Partie métallique
Dépenses diverses . 2,833.10
Totai . 247,754,23
Souterrains. — Parmi les souterrains, on remarquait dans l’exposition du Ministère des travaux publics :
1° Le souterrain de Stileto sur le canal d'amenée de la Gravona (Corse).
Ce souterrain, ouvert dans une roche dure, mais décomposable à l’air, a dû être revêtu en maçonnerie. 11 a une longueur de 360 mètres; il est précédé et suivi de tranchées sur une longueur totale de 410 mètres.
La section moyenne du déblai en souterrain a été de 3mt,89. L’extraction se faisait par les deux têtes et par trois puits de 17 à 20 mètres de hauteur.
La dépense totale de 177,607 fr. 49 r. se décompose ainsi :
Prix
fr. c. par met. courant.
Tranchées aux abords . 44,461,40 »
Terrassements du souterrain . 68,359*09 122f,06
Maçonneries — . 64,787,00 113f,69
Total . 177,607,49
2° Plusieurs souterrains sur le canal de la Bourne (Drôme).
Le travail de percement de la plupart de ces ouvrages a été facile, le canal traversant fréquemment les hancs de l’étage de la molasse. Quand cette dernière est pure et de stratification horizontale, la solidité est satisfaisante; mais quand on rencontre des hancs inclinés séparés par de minces couches d’argile, il se produit rapidement des effets de désagrégation au contact de l’air.
La plus grande part ie des tunnels ouverts dans une marne argileuse très-dure oui été revêtus de maçonnerie. Un seul des tunnels, celuiqui se présente immédia-
LES CANAUX D’IRRIGATION
tement en aval do Saint- Nazaire, a été percé dans le calcaire compacte.
3° Sur le canal du Verdon, on rencontre les souterrains des Maurras, de (lin asservis , de Pierrefiche, de Rians el de Saint-Hippolyte. Le premier de ces ouvrages a une longueur de 4,13 (> mètres; il a fallu, pour P exécuter, creuser sept puits dont quatre ont plus de 100 mètres et un plus de •200 mètres de profondeur.
I.e second a une longueur de ü,080 mètres; on a dû creuser 1 2 puits présentant ensemble une longueur totale de 717 mètres. Le troisième a un développement de 3,029 mètres.
Enfin les deux derniers onL respectivement 891 mètres et 930 mètres de longueur.
Rigoles de distribution. — Des ouvrages du même genre que ceux que nous venons de décrire pour les grands canaux d’irrigation se trouvent sur les rigoles qui amènent l’eau de ces canaux dans les propriétés ii irriguer.
Ainsi, au point d’embranchement de deux rigoles, il faut établir des prises d’eau et des vannes de décharge.
Les figures 36 et 37 représentent la disposition adoptée pour les vannes de décharge sur le canal de Marseille.
Les figures 38 et 39 sont relatives à une prise d’eau à deux vannes du canal de Peyrolles (Bouches-du- Rhûne).
Fig. 58 el 59. — Prise d'eau à deu.t vannes du canal de Peyrolles (Bouches-du-Rhône).
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Il est inutile d’insister sur la construction de ces deux types d'ouvrages.
Quand les canaux de distribution traversent des terrains dont la pente est supérieure A celle qu’il est convenable de donner, on est obligé de partager la longueur de la rigole en un certain nombre de biefs ayant une pente convenable et qui se trouvent séparés par des différences brusques de niveau. En ces points, il faut nécessairement établir un ouvrage spécial.
Le cas que nous venons de signaler se présente dans les grands canaux d Italie qui servent à la fois à la navigation et à l'irrigation. Les différents biefs se trouvent séparés par des écluses avec pertuis accolés et. barrages ou déversoirs. On peut ainsi passer l'eau nécessaire aux arrosages quand le service seul île l'écluse ne permet pas d'atteindre ce but.
Mais quand il s'agit de rigoles de distribution, on sépare les biefs par des chutes formées d’une ou de plusieurs vannes placées dans un ouvrage en maçonnerie garni à sa partie d'aval par un radier qui s’oppose aux affouillements.
Grands travaux d'irrigation entrepris en France.
