‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 145 sur 174 · TOME I. — KOCV. TECH · texte numérisé non relu

TOME I. — KOCV. TECH

LES GRANDS TRAVAUX PUBLICS

Maçonnerie .

Matériaux.

Moellons ordinaires avec mortier de ciment à 400k pour le puits, et mortier avec un tiers de chaux [ hydraulique pour les remplissages Façon, toutes sujétions et pertes de temps comprises

Machines élévatoires des déblais .

Main-d’œuvre des déblais (il faut extraire environ trois fois le cube

de la pile, à cause des rentrées et des siphonnements) .

Transport des déblais à 1 kilomètre .

Épuisements .

Bois pour les plate-formes, les pieux et les étais, etc .

Service général .

Total du pris du mètre cube . 54,00

Ce prix total est notablement inférieur à celui de la plupart des fondations tubulaires. On a déjà construit directement en régie environ 30,000nic ce qui représente à peu près les trois quarts des prévisions.

L’avant-projet a été étudié par M. Lefehme, ingénieur ordinaire, sous la direction de M. Ciiatoney, alors ingénieur en chef,

Les projets définitif ont été dressés et les travaux dirigés par M. PocARD-IvEnvillek, ingénieur ordinaire, M. de Caucahadec remplissant les fonctions d'ingénieur en chef.

M. David a participé à cet ouvrage comme conducteur principal.

Les entrepreneurs étaient : M. Hono, pour les maçonneries ; MM. Buette et Béchu, ingénieurs civils, pour les appareils d'exécution ; MM. Hermann-Lacuacelle, pour la construction des machines.

Portes métalliques de l'écluse dc2'6 métrés. — Elle sert aux communications entre les deux bassins à Ilot. La paire de portes à deux vantaux busqués de l'écluse de 2o mètres qui doit établir la communication entre les deux bassins à tlot a été projetée en 1869 et construite de 1873 à 1874 par la Compagnie des forges et chantiers de l’Océan.

Un modèle métallique d'un vantail complet, réduit au dixième de la grandeur d’exécution, était exposé avec l’amorce de l’enclave et du buse, exécuté en bois.

La coupe horizontale affecte la forme de plan-convexe que possèdent déjà les portes en fer et bois de la grande écluse d’entrée du bassin à flot de Saint-Nazaire, forme se rapprochant, autant que la pratique le permet, de la section d’égale résistance qui convient à une poutre également chargée sur toute sa longueur et appuyée à ses deux extrémités. D’autre part, le renflement au milieu empêche la porte de fléchir sous la compression longitudinale que produit la butée des deux vantaux. La courbure de la face convexe a même centre que le cercle circonscrit au buse.

D'après cela, les dimensions générales du vantail sont les suivantes :

Face ( Hauteur . . . . . 10”, 203

plane d’élévation. j Largeur . . . 13 ,697

p, ( Epaisseur aux extrémités du vantail . 0 ,600

, 1 , ] Flèche totale au milieu du vantail . 1 ,623

P ' ( Rayon du cercle de la face courbe . 24 ,050

Le mode de construction a été combiné d'après les recherches expérimentales de l'eu M. l'inspecteur général Chevallier et les calculs de M. Lavoinne ; on a adopté les entretoiscs également espacées, à condition de tenir compte de la résistance propre des pièces verticales, poteaux montants et bordé.

TRAVAUX MARITIMES

Conformément aux principes posés par ces deux ingénieurs, on a d'abord cherché à réduire le plus possible le nombre des entretoises, tout en restant dans des conditions pratiques, c’est-à-dire en n’employant pour la composition de ces entretoises que des tôles et des cornières de fabrication courante. On s’est arrêté à un chiffre de douze entretoises distantes d’axe en axe de 0m,897.

Des considérations analogues ont fait adopter cinq poteaux montants : un au milieu suivant l'axe transversal du vantail, deux autres à chaque quart de la longueur en plan ; les deux derniers sont à une faible distance (0m ,60) des faces butante et buscante. Ces deux derniers peuvent être considérés comme des dépendances des systèmes tubulaires qui constituent les poteaux busqués et tourillons : de sorte qu’en se plaçant à ce point de vue, les portes ne présentent outre les poteaux busqués et tourillons, que trois poteaux montants.

