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LES € VOIX » DANS LE VENTRE DU MALADE

L’abdomen, et surtout l’épigastre, ne serait ici qu’annexe ou partie de l’appareil phonatoire, et ces malades devraient toujours émettre, plus ou moins, les propos attribués au diable qui les possède et parle en eux. Il faut avouer que ce n'est pas toujours le cas. M" U... qui parle beaucoup, mais pour injurier ses parasites épigastriques, n’a jamais été surprise émettant leurs abominations, et, même convaincus que le sujet profère les paroles attribuées par lui à une voix étrangère, les auteurs sont au moins tenus de noter : « le malade dit entendre dans l'estomac et prétend ne rien ressentir dans la langue ni les lèvres » ?.

M. P...5, que nous avons vu halluciné auditif, agi par ses voix et contraint par elles de parler, a aussi une voix épigastrique : « Des fois c’est dans l’estomac que ça me prend... On me bourre une diction sur l'estomac... cest là que je les entends... ». Nous faisons une expérience, et le malade demande l’heure aux voix. Il reçoit la réponse, par l’estomac « en ébullition », et il nous la transmet. Elle ne lui est parvenue ni par les yeux, ni par les oreilles, ni par la bouche; sa bouche n’a pas bougé, et personne, dans le service, n’a pu constater que son appareil phonatoire collaborât avec la voix épigastrique.

Ainsi, toujours étudiées à propos des sujets contraints de parler, ou dont une pensée, une parole, une voix étrangère possède, occupe et actionne les organes vocaux, les voix épigastriques formeraient deux groupes : voix épigastriques et abdominales telles que le sujet émet effectivement les propos du parasite; voix épigastriques et abdominales qui parlent dans le sujet sans que son appareil phonatoire entre en activité.

Le premier groupe est numériquement important. Le deuxième est peu nombreux et discuté, mais ne peut être purement et simplement nié. Bien mieux, la dichotomie faite à propos des voix abdominales péut être tentée à propos des voix parasites de la gorge ou de la bouche. Quand le prêtre installé sous la langue de la malade de Seglas parlait, la langue de la malade proférait malgré elle les propos du damné; mais on peut parfaitement concevoir des hallucinations motrices, linguales et gutturales, avec immobilité de la langue, du pharynx ou du larynx. Très souvent,

9. Séglas et Bezançon. A. M. P., 1889, 24. — 3. Cf. p. 413, 415, 417.

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