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LA DIPLOPIE HALLUCINATOIRE AFFIRMÉE

images consécutives et avait déjà subi des hallucinations visuelles —— un crâne, qu’il voulut saisir — vit un soir, dans son jardin, après un léger étourdissement, un homme dans un grand manteau bleu, sous un arbre, pendant une ou deux minutes. Une demi-heure après, sous le même arbre, le même homme reparut, dans la même attitude. Le malade se souvint alors de l'expérience de Brewster et déplaça du doigt le globe d’un de ses yeux. Ce fut, dit-il, sans autre résultat que de rendre la vision moins distincte; mais « en regardant obliquement », il vit la figure « double et de grandeur naturelle ». Il s’avança aussitôt vers l’apparition, qui se retira pas à pas, et disparut dès qu'il distingua l'ombre de l’arbre.

Devant des faits de ce genre, mentionnés sans autres précisions, et sans que les auteurs paraissent en soupçonner l’improbabilité, deux choses étonnent : l’halluciné est assez maître de ses moyens pour vigoureusement observer ses visions ; et celles-ci ont la complaisance de rester là. J’ai eu quelques hallucinations visuelles, jamais je n’ai eu le loisir de chercher à les dédoubler; et je ne connais qu’une catégorie d’hallucinations ou le dédoublement ne paraisse pas paradoxal : les hallucinations à point de repère, les hallucinations-1llusions, inséparables d’un objet, d’un reflet. Quand un malade, pendant plusieurs minutes, voit la Sainte Vierge dans une facette de bouchon de carafe, en dédoublant la facette, on dédoublera peut-être aussi la vision que l’objet matérialise.

Nous interrogerons plus loin les « images eidétiques », ces états hallucinatoires normaux où le sujet, après avoir regardé une gravure, la revoit sur fond homogène, la revoit littéralement se dessiner sous ses yeux avec ses formes et ses couleurs, avec partie ou tout de ses détails et, à loisir, lentement, l’examine et la parcourt des yeux. Ces images ne sont certainement pas des hallucinations à point de repère et on se demande encore si ce sont des images consécutives, des représentations non objectivées ou des perceptions sans objet. Si elles ne se dédoublent pas, ce qui est bien probable, la question n’aura pas fait un pas. Si elles se dédoublent, ce ne sont pas des images consécutives, irréductiblement simples; et si on peut établir que leur

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