‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 326 sur 422 · DÉLIRE SPONTANÉ MINIMUM · texte numérisé non relu

DÉLIRE SPONTANÉ MINIMUM

chauffe plus de pain que Marie Motel. Aline ch... plus de pain que Marie Motel. Aline p.…. plus de pain que Marie Motel. Votre fils a du plaisir comme un crapaud dans un four, et du repos comme l’eau qui court. Qa fait comme de petites sonnettes, comme un petit soufflet ». — M. B... a parfois noté les propos des voix mais on ne l’a jamais vu ou entendu les émettre ou les répéter hors de mes interrogatoires. Il les reçoit en silence, sans en rien dire, sans réponse, sans gestes. Il n’a pas été question de lui trouver des phénomènes psycho-moteurs, de l’écho de la pensée, ete. Ce qui ne signifie d’ailleurs pas qu’il n’ait pas éprouvé tout cela. Quelle que soit la complexité de la situation qu’il à eu à comprendre, il n’a pu en exprimer qu’un symptôme : j'entends des voix, par les oreilles naturellement, et elles me disent ceci :

Une lente amélioration se manifeste après quelques mois, M. B.. se met au travail. Ses voix s’atténuent puis disparaissent. Le malade quitte l’asile guéri, affirmant toujours qu’il a entendu.

M. C... est un jardinier de quarante-cinq ans, affligé d’un double pied bot varus. Depuis longtemps, d’invisibles persécuteurs en ont fait un dromomane ». Ils m'ont poursuivi dans cinq départements... À coups de revolver... un coup n’attendait pas l’autre... Ils disent des tas d’horreurs. Suspine, suspinette….. patteux... patte tordue... marlou... maquereau... Nuit et jour... je discute avec eux, ça fait du scandale... Je ne peux pas faire un geste : une insolence. À chaque cuillerée de soupe : une insulte ».

« Je les vois... dans ma tête... En ce moment, ils sont là, ils font ça et ça... je vois tout, je vois la tour Eiffel... dans ma tête. Je ne peux pas la voir ici, le mur empêche ». On profite des bonnes dispositions de M. C.. pour essayer, en vain, d'obtenir des images eidétiques. — II s’excite souvent et monologue bruyamment ; mais on n’a alors noté que des réponses aux persécuteurs.

Il ne raconte donc que ses hallucinations auditives verbales et le délire qu’il leur subordonne. En se donrant du mal, l’observateur lui en ferait certainement dire plus long, mais, modérément questionné, il ne découvre et ne révèle que ses hallucinations auditives.

Un détail a son intérêt : visuel, très riche en images vives et bien extériorisées, il ne les prend pas pour des visions, opère des distinctions rigoureuses, et invite à lui faire confiance quand il affirme la matérialité de ses « voix ».

M. D... cinquante ans, épileptique, et presque aveugle par cataracte bilatérale, nous raconte : « Il y a deux nuits, dans ma chambre, j'ai entendu tout à coup : C’est pas à faire... On va l’endorinir…. Il y a un ballon de chloroforme... On le jettera sur la route et les camions l’écraseront. … Je venais d’avoir une

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