de 71 mètres et élevé de 9m,43 audessus des basses eaux sera enraciné dans le roc, au fond et sur les deux rives. Ses fondations doivent être descendues il 7 mètres en contre-bas du lit de la rivière. Ce barrage est tracé suivant un arc de cercle convexe vers l’amont. Sur lm,î)0 à 2 mètres, on doit faire les parements en maçonnerie ordinaire, et ils seront reliés de distance en distance par des murs de refend de même nature. On remplira l’intervalle compris entre les parements et les murs de refend avec du béton. De chaque côté du barrage, ou a établi dans le roc une galerie de décharge de 5 mètres de largeur et de 3m,o0 de hauteur sous clef, calculée de manière à donner passage aux crues périodiques de la rivière.

Ces galeries sont fermées à l’amont par trois vannes rectangulaires en fonte de lm,8o de large et de 2m,90 de haut.

Elles seront manœuvrées par un ou deux hommes au plus, grâce à une disposition qui a pour but de réduire autant que possible les résistances en substituant un frottement de roulement à un frottement de glissement.

La vanne, formée d’un écran en fonte garni de nervures, repose sur deux paires de galets par l’entremise de deux essieux. Elle descend par une cheminée percée dans le mur de garde en roulant sur deux rails verticaux posés du côté d’aval. Elle s’applique contre le cadre d’obturation à l’amont, dans une position rigoureusement verticale.

Le plan du cadre et celui de roulement sur les rails ne sont pas parallèles, ils se rapprochent vers le bas; et l’étanchéité du contact s’obtient par le coincement que favorisent le poids de l’appareil et sa rigidité.

Une vanne de sûreté plus légère et facilement transportable peut descendre le long du mur de garde alin de fermer les galeries en cas de réparation de la vanne principale. La prise d’eau proprement dite s’ouvre dans la falaise à 1 4-0 mètres en amont du barrage; elle est fermée par deux vannes de 2m,50 de largeur chacune, sur 2 mètres de hauteur.

3° Barrage de prise d’eau du canal d’irrigation du Verdon (commune d’Aix). Ce barrage est établie sur la rivière à régime torrentiel qui porte le même nom , et qui prend sa source à Castel lanc dans les Basses-Alpes. Cette rivière se jette dans la Durance à 10 kilomètres en amont du défilé de Mirabeau.

Le barrage est établi dans une gorge de 3G mètres de largeur : seulement il est construit en maçonnerie et a la forme d’un trapèze curviligne.

En plan, le barrage affecte la forme d’un arc de cercle de 3G mètres de corde et de iim ,80 de flèche, encastré à ses extrémités sur fm,;i0 à 2 mètres de profondeur dans le rocher. La hauteur des maçonneries au-dessus du plan des fondations est de flm,33, la largeur à la base de 9m,91 et au sommet de 4m,32.

L’ouvrage qui est assis sur le rocher a une hauteur totale de plus de 18 mètres.

LES CANAUX D'IRRIGATION

La prise d'eau est pratiquée dans le massif de rocher qui occupe la gauche du barrage; elle est formée de quatre ouvertures en plein cintre, fermées par des vannes et débouchant dans un souterrain de 70 mètres de longueur.

Au milieu de la façade de la prise se trouve un avant-corps dont le vide intérieur se prolonge à travers la roche jusqu’au plafond de la rivière à l’entrée d'une galerie souterraine latérale au Verdon. Cette galerie sert à l’évacuation d'une partie des eaux de la rivière, sa largeur a été divisée à l'aplomb du canal en trois ouvertures munies chacune d'une paire de vannes. I /établissement de ce barrage a exigé trois campagnes et a présenté des difficultés.

Tracé des canaux, pentes et profils en travers.

Les canaux d’irrigation sont pi us ou moins importants. On peut distinguer :

1° Les canaux d'amenée ou rigoles alimentaires dont le débit est à peu près constant sur toute leur étendue et qui sont établis entre la prise d’eau et le point de départ du canal d’irrigation proprement dit. — 2° Les canaux d'irrigation sur lesquels s’embranchent les rigoles de distribution ou artères qui amènent l’eau jusqu’aux limites des propriétés à irriguer. Le débit d’un canal d'irrigation va donc en diminuant depuis son point de départ jusqu’à son extrémité. — 3° Les rigoles secondaires, ou rigoles de distribution, qui amènent les eaux puisées dans le canal aux terrains à irriguer. — 4° Les artérioles, ou rigoles tertiaires, qui s’embranchent sur les rigoles secondaires et distribuent l’eau dans l'intérieur des propriétés.

