MALADIE DE GIRAUD
lustre au plafond. Des fils d’or en partent et divergent. Où vont-ils ? Au fond de la salle ? au plancher ? à l’observateur ?.. Une balle part; monte-t-elle ou tombe-t-elle ? Le sujet est appuyé sur le coude gauche, il est couché sur le dos, il est debout et il range sa tête par douzaines. Cette spirale est enroulée à droite, non, à gauche. Cette oblique descend à droite, non, à gauche. Ce coup de pinceau est-il tracé sur la panse ou sur le creux d’un vase ? Cette postimage est-elle creuse comme un volubilis ou gonflée comme une pomme d'escalier ? Ces fleurs sont-elles fermées ou épanouies ? Cette post-image est-elle la coupole, immense, d’un théâtre au-dessus de ma tête, ou, sous mon nez, le creux d’une assiette ? Cette surface est-elle étincelante ou laiteuse ? éclairée par réflexion ou par transparence ? Cette post-image est d’abord la lune, puis, bien qu’elle évolue vers les couleurs froides, la voici devenue le soleil. Toutes ces lignes font-elles un « délire de ressorts », une usine, un pont, un moulin, un réveil, un plafonnier de fer forgé, des squelettes de pentacrines, un filigrane autour d’une lampe ? Cette post-image est un chinois, non, un nègre, non, une bergère, non, un scarabée, non, un ange. Ce reflet sur un tableau, c’est saint Jean-Baptiste, le Christ, le petit franc, un chien de peluche, Ces pas, ce sont des chevaux qui piaffent, des gens qui passent, un plancher, un escalier, un couloir mosaïqué, un escalier de granit, la route, du pavé, des plaques de fonte.
Ce tumulte qui m’a chassé de mon lit, je l'écoute à la fenêtre, J'entends les bruits assourdis de la gare et j'entends toujours le tumulte subjectif, mais je découvre qu’il est silencieux. Ce bruit, c’est une perception; non, c’est une image; c’est une clameur mais imperceptible, Celui-ci, c'est une perception; non, c’est une hallucination, et il n’y a que des raisons, non des états esthésiques pour me tirer d'incertitude. Avec « la bouillembellite » les perceptions se pressent et fuient, avec « la cocalanite » cette perception en est une autre, avec « la buridanite » on ne sait plus si cette perception est ceci ou cela, si c’est une perception, ou une hallucination, ou une image.
Que la situation s'aggrave, et l'observateur verra disparaître : la conscience des phénomènes métesthésiques, de