On voit d’après ce qui précède que depuis quelques années, on a entrepris en France de grands travaux d’irrigation : ainsi, on trouve de nombreux exemples d’irrigations locales dans les "Vosges , les Ardennes, la Loire, le Puy-de-Dôme , le Doubs, le département de Saône-et-Loire, etc. Mais IA où les irrigations sont le plus- nécessaires, c’est dans le midi de la France, où I on peut utiliser les coursd’eau descendant îles Pyrénées et des Alpes, au lieu de les laisser s’épandre A l’état sauvage et improductif.
Nous nous proposons de passer rapidement en revue les principaux travaux d’irrigation entrepris dans les deux régions citées ci-dessus et de décrire rapidement, les ouvrages de cette nature exposés par le Ministère des travaux publics.
lu Canaux d’irrigation dépendant des Pyrénées. — Les canaux d’irrigation dépendant des Pyrénées ont été établis pour la plupart dans le moyen âge sous la domination des Visigotbs et des Arabes. Quelques-uns peut-être ont été construits par les Romains. Dans le departement des Pyrénées-Orientales, une quantité de petits canaux sont dérivés des rivières dp Tech, de la Tet et de l’Agly. Dans les Hautes et Basses-Pyrénées, on remarque des canaux de dérivation assez importants.
Ainsi, dans les Hautes-Pyrénées, le canal d’Alaric est une dérivation de l’Adour A V kilomètres en aval de Bagnères-de-Bigorre ; sa portée est de 3 mètres cubes cil temps ordinaire. Le canal de la Gcpse situé entre Bagnères et Tarbes prend naissance sur la rive gauebe de l’Adour. Les deux canaux de Tarbes font mouvoir des usines et irriguent un espace de terrain assez important.
Nous avons déjà décrit avec détail (page 313) les travaux exécutés pour transformer le lac d’Orédon en un vaste réservoir capable d’alimenter le canal de la N’este.
Les premières études de ce projet furent laites par feu M. l’ingénieur en chef Montet dès ISit). Les projets définitifs et les travaux furent exécutés successi- ' ement par MM. Michelier, ingénieur en chef, d’I’ssel et Lix, ingénieurs, et enlin par M. Al vin, qui succéda A M. Lix en 187(3.
Le département de la Haute-Garonne compiend un certain nombre de petites dérivations pour l’arrosage des prairies; du côté des montagnes, l’irrigation y est généralement pratiquée. Ainsi, dans la plaine de Saint-Gaudcns jusqu'A Saint-Martory, on rencontre un assez grand nombre de petits canaux parmi lesquels ceux de Saint-Arromans, de M. Martin Lacoste, des usines de Vàlen-
LES CANAUX D'IRRIGATION
tine, des Princes do Borgues etc.; mais en général ils ont pou de portée et no peuvent arroser qu’un petit nombre d’hectares de prairies.
Il était cependant facile d’arroser la plaine entre Valentine et Labroquère à l aide d'un canal dérivé de la Garonne.
C’est ce que M. Marc de Montréjeau eut l’idée de faire : une ordonnance de 1843 l’autorisa à ouvrir à ses frais un canal de 2 mètres cubes à 2m°,50 de. portée en dehors des temps de bas étiage où il devait être réduit à 1 mètre cube. Le canal devait avoir 22 kilomètres de longueur et ses deux embranchements 18 kilomètres. Bien que l’entreprise eût été parfaitement accueillie dans le pays, l’affaire mal dirigée ne put aboutir et après un commencement d'exécution les travaux furent abandonnés.
Aujourd’hui l'irrigation do la vallée (h; la Garonne en amont de Toulouse est un fait accompli grâce â la construction du canal do Saint-Martory dont les plans, dessins et détails d’exécution étaient exposés par le Ministère des travaux publics.
Canal d' irrigation de Saint-Martory. — La prise d’eau do ce canal est à Saint-Martorv au pied des Pyrénées. La surface irrigable, sur la rive gauche de la Garonne, est do 42,000 hectares, sur lesquels 10,000 sont presque entièrement cultivés en vignes. La superficie de terrain effectivement arrosée se réduit à 14,000 hectares, ce qui, en admettant un volume continu de 0 litr. 75 par seconde et par hectare, conduit à une prise d’eau de 10 mètres cubes par seconde. La prise d'eau et la section du canal ont été disposées cependant de manière à pouvoir dériver 15 mètres cubes d’eau par seconde, en faisant le remplissage à 0m,30 en contre-bas du couronnement des digues.
