‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 301 sur 422 · CONCESSIONS ET CERTITUDES · texte numérisé non relu

CONCESSIONS ET CERTITUDES

autant ? — Le fait de suivre ou non les mouvements des yeux ne me paraît donc rien établir encore en faveur ou à l’encontre d'une théorie rétinienne, centrale où purement spirituelle de l’hallucination.

Voici qui serait peut-être plus décisif : les images consécutives ne sont pas seulement quelque chose qui suit le regard, ce sont aussi et en même temps des objets qu'on ne peut parcourir des yeux; elles se déplacent avec les yeux, les yeux ne peuvent se déplacer sur elles; seule le peut ou le pourrait une attention détachée des mouvements oculaires, — Ces notions élémentaires rappelées, peut-on parcourir du regard une hallucination visuelle ? Ce n’est pas établi, mais, s’il en est ainsi, un argument nouveau sera peut-être fourni aux hallucinés pour la défense de la pureté et de l’indépendance de leurs visions À.

Telles sont les impressions et réflexions d’un halluciné après une série de visions d’origine toxi-infectieuse, ses premières visions.

Ce visionnaire avait pour particularité d’avoir beaucoup critiqué les sujets qui se vantent à tout propos de perceptions sans objets. Or, contemplant à son tour des apparitions, il a bien remarqué son commencement de démence, les grosses lacunes de son auto-observation, sa paresse à noter, sa fréquente surestimation de la richesse et de la mobilité de ses visions, son verbalisme, la réduction du donné esthésique, parfois, à quelques linéaments ou taches, l'importance enfin de ses post-images positives et de ses phosphènes; il affirme cependant avec une ardeur de converti l’esthésicité de ses hallucinations, leur richesse et leur quadruple indépendance des images, des objets présents, des métesthésies et des attitudes. Bientôt, les hallucinations peyotliques le contraindront à grossir la part de la démence, des mots, des objets, des post-images et de la rétine.

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