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FAIT PRIMITIF : OBJECTIVITÉ ? SENSORIALITÉ

giné s’objective et se réalise comme le perçu, la différence qualitative subsiste même si la différence numérique ou la dualité s’efface. Perception et image ont le même objet, l’objet extérieur ; et si le primitif tend peut-être à oublier leur dualité quand 1l les confond toutes deux avec l’objet, leur spécificité individuelle ne s’amoindrit nullement, pour cela, Pour acquises et progressives que soient peut-être, je n’en sais rien, les notions de subjectivité et d’intériorité, à moins que ce ne soient celles d’objectivité et d’extériorité, elles ne contredisent nullement la spécificité de l’image. C’est précisément la différence qualitative et sa conscience qui rendent possible le classement des choses intérieures et extérieures, objectives et subjectives, avec les avantages pratiques de ce tri. C’est parce qu’il y a une différence immédiate et évidente entre le souvenir et la sensation qu'individu et société peuvent répartir les réalités psychologiques en deux groupes : d’un côté (avec les objets), les sensations, l'extérieur, l'étranger, l’irrémédiablement objectif, quel que puisse être parfois notre désir de son inexistence extérieure et de son intériorité; en face, les images, incurablement subjectives, quels que soient parfois leur puissance et notre désir d’objectivation, de réalisation et de projection. Ce sont ici des différences intrinsèques, primitives, premières, immédiates qui commandent, permettent ou empêchent l’objectivation, et il ne sera permis qu'en deuxième ligne à nos émotions et aux impératifs sociaux de venir confirmer, utiliser, accentuer, compliquer où perturber l’ordre obtenu par la physique et la logique des sensations et des souvenirs 10,

On peut vouloir dire, avec James !l, que nous sommes mis en demeure de choisir un monde « réel »... que, pour être réel, un objet doit être « important »... que réalité signifie relation avec la vie émotionnelle... que je veux l’existence des objets. Mais, si l’on parle ainsi, il faut reconnaître que la distinction entre un monde extérieur et un monde subjectif est permise par la distinction préliminaire de la perception et de l’image, « Perception »

10. Sur ce point, cf. par exemple, Maréchal, Etudes de psychologie des Mystiques, I, 113-114. — 11. Principles, II, 293-298.

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