‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 86 sur 174 · D’APRÈS MAUMENÉ · texte numérisé non relu

D’APRÈS MAUMENÉ

50 gram. d’huile pour

10e3 d’acide.

d’après fehling 15 gram. d’huile pour

10e3 d’acide.

Olive .

Œillette .

Colza .

Amandes douces .

Navette .

Pavot .

Lin .

Sésame .

Ricin .

Noix .

Foie de morue .

LES CHEMINS DE FER

Ce procédé n’est pas complet puisqu’il ne permettrait pas de reconnaître le mélange d’huile de colza et de navette, à cause de la faible différence des températures caractéristiques de ces deux huiles : il faut donc corroborer l’essai parun essai d’une autre nature qui décèle, au besoin, le mélange d’huile de navette.

Essai par le permanganate de potasse. — Comme la plupart des matières organiques, les huiles réduisent le permanganate de potasse et le décolorent : seulement il faut un volume d’huile différent pour opérer cette réduction, selon la qualité d'huile à essayer.

Ainsi, pour décolorer l’unité de volume de permaganate, il faut employer :

Colza . . 190 unités.

Lin . 100 —

Chènevis . 283 — etc...

Malheureusement, dans le cas d’un mélange d’huiles, ce procédé ne peut donner que des résultats peu précis et quelquefois tout à fait erronés.

Essai pur la comparaison des pouvoir réfringents. — Une goutte d’huile que l'on laisse tomber d’une certaine hauteur sur une nappe d’eau forme, en s’étalant, des figures caractéristiques de chaque espèce d’huile, et dont les différences tiennent à ce que leur pouvoir réfringent n’est pas le même.

11 serait fastidieux de décrire les figures qui se produisent dans chaque cas. Chaque essayeur doit donc commencer par se créer une série de types.

Pour faire cet essai, il faut opérer avec de l’eau distillée, dans un vase toujours le même, que l’on doit avoir soin de rincer, après chaque essai, avec de l’acide sulfurique concentré, puis avec une dissolution de soude, sous peine de commettre des erreurs grossières.

Quoi qu’il en soit, la multiplicité des méthodes employées, pour l’essai des huiles, prouve qu’aucune d’elles n’est parfaitement sûre et précise : chaque opérateur combine, à son gré, celles qui lui paraissent les plus propres à le fixer sur la qualité de l’huile destinée à l’éclairage.

En résumé , d'après les conditions généralement acceptées dans les cahiers de charges, l’huile doit être refusée si les appareils dans lesquels on l’essaie s’éteignent spontanément, après une combustion de moins de quatorze heures, qui a eu lieu dans des conditions normales. Si la combustion ne se soutient pas pendant plus de vingt heures, l’huile est réputée de qualité douteuse. Alors l’épreuve décisive résulte de sa comparaison avec toute autre huile de colza d’une qualité et d’une pureté bien reconnues : si, pendant une combustion de seize heures, l’huile essayée ne donne pas une aussi belle flamme et dépose plus de charbon sur les mèches que l’huile prise pour terme de comparaison, toutes circonstances égales d’ailleurs, on en conclut que la première n’est pas recevable.

Emploi et essai de l'huile de pétrole. — En présence du faible pouvoir

éclairant des huiles végétales, de leur prix, et de l’extension que prend le commerce du pétrole depuis quelques années, les Compagnies de chemins de fer ont pris le parti de l’employer presque partout pour l’éclairage fixe des gares et stations. Le Nord en France, le Kaiser-Ferdinand’s Nordbahn en Autriche, ont même essayé de le substituer à l’huile végétale, pour l’éclairage des voitures et des falots que l’on suspend à l’avant des machines.

