‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 151 sur 422 · I. C. SIMPLE PRISE POUR OBJET COMPLEXE · texte numérisé non relu

I. C. SIMPLE PRISE POUR OBJET COMPLEXE

avance infinie, elle opposera toujours un objet hallucinatoire infiniment détaillé à une perception objective élémentaire.

Dans ce match exaspérant, l’image consécutive ne restera pas sans répliques. L'image consécutive peut être ou paraître complexe; et le sujet, malgré son attitude la plus critique, ne peut échapper à l’apparence de la complexité et de la précision, à la perception riche et précise, pour découvrir l'apparence de la pauvreté et de la confusion, acquérir une perception pauvre et confuse. Quand j'ai la post-image du ruban de moire, ma perception métesthésique n’est pas plus confuse et ne me paraît pas moins riche que celle du ruban en personne, Je sais bien que des lunettes ne préciseront pas ma post-image comme elles préciseraient mon objet; je le sais, je ne le sens pas. L'image consécutive, sans cesser d’être et de paraître post-image, sans se peupler de visions, peut être irrésistiblement perçue comme abondant en traits et en couleurs.

Riche ou pauvre, l’exesthème peut perdre tout contact avec l’objet. Qu’à ce moment la critique fléchisse, et l’exesthème, sans le moindre enrichissement de forme, sera pris pour quelque objet merveilleux confusément perçu, « l’oiseau bleu », par exemple, apparu tout à l’heure.

L'image consécutive enfin la plus sincère, quand toute conscience est perdue de son origine et de sa nature, peut être prise pour un objet compliqué, et parfaitement perçu. La croyance à l’objet et l'attitude de la perception nous empêchent de découvrir l’exesthème et sa pauvreté... omission déjà courante dans la perception correcte du réel. Quand nous n’avons qu’à le reconnaître, et non à le décrire, le copier, le reconstruire, le corriger, nous oublions, devant un individu, un dessin, un texte, la fréquente insuffisance de sa vue, Nous croyons voir complètement un objet complet; et c’est précisément cette croyance qui nous masque les lacunes de l’objet et de sa perception. II faut alors un peu ou beaucoup de critique pour nous faire reconnaître que nous n'avons pas vu, que nous n'avons pas perçu, qu’il n’y a peut-être pas grand’chose à percevoir, que nous n'avons pas projeté d'images, que nous avons seulement eu la conduite de la perception, conduite suffisant, dans l’ordi-

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