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NOUV. TECH
LES CHEMINS DE FER
sition, il en peut résulter de sérieux dangers, en cas d’accident, choc ou collision : de plus, on perd l’avantage de pouvoir éteindre à la fois toutes les Jampes, comme on peut le faire dans le oas de l’éclairage continu.
Quoi qu'il en soit, l’éclairage continu au gaz a été appliqué par l’État Belge. L’éclairage discontinu est appliqué par quelques chemins de fer allemands, notamment par ceux de Berg-Marclie et de basse Silésie (gaz Pintsch) ; enfin il a été mis à l’essai par la Compagnie d’Orléans (gaz comprimé de M. llugon).
Signalons, en passant , que les résultats que nous a paru donner l’éclairage belge ne sont guère satisfaisants. Dans la plupart des lampes, la flamme est très-agitée par la marche du train; il en résulte un dépôt de noir de fumée qui retombe sur la coupe en verre, et, par suite, une diminution sensible du pouvoir éclairant.
§ 2. — Appareils d’éclairage.
Forme et position des brûleurs pour l’huile végétale. — Étant donné l’emploi des huiles végétales ou minérales, le brûleur est formé d’une mèche plongeant dans un godet rempli du liquide combustible.
Tantôt le niveau de la lampe est variable, c’est-à-dire que la mèche s'alimente par le seul effet de la capillarité; tantôt il est constant, c’est-à-dire que le réservoir est placé au-dessus du brûleur et alimente, d'une façon régulière, le bec qui se trouve au même niveau que celui de l’huile dans le réservoir ; tantôt enfin, un modérateur, formé d’un ressort et d’un piston, tend à faire arriver l’huile à la partie supérieure jusque dans la mèche.
La dimension des lampes de voiture, devant être nécessairement fort restreinte, exclut les complications qui résultent de l’emploi d’un modérateur, et, en résumé, on n’a guère de choix à faire qu'entre la lampe à niveau variable et celle à niveau constant, et, en ce qui concerne la forme du brûleur, entre le bec plat et le bec rond.
Il est inutile d’insister sur les avantages que présente le bec rond dans lequel l’arrivée de l’air se fait au centre et qui, par conséquent, réalise une combustion plus complète de l’huile. La dépense d’huile est, il est vrai, plus considérable que dans les becs plats, mais cette huile est mieux utilisée. Le bec rond nécessite une cheminée en verre, ce qui présente des inconvénients, au point de vue du temps nécessaire à l’allumage et à l’extinction des lampes, mais ce qui donne plus de régularité à la combustion et protège la flamme contre l’arrivée trop brusque de l’air.
En résumé, le bec rond, employé à l’éclairage des compartiments, réalise un progrès sur les anciennes lampes à mèche plate.
Les mèches sont généralement en coton, d’un tissu convenablement serré; leur trame est en soie si elles sont destinées à l'huile végétale, parce que le coton plus épais s’opposerait à l’ascension de l'huile par l’eiret de la capillarité.
Lampe ordinaire à bec plat. — La lampe se compose principalement d’une couronne creuse et cylindrique, en fer-blanc, communiquant par deux conduits, qui servent, en même temps, de supports au bec, avec un godet inférieur, fermé en bas par un bouchon à vis et dans lequel doit plonger la mèche.
On la remplit en la renversant et en dévissant le bouchon du godet pour y verser l’huile qui pénètre dans la couronne creuse par l’un des conduits : lorsqu’on retourne la lampe, après l’avoir rebouchée, l’huile .arrive régulièrement à la mèche par l’autre conduit sans dégorger, parce qu’au fur et à mesure de la consommation, le vide se produit au-dessus du niveau de l’huile dans la couronne creuse.
APPAREILS D'ECLAIRAGE
L’air nécessaire à la combustion arrive par une fente qui se trouve entre la couronne et la lampe. Les produits de la combustion s’échappent par une cheminée qui supporte en même temps le réflecteur; cheminée et réflecteur font partie d’un chapeau percé de trous qui se rabat, autour d’une charnière, sur le pavillon delà voiture, lorsque l’on veut allumer, éteindre ou nettoyer la lampe.
Nouvelle lampe à bec plat de 20m/m. — Dans le nouveau type qui va être appliqué par la Compagnie du Nord à l’éclairage des voitures de deuxième classe, tandis que les premières seront éclairées par des lampes à hcc rond, le réflecteur est fixe et fait partie de la couronne creuse, servant, comme dans la lampe précédente, à l’alimentation de la mèche. En outre, pour verser l’huile , il n’est plus nécessaire de renverser la lampe : un bouchon à vis, situé à la partie supérieure de la couronne cylindrique , ferme l’orifice destiné au remplissage.
Lampe à bec rond de 20 m/m. — Lanouvelle lampe à bec rond, appliquée par la même Compagnie aux voitures de première classe, paraît devoir donner d’excellents résultats : elle permet de lire sans difficulté, quelle que soit la position que le voyageur occupe dans le compartiment; et, grâce à l’emploi d’une cheminée en verre, absolument nécessaire, quand il s’agit d’un bec rond, la stabilité de la flamme est parfaitement assurée.
