UN CAS DANGEREUX
aucune image eidétique et que, mercredi, il n'en a pas obtenu plus qu'aujourd'hui,
M. F..., qui avait activement collaboré avec l'enfant, conclut qu’il était inutile d’insister : « cas négatif pour ma statistique ». Il résulte de cette conclusion que la méthode de M. F.., malgré mes réserves, est bonne, et que les innombrables eidétiques de l'Ecole de Marburg n’ont pas été cherchés à la légère.
-— P... a onze ans. Il vient d'examiner la chauve-souris jaune et répond : « ... Je ne vois rien... Si... un peu... jaune ». On s’assure que la fixation de ce dessin fournit une image négative croissant avec la distance, et on tente un deuxième examen, libre, de la chauve-souris : pas d'image eidétique, mais une vague et brève image consécutive grise.
Un premier examen libre du mendiant de Jaensch ne donne pas d'image eidétique. De même, après examen libre d’une scène de l’histoire sans paroles, on obtient des « je vois » tardifs, qui cessent quand on éloigne ou obseurcit l'écran.
On termine enfin par deux examens, libre et avec fixaton, des lapins. L’enfant n’en obtient pas d'image eidétique, mais, devant l’image négative, il « voit » les moustaches.
Deux jours après, devant les mêmes dessins et d’autres, l’enfant décrit à M. F.., et à moi-même, les images négatives et les représentations habituelles. Pas la moindre image eidétique.
Précautionneusement interrogé sur les réponses de l’avant-veille, il déclare qu’elles n’exprimaient pas la vérité. — Le directeur de l’école nous apprend alors que P... est un maître du mensonge et que son air candide fait chaque jour des dupes et trompe les plus avertis.
— Ba... est un jeune homme de quinze ans, bon élève, très intéressé par nos recherches, et que le directeur nous présente comme un aimable gavroche, un « titi », ravi d’un rôle à jouer, mais, croit-il, franc et sérieux.