DÉTAILS DE LA VISION ET DE L'I. C
a de sensoriel dans mes visions, et à l’actif de ma pensée tout ce que mes visions semblent avoir de l’infinité individuelle, je vois survenir un fait, encore inefficace, mais déjà inquiétant pour les hallucinations : c’est l’impossibilité de vérifier l’existence des détails que leur accorde prodigalement le visionnaire. Le détail que je cherche à mieux voir ne se montre pas et, si j'insiste, tout disparaît. Mais le sujet ne sait ce qu’il doit en conclure, Dans un conte approuvé des théologiens, Jésus, conduit en Sorbonne, ne fait plus de miracles; car le miracle, tout réel qu’il est, n’est fait et n’existe que pour le croyant. Devant sa modeste exesthésie, le sujet qui s’en institue vérificateur et qui voit aussitôt le disque lumineux se vider de toute vision, ne sait s’il a détruit la merveille en lui demandant un signe, ou s’il à simplement constaté son inexistence, C’est toujours le même monotone balancement entre la théorie de l’hallucination-image ou de l’exesthème élémentaire interprété, et la théorie de l’hallucination-perception envahissant la post-image. Tantôt je vois mal un objet parfait, tantôt mon imagination Joue sur des ébauches ; elle nomme crucifix et y postule un Christ évidemment parfait une vague tache cruciforme, et, bien entendu, sans objectiver le moindre des détails qu’exige sa croyance.
Cet effort de découverte des petits traits, s’il ne profite guère à l’hallucination, vaut parfois un succès à l’exesthème, considéré comme étant tout ce qu’il y a de sensoriel dans la vision, à la théorie de la vision fille de l’exesthème élémentaire et d’une pensée morphogène. En m’efforçant en effet de découvrir dans la vision les détails de l’objet, je découvre des détails de l’image consécutive, et cette fouille peut être très fructueuse, Mais l’hallucination réagit; et je constate que chaque nouveau trait, chaque point de la postimage m’apparaît soudain lui-même comme une Forme, un objet qui dépasse infiniment le germe exesthésique. Un point rouge de la post-image est un rubis à mille facettes ; un trait est une chenille à ravir un entomologiste aux goûts compliqués; cette croix un crucifix, cette tache une comatule, des frondaisons, un visage fiévreux. Si loin que l’exesthème pousse son analyse pour expliquer l’hallucination, autant celle-ci se compliquera; elle ne perdra rien de son