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' LES CHEMINS DE FER. 461
LES CHEMINS DE FER (1)
Viaduc de VezouiUac (ligne de Rodez à Millau).
Emplacement et dispositions générales. -- Le viaduc est situé au point où la ligne de Millau à Rodez rencontre le ravin de VezouiUac Cet ouvrage se compose de sept arches en plein cintre de 16 mètres d’ouverture; il est établi pour deux voies dans une courbe de 300 mètres de rayon, et le profil en long de sa plate-forme présente une pente de 0m,0321 par mètre.
La hauteur maximum du viaduc est de 43 mètres par rapport au fond du ravin et de 4im,52 par rapport au sol de fondation. Sa superficie en élévation est de 4,445m,50, parapet non compris, et le volume total des maçonneries s'élève à 16,330 mètres.
Fondations. — Les piles et les culées sont fondées sur le calcaire argileux du lias, qui apparaît aux lianes du ravin.
Mode de construction. — Les piles, au nombre de six, ont une section trapézoïdale justifiée par la courbure du viaduc; leur épaisseur, mesurée aux naissances, est de 3m,60 sur la tête concave et de 4™, 20 sur la tête convexe.
Pour uniformiser les pressions sur les diverses assises, on adonné des fruits courbes aux parements; cette innovation transforme la pile en un solide d’égale résistance, sans qu'il soit nécessaire de ménager des retraites à diverses hauteurs. Par celte suppression des retraites, on laisse aux lignes verticales toute leur pureté; rien n’arrête l'œil, qui embrasse d'un seul coup la hauteur entière de l'édifice. Le seul écueil qui se présentait dans l’adoption des fruits courbes semblait être la difficulté d’exécution; on l’a évité en remplaçant la courbure continue des faces par une série de facettes planes inscrites dans la courbe théorique et qui se substituent à elle sans que l'œil en soit même averti. En fait, l'adoption de ce système n’a occasionné aucune sujétion et n'a point entraîné plus de dépenses que si les piles avaient présenté un fruit constant dans toute leur hauteur.
Pour s’opposer aux déversements latéraux des piles, on a exagéré les fruits courbes sur leurs petites faces et on les a appuyées par des contre-forts présentant eux-mêmes des fruits courbes assez prononcés. Ces contre-forts, qui s’élancent sans brisures jusqu’au parapet, ont une saillie plus forte sur la face concave, afin de résister à la force centrifuge développée par un train passant sur le viaduc. Us dissimulent il l’œil, sur les faces latérales, les arêtes du polygone formé par les voûtes et les trapèzes des piles. Ils augmentent en outre les superficies horizontales des assises, et diminuent ainsi les pressions par unité de surface.
Ces pressions, pour lesquelles on s’étaitimposé une moyenne de 6 kilogrammes par centimètre carré, sont :
(1) Voir notre article principal sur les Chemins de fer , pages 99 et suivantes.
LES GRANDS TRAVAUX PUBLICS
Aux naissances . 4k,99
A 5 mètres en contre-bas des naissances . 5 ,57
A 10 mètres . 6 ,03
A 15 mètres . 6 ,27
A 20 mètres . 6 ,28
A 25 mètres . 6 ,17
A 30 mètres . 5 ,98
L’emploi de la pierre de taille a été exclusivement limité à la corniche et au bahut des parapets. Les archivoltes et les angles saillants des piles, des culées et des contre-forts sont en moellons piqués; le reste des parements est en moellons têlués.
On a supprimé tout cordon aux naissances des voûtes, et c’est seulement dans les archivoltes que le moellon piqué fait saillie sur le reste des parements. En écartant ainsi toute recherche d’appareil, on s’est attaché à laisser subsister seulement les lignes principales de la construction, afin de donner aux maçonneries un caractère d’homogénéité très-rassurant, et qui convient d’une manière spéciale pour un grand ouvrage.
Dans un viaduc aussi élevé, la trépidation des trains s’exerçant sur un remplissage entre les murs des tympans pourrait produire des poussées dangereuses; pour les éviter, on a construit sur les reins de chacune des grandes voûtes un berceau de décharge dont l’axe est perpendiculaire à celui du pont. On a préféré ce système à celui des voûtes longitudinales, parce qu'on redoutait sur ces dernières l’effet combiné de la force centrifuge et des poussées. On a d’ailleurs eu soin de placer le centre de ces voûtes un peu en dehors des axes des piles; cette précaution a eu pour but de ramener vers le centre de chaque pile la résultante des actions verticales transmises par les deux demi-voûtes contiguës, résultante qui était déplacée, à raison de la pente donnée au viaduc. Des puits avec regards, ménagés sur l'axe de la plate-forme, permettent la visite des voûtes intérieures.
Pour l’ensemble du viaduc, en considérant la coupe longitudinale faite suivant l’axe de la voie, le rapport du vide au plein en élévation est de 1,82, et le cube moyen de maçonnerie par mètre superliciel en élévation est de 3m,()7.
Matériaux. — Les moellons de parement sont des grès de Verrières (Aveyron); les moellons employés dans l’intérieur sont calcaires et ont élé fournis par les tranchées voisines de l’ouvrage; le sable a été pris dans le lit du Tarn; enfin, la chaux hydraulique dont on a fait usage provient de la cuisson de calcaires pris aux abords du viaduc, et a été fabriquée dans une usine installée spécialement par les ingénieurs.
L'intérieur des maçonneries des piles, au lieu d’être en libages ou en moellons smiltés sur les lits, comme on l’a fait pour d’autres grands viaducs, est simplement en maçonnerie de moellons bruts. Les voûtes et les tympans de la face convexe ont été exécutés avec du mortier de ciment h prise lente.
Cintres. — Les cintres étaient soutenus par des rails traversant les maçonneries des piles au niveau des naissances. Par arche, le cube de bois employé s’est élevé à 31m,79, et la dépense du cintre a été de 3,400 francs environ. Le tassement au sommet, pendant la construction, a été, moyennement, de 0,003, et le tassement des voûtes, à la suite du décintrement, s’est élevé en moyenne à 0,004.
Dépenses. — Les dépenses faites pour la construction du viaduc de Vczouillac se résument ainsi qu'il suit :
LES CHEMINS DE FE1L
DÉPENSES