PRÉCISIONS DES MALADES
parler, ce bruit subjectif s’arrête... « Je suis bien obligé de vous dire que j’entends distinctement » dit-il, « que j’ouis » pourraitil dire. Et, ajoutent-ils, « s2 M. Quercy ne te croit pas, c’est pas la peine qu’il s’en fasse pour toi ».
M. G..., ancien instituteur, intelligent, cultivé, guéri après avoir été contraint au délire par des hallucinations longtemps reconnues comme telles et combattues, destiné à de nouvelles hallucinations et à un nouveau délire, m'explique, pendant son long intervalle de santé : « la matérialité de ces voix était parfaite; tout y était; c'était terrible ».
M% H.., trente-cinq ans, que des voix « fuguëttent et fluidient », entend, le 7 octobre, à dix heures du soir, des appels de foule où elle reconnaît très nettement son nom. Puis se précisent des pas, avec des sabots de bois; et on demande le numéro de son téléphone. Une voix se détache, et, depuis, opère presque seule. Elle abuse de ses deux néologismes. Elle imite plusieurs voix. Parfois elle crie. Parfois elle fait le chant du coq, « admirablement... comme ce coq que nous entendons là-bas », dit la malade, distinguant ainsi un bruit extérieur actuel réel, même lointain, de la Voix. La persécutrice imite, à grande distance, la voix de M. H..., « comme s’il me trompait ». Ce matin, après le réveil, la comédie a tout de suite commencé : un bruit de vaporisateur, puis de ciseaux, puis de chocs sur du cuivre, et enfin la voix : « Je viens de recharger les accus », a-t-Elle dit
La malade rentre dans sa famille après un bref séjour à l’asile, et m'écrit : « Je voudrais vous convaincre de la réalité de cette voix. Je sais, hélas, que c’est un peu incompréhensible ».
M. I... a des ennemis qui entendent sa pensée. — Un malade de Régis sentait ses idées fuir par ses bourdonnements d’oreilles et se répandre ainsi au dehors. M. I... fait mieux : il a, sans parler, silencieusement, des pensées verbales, paroles sans voix, paroles qu’on entend « si l’on veut », mais sans bruit. Ces paroles, ses ennemis les captent il ne sait comment, et ils les captent aussi quand il lit son journal des yeux, en silence, mentalement, sans parler, sans voix et sans bruit. Par contre, ses ennemis lui parlent bruyamment, et, quand je confonds les deux types de voix, M. I... me reprend : « Non, vous me comprenez mal ». Quand Ils parlent, leurs paroles lui parviennent sonores, bruyantes, « et bien distinctes des bruits extérieurs », répond-il en souriant à une de mes objections.
« J’ai eu la tête brouillée pour avoir bu trop de cidre. Quand on est chiffonnier.. La nuit, le jour, des hallucinations dans la tête. La tête embarrassée de tout; le bien et le mal, des bêtises, que la religion catholique et la protestante n’auraient fait qu’une; pas besoin de confessionnal... Des paroles sans voix... Par un fluide. Quand même je n’y pensais pas. Un son au loin que je croyais... Ça partait de ma tête pour aller au loin... Je