Le canal principal se termine à Toulouse. 11 a une longueur de 70 kilomètres et les dépenses ont été estimées à 3 millions. Il est aujourd’hui complètement achevé, et creusé dans un sol calcaire; le sous-sol est mélangé de gravier el par suite très-perméable. Il a été exécuté , ainsi que le réseau de distribution, par une Compagnie concessionnaire avec une subvention de 3 millions et la jouissance de cinquante années.
Du tarif d’arrosage, le maximum est de .'i0 francs par hectare, l’eau livrée à l’entrée des propriétés. Le réseau de distribution secondaire aune étendue de 450,000 mètres.
On avait recueilli avant la concession du canal des souscriptions conditionnelles s'élevant à 3,470 hectares, soit le. 1/4 de la surface irrigable. Les travaux exécutés jusqu’à ce jour permettent l'irrigation de 1 ,200 hectares.
Voici les résultats obtenus : Les terres labourables de la vallée de la Garonne employées uniquement à la culture du blé et du maïs valaient 2,000 à 2,300 fr. l’hectare et rapportaient net 50 à 60 francs. Aujourd’hui on a créé des prairies qui donnent un revenu net de 300 francs au moins par hectare, le capital employé par hectare pour nivellement du sol et tracé des rigoles est de 350 francs, les frais de fumure et d’ensemencement en prairies sont de 150 francs, soit donc au total un capital de première mise de 500 francs par hectare qui rapporte par an 250 francs environ, soit le 50 0/0.
Canal de l'Estelle. — Dans la même région nous trouvons le canal de l'Estelle canton de Saint-Martory) construit par une association de propriétaires, pour irriguer une surface de. 90 hectares. Il a 3,760 mètres de longueur.
Il dérive les eaux de la Garonne par une saignée. On ne remarque là aucun ouvrage d’art important. Les rigoles de distribution ont une longueur totale de 13,020 mètres. L’opération a coûté 43,000 francs, soit 500 francs par hectare, Ghaque propriétaire se charge de préparer le sol pour recevoir l'arrosage, les travaux nécessaires coûtent environ 500 francs par hectare, de sorte que le total des dépenses par hectare est de 1,000 francs.
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Los frais d’exploitation du canal se montent à 900 francs par an.
Quant aux résultats de l’opération, ils se résument ainsi qu'il suit :
Valeur ancienne de l’hectare, 2,500 francs; rapport annuel, 80 francs. Valeur actuelle après la mise en prairie, 7,500 francs; rapport annuel, 350 francs.
I.es eaux de la Garonne sont éminemment propres aux irrigations; leur caractère, ainsi que celui des sources en amont de Toulouse, est de contenir beaucoup de silice, dos sulfates, peu de chlorures et une quantité relativement considérable de sels alcalins. Cela s’explique par la nature des roches pyrénéennes et surtout par celle du sol qui renferme beaucoup de feldspath en décomposition.
2° — Canaux d’irrigation dépendant des Alpes.
Les rivières qui descendent des Alpes et fournissent une portion de leurs eaux à une irrigation assez étendue sont principalement : le Rhône, l’Isère, le Drac, et la Durance, qui alimente à elle seule un grand nombre de canaux d'irrigation. La Sorgue, ou fontaine de Vaucluse, arrose aussi une partie des mêmes plaines. Nous nous arrêterons avec quelques détails sur les irrigations du bassin du Rhône en raison de l'importance des travaux qui restent encore à faire dans cette région.
Irrigations du bassin du Rhône. — Le bassin du Rhône comprenant la
totalité ou une partie des départements de la Haute-Saône, du Doubs, de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire, du Jura, de l’Ain, du Rhône, de l’Isère, de l’Ardèche, de la Drôme, des Hautes-Alpes, des Basses-Alpes, de la Savoie, de la Haute-Savoie, de Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-Rhône, a une superficie de 9,521,400 hectares.
