‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 193 sur 422 · RÉPONSES POSITIVES PROVISOIRES · texte numérisé non relu

RÉPONSES POSITIVES PROVISOIRES

Dans 191 des 197 cas dont il est ici question, l’enfant a spontanément et immédiatement décrit une image négative : silhouettes blanchâtres sur fond noirâtre. Six fois sur 197, aux questions concernant la couleur du carré et des personnages, il a été répondu : « le carré est... blanc... les personnages sont... noirs... ».

On approuve ces réponses et, après ou sans intermède, on recommence l'épreuve de fixation du même dessin. Mais on y prélude par quelques précisions et la correction de surprenantes erreurs sur les gris clairs, les gris foncés et les clartés du local ou l’on opère.

Ainsi préparée, l'ultime épreuve de fixation de la vignette allemande donne 100 pour 100 d'images négatives. Les cas aberrants ont disparu.

Il ne reste plus qu'à demander à l’enfant, tout doucement, sans lui dicter son dernier mot, si ses deux réponses successives et contradictoires se valent, ou quelle est la bonne. Réponse unique : la première fois comme la deuxième, l'image consécutive était négative; mais l’enfant, de crainte de se tromper, de mal voir, de déplaire, de se contredire, répondait « foncé » devant la post-image qu'il voyait blanche de l’objet qu’il savait noir.

— Quelle est la richesse de ces images négatives et se compliquent-elles d'éléments eidétiques ?

Dans 6 des 197 cas visés ici, l’image consécutive ne s’est pas limitée aux silhouettes noires, et s’est étendue au dossier du banc, accessoire électivement fixé. On sait à quelles questions répondait « je vois le banc », et comment, après ou sans entr'acte, on revenait à la fixation de la région litigieuse en chargeant l’enfant de résoudre luimême « la question du banc ». Le résultat a été constant : les cas douteux ont disparu, l’image consécutive s’est dépouillée de ses apparents éléments eidétiques, le bane n’a plus été revu.

Je m'en suis étonné. « Tu m'as dit : je vois le banc; tu me dis : je ne le vois pas... Tout à l’heure, le voyais-tu?... » « Nnnnon... » « Est-ce que tu ne disais pas la vérité ? » « NNNon ». Telle fut la dernière réponse à des questions cordiales, amènes, dénuées de toute ironie, à un constant appel à la collaboration.

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