Les dimensions de ces divers canaux et des rigoles se déterminent par les considérations suivantes : Q étant le volume d'eau à débiter par seconde, I étant la pente par mètre, S la section de l’eau dans le canal, P le périmètre mouillé et V la vitesse moyenne, on a entre ces diverses quantités les relations suivantes :

^ = R rayon moyen et U — S X Y.

La formule de Prony donne ensuite :

d'où l'on tire en remplaçant a et b par leurs valeurs déduites d’expériences :

Uette formule permet de connaître l’une des deux quantités V ou I, quand on se donne l’autre quantité et la forme de la section du canal. Cette section se détermine par des considérations locales.

Quand le canal est creusé dans la terre, la largeur du fond est prise égale à environ 4 à 0 fois la profondeur de l’eau. Les talus sont inclinés dans le rapport de 1 de base pour 2 de hauteur, dans le cas où ils sont perreyés; de I sur 1 pour les terres fortes et enfin de 2 de base pour I de hauteur quand il s'agit de terres ordinaires.

On remarquera que la formule précédente donnant la vitesse de l’eau dans un canal dont on se donne la pente I, fait abstraction de la nature des parois. Or. il résulte des recherches de M. Bazin que si, dans la pratique , la pente longitudinale et la figure du profil transversal du canal n’ont pas grande influence sur le débit, il n’en est pas de même de la nature de la paroi.

En conséquence, cet ingénieur a considéré quatre cas généraux correspon-

TOllK I.

NOrv. TECH.

HYDRAULIQLK.

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daut autant que possible aux données les plus ordinaires de la pratique et a indiqué pour chacun d’eux les formules reproduites ci-dessous :

Parois très-unies. = 0,00015 ^ I -f-

Parois unies. TT — 0,00019 f I -)- V V \ H /

Parois peu unies. = 0,00024 ( 1 -i- V

Parois en terre. = 0,00028 ^ I + j-

Si on représente par A les seconds membres des formules ci-dessus, on a la formule générale - A, d’où V — y/ ™ •

On trouve dans les aides-mémoire des tables toutes calculées donnant le> valeurs de A qui correspondent à des valeurs de R pour chacune des quatre catégories dans lesquelles on a rangé les parois ; de sorte que lorsqu'on connaît R et 1, on en déduit facilement la vitesse moyenne d'écoulement de

l'eau par la formule V =

Si on appelle v la vitesse de l’eau à la surface, V la vitesse moyenne et 1 la vitesse du fond du canal, on a, d’après IJubuat :

U = 2 V — v, d’où li = 0,75 V (en admettant que v — 1,25 V) et enfin V =r 1,33 I’.

On se donne généralement H de telle sorte que les parois du canal ne soient pas dégradées et on en déduit la vitesse moyenne Y qu’il ne faut pas dépasser. Ces valeurs maxima de l", à partir desquelles les parois du canal commencent à se dégrader, sont les suivantes :

met.

Terres détrempées brunes . 0,076

Argiles tendres . 0,152

Sables . 0,305

Graviers . 0,609

Cailloux . 0,614

met.

Pierres cassées, silex . 1,220

Cailloux agglomérés ou poudings,

schistes tendres . 1,520

Roches en couches . 1,830

Roches dures . 3,050

La pente par mètre I qu’il convient de donner aux canaux sc trouve comprise entre certaines limites; elle dépend de la nature de» terrains et doit être suffisamment réduite afin de ne pas exagérer la vitesse de l’eau. Si on adopte une forte pente, on diminue la section du canal ainsi que les pertes par évaporation et infiltration, mais on diminue aussi la surface de terrain irrigable puisqu’on abaisse le plan d’eau.

Les pentes des grands canaux d’irrigation peuvent varier de 0m,I0 à 0“,30 par kilomètre. Klles se trouvent généralement comprises entre 0“,20 à 0“, 30 par kilomètre; celles des rigoles secondaires peuvent s’élever de 1 mètre à lm,20 par kilomètre. Cette dernière limite est rarement dépassée.

Voici les pentes adoptées sur plusieurs canaux d'exécution récente et dont les plans étaient exposés dans le pavillon du Ministère des travaux publics :

LES CANAUX D’IRRIGATION

1° Canal d’amenée de la Gravona pour l’alimentation de la ville d’Ajaccio et

l’irrigation de son territoire. Pentes par mètre.

