AB. ET HALLUCINATION
mal convenir à l’allure des faits, à leurs éclipses, à leurs retours, au dédoublement des formes et des couleurs », aux réapparitions partielles, progressives, du dessin. —— Quant à la confusion avec l’image mentale, :] la croit avec raison très improbable et il écarte, comme fréquent dans l’histoire de l’image mentale, un prétendu critère de l’image eidétique : l'apparition successive des détails.
Comme Jaensch enfin, il écarte l’hallueination. Pourtant, si l’image eidétique est une perception sans objet, elle est une hallucination, et l’hallucination est une image eidétique, à moins qu’on ne réserve « hallucination » aux images eidétiques délirantes, prises pour l’objet. Kiesow * s'étonne du refus de Jaensch et estime, avec Urbantschitch, le fondateur, que l’image eidétique est bien une hallucination. [/absence de délire, pourrait-il dire, la persistance de l’image sous les yeux du sujet, la possibilité de l’examiner, de la décrire et de la critiquer sans qu’elle disparaisse, sa soumission à la vue et à l'intelligence du sujet, en font une hallucination d’espèce supérieure, très différente sans doute des absurdes et capricieuses apparitions des intoxiqués, mais non pas radicalement différente.
M. C... me fait enfin quelques critiques : le langage que j'ai tenu à mes sujets était de nature à les suggestionner. Comme je l’ai dit et crois l’avoir fait, si j'ai tenté de suggérer quelque chose, c’est l’image eidétique, sans sortir du domaine de la persuasion, sans entrer dans celui de l’hystérogénie et de l’hypnose ou de « l’hypnoïdisation ». — J'aurais eu tort de commencer l’épreuve par l’examen libre de dessins complexes et la recherche de l’image eidétique, et non pas, comme tout le monde, par la fixation du carré rouge et la recherche de l’image consécutive. J’ai dit pourquoi je l’ai fait : pour favoriser la réponse positive. — J'aurais enfin, malgré les réclamations de F..., accordé seulement 10 à 15 s. à mes sujets. Il est vrai que je ne leur ai parfois laissé que 10 à 15 s., mais pour dire leur dernier mot, quand, après examen libre ou fixation, ils avaient fouillé l'écran pendant deux ou trois minutes, au cours de séances de dix à quinze minutes,