‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 148 sur 174 · TOME I. — NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME I. — NOUV. TECH

LES GRANDS TRAVAUX PUBLICS

Phare de Planier (Bouches-du-Rhône).

La tour de ce phare est cylindrique. Elle est construite en maçonnerie de moellons hourdés au mortier de chaux hydraulique du Theil et de sable non salé de File de Riou. La pierre de taille n’est employée que pour le revêtement du soubassement, ainsi que pour la corniche et le parapet du couronnement. Le parement du fut est fait au moyen d’un enduit au ciment de Porlland. L’escalier est en pierre de taille, mais le parement de la cage est simplement revêtu d’un enduit en ciment de la Valentine. Les moellons ont été pris partie sur File, partie sur le continent, et ces derniers viennent des carrières des Catalans. Les pierres de taille proviennent des bancs, dits « plombés », des carrières de Cassis.

Le soubassement repose sur une plate-forme de fondation qui est arrasée à 4m,33 en contre-haut de la haute mer. La hauteur du soubassement au-dessus de cette plate-forme est de 8'n,60, la hauteur du fût de 42m,44, celle du couronnement de om,4a; le foyer sera à 57m,60 au-dessus de la plate-forme de fondation, et se trouvera par suite à 6lm,93 au-dessus des hautes mers.

Les rayons des sections circulaires horizontales de la tour sont de : 3m,3a au sommet du fût, 4m,40 à la base du fût et 6m.90 à la base du soubassement. Le vide intérieur formant la cage de l’escalier est un cylindre de 4 mètres de diamètre.

La tour ne contient ni magasin ni logement pour les gardiens. On utilise, pour ces installations indispensables, les dépendances qui servaient déjà à cet usage dans l’ancien phare que celui-ci remplace.

Tour-balise de Lavezzi (Corse).

L’écueil de Lavezzi, situé dans les bouches de Bonifacio, entre la Corse et. la Sardaigne, à 1,800 mètres au sud de File de Lavezzi (France) et à 7,000 mètres au nord-ouest de File de Razzoli (Sardaigne), présente un danger sérieux pour la navigation. 11 est formé, à sa partie supérieure, d’un plateau incliné dans lequel on peut inscrire une circonférence de 6m,50 de diamètre et dont les cotes de profondeur, au-dessous des mers moyennes, varient entre 2m,30 cl 6 mètres. Du côté du N. O., la paroi du rocher est verticale sur environ 8 mètres de hauteur.

Pendant la nuit, la position de l’écueil est déterminée par l’intersection de deux secteurs lumineux rouges émanant des feux établis sur les îles de Lavezzi et de Razzoli. Pendant le jour, elle est indiquée par une tour en maçonnerie dont la construction, commencée en 1870, a été achevée en 1877.

Les conditions d’exécution du travail furent des plus difficiles. L’écueil û signaler est, comme nous l’avons dit plus haut, situé à 1,800 mètres de File presque déserte de Lavezzi et û 12 kilomètres de Bonifacio, qui n’offre du reste aucune ressource en ouvriers spéciaux, ni en matériel. Il a fallu fréter il Ajaccio les embarcations et les gondoles; le ciment, les fers et tout le matériel ont dù arriver du continent français par un bateau il vapeur qui fait le service d’Ajaccio à Bonifacio tous les quinze jours seulement. Mais la plus grande difficulté consistait dans l’énergie des courants qui régnent d’une manière presque continue dans les bouches de Bonifacio, cl dans l’extrême variabilité de l’état de la mer, même pendant l’été. Cette violence de la mer cl l’insuccès des tentatives antérieures causaient les plus vives appréhensions aux ingénieurs, et justifient

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les précautions spéciales dont ils ont cru devoir s’entourer, ainsi qu’on va le voir.

La fondation est formée d’un massif cylindrique en béton de ciment, de 6m,50 de diamètre, arasé I mètre au-dessus des mers moyennes; la tour all'ecte la forme d’un tronc de cône de 6 mètres de hauteur, dont les bases ont 5™, 50 et 4 mètres de diamètre.

L’adhérence de la tour au rocher a été augmentée au moyen de douze goujons en fer; les quatre les plus rapprochés du centre du massif ont 0m,10 de diamètre et pénètrent de 0m,60 dans le rocher; les huit autres, de 0m,la de diamètre, ont été scellés à 1 mètre de profondeur.