Parties en terre . 0,0005

Ouvrages d’art . 0,001 6

Souterrains . 0,0010

Levée de Ponte-Bonello (pente exceptionnelle

pour raison d’économie) . 0.0032

Pont de Ponte-Bonello . 0,0030

2“ Canal d’irrigation de la Bourne (Drôme).

En section courante . 0,00023

— (exceptionnellement) . . 0,00020

En tunnels et déblais de rochers . 0,00050

Ouvrages d’art . 0,00100

3° Canal du Verdon (branche mère) pour l’irrigation de la commune d’Aix et des communes environnantes.

„ . . .. . . - , (de 0,0001

Pente des parties a ciel ouvert . j ^ p q003

Souterrains (section réduite) . 0,001 1

Les considérations qui précèdent et les études faites sur le terrain permettent d’établir le profil en long du canal. Connaissant d’ailleurs le volume d'eau que ce canal doit débiter, on peut arrêter après quelques tâtonnements la forme et les dimensions à donner à son profil en travers.

La forme de la section est généralement trapézoïdale. Quand on se trouve dans le rocher, on peut adopter une forme à peu près rectangulaire.

Dans le premier cas, la pente à donner aux parois dépend évidemment de la nature plus ou moins consistante du terrain, et on s’arrange toujours de manière à avoir sur la berge une crête d’au moins 30 à iO centimètres audessus de l'eau. Quand ou se trouve dans des terrains très-perméables, il faut avoir recours il des cuvettes étanches en béton ou en maçonnerie.

Pour les parties en remblai, on est conduit également à adopter des cuvettes en maçonnerie ou à étancher le canal après que les tassements se sont produits. C’est ce qui est arrivé pour le canal de la Gravona qui comprend une longueur de 5,330 mètres en remblai ou creusée dans un sol granitique trèsperméable. Après le tassement des terres, on dut revêtir le canal d’une couche de béton hydraulique à laquelle on donna une épaisseur au plafond de 0m,13 et sur les parois de 0m,13 à 0m,10. Le béton fut ensuite recouvert d'un enduit de 0m,015 en mortier hydraulique.

Si le canal a peu d’importance, on arrive plus économiquement à empêcher les infiltrations en garnissant les parois intérieures d’une couche de terre grasse pilonnée. Pour des infiltrations peu considérables , on se contente souvent de délayer dans l’eau du canal des terres argileuses et du sable. Ces matières finissent par se déposer dans le lit et par combler les fissures du sol.

Nous avons réuni, fig. ü à 53 (page 328), différents types de profils en [travers parmi lesquels figurent quelques-uns de ceux adoptés par M. Perrier, inspecteur général des ponts et chaussées, dans la construction du canal de Carpentras. Ce sont d’excellents modèles pour l’exécution des canaux d’irrigation importants.

Ouvrages d'art des grands canaux d’irrigation (PI. XII.) — Les grands canaux d’irrigation donnent lieu à des travaux d’art importants et qui présentent la plus grande analogie avec ceux des canaux de navigation.

Ainsi, pour la traversée des vallées, on aura recours soit à des aqueducs sur arcades, soit à des siphons formés d’un certain nombre de tuyaux posés les uns

Principaux types de profils en travers du canal de Carpentra1

Kig. 4 I. — Profil du canal en terrain ordinaire.

Kig. 13. — Profil avec banquettes en pierre sèche pour arrêter le glissement des terres.

Kig. 19. — Profil en remblai avec revêtement en maçonnerie.

Kig. 30. — Profil avec banquette en gravier pou arrêter ’e glissement des terres.

Fig. 46. — Profil dans le rocher.

Kg. 47. — Profil dans le safre argileux.

Kig. 31. — Profil en déblai dans le terrain imperméable.

Profil dans la traversée des villages |

Fig- 48. — Profil dans des déblais de menu gravier.

Kig. 53 et 54. — Types de' tunnels.

Kig. 55. Type d'arcature.

LES CANAUX D'IRRIGATION

à côlé des autres sur le sol ou enterrés à une profondeur. Les grands

progrès faits depuis quelques années dans la fabrication des tuyaux en tôle de fer de grand diamètre permettent d’exécuter ces travaux assez économiquement.