Les entretoises, comme les poteaux montants, comprennent : une âme de 0"’,0Io, dont le double T est formé d’une bande de 0m, 335X8*“, 015 ; un bordé

de 0m ,0 1 0, et de cornières de

Leur moment d’inertie est de

Les formules de M. Lavoinne ont été partout exactement appliquées pour les calculs de résistance des pièces et la justification de leurs dimensions. Le coefficient de raideur général du vantail a été fixé à 2,13, et l’on a trouvé que, ni dans les entretoises, ni dans les poteaux montants, le fer ne devait travailler à plus de 4 kilogrammes par millimètre carré.

Le bordé, de 0m,0I0, ne travaille qu’à 1/3 de kilogramme par millimètre carré : en adoptant cette épaisseur, on a tenu compte de l’usure par la rouille. On s’est interdit de galvaniser les tôles, dans la crainte que cette opération n’en modifiât la qualité. Le doublage en zinc n’a pas été non plus employé, les essais de ce procédé n’ayant pas paru en établir suffisamment l'avantage.

Pour la conservation des tôles, on n’a adopté que la peinture, et les compartiments intérieurs des vantaux sont disposés de manière qu’on puisse en gratter et repeindre les parois toutes les fois qu’il sera nécessaire.

Au point de vue de la stabilité, la quatrième entretoise forme pont étanche, en sorte que l’eau joue librement pour mettre la porte à l’abri de toute chance de soulèvement lors des marées. En mortes eaux, le poids de chaque vantail, y compris la tranche d’eau introduite dans le compartiment supérieur, est de 140 tonneaux ; l’effort de soulèvement est de 126 tonneaux. Reste, pour le poids du vantail immergé, 14 tonneaux ; aux plus basses mortes eaux, il est de 15 tonneaux; il ne descend jamais au-dessous de 10 tonneaux en vives eaux.

Pour rendre la fermeture plus exacte, on a appliqué contre le buse une bande de caoutchouc, et une expérience de trois ans a prouvé que l'écluse peut servir provisoirement de forme de radoub. Les manœuvres se font à l’aide de treuils à main.

La dépense totale des deux vantaux, avec leurs accessoires, a été de 300,000 francs.

Les projets ont été dressés par M. Cijatoney, alors ingénieur en chef, et par M. Revol, ingénieur ordinaire.

Les travaux ont été exécutés, sous la direction de M. Leferme, ingénieur en chef, par M. Revol, ingénieur ordinaire, avec le concours de M. Rutat, conducteur des Ponts et Chaussées.

La Compagnie des forges et chantiers de l’Océan était adjudicataire de la partie métallique.

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Bassin à flot du port de Bordeaux.

Forme de radoub et porte d’ écluse — La création du bassin à flot du port de Bordeaux a été décidée en 1867, en vue d'agrandir ce port, dont la capacité naturelle était devenue insuffisante pour desservir le mouvement maritime et commercial qui s’y développe.

Les premiers travaux projetés comprenaient, outre le bassin proprement dit, le chenal et les écluses qui doivent le mettre en communication avec la Garonne et un réservoir destiné à emmagasiner l’eau nécessaire pour le service de l'alimentation.

Cet ensemble d'ouvrages a été complété par une forme de radoub dont la construction a été résolue en 1873.

L’exécution des travaux, commencée en 1869, fut interrompue pendant la guerre de 1870-1871; elle a été reprise en 1872, et touche aujourd'hui à son achèvement.

Le bassin à flot sera livré au commerce dans le courant de 1878.

Description sommaire des ouvrages. — Le bassin à flot de Bordeaux est situé sur la rive gauche de la Garonne, dans le quartier de Bacalan, entre le magasin aux vivres de la marine et la manufacture de porcelaines, à 2,500 mètres de distance de la Bourse. Il s’étend, dans une direction à peu près perpendiculaire au fleuve, à 750 mètres du quai de Bacalan, et occupe, avec ses dépendances, une superficie de 52 hectares.