Cette lampe, qui est à niveau constant, est représentée par les fig. 4, 5, o biSf 6 et 7 de la PL XXV. La couronne creuse en fer-blanc A, qui supporte le portemèche, est formée de deux parties : l’une D est fixe et fait corps avec le portemèche, et le tube de descente de l’huile y débouche. L’autre partie mobile C, que l’on peut enlever pour la remplir d’huile, est munie, à la partie inférieure, d’une ouverture fermée par une soupape D. Celle-ci se termine par une tige E d’une longueur telle que , lorsqu’on replace la couronne mobile C sur la couronne fixe B, la tige E vient se heurter contre le fond a du tube de descente et, en se levant, ouvre , par conséquent , l’orifice par où l’huile doit s’écouler et arriver jusqu’au pourtour de la mèche ; l’huile qui dégorge pendant la combustion s’écoule dans un godet F, ouvert à l’air libre, où plonge la mèche cylindrique.
Une clef latérale permet de faire descendre la mèche et de la noyer, lorsque l’on veut éteindre la lampe; pour l’allumer, il faut nécessairement retirer le verre, ce qui prend plus de temps que l’allumage assez primitif des lampes à bec plat.
Ici, comme dans le système précédent, le réflecteur fait corps avec la partie fixe de la couronne creuse.
Lampe à pétrole. — La fluidité du pétrole étant infiniment plus grande que celle de l’huile de colza, on peut, dans les lampes qui brûlent de l’huile minérale, se fier à la capillarité pour l’alimentation de la mèche, et supprimer, par suite, la disposition assez compliquée des couronnes creuses, avec ou sans soupape.
L’emploi du pétrole ne présente, d’ailleurs’, aucun danger, si l’on a soin de disposer le réservoir d’alimentation de la mèche à une idistance suffisante pour que 1a. chaleur de la combustion ne le porte pas à une température de 40 degrés, au-delà de laquelle le liquide pourrait dégager des vapeurs qui formeraient des mélanges détonants avec l’oxygène de l’air.
Aussi emploie-t-on pour le bec des substances isolantes et conduisant mal la chaleur, telles que la porcelaine, par exemple. Le bec a un diamètre de 1 4 millimètres, dans les appareils nouvellement mis à l’essai par la Compagnie du Nord.
Une clef à crémaillère permet de régler la hauteur de la mèche et la flamme
LES CHEMINS DE FER
est garantie par une cheminée en verre. Son extinction est encore plus facile que celle du bec rond à l'huile végétale : il suffit au lampiste de souftlcr à la partie supérieure de la cheminée en verre.
Les expériences qui ont été faites, pour l’éclairage des trains, en France, ont prouvé qu’avec une dépense moindre, on pourrait arriver à un pouvoir éclairant un peu supérieur à celui du bec rond à l’huile végétale.
A l’étranger, la Compagnie autrichienne du Kaiser-Ferdinands Nordbahn, qui emploie le pétrole pour les lampes des voitures de luxe et pour les falots placés à l’avant des machines, déclare qu'elle obtient un pouvoir lumineux équivalent à celui de neuf bougies, moyennant une faible consommation d’huile. Le falot, d’une construction légère, résiste, d’ailleurs, aux plus violentes tempêtes, et la fermeture hermétique ainsi que l’épaisseur de son enveloppe le mettent à l’abri de la gelée, qui eût été à craindre à l’altitude considérable qu’atteint la ligne, dans la traversée du Sœmmcring.
Le réflecteur employé pour éclairer la voie a, d’ailleurs, la forme d’un segment de paraboloïde de révolution, au foyer duquel se trouve le point lumineux.
Éclairage au gaz. — Dans les appareils d’éclairage continu au gaz, employés par l'État Belge, le brûleur n’a rien de particulier; c’est un bec fendu, surmonté d'un robinet réglé une fois pour toutes, et dont les lampistes n’ont pas la clef. Ce régulateur est branché sur la conduite qui est placée audessus de chaque voiture et qui est formée d'un tuyau en fer, de 0œ,03 de diamètre.
La pièce de raccord qui relie entre eux ces tuyaux, lorsqu’on attelle les voitures , est formée d’un tube de caoutchouc , dont l’extrémité est fixée par une ligature sur une embouchure métallique, munie d'oreilles et prolongée par un tube qui peut entrer, à frottement doux, dans le tuyau principal de chaque voiture. Pour le maintenir dans cette position, il suffit d’abaisser une patte fixée par une charnière au tuyau principal et munie d’une fourche , dans laquelle s’emboîte le tube de raccord et qui s’oppose à ce que les oreilles faisant partie de l'embouchure n’éprouvent aucun mouvement de recul.
Pour dételer, il suffit de relever la patte, et de retirer l’embouchure du tuyau : ce système est donc extrêmement simple.
Le réservoir à gaz, placé dans un compartiment du fourgon de tête, a un diamètre de 0m,60 environ et une longueur de 2 mètres, ce qui représente une capacité de plus de ot>0 litres.
Emploi des verres colorés pour les signaux. — Les feux que l’on emploie sur les chemins de fer sont ordinairement blancs, rouges ou verts. C’est par exception que. l’on emploie le jaune ou le bleu ; on restreint cet emploi aux signaux qu'il n’est pas nécessaire d’apercevoir de loin.
En ellct, l'emploi d’un verre coloré a toujours pour conséquence d’atténuer, dans une certaine mesure, l’intensité de la lumière blanche ; et si (à l’exception de la Compagnie d’Orléans) l’on a choisi le rouge comme signal d’arrêt, et le vert comme signal de ralentissement, c'est parce que les verres de ces deux couleurs absorbent une moins grande quantité de lumière et parce qu'à distance, il est plus facile de les apercevoir que les feux d’une autre couleur.
Le rouge peut être obtenu soit par l'or, soit par l'argent, soit par le cuivre ordinaire, avec des teintes plus ou moins foncées.
Nous donnons au tableau suivant le résultat d’expériences photométriques extrêmement rigoureuses qui justifient la préférence dont il vient d’être question :
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