Le travail peut se diviser en quatre périodes: l’installation, la fondation, le forage des trous dans le rocher, la construction de la tour au-dessus de l’eau.

Dès le mois d’avril 1876, on s’occupa de construire des baraques pour le logement des ouvriers sur l’ile de Lavezzi, dans l’enceinte du phare. Le matériel fut commandé et fabriqué à Marseille.

Le 1er juin, tout le personnel, hommes et embarcations, était rendu à Lavezzi, tout le matériel nécessaire pour commencer les travaux était sur place; un approvisionnement important de ciment était arrivé avec les gâcheurs et les plongeurs, venus du continent français.

Le personnel se composait du conducteur des travaux, de deux plongeurs et d’un guide, de leurs gâcheurs et de quarante ouvriers, tant marins que manœuvres.

Le matériel flottant consistait en deux tartanes de 2*2 tonneaux chacune et en trois canots de dimensions diverses, dont l’un portait le scaphandre. Un quatrième canot était chargé des transports de toute sorte entre Lavezzi et Donifacio. ,

On plaça immédiatement les corps-morts de l’ancrage, au nombre de quatre; ils furent rattachés à autant de bouées en tôle placées au N. 0., à l'O. S. O., au S. E. et à l’E. N. E. de l’écueil, de manière à constituer un système d’amarrage aussi solide que possible.

Le a et le 6 juin, on s’occupa du nettoyage dn rocher; cette opération fut interrompue par le mauvais temps et ne put être reprise que le 2a; le 28, elle était terminée. Le mois de juin avait donc été peu propice; la campagne commençait mal.

Lorsqu’on ne pouvait se rendre sur l’écueil, tous les ouvriers, sans exception, préparaient de la pierre cassée pour le béton.

Le 5 juillet, on détermina aussi exactement que possible le centre des fondations, et on y scella avec du ciment pur un axe formé d’une barre en fer galvanisé de 0m,06 de diamètre. Puis le coulage du béton commença. Il était descendu dans des seaux au plongeur, qui les vidait en les retournant et qui tassait la matière en la serrant contre le tas le plus rapproché. Douze vides furent ménagés dans le massif, à l’aide de tubes en fonte de Üm,60 de hauteur, qui s’emboîtaient de 0m,lo les uns dans les autres, et que l’on plaça successivement au fur et à mesure de l'avancement des fondations.

Dès que l’on eût ainsi atteint le point le plus élevé du rocher et réglé la fondation suivant une surface à peu près plane, on se servit d’un panneau mobile de 0m,60 de hauteur, ayant en plan un développement de 1/5 de circonférence environ. Ce panneaai, inventé par M. l’ingénieur Martin, pour la construction des balises du Var, rendit les plus grands services, en opposant au courant un obstacle sérieux, en empêchant le délavage ou l’enlèvement du béton, et en permettant de donner â la fondation une forme très-régulière.

Le ciment employé dans la fondation était du ciment de la Méditerranée (Désiré Michel). Le béton était composé en volume d’une partie de pierres cas-

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sécs pour une de mortier, formé lui-même, moyennement, de deux parties de ciment pour une de sable. Cette proportion de mortier variait du reste suivant la force du courant et la portion de massif à élever. Ainsi, extérieurement, le ciment était employé sans aucun mélange de pierres et quelquefois pur, en vue d’un durcissement plus rapide, tandis qu’intérieurement le béton était presque toujours composé de volumes égaux de ciment, de sable et de pierres.

La mer obligea souvent de suspendre le travail. Rien des fois on se rendit sur l'écueil et l’on fut obligé de rentrer après une heure de travail, ou même sans avoir pu travailler.

Il arriva à plusieurs reprises qu’après avoir travaillé. deux jours, on se reposa pendant onze et douze jours consécutifs; nous avons éprouvé onze interruptions de cette nature. Le 25 août, une tempête effroyable s'abattit sur les bouches de Bonifacio, et ce ne fut que seize jours après que la mer fut assez calme pour permettre la reprise du travail. On comprend quels faux frais une situation semblable engendrait.