Altitudes. — Les cotes d’altitude qui vont suivre sont rapportées à l’étiage de la Garonne dans le port de Bordeaux ; le plan de comparaison répond au zéro de l’échelle placée à la deuxième pile de rive droite du pont de pierre. Les cotes sont affectées du signe -f- ou du signe — selon que les altitudes sont mesurées au-dessus ou au-dessous de 1 eliage.

1® Cotes des marées dans le port de Bordeaux.

Plus haute mer connue . + 6,45

Haute mer moyenne de vive eau . + 5,13

Haute mer moyenne de morte eau . + 3,92

Plus faible mer connue . + 3.19

Mer moyenne . + 2,79

Basse mer moyenne de vive eau . + 0,97

Basse mer moyenne de morte eau . + 0,89

Plus basse mer connue . — 0,11

2» Cotes des principaux ouvrages du bassin à flot.

Buse des écluses . )

Heurtoir de la forme de radoub . j

.1 aux abords des écluses .

Plafond du bassin j en amont .

Fond de la fouille des écluse8 .

de fondation des de ,a f de radoub .

radiers . (

Banc de sable sur i des écluses .

lequel reposent j des murs de quai du bassin .

les fondations. . ( de la forme de radoub .

Couronnement des bajovers des écluses, de la forme de radoub et des murs de quai du bassin .

Milieu des tabliers des ponts tournants .

TRAVAUX .MARITIMES

Bassin proprement dit. — Le bassin a 120 mètres de largeur normale et une longueur de 592 mètres, comptée sur l'axe. A son extrémité Ouest, il fait retour en forme de T sur 90 mètres à droite et 1 lu mètres à gauche, avec une largeur de 120 mètres.

Aux abords des écluses, du côté gauche, eît disposée, en reculement de 40 mètres, une darse de 140 mètres .de longueur, destinée à fournir un accostage aux grands paquebots et à faciliter les évolutions des navires.

Le bassin présente une surface d’eau de 10 hectares, entourée de murs de quai verticaux de 1,800 mètres de développement, où les navires trouveront un tirant d’eau de 7m,50 de profondeur normale. Ce tirant d’eau pourra être porté à 9 et 10 mètres par l’introduction des grandes marées.

Murs de quai. — Les murs de quai, dont le couronnement est à la cote 7 mètres, ont une hauteur de 10 mètres ou 10m,50, selon la profondeur du plafond, et une épaisseur moyenne égale aux 40/100 de la hauteur. Le profil présente, du côté du bassin, la forme d’une courbe parabolique concave dont les éléments inférieurs ont une inclinaison assez prononcée pour embrasser le gabarit d'une carène de navire; les éléments supérieurs se raccordent tangentiellement au sommet du mur et présentent un fruit de 1/20.

Des contre-forts espacés de 50 en 50 mètres sont établis de manière à subdiviser l’action de la poussée.

On a commencé par fonder sur pilotis ; ce mode de construction a été appliqué à la partie du mur qui soutient la rive droite du bassin sur 600 mètres de développement en amont des écluses. Les autres parties ont été établies sur une suite continue de voûtes en plein cintre de 8 mètres d'ouverture, espacées de 12 mètres d’axe en axe, qui reposent elles-mêmes sur des blocs de 6 mètres de longueur et 5 mètres de largeur, enfoncés dans le sol.

Le vide des voûtes est fermé par des massifs de maçonnerie à pierres sèches soutenant les terres en arrière du mur.

Quais et terre-pleins. — Un quai de chargement et de déchargement de 18 mètres de largeur régnera sur tout le pourtour du bassin. En arrière s'étendront des emplacements affectés aux dépôts de marchandises et desservis par une ceinture de voies de communication de 20 mètres de largeur, qui les rattacheront au port, à la ville et aux gares des chemins de fer.

