‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 14 sur 422 · UNE NÉGATION DE L'HALLUCINATION · texte numérisé non relu

UNE NÉGATION DE L'HALLUCINATION

considèrent l’hallucination comme un symptôme physique, les autres comme un délire. Pour les uns, les hallucinés sont réellement impressionnés comme s'ils voyaient; pour les autres les hallucinés se trompent, et n’éprouvent rien de ce qu’ils disent ». « Comme Burdach, disait-il ailleurs !#, comme Müller, Nicolaï, Sandras, Maury, je n’hésite pas à établir la ligne de démarcation la plus nette entre les hallucinations et les images les plus vives, Les hallucinés ont la même sensation que si un objet était placé devant leur œil vivant et ouvert... ». Baillarger, nous avons déjà dû le noter, Baillarger à qui les hallucinations « psychiques », les pseudo-hallucinations, les hallucinations restées images doivent leur fortune, n’hésitait donc pas à adopter la théorie de l’hallucination phénomène physique, perception, séparée de l’image par le même abîme que l’objet.

« Que le sujet voie ou entende dans sa conscience un objet que je ne vois pas, cela n’a qu’un médiocre intérêt, car sa conscience intime ne nous intéresse pas, et, surtout, n’intéresse pas la science. Ce qui est intéressant, pour la science et la police, c’est qu'il se comporte comme un homme qui voit des signaux, qui entend des injures, qu’il frappe, qu’il accuse. Supprimez ces actions réelles, ne conservez qu'un fait de conscience incommunicable dont personne ne parle ni ne parlera jamais, il y a peut-être quelque chose au point de vue métaphysique, mais du point de vue de la science psychologique, il n’y a rien du tout, et il n’y à pas lieu de parler d’hallucination » 5, M. Janet renonce heureusement bientôt à ce mépris. IL vient de réduire l’hallucination au comportement hallucinatoire, et de faire de l’acte, de l’acte impulsif, l’essentiel. En réalité, il se dissimule si peu que le comportement moteur est ici secondaire et contingent, qu’il le dit aussitôt. « Lie rêve, remarque-t-il, ne comporte aucun de ces actes, de ces attitudes, de ces paroles ». Or il en est exactement de même, le premier halluciné venu nous le dira, des hallucinations de la veille. Dans la majorité peut-être des cas, l’hallucination, celle de la veille à l’égal de celle du rêve, ne comporte ni acte,

14. Discussion de 1855-1856, A. M. P., 1856, 128-132. — 15. Médications psychologiques, I, 266-267.

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