Enfin, le 30 septembre, la fondation était élevée à 1 mètre au-dessus du niveau moyen de la mer. Sur cent dix-sept jours, on avait à peine travaillé trente-six jours, à raison de six heures par jour en moyenne. Le cube du massif de fondation était de 163 mètres; mais, en profitant d’une crevasse que le rocher présente dans sa partie S. E., on a pu adosser à la tour un contre-fort de 1 4mi environ, ce qui porte le cube total de la fondation à 177 mètres. On a donc coulé près de l'“'i de béton par heure de travail effectif.

On aurait pu suspendre alors les travaux et remettre à l’été suivant le forage des trous dans le rocher. Mais cette opération longue et pénible devant exiger une campagne entière, la tour n’aurait pu ainsi être achevée qu’en 1878. On gagna une année en commençant le forage immédiatement, et cet avantage ne coula en définitive que 7,500 francs environ.

Le forage se pratiquait au moyen de trépans manœuvres dans les tubes qu’on avait ménagés à cet effet dans le massif de fondation; puis, lorsque le trou avait la profondeur voulue, on y descendait un goujon en fer galvanisé ayant, à 0m ,0 1 près, le diamètre du trou, et dont la longueur était double de la profondeur de ce trou; le tube était ensuite rempli de ciment pur très-liquide.

La somme des profondeurs qu’on a ainsi forées s’élève à 10™, 40. L’opération, commencée le 27 octobre 1876, a été terminée le 7 août 1877. Elle a été souvent contrariée par la mer; on devait bien s’y attendre, mais cependant il faut constater que le temps a été cette année exceptionnellement mauvais. Ainsi, c’est à peine si on a pu travailler pendant onze jours par mois, à raison de sept heures dix minutes par jour en moyenne. On a foré en moyenne 0",014 par heure de travail effectif, résultat satisfaisant, eu égard aux circonstances dans lesquelles on a opéré et à. la dureté extrême du rocher.

Dès le 8 août, on a commencé la construction de la tour, qui fut terminée, y compris la balustrade, le 14 septembre suivant. Elle est en maçonnerie de ciment recouverte d'un crépissage de 0m,02 d’épaisseur, également en ciment. Cet ouvrage n’a présenté aucune particularité qui mérite d’être signalée : il a exigé cent cinquante heures de travail effectif. Le cube de la maçonnerie étant de 113 mètres, on a fait 3/4 de mètre cube de maçonnerie par heure en moyenne.

La tour est peinle par bandes de 1 mètre de largeur, alternativement rouges et noires, et est munie d’échelons en fer conduisant A une galerie supérieure également en fer, pouvant servir de refuge en cas d'accident. •

Les travaux ont été entièrement exécutés en régie. La dépense s’est élevée A 92,000 francs et se répartit ainsi :

Installation, acquisition de matériel, personnel et dépenses

diverses . 7 876*, 97

Fondation . 43 075 ,07

Tubes en l'onte et tiges galvanisées . 2 659 ,60

Forage des trous . .... 23 366 ,36

Tour au-dessus de l’eau . 15 022 ,00

Total . 92 000 ,00

Le projet a été dressé et le travail exécuté par M. Koziorowicz, ingénieur ordinaire, sous la direction de MM. les ingénieurs en chef: Celler, pour le projet, et Gay pour la construction. Les conducteurs qui ont secondé les ingénieurs dans la surveillance sont MM. Giraud, pour la fondation, et Ilari, pour le forage des trous et la construction de la tour. Le ciment a été fourni par la maison Désiré Michel, de Marseille.

Phares et balises. — Deux appareils pour feu fixe et scintillant.

Le caractère que présentent ces appareils a été appliqué au phare du Four (Finistère) ; il a été désigné sous le nom de « feu fixe et scintillant ». Il pourra être employé avec avantage lorsqu’on aura à installer un nouveau feu sur un point du littoral où il en existe déjà beaucoup, et où se trouvent appliqués les principaux caractères déjà connus.

