CÉCITÉ ET AFFIRMATION DE LA VISION
On rectifie : Mais non! Voyons, M F..., hier, je vous ai promis de vous faire voir une belle poupée. La voiei... « Ah! Oui, c’est vrai, je la vois ».
— Eh bien! Comment est-elle? .… « Ah! Je ne sais pas très bien. Je ne saurais dire... C’est une poupée ».
— Grande? Petite? … « Elle est un peu grande... Moyenne ».
— Quelle est la couleur de sa robe? .… « Noire ».
— Et ses cheveux ? … « Noirs ».
— $es yeux? .… « Noirs ».
— Ah! Et ses souliers? … « Noirs ».
— Tout est noir, alors. Voyons, regardez bien. La boucle de ses petits souliers ! De quelle couleur est-elle? .. « Jaune ».
Un autre jour : — Que voyez-vous, Mme F...7 .. « Je ne sais pas bien. Il ne fait pas assez clair ».
— Voyons, Madame, regardez bien. Je suis sûr que vous voyez très bien. Qu’y a-t-il devant vous? ..… « Attendez; maintenant... je vois... C’est un Monsieur avec des lunettes noires ».
— Ah! Ça, c’est bien. Mais ce n’est pas tout. Et puis?
« Il est. C’est un Monsieur ».
— Donnez-moi un détail, Madame, faites une remarque, cherchez... « Oui... Il a un chapeau ».
— Eh bien, regardez son chapeau. Il à quelque chose de pas ordinaire... « Non... Ah... si... un ruban jaune ».
Le lendemain, Me F.. est dans la cour où elle se promène en tâtonnant. On lui fait lever la tête, face au ciel gris.
— Là! Qu'est-ce que je vous montre, Mme F...7 .…. « Une montre ».
Mais non, mais non. Ce n’est pas une montre. Que voyezvous? Si vous ne voyez rien, dites-le? ..… « Je vois bien, mais je ne sais pas très bien »...
— Regardez, et décidez-vous.. « Une lanterne ».
— Ah! Et comment est-elle cette lanterne ? ... « C’est... Une lanterne ».…
— Est-elle grande? ..… « Un peu grande ».…..
— Comment? Montrez-moi avec les mains... « Grande comme ça ». Et M'° F... montre une hauteur de 20 centimètres environ...
— Bien, Madame; et maintenant? Vous ne voyez plus rien ? … « Je vois un petit anneau ici et un petit anneau là ».
— Bravo! Est-elle allumée ou éteinte, cette lanterne ? « Elle est éteinte ».
J'ajoute que M F.. aime à faire salon, à palper ses « visites » pour les reconnaître, et à leur parler du passé; ce qu’elle fait avec une certaine abondance et beaucoup d’incohérence.
Elle est enchantée quand on s'occupe de ses yeux, quand on y met des gouttes, quand on constate ses progrès quotidiens. — Le personnel de service est unanime à penser que, du jour où