L. K. SENSITIVES
cination, c’est d’annexer (et ce serait déjà beaucoup) le comportement hallucinatoire. Mais elle tente d’aller plus loin. On voit parfois survenir, lors des lésions des voies sensitives, à côté des anesthésies, une multitude de singuliers désordres : par exemple, en réponse à un contact ou à une piqûre, des « décharges sensitives ».diffuses, « massives », violentes, mal localisées, difficiles à analyser, rebelles à une perception claire, au lieu de la sensation normale de contact ou de piqûre, nette, simple et modérée. La Libération Fonctionnelle a voulu s'emparer de ces faits et a parfois proposé d’en expliquer certains par la libération de la couche optique privée de ses liaisons avec l'écorce. Explication d'autant plus hasardeuse que ces syndromes ne s’observent guère lors des lésions de l’écorce ou du centre ovale, libératrices pourtant des noyaux centraux, mais plutôt lorsque c’est le thalamus lui-même qui est touché. Il est vrai qu'on garde la ressource de la libération inverse.
On peut songer à une analogie entre « les spasmes de torsion », les décharges verbales, les décharges sensitives des sujets plus ou moins décérébrés, et les hallucinations ; et depuis Taine, c’est-à-dire bien avant qu’on ait parlé de libération fonctionnelle, cette idée attendait ce mot. Si l’hallucination est rare, dit Taine, ce n’est pas parce que c’est un phénomène extraordinaire et difficile à faire, c’est au contraire le phénomène primitif par excellence. S'il y en à si peu, c’est parce que l’hallucination est perpétuellement réduite. Seulement, où Taine invoquait une réduction par les images et la pensée raisonnante, on imagine une réduction inconsciente, infra-psychique, organique.
L’hallucination consisterait en la levée d’une inhibition, en la libération d’un mécanisme normalement inhibé; mais cela revient à semer le cerveau de mécanismes dont l’ordinaire serait de ne rien faire; et mieux vaut ici l’escape of control de centres normalement conduits, régularisés, modérés par les centres sus-jacents. Entre les violents réflexes des décérébrés soumis à une excitation discrète, entre les vastes, intenses et confuses décharges sensitives qu'obtient parfois des thalamiques une petite excitation, et les rêves ou les hallucinations tirées du dormeur ou du