L’huile minérale présente, en effet, de grands avantages sur l’huile de colza : non-seulement, à volume égal, son prix est beaucoup moindre, mais encore on constate qu’un litre de pétrole produit la même quantité de lumière que llll.70 de colza; enfin, sa fluidité étant beaucoup plus grande, il en résulte une moins grande complication des appareils. 11 est vrai que le pétrole a l’inconvé-

APPAREILS D’ECLAIRAGE

nient d’être inflammable ; mais eela tient surtout à ce que son épuration laisse souvent à désirer.

En eflet, dans la distillation des schistes bitumineux et des goudrons, on recueille successivement trois sortes de produits :

1° Les essences légères qui se dégagent jusqu’à la température de 120 degrés et qui s’enflamment avec la plus grande facilité : leur volatilité est telle que leur transport est difficile et que leur emploi est évidemment dangereux;

2° Les huiles d’éclairage qui se dégagent entre 120 et 220 degrés et qui marquent au densimètre 0,820. Leur emploi n’olfre aucun danger, si elles ne sont pas mélangées des précédentes ;

3° Les pétroles lourds et résidus de goudron, inutilisables pour l’éclairage.

Il suffit donc que le pétrole employé soit compris dans les huiles de la deuxième catégorie, parfaitement purifiées et clarifiées. — Dans ces conditions, on obtient un liquide limpide et incolore, ne présentant presque aucune odeur, à la température ordinaire, et ne dégageant pas de vapeurs inflammables, tant que la température reste inférieure à 40 ou 42 degrés centigrades.

Indépendamment de ces caractères, très-faciles à reconnaître, on peut vérifier la pureté du pétrole, en y plongeant une allumette enflammée : elle doit s’éteindre si le liquide a été convenablement raffiné. En employant, en outre, le densimètre ou le naphtomôtre, on complète l’essai, de manière à lui donner toutes les garanties les plus sérieuses.

L’appareil , généralement adopté pour ces essais, est celui de M. Casartelli, de Liverpool; ce naphtomètre marque la température à laquelle se dégagent du pétrole les vapeurs inflammables. Pour du pétrole parfaitement rectifié, cette température devrait être de al degrés. Mais les Compagnies poussent la tolérance jusqu’à 42 degrés.

M. Santi, de Marseille, a fait breveter, en France, un appareil qui se rapproche beaucoup du naphtomètre et qui porte le nom de 'phlog-élaîo-mètre.

Une autre série d'essais, par la densité, consiste à colorer une huile que l’on prend pour type, par exemple avec de l’orcanète. Puis on prend une goutte du pétrole à essayer, au bout d’une baguette de verre, et on la laisse tomber dans l’huile type. Cette goutte se conduit comme un aréomètre : suivant qu’elle monte ou qu’elle descend, on en conclut que l’huile à essayer est moins ou plus lourde que le type.

Le pétrole se conserve dans des vases métalliques ou en hois doublé de métal et l’on ne doit pénétrer dans le magasin qu’armé d’une lampe de sûreté.

Emploi du gaz. — Nous n’avons que peu de chose à ajouter sur l’emploi du gaz qui se fait dans les conditions ordinaires et bien connues de l’éclairage fixe.

Toutes circonstances égales d’ailleurs, le gaz est certainement d'un emploi moins coûteux que les huiles : il ne nécessite pas d’appareils spéciaux pour la combustion, mais il a d’autres inconvénients sérieux dans l’application à l’éclairage des trains.

Si l’on emploie un réservoir unique, placé en tête du train, par exemple, on retombe dans tous les inconvénients de la continuité nécessaire à établir entre les diverses voitures du train, inconvénients sur lesquels nous avons déjà insisté à propos du chauffage continu, et auxquels vient s'ajouter celui de la pression et, par suite, de l’éclairage qui va en diminuant de la tête à la queue du train, à moins que l’on emploie un régulateur pour chaque bec, ce qui est une grande complication.

Si l’on veut éviter ces inconvénients, on est conduit à établir un réservoir par voiture; et indépendamment de la complication que nécessite cette dispo-

Page 1