La statistique de 1800 et l’enquête agricole de 1800 fournissent des chiffres permettant de se rendre compte des surfaces cultivées en prés, arrosés ou non, et dévaluer les plus-values annuelles créées par l’irrigation dans quinze des départements cités ci-dessus. (Les deux départements exceptés sont la Savoie et la Haute-Savoie.)
Dans les six départements de la Haute-Saône, de Saône-et-Loire, de l'Ain, de la Côte-d’Or, du Jura et du Doubs, dont la superficie est de 3,807,334 hectares, le domaine agricole s’élève à 1,952,1 49 hectares et comprend 127,01 4 hectares de prairies arrosées et 344,324 hectares de prairies non irriguées; soit au total 471,338 hectares de prés représentant les 2 4 O/0 du domaine agricole.
Il resterait donc, dans ce groupe de six départements, à créer 241,321 hectares de prés irrigués et à arroser les 344,324 hectares de prés non irrigués pour arriver à la proportion de 30 0/0 du domaine agricole en prairies arrosées, chiffre admis généralement dans une agriculture perfectionnée.
On créerait ainsi une plus-value très-considérable.
Le deuxième groupe formé par les neuf départements restants représente une surface de 4,815,985 hectares et un domaine agricole de 2,120,897 hectares dont les 30 0/0 représentent une surface de 636,265 hectares. Or, dans ces neuf départements, il n’existe que 102,654 hectares de prairies arrosées et 1 79,624 hectares non arrosés ; soit au total 282,228 hectares, c’est-à-dire les 1 3 0 0 de la superficie du domaine agricole.
Il faudrait donc créer une surface nouvelle de prés arrosés de 453,987 hectares et irriguer les 179,624 hectares qui ne le sont pas encore; soit au total 533,611 hectares. Il en résulterait une plus-value annuelle de 59,396,588 francs.
Pour l'ensemble du bassin du Rhône, il faudrait donc, en admettant le coefficient de 30 0/0 de la surface du domaine agricole pour les parties arrosées,
LES CANAUX D'IRllKiATIOX
pourvoir à l’irrigation des 323,92(3 hectares de prairies qui ne le sont pas encore et d'une surface complémentaire de 408,33(3 hectares.
Les éléments fondamentaux de l’irrigation ne manquent cependant point dans le bassin du Rhône sillonné en tous sens par des cours d’eau et présentant de vastes plaines disposées merveilleusement pour de grandes irrigations.
Dans une étude sur les irrigations du Midi, M. A. Dumont admet que dans le bassin du Rhône l’irrigation d’un hectare de pré exige pendant la saison des arrosages, soit pendant six mois, 20 irrigations de 3 centimètres de hauteur moyenne chacune, c’est-à-dire 10,000 mètres cubes d’eau par hectare et par an correspondant à un débit continu pendant six mois de 0 lit. 70 par seconde et par hectare.
Dans les quinze départements dont nous avons parlé ci-dessus, il faudrait, pour créer les 992,202 hectares de prairies nouvelles, 9,922 millions de mètres cubes représentant un débit de 091 mètres cubes par seconde pendant six mois. En utilisant les sources et en aménageant convenablement les cours d’eau du bassin, on pourrait sans doute se procurer ce volume. Il est un fait remarquable à noter, c’est que la plupart des cours d’eau du bassin du Rhône étant alimentés par les neiges et les glaciers des Alpes, l’étiage ne correspond pas avec la saison des arrosages; on se trouve donc dans de bonnes conditions.
Le débit de 347 mètres cubes par seconde représente à peine le I/o du débit du Rhône en eau moyenne à Beaucaire. En ce point, pendant la crue de 1830, le fleuve a débité 13,900 mètres cubes par seconde.
Mais pour arriver aux résultats indiqués plus haut, il faut admettre un laps de temps considérable; et si nous avons évalué l’étendue de la carrière à parcourir, c’est qu'il était utile de montrer que la pratique des irrigations bien entendues doit ouvrir dans le bassin du Rhône un champ immense à l’avenir de l'agriculture.
G. Dumont.
La carte intitulée carte d'irrigation du Midi est relative surtout au canal du Rhône.
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