II faut aussi signaler l’emploi des tuyaux en béton de ciment, cette fabrication est appelée à rendre de très-grands services dans les travaux d’irrigation. 1,’emploides siphons, souvent plus économique que celui des aqueducs sur arcatures pour le franchissement des vallées, est indispensable dans le cas où le canal projeté doit couper un cours d’eau ou une roule située ;ï peu près à la même hauteur que lui.

Le passage s’effectue ;ï l’aide d’un aqueduc-siphon en maçonnerie, ou en fonte et maçonnerie, ou enfin en tôle; nous avons réuni quelques exemples de ces travaux dans la planche XII, nous y renvoyons le lecteur.

Nous passerons rapidement eu revue les ouvrages d’art principaux exécutés récemment pour les canaux d'irrigation dont les plans, coupes et élévations étaient exposés dans le pavillon du Ministère des travaux publics en 1878.

1° Ponts-aqueducs. — Dans le canal d’irrigation du Forez, on remarque de nombreux ouvrages d’art, notamment un pont-canal sur la rivière de Bonson , un aqueduc pour le franchissement de la Mare; cet aqueduc a trois arches de 8 mètres d’ouverture en plein cintre. Au canal de la Gravona (Corse) établi pour amener les eaux de cette rivière dans la ville d’Ajaccio pour son alimentation en eau potable et pour l'irrigation de son territoire, on a dû établir 7 aqueducs pour franchir autant de ravins. Ces ouvrages comprenant ensemble 120 arches de 4 mètres à 8 mètres d’ouverture ont coûté 244,150 francs.

Le canal de la Bourne , exécuté par une société locale dans le but d’irriguer la vaste plaine qui s’étend au sud de l’Isère entre le Rhône et les derniers contre-forts des Alpes, est fécond en ouvrages d’art. Depuis sa prise d’eau jusqu’à son arrivée dans la plaine à irriguer, ce canal suit une vallée extrêmement resserrée et doit franchir de nombreux ravins.

Il passe sur le ravin de Tarze à l’aide d’un pont de 65 mètres de longueur, traverse la vallée de l’Isère sur un pont-canal de 235 mètres de longueur, établi à 35 mètres au-dessus du niveau d’étiage de la vallée. Ce pont désigné sous le nom de pont de Saint-Nazaire est construit dans une partie où la vallée est très-resserrée et oit le lit de la Bourne a un étranglement brusque connu sous la dénomination de Goulet de Saint-Nazaire.

Il se compose de 4 petites arches de 10 mètres, d'une arche de 15 mètres (dont l’extrados est à 35 mètres au-dessus de l’étiage de la Bourne), de 8 arches de 12 mètres, d’une arche de 15 mètres au-dessous de laquelle passe la route départementale de Saint-Nazaire, enfin de 2 arches de 10 mètres. Les voûtes sont en plein cintre, elles ont leurs clefs à la même hauteur, et reposent sur des piles d'une épaisseur de lm,00 à 3 mètres aux naissances, et d’un fruit de 1/20''. Les piles sont fondées sur le rocher dérasé; elles sont exécutées en maçonnerie de moellons calcaires de petit échantillon de Cruas (Ardèche) et en mortier de chaux hydraulique avec rejointoiement en ciment de Grenoble.

Les angles des piles et les têtes des voûtes sont en moellons tétués de même nature, et ils sont disposés de telle sorte que deux assises de parement correspondent à une assise d angle. La pierre de taille est entièrement exclue.

Le canal franchit la Seine sur un pont de 00 mètres de longueur et de 27 mètres de hauteur.

Sur le canal du Verdon qui a pour objet l’irrigation fie la commune d’Aix et des communes environnantes, on remarque les ponts-aqueducs suivants :

Pont-aqueduc de Beaurivet. — Il présente une longueur de 88™ ,67 et une hauteur de 14 mètres entre le couronnement des murs bajoyers et le fond de la vallée. Il est formé de 10 arches en plein cintre de 6 mètres d’ouverture. La

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largeur de la cuvette sur le pont-aqueduc est de 2m,61 et la largeur de l’ouvrage entre les têtes est de im,21.

Pont-aqueduc de Malourie. — Ce pont a une longueur de 31m,90, une hauteur de 16 mètres au-dessus du fond du ravin qu'il traverse. Il se compose de 3 arches en plein cintre de 8 mètres d’ouverture. La largeur de la cuvette est de 2m,60; la largeur de l’ouvrage entre les têtes, de 4m, 1 6.

