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LA VOIE PLI COURBE CALCARINE

les dégénérescences causées par les lésions de la calcarine ou du pli courbe. Quand il s’agit de la calcarine, il insiste sur les fibres transversales qui partent de la rétine corticale et se portent vers la face externe du lobe occipital, vers le pli courbe, vers le centre présumé des images visuelles. Par contre, dans ses cas Jouan et Leudot, quand il faut poursuivre les fibres nées du pli courbe et du très voisin « gyrus supramarginalis » il passe entièrement sous silence le lobe occipital et ne se pose même pas la question de fibres dirigées vers la calcarine, Cajal n’est guère plus curieux que Déjerine. À propos de l’écorce optique, il dit pourtant : « la raie de Gennari contient d’autres conducteurs que les fibres optiques et il est possible que certaines soient des fibres exogènes provenant de divers centres d’association ». Dans sa description de l’écorce olfactive, après avoir signalé des fibres dont les unes vont de l’hippocampe à la corne d'Ammon et les autres de la corne d’Ammon à l’hippocampe, il élimine expressément et à priori l'hypothèse que ces deux circonvolutions pourraient avoir des connexions réciproques. On sait enfin qu'ayant voulu voir dans l’hippocampe une partie antérieure, sensitive, et une partie postérieure, imaginative, il parle bien d’une voie antéro-postérieure, de la sensation à l’image, mais ne dit rien d’une voie inverse. On peut presque s'étonner du silence sur une double voie entre la rétine corticale et le centre imaginatif, cette double voie existant aux deux étages sous-jacents de l’appareil optique. Entre la rétine et le mésocéphale, pendant que les fibres optiques montent de la rétine au corps genouillé, des fibres centrifuges descendent vers la rétine. Entre le mésocéphale et la calcarine, tandis que les radiations optiques, nées dans le corps genouillé, montent vers l’écorce occipitale, d’autres fibres, nées dans l’écorce de la calcarine, descendent vers le tubercule quadrijumeau antérieur, pour y assurer des réflexes organisés dans la rétine corticale. Pourquoi, des étages corticaux édifiés au-dessus de la région calcarinienne, pourquoi, du pli courbe en particulier, ne naîtraient pas des fibres qui se termineraient dans la rétine corticale, et lui apporteraient des suggestions motrices à transmettre aux tubercules quadrijumeaux ? A cette ques-

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tion, Monakow répond de façon nettement afñirmative %, La méthode myélogénétique et celle des dégénérations secondaires lui ont montré cette double voie. Il a suivi les fibres pli courbe-face interne du lobe occipital dans des cas de porencéphalie intéressant précisément le pli courbe et, niant que ces fibres puissent porter des représentations visuelles — négation que personne ne contredira — il ajoute — affirmation sur laquelle l’accord sera parfait — qu’elles assurent probablement des réflexes, très probablement des mouvements de la tête et des yeux, à point de départ rétinien.

LEs HALLUCINATIONS DANS L’'HÉMIANOPSIE ET LA CÉCITÉ CORTICALE. — Les hallucinés visuels les plus complaisamment neurologiques sont les hémianopsiques.

L’hémianopsie est cette singulière affection qui nous aveugle pour une moitié du champ visuel, généralement une moitié latérale, la moitié droite par exemple. Elle paralyse alors la moitié de chaque rétine, moitié temporale de la rétine gauche, moitié nasale de la rétine droite.

La lésion responsable de cette hémianopsie droite coupe ou détruit la bandelette optique gauche, ou le corps genouillé externe gauche, ou les radiations optiques gauches, ou enfin la rétine corticale gauche.

Habituellement, la maladie n’intéresse que le champ visuel périphérique; le point de fixation, le champ de la vision distincte, la macula sont préservés. Et si la macula corticale échappe ainsi à la destruction, c’est grâce à son riche réseau artériel, Au lieu d’être irriguée, comme le reste de la rétine occipitale, par la seule artère cérébrale postérieure et par des branches terminales, elle dispose d’un réseau anastomotique et reçoit même du sang de la sylvienne, de l’artère consacrée à la face externe du cerveau.

Chez huit pour cent des hémianopsiques, a-t-on dit ?, des hallucinations illuminent le champ aveugle : hallucinations élémentaires, ombres, points lumineux, disques, étoiles en

26. Lettre. — Telle est, actuellement, la seule base anatomo-physiologique offerte à l’hallucination. Incertaine et mouvante, elle a du moins le mérite d'exister et de se prêter à une étude positive. Reste à trouver des hallucinés à qui elle convienne. — %7. Wilbrand u. Saenger, Neurologie des Auges, VII, 371.

274 & PHOTOPSIES » ET HALLUCINATIONS

mouvement, figures, objets divers, animaux, paysages, visages, souvent grimaçants et parfois calmes, scènes complexes et colorées; tous les degrés de la hiérarchie hallucinatoire.

Il semble bien que les hallucinations élémentaires dominent; ce seraient plus souvent des « photopsies » que des « hallucinations », et souvent, quand le sujet décrit une vision, ce ne serait peut-être qu’une « photopsie » « interprétée » À.

Cette remarque est tout le procès de l’hallucination, tel qu’on le refait à toutes les pages de son histoire : automatisme mental, imagination, volonté même, ou travail pathologique des nerfs et du cerveau peuvent-ils reconstruire et objectiver la perception des choses, ou l’hallucination se réduit-elle à des phosphènes et acouphènes élémentaires, dont l'illusion, l'interprétation, la croyance et le comportement du sujet font toute la richesse ? Faut-il distinguer deux formes de l’hallucination : l’hallucination primaire, toujours simple, comparable aux plus humbles images consécutives, sorte d'objet virtuel élémentaire ou d’hallucination objective, et l’hallucination secondaire, de complexité illimitée, fruit d’un délire, surchargée de détails concrets que l’halluciné malade affirme voir et dont l’halluciné normal constaterait l'absence ? Faut-il au contraire donner la même valeur d'objet virtuel ou d’hallucination objective à toutes les visions, même les plus complexes ? Et le sujet a-t-il un égal droit de dire « je vois », devant un simple point lumineux, devant un visage souriant et devant une scène apocalyptique ?

Voici, dans cette affaire, les témoignages des hémianopsiques.

L’hémianopsique a conservé une bonne partie de son champ visuel, parfois beaucoup plus de la moitié, et, très souvent, le champ de la vision distincte. Or il a très souvent des troubles mentaux hors de proportion avec la perte d’une petite moitié du champ visuel : il est désorienté et agnosique.

Il se perd dans la rue, dans sa chambre ou sur un plan,

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