L’appareil de troisième ordre se compose de deux parties différentes, occupant chacune une moitié de la circonférence : l'une est un demi-appareil de feu fixe ordinaire de 1 mètre de diamètre; l’autre comprend huit panneaux annulaires complets, correspondant chacun à1/, s de la circonférence, et destinés à produire les huit éclats du feu scintillant. La machine de rotation est placée dans le socle de l’appareil; elle a reçu les dispositions particulières adoptées pour les appareils tournant rapidement. La rotation s’effectue en 1 minute, de sorte qu’on aperçoit pendant 30 secondes un feu fixe, et, pendant les 30 secondes suivantes, huit éclats se succédant à 3 secondes 3/4 d’intervalle. La lampe est à mouvement d'horlogerie, avec bec à trois mèches disposé pour brûler de l’huile minérale. L’intensité lumineuse donnée par cette lampe est de 14 becs Carcel; celle du feu fixe est de 220 becs, et celle de chacun des éclats du feu scintillant atteint 930 becs dans l’axe.

L’appareil de quatrième ordre se compose également de deux parties : l’une est un demi-appareil de feu fixe de 0m,50 de diamètre, l’autre comprend cinq panneaux annulaires occupant chacun 36 degrés. La rotation complète s’effectue en 50 secondes, de sorte que l’appareil produit pendant 23 secondes un feu fixe, et pendant les 23 secondes suivantes cinq éclats se succédant à 3 secondes d’intervalle. Ces éclats sont colorés en rouge. L’intensité de la lampe à deux mèches est de 6becs,9, celle du feu fixe blanc est de 59 becs et sa portée de 12"li,los,6; les éclats donnent 270 becs de lumière blanche et ont une portée de 12millcs,3 eu égard à leur coloration en rouge.

Ces deux appareils ont été fabriqués par MM. Henry-Lepaute fils, constructeurs de phares, à Paris.

Appareil de feu de marée.

Les signaux de marée, destinés à faire connaître aux navigateurs les hauteurs de l'eau dans un port ou dans un chenal, se font, pendant le jour, au moyen de ballons qui se hissent sur un appareil composé d’un mât et d’une vergue. Les indications ne commencent que lorsque la hauteur dépasse 2 mètres; un

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ballon placé à l'intersection du mât et de la vergue, ainsi que tout ballon placé sur le mât au-dessous de celui-ci, ajoute 1 mètre à la hauteur primitive de 2 mètres, et tout ballon placé au-dessus en ajoute 2. Les fractions de mètre sont indiquées par des ballons hissés à une extrémité de la vergue ou à l’autre; quand le ballon parait à gauche du mât, il indique 0m,2ë ; quand il est vu à droite, il indique 0m,50; les deux ballons indiquent ensemble 0m,7a. On complète ces renseignements en faisant connaître le mouvement de la marée au moyen d'un pavillon blanc avec croix nome et d'une flamme noire en forme do guidon.

Jusqu’à présent, ces indications n’ont pas été données pendant la nuit. Mais à la suite de réclamations des pilotes de la basse Seine, et eu égard au développement considérable qu'a pris la navigation de la Seine dans ces derniers temps, il a été décidé qu’un appareil serait installé dans le port de Honileur pour donner aux pilotes pendant la nuit, les indications de hauteur que le mât de signaux leur fournit pendant le jour.

Pour arriver à ce résultat, il suffit de produire une série d’éclats dont on fait varier le nombre à volonté, d’attribuer à une partie de ces éclats une couleur qui représente les mètres et à l’autre partie une couleur différente représentant les quarts de mètre, enfin de séparer par une lumière fixe le signal ainsi produit du signal suivant. L’appareil exposé réalisait cette combinaison. Il se compose d’un appareil de feu fixe de 0m,30 de diamètre éclairant la moitié de l’horizon, d’un réllecleur catadioptrique occupant l’autre moitié et d’un demi-tambour de huit lentilles verticales embrassant chacune 22 degrés J/2. Ces huit lentilles sont colorées, cinq en rouge et trois en vert: elles sont disposées de manière à pouvoir être à volonté enlevées et remises en place, ou plutôt, afin d’éviter ces déplacements, elles peuvent tourner autour d’un axe vertical de manière à venir se placer dans un plan diamétral de l’appareil; dans celte position, elles ne produisent plus sur la lumière du feu fixe qu’une légère occultation, qui est à peu près insensible lorsqu’on emploie une lampe à deux mèches. Ces lentilles sont, du reste, maintenues par des taquets à ressort dans l’une ou l’autre des deux positions qu’elles doivent prendre. La rotation s’effectue en 80 secondes et pourrait au besoin être accélérée. Le sens du mouvement est tel, que les lentilles rouges paraissent avant les vertes.