L’ensemble des terrains destinés à recevoir les dépôts de marchandises présente une surface de 12 hectares 50 ares, dans laquelle est compris un emplacement de 5 hectares 50 ares de superficie, réservé, aux termes de la loi du 20 mai 1868, à la Chambre de commerce de Bordeaux, qui est autorisée à y établir des magasins-docks. La construction de ces magasins a été commencée au mois de juillet 1877.

Réservoir d'alimentation. — Au delà du quai Ouest du bassin, sera disposé un réservoir de 16 hectares */2 de superficie, communiquant avec le bassin au moyen d'une aqueduc muni de vannes et de poutrelles.

Le niveau de la retenue du bassin sera maintenu à4m,50 au-dessus de l’étiage par l'introduction de la marée montante dans le bassin et le réservoir. Cette introduction n’ayant lieu que pendant un faible intervalle de temps, aux approches de la pleine mer, n’occasionnera dans le bassin que des dépôts peu considérables ; une série prolongée d’observations et d’expériences permet d’en évaluer le volume à un maximum de 20,000mc par an. Ces atterrissements seront enlevés au moyen d’un bateau pompeur-dévaseur, suivant le système employé au port de Saint-Nazaire.

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Puits artésiens. — Bien que l’alimentation du bassin à flot par les eaux de la Garonne soit adoptée en principe, le succès de nombreux forages exécutés dans le département de la Gironde a fait entrevoir la possibilité d’y faire concourir les eaux d’une nappe artésienne qui parait régner à 200 mètres sous le sol de Bordeaux. L’un de ces puits, entrepris à titre d’essai, est parvenu A 100 mètres environ de profondeur.

Écluses. — Deux écluses à sas, parallèles l’une à l’autre et séparées par un bajoyer intermédiaire de 10 mètres d’épaisseur, mettront le bassin en communication avec la Garonne. La plus grande, destinée aux grands paquebots à roues, a 22 mètres de largeur et 152 mètres de longueur entre les portes. La seconde a 14 mètres de largeur et 136 mètres de longueur: elle sera affectée aux vapeurs à hélice et aux navires à voiles; une paire de portes intermédiaire la divise en deux sas, l’un de 60 mètres, l’autre de 76 mètres.

Dans les maçonneries des bajoyers sont logés des aqueducs munis de vannes pour le remplissage et la vidange des écluses.

La surface supérieure des radiers est disposée en voûte renversée, de manière à arc-bouter le pied des bajoyers et à offrir plus de résistance à la sous-pression des eaux.

De chaque côté des écluses régnent des francs-bords de 2a mètres de largeur, bordés do trottoirs.

Ponts tournants. — Deux ponts tournants existent èur chaque écluse: un à chaque extrémité; lorsque l’un d’eux sera ouvert pour laisser passer un navire, l’autre sera fermé pour livrer passage à la circulation. La largeur de ces ponts est de 8 mètres- Chacun d’eux repose sur un pivot placé dans l’axe du bajoyer intermédiaire, et prend 1 mètre d’appui sur les bajoyers latéraux. 11 présente ainsi, de part et d’autre de son pivot, deux portées: l’une de 28 mètres, passant sur la grande écluse, l’autre de 20 mètres, passant sur la petite écluse.

Leur charpente, en tôle d'acier, comprend deux poutres longitudinales, forme double T, de 48 mètres de longueur et d’une hauteur variant de 2m,35 aux extrémités à 2ra,80 au milieu.

Entre ces poutres sont établies trente-deux pièces de pont reliées par des longerons et contreveutées.

