F.T MOYENNES
À partir de 1876, les conditions d’accostage et de séjour s’améliorent encore; mais il faut élever les matériaux à une hauteur de plus en plus grande, et l’on arrive désormais à des maçonneries de sujétion dont l'exécution exige beaucoup de temps, à raison de la difficulté d’installer les apparaux et d’employer un nombreux personnel sur l’espace singulièrement restreint dont on dispose.
Les résultats de l’année 1877 font bien ressortir ces nouvelles conditions. Le nombre et la durée des accostages dépassent tous les résultats précédents; mais le cube exécuté par heure n’est plus que de 0m,46, et le prix moyen du mètre cube s’élève à 750 francs.
D'autre part cependant, comme le cube à exécuter par mètre de hauteur est bien diminué, la tour s’élève plus rapidement que jamais.
Tous les apparaux doivent être simples, peu coûteux et faciles à remplacer, car ils sont sujets à être emportés par la mer, ainsi que cela est arrivé deux fois dans la campagne de 1877. Les chantiers du phare comportaient en 1877 un personnel de cinquante-cinq hommes, marins, maçons, manœuvres et tailleurs de pierres. Le nombre des hommes employés sur la roche même est de trente-cinq à quarante.
Le matériel flottant. comprend un remorqueur à vapeur, trois chaloupes à voiles et trois embarcations.
Le second modèle figure le phare terminé d’après le projet approuvé. Ce modèle s'ouvre de manière à laisser voir l’intérieur, et Ton a représenté sur les tranches coupées, au moyen de peintures et d’inscriptions, les principaux détails de la construction et l'avancement successif des ouvrages d’année en année.
Ce travail a été conçu et arrêté, en ce qui est essentiel, par M. Léonce Reynauld, directeur du service des phares.
On voudrait pouvoir citer aussi les noms de tous ces braves marins et ouvriers bretons qui, inconscients de leurs titres à l’admiration, ont, ;ï force d’énergie cl de dévouement, assuré le succès d’une entreprise plus hardie, plus téméraire pourrait-on dire, qu'aucune de celles du même genre.