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CENTRES PERCEPTIFS ET IMAGINATIFS

de faits précis en faveur des deux thèses, et il faut croire que les faits laissent de grandes libertés à l'interprétation puisque nous avons vu Taine, par exemple, identifier perception et souvenir et les localiser dans des centres différents. Stumpf, dans son « Empfindung und Vorstellung » ne pense pas autrement que Taine : il ne discerne entre sensation et image qu’une différence de degré, mais, constatant qu’une perception forte supprime une perception faible et respecte une image quelconque, il conclut à la diversité des centres. Wilbrand et Saenger, dans leur monumentale Neurologie de l’œil semblent bien se tenir à la différence de degré, et, eux aussi, ils s'efforcent de distinguer un centre des perceptions et un centre des souvenirs. Ils invoquent naturellement la cécité psychique avec conservation de la vision, le fait que la cessation de l’excitation rétinienne supprime la perception et respecte le souvenir, l’absence de tout élément mnémonique dans les images consécutives, la nécessité d’une excitation centripète spéciale pour la sensation, et l’éveil du souvenir sous de multiples excitations centripètes ou centrifuges, la volonté par exemple, Si la volonté, disent-ils, pouvait exciter le centre des perceptions, les perceptions visuelles seraient bouleversées par les souvenirs. Ils ne négligent pas la projection au dehors des perceptions et la non-projection des images ; ils opposent à une fixation des souvenirs dans le centre perceptif la nécessité où il est d’être toujours prêt pour de nouvelles perceptions. Ils finissent d’ailleurs, comme Taine et tant d’autres, par attribuer les hallucinations à l’excitation du centre des perceptions par celui des images. On se rappelle enfin l’effort de Bergson : le souvenirimage est une perception et, comme la perception, il est solidaire du centre moteur particulier qu’on appelle perceptif. Quant aux centres auxquels on tolère le nom d’imaginatifs, moteurs comme les autres, ils subissent l’action de l’inconscient psychologique, du souvenir pur, de l’ultra-cérébral, et ils actionnent à leur tour le centre perceptif pour y organiser des mouvements à la faveur desquels l’image-souvenir entre dans la conscience.

La distinction des deux centres ne peut guère se discuter qu'à propos des sensations, images et hallucinations

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