‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 16 sur 422 · RÉPLIQUE DES MYSTIQUES · texte numérisé non relu

RÉPLIQUE DES MYSTIQUES

tiques, et leur chef incontesté, sainte Thérèse, et aussi les malades. « Dans mes visions, lui avons-nous fait dire, il n’y avait pour moi rien de visible, audible ou palpable. Je n'en ai pas moins vu, entendu et touché le Christ. Il n’y à pas eu d'objet, c’est convenu. Il n’y a pas eu non plus imagination.

« Vous m'accordez que je connais le Christ aussi bien que quiconque, puisqu'il n’est pas d'image honorable de lui que je n’aie considérée et méditée ; vous assurez que je sais doctoralement et pratiquement distinguer entre pensée, image, rêverie, rêve, folie, santé et perception; vous m'attribuez une ferme raison et je ne sais quelle finesse psychologique. J’en ai fait l’emploi ici et voici ma conclusion

« Lorsque j'ai vu N.-$S. sous la forme humaine qui lui est donnée dans tel tableau d'église, N.-S. a pris, dans mon âme, dans ma mémoire, dans mon imagination si vous voulez, une figure de lui, un souvenir de gravure ou de médaille. Et il en a refait, en y ajoutant des sublimités, une chose vue et touchée, le double psychologique total d’un. objet, sa perception intégrale. Appelons cela, si vous voulez, vision imaginative ou hallucination; je n’y vois nul inconvénient; mais Laissez-moi dire : j’ai vu le Christ dans une hallucination divine, j'ai vu.

« Vous me direz en vain : à la faveur d’un début d’extase, c’est-à-dire de sommeil, l’homme perd la conscience exacte des objets qui l’entourent; en outre, il devient sujet à des sensations anormales et n’est plus apte à les juger sainement. En ayant mal jugé dans l’extase, il sortira d’elle, non pas avec le souvenir des objets et sensations qui lui ont été en effet présentés sans qu’il s’en doute, mais avec la mémoire des vicieuses interprétations qui ont été toute sa conscience. Après sa prétendue vision comme pendant, il sera donc incapable d’un compte rendu correct de ce qui s’est passé. Ainsi, à ce degré et sous cette forme de démence, il donne à ses confuses perceptions et à ses puériles imaginations les noms des objets désirés ou redoutés. Alors, l’image de sa lampe, un moment encore visible à ses yeux fermés, sera une lumière céleste ; quelques jeux informes de sa vue momentanément malade, quelques objets mal perçus, quel-

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