INSTANCE DU CRITIQUE
ques bruits lointains, lui suffiront pour croire à la présence du Christ. À la limite, dans le simple vide de ses bras, 1l croira sentir des contacts, que rien n’empêche, s’il est convenablement ému et dément, d’être le Christ.
« Cela arrive, et j'en ai jugé comme vous dans certains cas où l’on m’a consultée. Dans mon propre cas, j'ai systématiquement douté, Je me suis alarmée de l'extraordinaire ressemblance, non seulement entre les visions divines, les visions diaboliques et les visions morbides, mais entre les apparitions authentiques et les illusions où l’âme se figure entendre et voir alors qu’elle imagine et parle. La similitude est inquiétante et la distinction difhicile; mais j'ai douté, médité, comparé, et je vous affirme définitivement que j'ai vu le Christ, que j'ai eu une hallucination divine, une perception sans objet correcte et fondée ».
Maint halluciné d’Asile parle comme s’il connaissait la théorie Thérésienne; et dans les chapitres qui suivent, j'énumérerai sans profit aux malades, et à l’halluciné que j'ai parfois été, quelques-uns des très nombreux faits où l’hallucination se réduit à une interprétation : du simple schéma d’un cube, quelques traits sur du papier, l’esprit peut faire, surtout si l’œil fixe l’image consécutive de ce schéma, un coffret magique 6, Il y a, dans maint objet mal perceptible ou mal perçu, dans la moindre métesthésie ou le plus quelconque phosphène, matière à des ambiguïtés et à des confusions multiples et vastes 17. Le correcteur !8 d’un texte fait des erreurs de lecture insensées, et peut être amené à des distinctions, élémentaires mais presque toujours oubliées, entre « j'ai vu » et « j'ai lu ». L’amputé 1 qui nous dit : je sens ma main, arrive à reconnaître qu’il donne les noms familiers des détails et des actes de sa main aux perceptions élémentaires, pauvres et confuses, issues de son moignon. Les phosphènes et les images consécutives les plus ordinaires peuvent, dans leurs caprices, être méconnaissables et simuler, de très loin pour le normal, de tout à fait près pour le rêveur, les objets les plus surprenants ®, Tel malade peut prendre, sans trace d’hallu-