Pont-aqueduc de Parouvier. — Longueur totale : 121 m, 30; hauteur du couronnement des murs bajoyers au-dessus du fond de la vallée : 20m,75. Il comprend 12 arches en plein cintre de 8 mètres d’ouverture.

Largeur de l'ouvrage entre les têtes . 4n\0t

Largeur de la cuvette . 2m,50

Pont-aqueduc de Calèche. — Ce pont établi sur la branche secondaire du canal du Verdon (voir page 324) comprend 146 arches en plein cintre de 6 mètres d'ouverture, et une bâche en tôle de 20 mètres de portée pour la traversée de la route nationale n° 96. L’ouvrage est divisé en 12 sections, de 14 arches pour la partie du pont-aqueduc située en amont de la route nationale, et de 13 arrhes pour la partie située en aval, par des piles-culées munies de contre-forts.

Les culées ont une grande longueur et sont évidées. La culée d’amont présente 3 arceaux d’évidement, celle d’aval 8. Le tracé en plan est dirigé suivant la ligne de crête du fait»» à franchir, on diminue ainsi la hauteur des plus hautes piles et on traverse la route nationale sous un angle de 50 degrés.

Dans la construction de ce pont, on a employé exclusivement la maçonnerie ordinaire; les parements îles piles et des voûtes sont en moellons disposés par assises; ceux des tympans sont à joints incertains.

Voici les principales dimensions de l’ouvrage et la dépense d’exécution ;

Longueur développée du pont-aqueduc . 1,115"', 63

Hauteur maxima — .

Dépense totale (y compris l'établissement de la bâche métallique) . 158,500 fr.

Prix du mètre courant . 142 fr.

Canal d'irrigation du Rhône. — Dans le canal d'irrigation du Rhône (projeté), il existera de nombreux aqueducs; les plans exposés dans l’annexe du Dénie civil (classe* 66) montraient les types qui seront adoptés.

2° Siphons. — Passons en revue les principaux siphons construits pour h*' ditïérents canaux d’irrigation dont les plans étaient exposés par le Ministère des travaux publics.

Canal d amenée de la Gravona (Corse).

Siphon (les Padule. — Ce siphon est construit en tuyaux de fonte de 0ra,80 de diamètre, avec joints en plomb dans des emboîtements :

Longueur horizontale du siphon . 451m,5U

Charge maxima . :)!)m,28

Charge par mètre courant . 0UI.0087

La décharge se fait par un robinet-vanne (système Herdevin) de 0m.8(l de diamètre, ayant coûté 2,650 francs. Dépense totale du siphon. 46,443f,50. Dépense par mètre courant (non compris la vanne de décharge) . 97f.

Canal du Verdon (irrigation de la commune d'Aix).

Siphon de Trempasse. — Il franchit une vallée de 132 mètres de largeur au niveau du plafond du canal, et de 27 mètres de profondeur au-dessous de ce niveau. Le siphon est constitué par une galerie souterraine creusée dans le rocher à 12 mètres sous le thalweg.

Le rocher est revêtu d’une chemise en maçonnerie de O™, 30 û Om,40 d’épais-

I,ICS CANAUX D'IRRIGATION.

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seur qui assure l'étanchéité. Sa plus faible épaisseur au-dessus du souterrain est de 7 mètres.

La galerie a une section circulaire de 2m,30 de diamètre. A ses deux extrémités se trouvent deux puits verticaux en maçonnerie. Pour la construire, on avait percé dans le fond de la vallée un puits vertical de 14 mètres de profondeur qu’on avait relié au siphon par une galerie perpendiculaire.

On a placé dans cette dernière galerie un barrage en pierre de taille traversé par un tuyau en fonte aboutissant à une pompe disposée au fond du puits et manœuvrée au moyen d’un treuil, dette disposition a pour but de permettre la vidange du siphon.

Les dépenses d’exécution s’élèvent à 60,000 francs (soit 4 54 fr. par mètre courant) et se décomposent de la manière suivante :

Percement de la galerie et des puits . 29,(100 francs.

