DEUXIÈME SÉRIE D'ÉPREUVES
déraisonnable de vouloir loger sensations ou représentations dans la tête.
Les résultats de cette première série d'épreuves sont donc très simples.
Cas observés : 197.
Images consécutives négatives : 197.
Images consécutives positives : 0.
Images eidétiques : 0.
« L’entraînement » a été mortel aux apparences d’eidétisme du début de quelques observations.
J’ignore ce qu’aurait causé la fatigue.
Ce qui va maintenant changer, ce ne sont n1 les procédés ni les résultats, mais seulement les dessins offerts à la curiosité de l’enfant et quelques détails d'observation.
Lorsque, en cinq à dix minutes de travail, on s'est débarrassé du carré rouge, de la chauve-souris, des lapins et du chien aux ballons, on propose au sujet une des vignettes allemandes, le mendiant endormi sur son banc par exemple.
On retrouve naturellement l’examen libre qui sollicite l’image eidétique en évitant l’image consécutive, l’examen avec fixation d’un point, précisément générateur de cette image consécutive, un dernier examen enfin du même objet, libre ou avec fixation, parfois précédé de quelque épreuve récréative.
L'enfant sait désormais de quoi il s’agit. On lui a révélé ses images consécutives, 1l connaît la marche de l’expérience, il connaît nos questions et les réponses possibles, il sait que tout tourne autour de « voir » et « imaginer ». Ladessus intervient le dessin du mendiant, précédé de ces quelques mots : « Tu vas bien regarder ce dessin, puis Je l’enlèverai, et tu me le décriras comme si tu le voyais sur le papier gris, en disant, je vois ceci, je vois cela ».
Après vingt secondes de contemplation libre du dessin, le sujet, les yeux rivés à l’écran, commence sa description. Quand ses « je vois » spontanés sont épuisés, on achève la revue de ses souvenirs par quelques questions encourageantes : « Vois-tu autre chose ?... Au fond, il n’y a pas
FAVORISER L'IMAGE EIDÉTIQUE 229
encore quelqu'un ?... Sous le banc, tu ne vois rien ?... Tu me parles d’une canne. Est-elle comme toutes les cannes ?... À quoi reconnais-tu des agents ? » Puis viennent les questions délicates. Cependant que l’enfant est invité à regarder toujours et à chercher encore, on lui murmure : « Tu m'as dit je vois et tu m'as donné beaucoup de détails. C’est bien. Voyais-tu ou imaginais-tu ?... Regarde bien. Le bras pendant du mendiant ? Tu le vois ?... Fais effort pour le voir, Reconstruis-le... ». Bref, on cherche l’image eidétique non sans discrètement orienter l’enfant vers elle.
Cette tâche remplie et quels que soient les résultats de Pexamen libre, on passe à la fixation du même dessin, Son image consécutive « normale » montre, sur le fond gris, un carré foncé entouré d’une auréole claire et, dans ce carré noirâtre, quatre à cinq silhouettes blanchâtres. Les détails teintés, arbre, pelouse, banc, ne reparaissent pas, et le mendiant semble flotter dans l’espace.
Ces détails ordinairement absents sont précisément ceux qu’on cherche à retrouver dans l’image consécutive que contemple l’enfant, « Tu vois le mendiant. Sur quoi est-il couché ? Sur un banc ou sur rien du tout ? Vois-tu le banc ? Essaie de le voir. Dessine par la pensée le dossier qui traverse la feuille, Fais un effort. Dis-toi : je veux voir le banc, le bonhomme est couché dessus, il faut que je le voie ». Positive ou négative, cette épreuve était renouvelée, soit aussitôt, soit après un exercice inédit d'examen libre, Quand elle avait été négative, on disait : « Tu as vu le bonhomme mais tu n’as pas vu le banc. Nous allons recommencer et, cette fois, tu me diras si tu réussis à attraper le banc ». — Quand, au contraire, l’épreuve avait été positive, c’est-à-dire quand le banc avait reparu, on disait : « Tu as vu le bonhomme et tu as vu aussi le banc. C’est très bien. Nous allons recommencer, en faisant bien attention au banc. Tu regarderas bien et tu me diras oui ou non. Voici le problème : on revoit le mendiant, peut-on revoir le banc ? » Naturellement, la fixation portait sur la zone contestée.
— Si on jugeait enfin à propos de faire faire un deuxième