H. À. V. ET CAPTATION DE LA PENSÉE
M. P..% est beaucoup plus savant, et distingue bien, lui aussi, des voix qu’il entend les pensées qu’on lui impose : « Des idées qui ne sont pas de mon domaine... Ils commencent par m’assommer... Je ne peux plus me défendre par la mentalité... Alors j'ai toutes les idées d’une personne qui serait prête à des convulsions... On centre le courant sur la tête d’un autre, et J'ai toutes ses idées au lieu des miennes... Au moment où j’ai mes pensées personnelles, mon cerveau est arrêté, et un courant entraîne ma pensée ailleurs... des obsessions, des blagues, sur des épisodes que je suis seul à connaître ».
On ne se contente pas d'imposer au malade des voix, et, à leur suite, des mouvements de son corps et de sa pensée. Il n’est plus seulement récepteur, exécutant ou copiste de la parole, de la pensée et de la volonté d'autrui. Ses inspirateurs vont maintenant surprendre, capter et raconter sa parole intérieure, sa pensée, et ses actes les plus secrets. Ce qu'il fait, ce qu’il dit, ce qu’il lit mentalement, ce qu'il écrit, ce qu’il pense, est connu d’eux, soit qu’il s’en aperçoive aux effets, soit, plus souvent, qu’il Les entende énoncer ses actes, lire son journal ou ses lettres, dire enfin ce qu’il dit ou pense, après lui, avec lui ou avant lui.
Nous avons vu M. I...’ affirmer qu’'Ils connaissent toutes ses pensées. Ils les entendent mais sans qu’elles perdent pour lui leurs caractères de pensées spontanées normales. Il conclut des événements que ses pensées peuvent être, pour autrui, l’objet d’une perception auditive, grâce à un mécanisme transformateur qui lui est inaccessible.
Me $...%5 à d’abord senti qu’on agissait du dehors sur ses idées et ses actes; puis Ils ont parlé, l’ont insultée, menacée, lui ont annoncé des malheurs, lui ont donné des ordres. Elle a enfin constaté qu’ils savaient tout ce qu’elle faisait, disait et pensait. « Il détaillait tout ce que j'avais dans mon panier... I] répétait toujours que je lisais... les enseignes... les noms des rues... le journal lu des yeux... Ils répètent ce que j'écris... Je dis mentalement le Pater, ils le disent en même temps à plusieurs... Quand je prononce dans la gorge, ou à voix basse, ils entendent, ils répètent, ou ils répondent... Ils commandent mes provisions avant moi... une petite voix, près de la tempe... le marchand l’entendait, il connaissait ma commande... ».
« Comment se fait-il, s’indigne un sujet que j’entende ma pensée répétée à vingt mètres, la bouche fermée ? Ils m’obligent à avoir la pensée d’insulter ; je ne dis rien, je serre les lèvres, et la personne répond ».