Maçonnerie de revêtement, têtes du siphon et barrage. 26,000 —

Travaux accessoires et appareils de vidange . 5,000 —

Total . 60,000 —

Siphon de la Lauviére. — Cet ouvrage traverse une vallée formée sur les flancs de poudingue très-compacte alternant avec des grès durs et, dans le fond, d’une épaisse couche d’argile. Étant donnée la nature du sol, on a dû adopter un système mixte. Dans le rocher dur, on a pratiqué des galeries souterraines analogues à celle qui constitue le siphon précédent. On a formé la partie centrale de l’ouvrage avec un tuyau en tôle reposant sur des dés en pierre. Voici les dimensions principales de ce siphon :

Longueur du siphon (d’axe en axe des puits auxquels aboutis¬

sent les galeries souterraines) . 272,70

Flèche maxima de l’ouvrage . 23,50

Diamètre des galeries maçonnées . 2,30

Pente — . 0mÜ6 à 0,19

Longueur de la galerie amont . 105,30

— — aval . 47,50

Longueur développée du tuyau en tôle . 120 »

Diamètre du tuyau . 2,30

Épaisseur — 0,01

Le tuyau en tôle est formé de feuilles réunies dans le sens de la longueur et dans celui de la largeur par des rivures à clain à un seul rang de rivets. Il repose suide la pierre de taille à l’aide de 23 supports en fonte, qui peuvent se mouvoir sur des rouleaux creux de même métal. A chacune des extrémités du tuyau se trouve un appareil de dilatation en tôle emboutie, muni d’un demi-tore relié avec le tuyau par des faces planes, susceptible d'un mouvement de soufflet.

Le grand diamètre du tore est de 3m,86; le diamètre du cercle générateur est de 0m,54. La vidange du tuyau se fait à l'aide d'un robinet-vanne de 0m,50 de diamètre. Il se raccorde avec les galeries souterraines au moyen d’anneaux en fonte encastrés dans la maçonnerie.

Les dépenses d’exécution de cet ouvrage important se sont élevées à 180,000 francs (660 francs par mètre courant). Elles se décomposent ainsi : Percement des puits et galeries, 27,150 fr., maçonnerie de revêtement et des tètes, 65,500 fr. Partie métallique, 87,350 fr.

Siphon de Saint-Paul. — Le siphon de Saint- Paul sert à franchir une vallée de 293 mèt. de long, et de 36m,15 de profondeur au-dessous du plafond du canal.

Il se compose de deux tuyaux en tôle de 1 m ,75 de diamètre, formés de feuilles de tôle de 8 m/m d’épaisseur minima assemblées à clain dans le sens longitudinal et à l'aide de couvre-joints dans le sens transversal. Les assemblages longi-

HYDRAULIQUE

tudinaux sont à double rivure; les assemblages transversaux à simple rivurc. Les deux tuyaux sont placés parallèlement à 4 mètres d'axe en «axe et perpendiculairement à la vallée. Chacun d’eux est composé d une partie horizontale de 98m,06 de longueur comprise entre deux parties inclinées de 76“,i9 et de de longueur et dont les pentes sont à l’aval de 0m,39 par mètre et à l'amont de 0m,4l par mètre.

Au point de rencontre des parties horizontales et des parties inclinées se trouve un support fixe constitué par une chaise en fonte établie sur un massif en pierre de taille. Les autres supports reposent sur des dés en pierre de taille par l'entremise de rouleaux en fonte. La longueur des travées est à l'amont de I0m,80, à l’aval de 10m,40. Pour la partie centrale : de 12m,30 au voisinage des angles et de 10m,4o dans les parties intermédiaires. Les parties droites du siphon sont munies d'appareils de dilatation en forme de soufflet, analogue à ceux du siphon précédent. La vidange se fait au point le plus bas à l'aide de robinets-vannes de 0m,30 de diamètre. A chacune des extrémités des tuyaux sont des puisards rectangulaires indépendants; leur profondeur à l’amont èst de (im,72, à l’aval de 0m,01.

On peut mettre à sec chaque moitié du siphon en manœuvrant des coulisseaux pratiqués dans les murs hajoyers en tête des puisards. On peut ainsi réparer l une des branches sans empêcher l'autre de fonctionner.

Le siphon passe au-dessus de deux cheminsà l'aide de ponts en maçonnerie. Les tuyaux inclinés, qui tendraient à descendre sous l'action de la pesanteur, sont fixés contre les culées et les piles par des oreilles établies au basdes tuyaux.

Les dépenses de construction qui s’élèvent à 937 francs par mètre courant se répartissent de la manière suivante :

Terrassement et maçonnerie . 63.2U6L88

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