PERCEPTIONS AUDITIVES EN RÊVE
il n’y a qu’un pas; mais le rêveur ne le laisse pas franchir. Il est bien évident, dit-il, que c’est moi qui parle lorsque j'entends X ou Ÿ me parler en rêve. Même lorsque je les entends et comprends mal, même lorsqu'ils bredouillent, emploient un langage extraordinaire, se trompent, me trompent, c’est encore moi qui ai parlé, créé tout cela. Mais mon inconsciente action ne m'empêche pas d'entendre en rêve, dans le silence de mes organes vocaux, la parole d'autrui et ma propre parole. Il m'arrive, dans mon sommeil, de parler sans rêver que je parle et sans m’entendre parler ; il m'arrive surtout d'y entendre des paroles que je n'ai pas émises, pas même ébauchées, m'assurent les témoins.
Sur une pelouse, douze femmes en deuil, très laides, chantent sous la direction d’un chef qui nous tourne le dos. Le chant est admirable. Ce sont tantôt des chœurs, tantôt des soli, s’enlaçant les uns les autres, puis quelques phrases à l’unisson 12,
Je siffle des airs dans le genre du « Mouvement perpétuel » ou de la « Danse macabre ». Des joueurs de violon, de harpe, accompagnent mon sifflet... Une femme me dit qu’elle ne connaît pas la musique, et se met à chanter d’une voix cassée la scie de Mayol : Cousine, Cousine.. Trois orchestres jouent ensemble des morceaux différents 13,
Voici un exemple personnel de phrase entendue en rêve « Stabilisez vos alevins sur la rive nord du canal avec de la farine de moutarde ».
J'attends un fiacre, mon fiacre, et j'entends la réponse lointaine du cocher à mon appel.
Je fais un cours sur « l’excipient », et je dis des choses admirables : « l’excipient a pour propriété fondamentale d’assurer la répartition du produit actif dans l’organisme ». Mais un auditeur me gêne en causant avec sa voisine, et une élève tire discrètement de son petit sac un flacon; « faites-moi disparaître cet alcool à 90° ». « Non, Monsieur, c’est de l’eau avec une cuillerée à soupe de vin blane ». Au réveil, de très vives images auditives persistent longtemps.
Je passe un concours, dans un amphithéâtre, et j'écoute l'énoncé de la question : « La Phannie ». La Phannie? C’est pourtant ça. Ce n’est pas l’Aphasie. Qu'est-ce que ça veut dire? Je suis perdu. Et je me penche sur ma copie pour ne pas « avoir l’air ». Les autres écrivent; pas un n’a l’air étonné, ils semblent avoir compris.
J’arrive au cours, en retard. J’entre sur la pointe des pieds,