Appareils de rotation. — Une cuve en maçonnerie ménagée dans le massif du bajoyer intermédiaire, au-dessous du pivot de chaque pont tournant, reçoit l’appareil de rotation. Cet appareil est disposé do la manière suivante: un tambour cylindrique, de 5 mètres de diamètre et de 2m,275 de hauteur, est fixé aux pièces de pont autour du pivot. Deux couronnes horizontales de galets, placées entre les parois de la cuve en maçonnerie et le tambour, le maintiennent et le guident dans ses mouvements. Le pivot, assujetti au pont au centre du tambour, est formé par une tige de fer forgé de 0m,30 de diamètre. 11 s'appuie sur une crapaudine portée par le piston d’une presse hydraulique établie sur la maçonnerie du bajoyer intermédiaire, et qui permet de soulever le pont pour le dégager de ses appuis et rendre ses volées mobiles. Le tambour est entouré d’une chaîne qui, selon qu’elle est tirée dans un sens ou dans l’autre, fait tourner le tambour et entraîne le pont dans le même mouvement, de manière soit à l’amener sur le bajoyer intermédiaire, soit à le placer en travers des écluses. Les deux bouts de la chaîne sont actionnés par des appareils à pression hydraulique. D’ailleurs, pour les cas d’accident, on a ménagé un mécanisme de secours composé d’une roue dentée fixée au pourtour de la cuve, cl d'uu pignon mû à bras, adapté au pont.

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Portes d’écluses. — Le fonctionnement des écluses est desservi par sept paires de portes busquées en tôle, savoir:

Deux paires de portes d’èbe et une paire de portes de flot pour la grande écluse, trois paires de portes d’ôbe et une paire de portes de Ilot pour la petite.

Quinze grandes vannes sont disposées dans les aqueducs des bajoyers latéraux et du bajoyer intermédiaire pour régler l’introduction des eaux du bassin ou de la Garonne dans les sas et leur évacuation.

Les mouvements des portes et des vannes, comme ceux des ponts, sont actionnés par des appareils à pression hydraulique.

Chenal d’ entrée en rivière. — Les écluses débouchent en rivière par un chenal évasé de 80 mètres de longueur en prolongement des écluses. Ce chenal présente une ouverture de 100 mètres à l’extrémité touchant les écluses et de 242 mètres à l’autre extrémité; il est bordé de cales inclinées au 1/b se raccordant avec les rives du port.

Au pied de ces cales, et sur 7b mètres tant à l’amont qu’à l'aval de l’issue du t chenal, sont disposées des estacades en charpente destinées à faciliter les manœuvres d’entrée et de sortie des navires.

Forme de radoub. — Cette forme, capable de recevoir les plus grands paquebots transatlantiques, est située sur la rive gauche du bassin, à une distance, d’environ 180 mètres des écluses. Sa construction a été commencée à la fin de

Sa longueur totale est de lb4,n,80, comprenant 14 mètres pour la chambre d’entrée. La chambre d’entrée a 22 mètres de largeur ; ses parois sont verticales; elle présente deux enclaves pour bateaux-portes, dont les seuils sont établis au même niveau que les buses des écluses, soit à 3 mètres en contre-bas de l’étiage.

Le périmètre des bajoyers delà forme est divisé en gradins par quatre étages de banquettes horizontales ayant 1 m , 1 0 de largeur. Ces banquettes sont reliées entre elles par huit volées d’escaliers. Les deux bajoyers sont raccordés à l’extrémité amont de la forme par une partie demi-circulaire de 14m,4b de rayon.

Le radier est établi, à l’extrémité aval, à 4 mètres en contre-bas de l'étiage, et se relève vers l’amont suivant une pente longitudinale de 0m,0i par mètre. Les tins reposent sur une plateforme en pierre de taille occupant le milieu du radier suivant l’axe. De part et d'autre de cette plateforme, le profil transversal du radier s'abaisse suivant des pentes de 0m,01 par mètre vers des rigoles régnant de chaque côté, au pied des bajoyers.

Un bateau-porte en tôle sert à fermer la forme du côté du bassin. La vidange et le remplissage s’effectueront au moyen de trois aqueducs aboutissant à un puisard en maçonnerie dont le radier est à bm,70 en contre-bas de l’étiage. L’un de ces aqueducs met le puisard en communication avec la forme, l’autre avec la Garonne, le troisième avec le bassin à flot. Le débit de ces aqueducs est réglé par des vannes. Des pompes, mues par des machines à vapeur, seront installées dans le puisard pour l’épuisement de la forme.

Mode d’exécution des travaux. — L’ensemble des ouvrages est fondé par enfoncement de blocs évidés. Des circonstances locales ont d’abord nécessité l’application de ce procédé aux écluses.

