‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 93 sur 174 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

NOUV. TECH

LES CHEMINS DE FER

Os résultats peuvent être attribués à une meilleure utilisation de la machine qui sert à amener les wagons et à l’habitude que le personnel commence à prendre de ce nouveau mode de travail.

Cependant il est essentiel de ne pas oublier que, pour comparer absolument les divers chiffres que nous venons de citer, il faudrait auparavant être certain que les données qui ont servi à les établir, sont elles-mêmes comparables; et il est à craindre que, dans les chiffres mis en avant, on n’ait pas toujours fait entrer en ligne de compte les mêmes natures de dépenses. En outre, dans une même gare, où le travail se fait d’une façon uniforme, le prix de revient oscille lui-même, en raison de l'activité assez variable du trafic; chaque gare importante est, en effet, outillée de manière à pouvoir faire face à un mouvement de wagons plus actif que celui qui a lieu en réalité. Il arrive donc, en général, que le trafic peut s’élever sensiblement, sans que les dépenses du personnel subissent aucune augmentation, et le prix de revient diminue d'autant. A partir d'une certaine limite , au contraire, les dépenses s’élèvent brusquement et le prix de revient fait un saut correspondant. En d’autres termes, on pourrait représenter graphiquement cette situation en traçant, pour l’accroissement régulier du trafic, une ligne obliquement ascendante; pour l’accroissement graduel des dépenses, une ligne brisée en escalier, de direction ascendante; enfin, pour la variation des prix de revient, une série de crans, formant pour ainsi dire les dents d’une scie horizontale.

Quoi qu’il en soit , la digression précédente n’avait d’autre but que de justifier les tentatives qui ont été faites pour substituer au triage, tel qu’il se pratiquait jusqu’à présent, des moyens mécaniques dont nous allons maintenant dire quelques mots.

Chariots transbordeurs. — L’un des moyens mécaniques que l’on peut

employer pour classer les wagons et remplacer l’usage des plaques et des che- Vuu.X) c’est de se servir d'un chariot transbordeur, sans fosse, capable de remorquer un wagon sur une voie perpendiculaire à son chemin de roulement, de l’amener sur sa plate-forme, de le transporter vis-à-vis une autre voie parallèle à la première et de l'y déposer.

Toutes ces manœuvres peuvent être effectuées mécaniquement à l’aide du chariot que la Compagnie de l’Ouest avait exposé dans l’annexe de l’École militaire, et qui fonctionne actuellement aux Batignolles (PI. XXIV, fig. 6, 7 et 8). Un chariot identique, et sortant également des ateliers de la Société de Fives-Lille , vient d’être installé à la gare des marchandises de Lille (Saint-Sauveur), pour remplacer l’un des files de plaques qui traversent les onze voies de garage sur lesquelles on classe les wagons en provenance ou en destination des huit balles.

Cette disposition, à laquelle on a dû recourir, faute d’espace entre les pignons des balles, est moins avantageuse que celle que l’on a pu adopter aux Batignolles (fig. 8), où les trois rails H du chariot ont pu, grâce à l'intervalle qui existait entre les quais Q Q’ des halles , être établis à côté d'une traversée rectangulaire, et non pas à la place : ce qui fait que le chariot sert, en outre, à tourner les wagons sur les plaques dont est armée cette traversée et que, en cas d’accident ou d’avarie au chariot, il est toujours possible de faire usage de la traversée,

A part cette différence d’installation, le type des deux chariots est absolument le même : ils se composent d'une plate-forme P (fig. 6) , montée sur deux essieux couplés E fi, munis chacun de trois galets G qui peuvent se mouvoir sur trois files de rails perpendiculaires aux voies qu’il s’agit de desservir. Cette platcorme porte une chaudière et une machine horizontale , à deux cylindres et à changement de marche, qui actionne un arbre moteur A, muni des engrenages U

APPAREILS DE L’EXPLOITATION TECHNIQUE

et \ nécessaires pour faire tourner , d’une part, le tambour T sur lequel s’enroule la corde qui remorque les wagons, d’autre part, l’essieu E : deux mandions d embrayage d d, mis en prise par deux manivelles mm', déterminent soit la rotation du tambour, soit la translation de chariot : une poignée p permet d’arîêtei le chariot à 1 endroit nécessaire, en faisant descendre un verrou dans une des encoches pratiquées, de place en place, sur le rail central.

Le chariot porte un tablier K sur lequel sont posés deux rails ordinaires r r' situés à 0m,12ii environ au-dessus du niveau des voies et raccordés, à chaque extrémité, par des plans inclinés d’une longueur de I mètre.

Un cabestan G, dont le profil est représenté à la figure 7, est lixé à l’angle opposé au tambour et à la même hauteur, c’est-à-dire à 1 mètre environ du sol : il sert à remorquer les wagons dans le sens opposé à celui qui est naturellement obtenu par l’enroulement de la corde sur le tambour.

Enfin , aux trois autres angles du chariot, sont installées des poulies de renvoi B qu’on utilise lorsque l’on veut faire traverser un ou plusieurs wagons sans les faire passer sur le chariot.

Un système de ressorts réalise l’indépendance de la machine et du chariot, de manière à prévenir toute oscillation horizontale et à faciliter le passage de 1 appareil dans les courbes. Le poids total est de 21,500 kilos et le prix de l’appareil est de 22,500 fr., non compris la pose du chemin de roulement.

La machine estassez forte pour mettre en mouvement une rame de 15 à 18 wag°ns lui faire franchir, au besoin, le tablier K; mais, dans ce dernier cas, il est préférable de se servir des poulies de renvoi B.

Ce chariot étant en service à la gare des Batignolles depuis dix mois, nous empruntons à la Compagnie de l’Ouest quelques renseignements sur son utilisation.

Théoriquement, il pourrait manutentionner cinq cents wagons en vingtquatre heures ; mais, comme sa vitesse de translation ne dépasse guère I mètre par seconde, qu il faut une minute pour accrocher et faire monter un wagon sur le tablier, autant pour arrêter le chariot et lancer le wagon sur une autre voie, qu il se produit fréquemment de fausses manœuvres, on évalue à 250 le nombre des wagons que cet appareil permet do trier en vingt-quatre heures.

Cela posé, le prix du chariot étant de 22,500 fr., et les frais d'installation de la 4 oie pouvant etre évalués à 7,500 fr« environ, la manœuvre exigeant d’autre paît 1 emploi de trois hommes, Un chauffeur mécanicien, un chef d’équipe et un accrocheur travaillant huit heures par jour, soit neuf agents en Vingt-quatre heui es , le prix de revient pourrait être établi de la manière suivante t

DESIGNATION

DÉPENSE

en

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