LES ESPÈCES D’'HALLUCINATIONS
n'implique pas nécessairement et immédiatement objectivité, : existence hors de moi; et « image » ne signifie pas d'emblée subjectivité et intériorité au moi; toutes deux, sil le fallait, pourraient être également dites objectives et externes ou subjectives et internes. On le sait de reste, la sensation, dans les hallucinations reconnues, peut retourner au moi dont on l’a détachée, et l’image, dans ce qu'on à appelé l’hallucination psychique, peut être aussi extérieure, étrangère et objective que l’objet le plus lointain, sans cesser d’être image et sentie comme telle. On a réparti sensations et images comme on l’a fait parce qu’une différence qualitative, immédiate et indicible l’a permis.
Survivance et supériorité, malgré degrés, passages et confusions, de la différence qualitative, spécifique, de nature, entre sensation et image, Possibilité de prendre des images pour des objets extérieurs. Ces deux affirmations amènent à distinguer deux grandes classes d’hallucinations, sans compter les « hallucinations » «psychiques » :
1. — Les hallucinations réellement esthésiques. En l’absence de l’objet, le mouvement qui a fait de la’perception l’image peut se reproduire en sens inverse, et la perception ressuscite, identique à ce qu’elle a été sous le choc de l’objet, à ce qu’elle serait s’il était présent.
2. — Les hallucinations non esthésiques mais prises pour telles. Ici l’image, restant image, et ne se transformant nullement en perception, a d’abord les honneurs de l’objectivation, de l’extériorisation au moi et de la réalisation en objet; puis, pour une conscience obscurcie et inattentive à ce qui se passe en elle, oublie de s'appeler toujours image et, se laissant prendre pour un objet, se laisse appeler à tort perception !2.
Nous verrons à chaque pas se combiner ces deux manières d’être halluciné, ou s’opposer ces deux théories. Nous avons vu ailleurs qu’elles pouvaient toutes deux se réclamer de Leïbniz; mais c’est surtout au siècle dernier qu’elles se sont peu à peu précisées. « Les uns, disait déjà Baillarger #,
12. Le phénomène dit : « hallucination psychique », dont nous reconnaîtrons l'importance et le plein droit à l'isolement, c’est l’image objectivée, extériorisée au moi, et parfois même réalisée en objet, mais sans perte ni de sa nature d'image, ni de La conscience qu’elle est toujourrs
une image. — 13. Sur les hallucinations hypnagogiques, A. M. P., 1845, Tr 7e