PHOSPHÈNE OCCASION OU ANTAGONISTE
cortège, mais l’halluciné acceptera malaisément que ses visions ne soient que des phosphènes nourris d'images. Il croit plutôt que ses hallucinations sont d'autant plus à leur aise que le champ de ses yeux fermés est plus près d’être optiquement vide.
Pour ma part, voici les remarques de détail que j'ai pu faire sur ce sujet.
Tous mes efforts pour obtenir une hallucination en partant d’une image consécutive, et pour voir une hallucination finir dans une image consécutive ou un phosphène, ont été parfaitement vains.
Deux fois cependant, une hallucination et une postimage ou un phosphène ont été en relation, mais il s’est trouvé que j'ai eu l'impression d’un auntagonisme plutôt que d’une filiation.
Dans le premier cas, il s'agissait de la post-image, très faible, d’une fenêtre, perforée, en haut et à droite... par un damier, par le coin antérieur gauche d’un damier d'ivoire horizontal, parfait, charmant, et infiniment plus lumineux que l’image qu’il mutilait.
Dans le second cas, je considérais l’image hallucinatoire d’une vierge gothique, très pâle, très floue, lorsque surgit un petit phosphène jaune. Il tomba sur l’hallucination comme le faisceau d’un projecteur, et l’hallucination disparut aussitôt, annihilée, comme une trop faible lumière par le soleil.
J’ai essayé de comparer mes visions de tapis, de broderies, d’entrelacs et d’arabesques avec les grands phosphènes somptueusement géométriques que personne n'ignore. On admet généralement l’origine rétinienne de ces derniers, et, si on dresse quelque jour la carte histologique de la rétine, si on précise la topographie de ses cellules et fibres d’association, elles décéleront peut-être des géométries, des symétries, des facteurs de diffusion régulière de nature à rendre les grands phosphènes moins mystérieux À,
Entre ceux-ci et mes visions d’arabesques, je n’ai pu trouver de quoi établir une parenté certaine. Les phos-
25. Cf. Hallucinations toxiques, p. 385; théor. périph. du rêve, p. 327.