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VISIONS ET MOUVEMENTS DES YEUX

phènes géométriques se déploient, chez moi du moins, dans un plan frontal, et leur périphérie se perd vers les limites indéfinies du champ visuel des yeux fermés. Or, tapis et broderies avaient de tout autres caractères; leurs limites étaient parfois nettes et leur orientation n’était jamais celle d’un plan frontal : broderie sur tulle tendue dans une cuve rectangulaire à grand axe oblique en avant et à droite, deux tapis à angle droit, l’un pour le plancher, l’autre pour le mur, bord d’un tapis, avec d'immenses franges, dessin d’un papillon sur les pièces d’un jeu de cubes, etc.

Il est certainement tentant de rattacher à des restes de métesthésies les hallucinations qui suivraient les déplacements du regard %, mais il semble plus malaisé de réduire à des phénomènes rétiniens les hallucinations qui resteraient à la même place malgré les mouvements des yeux.

Que les images consécutives suivent le mouvement des yeux, ce n’est pas douteux; qu’une perception sans objet, d’origne oculaire, ne puisse rester fixe malgré les mouvements du globe, ce n’est pas aussi certain. Il n’est pas interdit de concevoir des phosphènes dont les conditions neuronales, vasculaires et musculaires ne se réaliseraient que pour upe certaine position de la tête et des yeux. Il n’est donc pas démontré qu’une vision fixe sous les déplacements du regard n’a pas une origine périphérique.

Inversement, une hallucination mobile avec les yeux n’est pas nécessairement une image consécutive masquée. L'y réduire, c’est exiger que l’hallucination pure ait aux mouvements de nos yeux l'indifférence d’un objet réel, c'est assimiler l’hallucination pure à un objet. D'autre part, il n’est pas très difficile de se mettre dans les conditions expérimentales voulues pour qu’un objet fixe paraisse suivre les déplacements de la tête et des yeux ?. Nous pouvons enfin obtenir de nos images les plus mentales qu’elles suivent les déplacements du regard, et peut-être les suivent-elles spontanément. Pourquoi une hallucination pure, surtout si elle est obsédante, ne pourrait-elle en faire

26. Sur les hallucinations et les mouvements des yeux, Cf. p. 150, 212. — PACA D A7, 212.

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