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MANIE CONFUSE DE L'INTOXIQUÉ

seraient des « niaiseries de maniaque » ; leur orgueilleux et satisfait sujet n’aurait que l'illusion de comprendre, il serait en admiration devant des « oripeaux », ce serait un « ilote qui simule les grimaces de la jouissance » ; et Giraud, dans son baroque et amusant Testament d’un haschichin, après avoir tant fait pour que l’Urtica mystica soit une bonne inspiratrice littéraire, renonce à appeler du désolant jugement du poète.

Je crois, après beaucoup d’autres, qu’il faut confirmer cet arrêt : les trouvailles dont on a joui au sein de l’ivresse haschichine, peyotlique ou... grippale ne valent d'ordinaire pas mieux que les associations verbales des maniaques et des confus, et voici une des « pensées » que j'ai un moment admirées et comprises : « Bismarck grava la formule : le mouvement ».

L’illusoire hyperactivité intellectuelle discutée ici touche donc au désordre, à la fuite des idées du maniaque et du confus dont les pensées, dans leur fuite et leur confusion, sont pour lui, au moment où il les subit, vives, claires et persuasives. On n’a conscience de sa démence que si on en sort.

Quant à l’hypercritique dont on a par moments l’orgueil, ce n’est, au moins parfois, qu'une vaine minutie. En voici un exemple. Tout en guettant les visions, j’atteignis l’heure de la dernière potion vespérale, et, lorsqu'elle me fut apportée, j'adressai à qui de droit ce discours, très préparé : « Tu vois bien ce petit tas de papiers, sur la table, à gauche, près de la fenêtre ? Prends-les, prends garde de ne pas en laisser tomber et va les déposer sur mon bureau, sur le bord gauche quand tu es dans le fauteuil, entre le gros livre et l’encrier... etc., ete. ».

J’ai enfin signalé une des lacunes dont est susceptible ce travail de critique dont se satisfait l’halluciné. Gratifié de multiples hallucinations et préparé de longue date à leur appliquer les méthodes d'examen des images consécutives, J'ai totalement omis de le faire. Je rappelle que je me suis soumis avec plaisir à une prescription médicale pourtant cruelle : ne rien noter. Ce n’est qu'après d'assez longues heures que j'ai éprouvé le besoin de prendre mon observation. Pendant l'accès, satisfait et inerte, je me suis borné

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