Fondation des écluses. — Le terrain est constitué par une couche de vase argileuse qui recouvre, jusqu’à une profondeur de 12 à 14 mètres, un banc de sable et de gravier aquifères de 3 à 4 mètres d’épaisseur, reposant lui-même sur la molasse. Par des sondages, on a reconnu que les eaux souterraines

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s'écoulent vers la Garonne, en exerçant des sous-pressions considérables sur les terres.

Par suite du niveau assigné aux buses des écluses, les maçonneries devaient porter en entier sur le banc de sable. On ne pouvait songer à ouvrir dans la vase molle des fouilles de près de 14 mètres au fond desquelles on aurait rencontré la couche aquifère, et l’on s’est résolu à faire descendre par leur propre poids, jusqu’au gravier, une suite de blocs en maçonnerie pour former les bajoyers et les murs de garde. Ces blocs occupaient le périmètre d’un rectangle de 205 mètres sur 57.

On a donné à ces blocs une largeur uniforme de 6 mètres, des longueurs variant entre 16 et 35 mètres, et une hauteur de 9 mètres. Sur la moitié aval du bajoyer séparant les deux écluses, on a disposé en outre des blocs de 9 mètres de largeur, 15 mètres de longueur et 9 mètres de hauteur. Tous ces blocs étaient espacés de 0m,50 les uns des autres. Ils étaient évidés de manière à présenter un ou plusieurs puits verticaux.

La maçonnerie d’un bloc n’était d’abord élevée que jusqu’à la moitié environ de sa hauteur définitive. Quand elle avait fait prise, on commençait à déblayer le terrain au fond du puits, et le bloc descendait jusqu'à ce que sa face supérieur affleurât au niveau du sol. On ajoutait ensuite, en une ou deux reprises, le reste de la maçonnerie, qu’on faisait descendre de la même manière.

Cette opération s’effectuait sans le secours d’aucune machine, tant que le déblai s’opérait à sec. Mais lorsque la nappe souterraine faisait irruption dans les puits (et cela se produisait quand il ne restait qu’environ 2 mètres d’épaisseur de terrain vaseux), on installait dans chaque puits une pompe centrifuge, actionnée par une locomobile ; cette dernière machine était en même temps utilisée pour la manœuvre des treuils qui remontaient les terres. Les déblais ont pu se continuer ainsi sans difficulté par des ouvriers travaillant au fond des puits ; on arrêtait l’enfoncement, lorsque le bloc était engagé de 0m,80 dans le sable graveleux.

Ce fonçage ne s’est pas toujours fait avec une entière régularité, et, le plus souvent, les blocs se sont inclinés plus ou moins dès le début de l’opération, malgré 1 emploi d'étais. On est parvenu à les redresser pour la plupart, soit en dii igeant convenablement les déblais, soit en exerçant, indépendamment des étais, une contre-pression latérale par des remblais. Quelquefois les blocs n’ont pu être redressés et sont descendus jusqu'au sable en restant inclinés, mais on est alors parvenu à les ramener dans la verticale par des fouilles bien conduites. Ces irrégularités de fonçage s’expliquent par le défaut d'homogénéité du terrain, par des obstacles tels que des troncs d’arbres, et aussi par les excavations que produisaient les épuisements. Quoi qu’il en soit, on a remédié à tous ces accidents et tous les blocs ont été établis dans une position normale, sauf de légères déviations d’alignement qu’on a corrigées en exécutant les parements définitifs des bajoyers.

Après 1 enfoncement des blocs, les puits ont été remplis en béton pour la paitie sous 1 eau, et en maçonnerie pour la partie supérieure.

Les blocs ainsi échoués, on a comblé en maçonnerie les intervalles laissés entre eux, et, dans 1 enceinte ainsi formée, les fouilles ont pu être descendues, à l’aide d'épuisements, jusqu’au niveau du gravier; le radier général a été établi à sec à t mètres environ au-dessous de l’éliage. La construction s’est ensuite poursuivie dans les conditions ordinaires.