Voici maintenant quelle est la manœuvre de cet appareil : comme tous les feux de marée, on l’allume dès que la mer atteint une hauteur de 2 mètres audessus des plus basses eaux; toutes les lentilles sont enlevées ou du moins placées dans les plans diamétraux, de sorte qu’on a l’apparence d’un feu fixe ordinaire. Dès que l’eau atteint 2m,2b, le gardien met en place la lentille verte, qui se présente la première dans le sens du mouvement; on voit alors toutes les 80 secondes un éclat vert précédé et suivi d’une courte éclipse, puis un feu fixe blanc, durant 7a secondes, entre chaque éclat et le suivant. La seconde lentille verte est mise en place lorsqu’il y a 2m,50 d’eau, et la troisième lorsqu’il y ena2m,7b. On voit alors deux, puis trois éclats verts se succédant à a secondes d’intervalle, suivis d’un feu fixe blanc pendant 70 ou 6a secondes et se reproduisant toutes les 80 secondes. Lorsqu’il y a 3 mètres d'eau, le gardien enlève ou retourne les trois lentilles vertes et met en place la dernière lentille rouge dans le sens du mouvement, c’est-à-dire celle qui confine à la première lentille verte. Cette lentille rouge ajoute I mètre aux 2 mètres primitifs et représente ainsi 3 mètres de hauteur. Lu remettant successivement en place la première, la deuxième et la troisième lentille verte, qui suivent immédiatement celle lentille rouge, on indique 3m,2a, 3m,a0 et 3m,75. Pour 4 mètres, on retourne encore les trois lentilles vertes et ou met en place l’avant-dernière lentille rouge, de sorte qu’on aperçoit deux éclats rouges qui ajoutent 2 mètres à la

hauteur primitive et représentent par conséquent 4 mètres. En continuant ainsi, on peut arriver jusqu'il produire cinq éclats rouges et trois éclats verts, lesquels se succèdent à a secondes d’intervalle et sont suivis d'un l'eu fixe blanc durant 40 secondes. Ce signal représente une hauteur de 7m,75, qui dépasse les besoins ordinaires de la pratique. Lorsque la mer descend, on reproduit les mêmes signaux dans l’ordre inverse, et le feu est éteint dès que la hauteur s’est abaissée à 2 mètres.

Appareil pour feux provisoires de différents caractères.

Cet appareil est destiné à servir de rechange lorsqu’un phare existant a besoin de réparations, ou de feu provisoire en attendant l’installation d’un phare définitif. II est disposé de manière à produire à volonté les différents caractères que présentent les feux du littoral.

11 se compose d’un appareil de feu fixe de 0m,375 de diamètre, éclairant les trois quarts de l'horizon, et d’un tambour de 0m,50 de diamètre, composé de huit lentilles verticales. La lanterne est circulaire et a 0m ,8 1 de diamètre extérieur. Le piédestal, de 0m,45 environ de diamètre, contient une machine qui imprime au tambour lenticulaire un mouvement de rotation. Les différentes parties de cet appareil ont des dimensions aussi réduites que possible, afin qu’on puisse facilement le transporter et le monter sur la galerie extérieure d’un phare en réparation, ou sur une charpente provisoire.

Becs et lampes à huile minérale.

La substitution de l’huile minérale à l’huile de colza pour l’éclairage des phares de France est aujourd’hui un fait accompli. Les études sur cette question lurent commencées en 185G, au Dépôt des phares, avec de l’huile de schiste fabriquée dans le centre de la France. Cette huile émettait des vapeurs inflammables à une température de 25 à 30 degrés, et, malgré les dangers qui pouvaient en résulter, elle fut successivement introduite, de 1858 à 1865, dans tous les fanaux munis d’une lampe à une seule mèche. Les résultats furent trèssatisfaisants et aucun accident grave ne se produisit. Il eût cependant été imprudent d’adopter la même mesure pour les phares des premiers ordres, dont les lampes et les magasins contiennent une bien plus grande quantité d’huile que ceux des fanaux. Ce fut seulement en 1868, quand on put employer un produit beaucoup moins intlammable, que la question fut reprise. A la suite d’une proposition faite par M. Doty, citoyen américain, des expériences furent commencées sur des becs à plusieurs mèches dans lesquels on brûlait une huile désignée sous le nom de « paraffine d'Écosse » et n’émettant de vapeurs inflammables qu’à une température de plus de 60 degrés. Après une série d’essais poursuivis au Dépôt central et dans quelques phares, l’emploi de cette huile fut adopté d'une manière générale et introduit dans tous les phares du littoral français. La transformation a été opérée dans les grands phares en trois années, de 1872 à 1874.

