‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 237 sur 422 · L. F,-MOTRICES · texte numérisé non relu

L. F,-MOTRICES

c’est-à-dire se perdre dans une autre, profiterait d’un arrêt du « Stream of Thought », d’un obstacle histologique dans quelque synapse.

Parmi beaucoup de rêveries de ce genre, il y a peut-être quelque chose à retenir de ce qu’on appelle la théorie de l’ Escape of Control.

Un blessé a la moelle épinière sectionnée, la paralysie et l’anesthésie de ses jambes sont complètes et définitives, et pourtant, il arrive qu'un contact léger tire de ces membres inertes des réflexes violents, amples et compliqués, réflexes de défense où mouvements de marche, manifestations en tout cas de l’automatisme et de l’autonomie de la moelle, libérée des centres supérieurs.

Soit un chien dont le mésocéphale est sectionné en arrière de la couche optique. Chez ce paralytique se réalise un système de contractures et d’attitudes forcées dont on traduit le nom anglais par « rigidité décérébrée »; et, ici, la théorie de la libération fonctionnelle conquiert une notion nouvelle : le mésocéphale libéré impose au sujet des attitudes extraordinaires, un travail nouveau, inconnu de la vie normale.

Toujours dans le domaine moteur, on a demandé à la théorie d'expliquer des syndromes où la maladie de centres régulateurs « libère » des combinaisons motrices étranges : rigidité parkinsonienne, bizarreries catatoniques, gesticulations, grimaces et « spasmes de torsion » de certains encéphalitiques, torticolis mental, tachyphémie, décharges verbales, etc. Je ne crois pas qu’on ait établi qu’il y a là une mise hors de jeu de centres coordinateurs, régulateurs, modérateurs, et libération de centres sous-jacents, Il ne semble pas non plus que cette libération, si elle a lieu, ramène l'organisme à une activité primitive. Si libération il y à, ce serait plutôt celle de centres malades, « ivres », ou « anarchiques », l’activité ainsi déchaînée s’exprimant par des excentricités inconnues de la vie normale, si primitive soit-elle, inconnue de centres libérés ramenés à leur plus primitive physiologie.

Tant que la libération fonctionnelle ne prétend expliquer que des mouvements, tout ce qu’elle peut espérer de l’hallu-

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