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CÉCITÉ, DÉMENCE ET ANOSOGNOSIE

cination, l’attitude hallucinatoire ?!, et, pour l’avoir prise, dire un moment « j'entends, je vois ». Celui-ci supporte qu’on réduise ses voix à son propre monologue 2, oral ou mental, projeté ou non sur des bruits objectifs ou subjectifs. Ce mystique ou cet aliéné vulgaire finit par reconnaître que ses prétendues visions ou voix n’ont été que des images vives sans rien de sensoriel #. l’aveugle dément #4, sans perception, sans phosphènes, sans hallucinations, sans attitudes hallucinatoires et sans images, est encore capable de dire : Je vois. C’est la façon extrême de paraître, de se dire et de se croire halluciné quand on ne l’est pas, En voici un exemple.

J’observe en ce moment dans mon service une vieille femme, une démente sénile. Elle est debout, elle va et vient, elle connaît son lit, elle s'habille à peu près seule, elle mange à peu près proprement, elle connaît l’heure des repas, elle n’est pas très désorientée dans le temps et le monde extérieur, elle peut parler de son passé, elle délire assez activement, elle a de vives colères contre des ennemis qui viennent la tourmenter jusqu’au dortoir, puis, calmée, m'explique : « Tout çà, ce sont des souvenirs de mon vieux temps, 1l ne faut pas y faire attention ». Elle n’a ni hémiplégie, ni aphasie, ni apraxie, ni agnosie tactile.

Elle est aveugle, et elle n’en sait rien.

Cette anosognosie n’est pas très rare #, mais, dans ce cas, elle présente une particulatité. L’inconscience ou la négation de la cécité a été jusqu'ici décrite, à ma connaissance, dans les cécités corticales, après destruction des territoires corticaux optiques. On disait : la destruction de ces centres ne détermine pas seulement la cécité pure et simple, mais des troubles psychiques assez spéciaux. C’est si vrai, ajoutait-on, que des lésions occipitales incapables d’amoindrir gravement la vision provoquent cependant ce qu’on à appelé cécité psychique, l'impuissance à reconnaître les objets. Il n’est donc pas très surprenant que des lésions profondes et bilatérales des centres occipitaux provoquent, avec l’amblyopie ou la cécité, des troubles psychiques de l’ordre de l’agnosie et, à la limite, l’anosognosie. Une de leurs variétés serait cette chose étrange : l’inconscience de la cécité, l'affirmation de la vue.

Dans le cas que j’observe, la situation est assez différente : la cécité, très lentement progressive, est due à une double cataracte et n’est pas complète. À droite, la malade devine la main de l’observateur ; à gauche, elle distingue le jour de la

A. P. 430. — 92 P. 455. — 98. P. 465. — 9,4. P. 17. — 9%. Cf. Neurologie de l’hallucination, p. 292.

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