Dans ces derniers temps, quelques fabricants français sont parvenus à obtenir des produits qui remplissent les mêmes conditions que l’huile paraffine et paraissent même lui être à quelques égards préférables, tout en étant d’un prix moins élevé. Depuis le 1er janvier 1876, l’huile minérale employée dans les phares de France provient de l’usine de M. Deutsch, près Paris, et elle coûte 0f,79 le kilogramme, rendue à destination.

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L'adoption de ce nouveau mode d’éclairage devait entraîner une notable, diminution de dépense; on jugea convenable d'employer une partie de l’économie à augmenter, dans l’intérêt de la navigation, l'intensité lumineuse des appareils. Les becs de lampe, dans les différents ordres de phares, furent donc agrandis de manière à recevoir chacun une mèche de plus, et on profita de la nécessité où l’on se trouvait de les reconstruire tous, pour y introduire de l’uniformité en donnant exactement le même diamètre aux mèches de môme rang à partir du centre.

Ce sont ces nouveaux becs qui figuraient à l’Exposition avec la forme définitivement adoptée dans le service des phares de France. Ils ont depuis une jusqu’à six mèches. Les cinq premiers sont affectés aux cinq ordres de phares; le bec à six mèches est réservé pour des cas exceptionnels. Le diamètre extérieur de ces becs augmente de 0m,02 en 0m, 02, depuis 0m, 03 jusqu’à 0m,13. Chaque mèche est contenue entre deux cylindres de cuivre mince espacés de 0m,003, et elle est séparée de la mèche voisine par un vide annulaire de 0m,00b destiné à l’ascension de l’air froid, l’épaisseur du métal étant prise du côté de la mèche. Le diamètre moyen des mèches varie ainsi régulièrement de 0“,023 à 0m, 125.

La comparaison des deux modes d’éclairage conduit à des résultats intéressants. Les phares de différents ordres du littoral français consomment environ 320,000 kilogrammes d’huile minérale, ce qui, à raison de 0f,70 par kilogramme, représente une dépense de 232,800 francs. Si les mêmes phares étaient encore éclairés à l’huile de colza avec les anciens becs, plus étroits que les nouveaux, la consommation serait de 243,000 kilogrammes et la dépense, à tf,31 le kilogramme, de 370,000 francs. D’un autre côté, la somme des intensités produites par toutes les lampes en service dans les deux cas s’élève à 3,000 becs pour l’huile minérale, et ne serait que de 1,783 becs pour l’huile de colza, ce qui fait revenir le prix de l’unité d'intensité, par an, à 84 francs dans le cas de l’huile minérale et à 207 francs avec l’huile de colza. Le rapport de ces deux prix est d’environ 2,5. On peut donc dire que, dans le service des phares de France, l'emploi de l’huile minérale a diminué la dépense de l’huile de près d'un tiers, tout en augmentant la quantité de lumière de plus des deux tiers, et qu’en définitive le nouveau combustible est deux fois et demie plus avantageux que l’ancien.

Phares électriques.

L’application de la lumière électrique à l’éclairage des phares remonte déjà à quatorze ou quinze ans, et depuis lors ce nouveau système ne s’est pas répandu aussi rapidement qu’on aurait pu le supposer. En France, il n’y a encore que trois phares électriques : ceux du cap de la Hève et celui du cap Gris-Nez. Ce n’est pas que les machines destinées à produire les courants électriques ou à les transformer en lumière aient présenté des imperfections ou donné lieu à des accidents; il faut reconnaître, au contraire^ qu’elles ont fonctionné avec toute la régularité désirable. Mais tous les phares importants des côtes de France sont depuis longtemps installés avec les appaieils optiques destinés à recevoir un éclairage à l'huile, de sorte que, pour y introduire la lumière électrique, il faut commencer par sacrifier le capital que représentent ces appareils et s'imposer ensuite une dépense au moins aussi importante pour l’installation du nouveau mode d’éclairage. Tel est le motif qui a fait ajourner l’emploi de l’électricité.

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