LIMITES DE LA RÉDUCTION DE L'I, A
quelques sensations élémentaires pauvres et confuses, a pourtant, vifs, clairs, immédiats et réels, le signe local, la couleur locale, la qualité et l’esthésie : « je ferme la main ». Il ne s’agit pas de sensations interprétées et déplacées par des souvenirs ; il n’y a iei nulle imagination; il y a d'emblée, purement et exactement, perception sans objet.
L'’halluciné et son critique viennent de se faire des concessions. Ils vont tenter de les révoquer en se disputant une hallucination beaucoup plus détachée du réel et infiniment plus riche que celle des amputés. C’est celle qui naît dans une perception déjà sans objet : l’image consécutive.
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AUTO-OBSERVATION
L’Image Consécutive ! a au moins deux bonnes raisons de se faire ici une large place.
D'abord, tout comme l’hallucination, c’est une perception sans objet, un type de perception sans objet, commune à tous et que chacun peut à chaque instant se procurer, la seule vision — avec l’image virtuelle — dont on n’ait jamais contesté l’existence. Et surtout on peut se demander si l’hallucination visuelle ne se réduit pas à l’image consécutive, si certaines hallucinations visuelles n’ont pas dans des images consécutives leur seul noyau sensoriel, quasi objectif.
La post-image est d'ordinaire inconnue des malades, et ce sera précisément une cause de son pouvoir hallucinogène. Surprise par le regard, la fugitive sensation seconde d’une lumière, d’un reflet, d’une vitre, ne sera pas reconnue du sujet, qui prendra pour un être extraordinaire cette vaporeuse luminosité.
Quelquefois, l’image consécutive, consciente et reconnue, s'impose, fréquente, multiple, intense, gênante. C’est rare, et sauf les cas, sans intérêt ici, de l’interminable image d’une lumière trop longtemps fixée ?, je n’ai entendu que deux sujets se plaindre de l’intensité trop vive, de la durée trop grande, de l’obsédante pullulation de leurs images consécutives parmi les objets. Cela arrive pourtant; enfants et adultes peuvent être persécutés par ces visions,
1. Post-image, sensation secondaire, after-image, Nachbild, N. BE, etc. — 9. Cas classique de Newton : persistance d’une after-image solaire pendant plusieurs mois. — 3. Cf. p. 238-239, 344.
Cf. Remarques sur l’image consécutive. Année Psychologique, 1927.