Fondation des murs de quai. — La réussite du mode de fondation employé pour les écluses a conduit à l’appliquer au mur de quai du bassin, qu’on avait commencé sur pilotis. Ce mur, sur les deux tiers de son parcours, a pour appui

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une suite de voûtes eu plein cintre de 8 mètres d'ouverture, qui reposent ellesmêmes sur des blocs de 6 mètres de longueur et 5 mètres de largeur, enfoncés de I mètre dans le gravier.

Fondation de la forme de radoub. — Les épuisements énergiques nécessités par le mode de fonçage qui vient d’être décrit ont occasionné, dans le sous-sol de l'enceinte de fondation des écluses et des terrains environnants, des excavations d’où résultèrent des tassements parfois considérables. Ces accidents ont fait déverser les blocs de fondation pendant le fonçage. On a essayé, pour y remédier, de renoncer aux épuisements et d’employer une drague à l’extraction des terres. Ce moyen n’a pu réussir aux -écluses, à cause de la nature particulière et du défaut d’homogénéité du sol ; mais les circonstances étaient tout autres pour la forme de radoub : on s’était assuré, par des sondages préalables que le terrain ne présenterait pas les mêmes difficultés, et l’extraction par dragage y fut avantageusement adoptée.

L'expérience acquise dans les travaux de fondation des écluses avait en outre fait reconnaître l’utilité d’augmenter l’épaisseur des blocs, de réduire leur longueur et de diminuer leur rapprochement, pour régulariser leur enfoncement et faciliter leur liaison ultérieure. On a profité de ces leçons, en modifiant comme il suit les dimensions des blocs: les blocs de la forme de radoub présentent une épaisseur de 8 mètres, au lieu de 6 mètres qu’ont ceux des écluses ; en longueur, ils mesurent au plus H mètres, tandis que quelques-uns de ceux des écluses avaient atteint 35 mètres; enfin, l’espace laissé entre eux est de 1 mètre, au lieu de 0m,5Û qui est l’écartement de ceux des écluses.

Sur trente-six blocs de fondation de la forme de radoub, vingt ont été foncés au moyen d’une drague à élingue verticale, et seize au moyen d’épuisements.

L'emploi de la drague a présenté, dans les travaux de fondation de la forme de radoub, de grands avantages sur celui des épuisements. Ainsi, il n’a fallu, en moyenne, que cent dix'heures pour foncer avec la drague des blocs de mêmes dimensions que ceux dont le fonçage par épuisements exigeait un mois de travail. Quant à la dépense, elle n’a été que de 7f,3o par mètre cube de déplacement à l’aide de la drague, tandis qu’elle s’était élevée à llf,9o par mètre cube de déplacement à l’aide d’épuisements.

Nature et provenance des matériaux employés. — Pieux pour pilotis: pin gemmé des Landes. — Granit pour couronnements, chardonnets, buses, angles d’enclaves: des carrières de Labère (Finistère). — Pierre de taille dure et moellons calcaires: des carrières de Saint-Macaire (Gironde). — Ciment à prise lente: de Portland (Angleterre). — Chaux hydraulique: du Theil (Ardèche). — Chaux hydraulique: de Saint-Astier (Dordogne). — Fers et aciers: des usines du Creusot.

Dépenses. — Les dépenses autorisées pour la construction du bassin à Ilot de Bordeaux se répartissent de la manière suivante :

Acquisition de terrains . 2.968.769f55

Bassin, écluses et forme de radoub (terrassements et

maçonnerie) . 9.959.076,03

Ouvrages métalliques (portes d’écluses, vannes, ponts tournants, bateau-porte, bateau dévaseur, machine

Déblais, dragages et enrochements de l’entrée en rivière. 238.111,92

Estacades en charpente de l’entrée en rivière . 85.007,80

Pavages . 131.035,02

Puits artésien . 40.400,00

Somme à valoir, pour dépenses diverses . 295.172,71

Total . 14.955.154,74

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Sur cette somme, il a été dépensé jusqu’au 30 novembre 1877:

Acquisition de terrains . 2.968.769*55

Travaux . 10.630.10 1 ,1 3

Total

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